Présentation :
Trois années se sont écoulées depuis la précédente chronique « Au gré des jours » (2018 – 2020).
Il se trouve que je pense de plus en plus que je ne vais pas avoir assez de temps pour dire ce que j’ai envie de dire. Alors j’ai choisi d’écrire un peu comme lors d’un premier jet, d’un brouillon. Je le regrette car j’aime la langue française et j’aimerais pouvoir lui consacrer davantage. Mais je suis « animé par le sentiment de l’urgence » (1). Merci donc à ceux qui oublieront quelques fautes de français et qui continueront leur lecture jusqu’au bout, avant d’apprendre par coeur les passages qui leur parleront le mieux pour les aider à vivre et à comprendre la vie…
Il arrive qu’en vieillissant, la mémoire donne des signes de faiblesse pour les choses de la vie de tous les jours. Mais, par contre, les souvenirs anciens revivent facilement avec une grande acuité. Je pense à ces personnes qui disent qu’avant de mourir on revoit sa vie défiler avec précision…
Je reconnais aussi que le monde a tellement changé dans le seul espace – minuscule – de ma vie que les comparaisons d’époques sont probablement vaines. Pourtant la « morale universelle » que j’espère rendre visible au fil de ces pages, ne devrait pas avoir changé, ni depuis l’arrivée du « Petit Prince » sur la terre, ni depuis le décès d’Albert CAMUS, mon plus grand maître.
Repensant à la plus jeune de mes petites filles avec laquelle je lis, la première fois pour elle, « le petit Prince », je sais que lors de sa prochaine visite, je lui ferai écouter la belle chanson que Gilbert BECAUD a chanté en hommage au Petit Prince et à Antoine de SAINT-EXUPERY. Et je tenterai de lui expliquer ces paroles « Monsieur, saurais-tu faire revenir un ami quand on en a besoin ? »
Oui, je rêve, mais il faut quelquefois rêver pour continuer à vivre. Et je peux ainsi souhaiter le retour en France de trois de mes « amis » et « maîtres » : le Petit Prince, Albert CAMUS et le général de GAULLE.
Pour l’indépendance et la liberté de tous les enfants de France…
1. Cf. Antoine de SAINT-EXUPERY - Le Petit Prince - Chapitre V : "Quand j'ai dessiné les baobabs, j'ai été animé par le sentiment de l'urgence"
TABLE :
2021
1 - 3 février 2021 : Editorial de Claude IMBERT en 1988
2 - 4 février 2021 : Reculade et grandiloquence du pouvoir
3 - 6 mars 2021 : "L'époque moderne"
4 - 8 mars 2021 : Reconstruire la France et organiser le monde
5 - 1er avril 2021 : Vie d'un septuagénaire ordinaire !
6 - 5 avril 2021 : Vie d'un septuagénaire ordinaire (suite) !
7. 26 avril 2021 : Après la mort, rien ou quelque chose ?
8 - 10 juin 2021 : "Qui sommes-nous ?"
9 - 12 juin 2021 : Encore le général !
10 - 13 juin 2021 : "Rien n'est perdu" ?
11 - 14 juin 2021 : Retour à la IVème République
12 - 15 juin 2021 : Encore les partis politiques
13 - 16 juin 2021 : Un budget équilibré ?
14 - 17 juin 2021 : Le système politique !!!
15 - 18 juin 2021 : Réalité de la France en 1952... et aujourd'hui
16 - 27 juillet 2021 : "La chute d'un cardinal"
17 - 31 juillet 2021 : ENA
18 - 7 août 2021 : Arsenal nucléaire et désarmement
19 - 9 août 2021 : l'Amérique latine
20 - 4 septembre 2021 : Radioscopie - Alain PEYREFITTE
21 - 9 septembre 2021 : Tennis - tournoi de New-York
22 - 12 septembre 2021 : Des médecins menacés de mort en France !
23 - 16 septembre 2021 : Pornographie et mineurs
24 - 7 octobre 2021 : Désarmement nucléaire ?
25 - 16 octobre 2021 : L'Allemagne et la France
26 - 22 novembre 2021 : La langue française en voie de disparition
27 - 7 décembre 2021 : le rôle de l'administration
2022
28 - 14 janvier 2022 : Voeux pour la formation (inexistante) avec la (dés)information (omniprésente)
29 - 15 janvier 2022 : La Russie et Jacques CHIRAC
30 - 3 avril 2022 : Russie, Ukraine, OTAN, Europe
31 - 26 avril 2022 : La Russie, l'Allemagne et la France
32 - 12 mai 2022 : La "saleté" des sanctions américaines et européennes
33 - 26 mai 2022 : Tennis à Roland-Garros
34 - 8 juin 2022 : Le programme Astrid
35 - 14 juin 2022 : Eric BRANCA - L'ami américain
36 - 16 juin 2022 : L'Europe et les Etats-Unis - Paul-Marie COUTEAUX
37 - 20 juin 2022 : Tournoi de tennis féminin à Berlin
38 - 7 juillet 2022 : Ukraine - Russie - Europe - Etats-Unis - Chine
39 - 20 août 2022 : La "démocratie", Michel de JAEGHERE
40 - 21 août 2022 : Publicité
41 - 28 septembre 2022 : Europe ?
42 - 8 novembre 2022 : Pierre de GAULLE - La relation franco-russe
43 - 11 novembre 2022 : Mandat impératif
44 - 13 novembre 2022 : Hubert VEDRINE et une (qui se prétend) journaliste
45 - 16 novembre 2022 : Salaires des PDG
46 - 29 novembre 2022 : Charlotte d'ORNELLAS - Trafic d'êtres humains
47 - 2 décembre 2022 : Alliance française de Chiang Mai
48 - 14 décembre 2022 : Philippe d'IRIBARNE et "l'ascenseur social"
49 - 19 décembre 2022 : UKRAINE et ARMENIE
2023
50 - 19 janvier 2023 : Réforme des retraites - Grèves en France
51 - 10 février 2023 : Emmanuel TODD - La 3ème guerre mondiale a commencé
52 - 17 février 2023 : La troisième guerre mondiale... (suite)
53 - 23 février 2023 : Jeux Olympiques, Paris 2024
54 - 5 mars 2023 : "Les jeunes vieux poussiéreux des ministères"
55 - 13 mars 2023 : De la stupidité des sanctions (suite... sans fin!)
56 - 10 avril 2023 : Quelques réflexions de "François MITTERRAND"... sur les Etats-Unis
57 - 12 avril 2023 : Quelques réflexions de "François MITTERRAND"... sur les infirmières
58 - 13 avril 2023 : Quelques réflexions de "François MITTERRAND"... sur les frontières et donc sur les guerres
59 - 19 avril 2023 : Quelques réflexions de "François MITTERRAND"... sur Olivier STIRN
60 - 26 mai 2023 : Catherine COLONNA
61 - 4 juin 2023 : François CHEN
62 - 11 juin 2023 : Pierre MENAT
63 - 13 juin 2023 : De la réélection du président
64 - 18 juin 2023 : Interview d'Eric NAULLEAU
65 - 7 juillet 2023 : Madame Geneviève ANTHONIOZ-de GAULLE
66 - 9 juillet 2023 : 3.000 milliards d'euros !
67 - 15 juillet 2023 : L'entre-deux-guerres et aujourd'hui
68 - 16 juillet 2023 : Un portrait (cruel, mais véridique) des Français
69 - 17 juillet 2023 : Le déclin de la France
70 - 18 juillet 2023 : Malmenage... L'homo sapiens et l'homo faber
71 - 19 juillet 2023 : La France et sa place, dans le monde et en Europe
72 - 20 juillet 2023 : Un programme précis pour la France
73 - 21 juillet 2023 : Culture et télévision - Robert DEBRE
74 - 22 juillet 2023 : Une belle citation de Georges CLEMENCEAU
75 - 23 juillet 2023 : Pierre VIMONT
76 - 24 juillet 2023 : Ségolène ROYAL, prête à tout pôur se vendre !
77 - 30 juillet 2023 : France - Ukraine - Russie
78 - 21 septembre 2023 : La paix et l'hubris occidentale
79 - 25 septembre 2023 : Gérard ARAUD - Passeport diplomatique
80 - 6 octobre 2023 : "Europe de la défense" - Anatomie d'une chimère
81 - 10 octobre 2023 : "L'Europe et la France, totalement inféodés..."
82 - 17 novembre 2023 : De GAULLE, la France, les Etats-Unis
83 - 24 novembre 2023 : Les "fonctionnaires"
84 - 26 novembre 2023 : "Supériorité", "esclavage" et "destruction"
85 - 28 novembre 2023 : La république et la "tyrannie légitime"
86 - 29 novembre 2023 : Les ORL et les octogénaires
3 février 2021 : Editorial de Claude IMBERT en 1988
Je n’avais pas pensé reprendre en 2021 cette chronique « Au gré des jours », mais je continue mes lectures et certaines peuvent tout à coup me réveiller d’un certain désespoir, non pas pour le transformer en espoir, mais pour comprendre une fois encore que les réformes continuellement retardées ne peuvent mener, immanquablement, qu’à la catastrophe.
Ainsi en est-il de l’éditorial de Claude IMBERT écrit en 1988 (1), il y a donc déjà plus de trente ans :
« Il est une réalité que tous les somnifères, toutes les défausses détestables de la campagne ne peuvent dissimuler : La France ne va pas bien. Notre pays est l’homme malade de l’Europe. Et malade de la maladie de l’époque, entendez : malade dans sa tête. Malade, d’abord, des mensonges par omission, malade d’ignorer la dégradation mesurable, patente, de sa puissance économique, malade de la clochardisation de son enseignement et de sa justice, malade de son vieillissement démographique, malade de ses dépenses sociales au point que l’accroissement récurrent des prélèvements obligatoires intervient chaque année comme le symptôme fatal d’une implacable paralysie. »
1. Claude IMBERT, Le Point, 9 mai 1988. Cité par Franz-Olivier GIESBERT, La tragédie du Président, Scènes de la vie politique 1986-2003, Flammarion 2006, page 35
4 février 2021 : Reculade et grandiloquence du pouvoir
« Plus le pouvoir recule, plus son discours devient grandiloquence ». (1)
Ces mots ont-ils été écrits au sujet de ces bavards qui nous gouvernent aujourd’hui en 2021 ou hier, pour MACRON, ou HOLLANDE, ou SARKOZY ? Lisez le détail, même si c’est un peu long :
« Qu’importe si l’économie ne fabrique toujours pas, ou peu, de vrais emplois. On en est revenu au bon vieux temps de l’emploi aidé qui, avec les radiations de faux chômeurs, les retraites des baby-boomers et l’arrivée des classes creuses, devrait faire baisser la courbe du chômage.
« Qu’importe si les Français sont en train de perdre la course à la productivité : 872 heures travaillées par an et par habitant aux Etats-Unis, 792 heures en Grande-Bretagne et… 597 en France. Mais il ne faut pas le dire, ça troublerait le sommeil du pays.
« Qu’importe si l’endettement du pays ne cesse de croître pour s’élever désormais à 1 100 milliards d’euros auxquels il faut ajouter de 800 à 900 milliards d’engagements sur les retraites. Villepin a promis, le farceur, de ramener le ratio d’endettement sous la barre des 60% du PIB à l’horizon de la prochaine législature, donc en 2012. Autrement dit, comme tous ses prédécesseurs, il a repassé la patate chaude à ses successeurs.
« Qu’importe si le gouvernement n’arrive pas à contrôler ses dépenses publiques afin de redonner à l’Etat une marge de manoeuvre, Villepin a promis de commencer à réduire le nombre de fonctionnaires en 2007… quand il ne sera plus à Matignon. Voici venu le temps de la gouvernance d’anticipation, comme les romans du même nom…
« La France n’est pas sur la bonne pente. Si l’on s’en tient à un critère imparable, le PIB par habitant en dollars courants, elle était, en 1970, au 11ème rang parmi les pays de l’OCDE. Elle a reculé d’une case en 1981 et d’une autre en 1984. En 2004, elle était tombée au 16ème rang. Lui sont ainsi passés devant, en trois décennies, le Japon, la Grande-Bretagne, l’Irlande ou l’Autriche. » (1)
Ainsi est-il aisé de constater que depuis au moins 40 ans nos présidents n’ont rien fait. Nous payons mensuellement nos gouvernants, nos députés, nos sénateurs… et ils sont incapables d’arrêter le sous-développement du pays. Par contre, ni les uns, ni les autres ne manquent une occasion pour augmenter leurs privilèges. Derniers exemples : après une augmentation de 15% (de 900 à 1.200 euros) de leur dotation d’hébergement mensuelle, les députés viennent de s’octroyer une nouvelle augmentation de 15% (de 18.950 à 21.700 euros) de leur « dotation matérielle » mensuelle… Quand seront-ils tous arrêtés pour vol et abus de biens sociaux ?
1. Franz-Olivier GIESBERT, La tragédie du Président - Scènes de la vie politique 1986-2006, Flammarion 2006, p. 398-399
6 mars 2021 : « L’époque moderne »
« Dans l’époque moderne la transformation des conditions de la vie par la machine, l’agrégation croissante des masses et le gigantesque conformisme collectif qui en sont les conséquences, battent en brèche les libertés de chacun. Dès lors que les humains se trouvent soumis, pour leur travail, leurs plaisirs, leurs pensées, leurs intérêts, à une sorte de rassemblement perpétuel, dès lors que leur logement, leurs habits, leur nourriture, sont progressivement amenés à des types identiques, dès lors que tous lisent en même temps la même chose dans les mêmes journaux, voeint, d’un bout à l’autre du monde, passer sous leurs yeux les mêmes films, entendent simultanément les mêmes informations, les mêmes suggestions, la même musique, radiodiffusées, dès lors qu’aux mêmes heures, les mêmes moyens de transport mènent aux mêmes ateliers ou bureaux, aux mêmes restaurants ou cantines, aux mêmes terrains de sport ou salles de spectacle, aux mêmes buildings, blocks ou courts, pour y travailler, s’y nourrir, s’y distraire ou s’y reposer, des hommes et des femmes pareillement instruits, informés, pressés, préoccupés, vêtus, la personnalité propre à chacun, le quant à soi, le libre choix n’y trouvent plus du tout leur compte. Il se produit une sorte de mécanisation générale, dans laquelle, sans un grand effort de sauvegarde, l’individu ne peut manquer d’être écrasé.
« Et d’autant plus que les masses, loin de répugner à une telle uniformisation, ne laissent pas, au contraire, d’y pousser et d’y prendre goût. Les hommes de mon âge sont nés depuis assez longtemps pour avoir vu se répandre, non point seulement l’obligation, mais encore la satisfaction de l’existence agglomérée. »
En lisant ces lignes d’une telle actualité, avez-vous par hasard trouvé l’auteur et la date à laquelle ce fut écrit ?
Il s’agit du général de GAULLE, dans un discours prononcé à l’université d’Oxford, le 25 novembre 1941, il y a donc presque 80 ans ! Eternelle jeunesse ou très grande tristesse ?
8 mars 2021 : Reconstruire la France et organiser le monde
La reconstruction de la France et l’organisation du monde, vues par le général de GAULLE à la fin de la seconde guerre mondiale ! (1) S’il revenait aujourd’hui, il verrait que tout est à recommencer. Cette petite partie de la grande histoire montre bien que si des hommes honnêtes ont pour successeurs des politiciens malhonnêtes, toutes les réalisations positives qu’ils ont réussi à faire, peuvent être facilement réduites à néant. Et cette remarque – hélas! – est valable dans tous les domaines, et pas seulement en politique.
(Re)lisez plutôt :
« Il s’agit de régler la situation de la France quant à sa sécurité et à ses rapports avec les autres. Il s’agit de modeler à nouveau la figure de l’Europe… Il s’agit de bâtir une organisation du monde telle que le droit et la justice soient assurés de régner.
« Cela commande, non seulement le destin de notre pays et celui de chacun de nos enfants, mais encore l’avenir de tous les peuples de l’univers… Rien n’est donc plus important… que les conditions dans lesquelles la paix va solidifier le monde que la guerre a mis à l’état de fusion. Rien ne dépasse… le poids des responsabilités que portent en ce moment ceux qui ont la charge de parler et d’agir au nom de la France, pour atteindre un but si grand et au milieu d’un univers qui n’est certes pas commode. Rien ne dépasse, pour la France, son droit et son devoir de prendre sa place et de jouer son rôle dans la mesure de ses moyens.
« Je dis bien : dans la mesure de ses moyens, car, par le temps qui court, chacun n’est entendu que suivant ce qu’il pèse. C’est pourquoi, dès l’instant où les armées cessent d’être la raison ultime des nations, c’est la capacité de vivre, de travailler, de produire qui devient aussitôt la condition la plus impérieuse de l’indépendance et de l’influence d’un pays. Pour pouvoir faire valoir comme il faut, et au bénéfice de tous, nos intérêts et notre idéal, le plus urgent et le plus nécessaire est pour nous maintenant de rentrer au plus tôt dans l’activité économique générale, non point comme un peuple qui attendrait tout des autres, mais comme des gens qui travaillent, tirent le plus possible de leur sol, de leur sous-sol, de leurs usines, de leurs ports, de leurs voies de communications, se montrent capables d’échanges et donnent le spectacle de l’ordre et de la bonne santé dans les domaines politique, social et moral. Nul n’ignore à travers le globe qu’il n’y a pas de rayonnement dans la confusion, ni de progrès dans le tohu-bohu.
« C’est pourquoi, à partir d’à présent, ce ne sont plus seulement nos facilités d’existence, notre niveau de vie, mais bel et bien notre valeur et notre figure dans le monde qui dépendent de notre production. Hier, il n’y avait pas de devoir national qui l’emportât sur celui de combattre. Aujourd’hui, il n’y en a pas qui l’emporte sur celui de produire. »
1. Discours radiodiffusé du 24 mai 1945. Charles de GAULLE, Discours et messages - Pendant la guerre - Juin 1940-janvier 1946 - Plon 1970, pages 554-555
1er avril 2021 : Vie d’un septuagénaire ordinaire !
Que peut bien faire un septuagénaire « lambda » en période de confinement, s’il n’a pas assez d’occupations personnelles ? A défaut d’occupations, l’Etat en pleine décrépitude lui fournit matière à préoccupations. Jugez-en plutôt !
A la fin de janvier 2021, mon grand âge m’a permis de recevoir une lettre du « Médecin conseil national », un de ces multiples rouages inutiles d’une administration en faillite puisque son nom n’est même pas indiqué ! J’étais invité à me faire vacciner contre la Covid-19 – je reconnais au moins que cette lettre disait bien « la » Covid-19 et non « le » (1) -Je devais aller sur le site internet « sante.fr », ce que je fis pour connaître les centres de vaccination ouverts dans mon département et j’ai essayé pendant des jours de prendre rendez-vous. Peine perdue ! Aucune place disponible me disait-on… Réessayez plus tard ou choisissez un autre centre…
Dans sa communication – qui, comme toute communication politique, comporte une part de mensonge-, le gouvernement n’a jamais eu le courage de dire qu’il n’avait pas assez de vaccins, et sur le site il n’a pas fait ajouter une simple remarque indiquant le jour où il serait possible de prendre rendez-vous !
Cela me fait penser à une autre anecdote. Au début de l’épidémie, notre soi-disant gouvernement – je dis « soi-disant » car un gouvernement est là pour gouverner, et un « soi-disant » gouvernement ignore ce que veut dire gouverner et ne fait que discourir ! – notre soi-disant gouvernement donc avait d’abord indiqué que les masques étaient inutiles et devaient être réservés aux personnels médicaux. Quand ce même gouvernement de girouettes a déclaré que les masques étaient utiles et que toutes pharmacies seraient approvisionnées, je suis allé à la pharmacie le premier jour possible selon les annonces du gouvernement. Le pharmacien m’a expliqué qu’il n’avait rien reçu, mais qu’il pouvait prendre mes coordonnées pour me prévenir lorsque le gouvernement tiendrait enfin ses promesses. C’est près d’un mois qu’il m’a fallu attendre !
Revenons aux vaccins ! J’ai continué ma bataille quasi quotidienne pour l’obtention d’un rendez-vous. Mon ordinateur a survécu par miracle et en février j’ai pu obtenir une date pour la première piqûre . Le temps d’aller chercher le second rendez-vous nécessaire, l’ordinateur s’amusait à me dire que le premier rendez-vous n’était plus disponible et qu’il fallait recommencer plus tard ou essayer un autre centre de vaccination. En mars, j’ai par miracle accroché les deux rendez-vous, le premier pour la mi-avril, le second pour la mi-mai !
On voit comme j’ai été sérieusement occupé depuis la fin de janvier, à constater l’impréparation et l’inefficacité du gouvernement, incapable de faire dès le début un système qui marche, ou bien, comme mon cher pharmacien, une liste avec un papier et un crayon !
Quel est donc le résultat obtenu par cette stratégie de communication perpétuelle ? Dans la résidence où j’habite, il y a 140 copropriétaires. Certes ils ne sont pas tous présents en hiver et même beaucoup sont absents. Mais ceux qui résident à l’année sont âgés et je fais partie des plus jeunes ! A la fin de mars 2021, personne n’a été encore vacciné, ce qui n’a pas empêché notre sinistre président de déclarer le même jour que nous étions les meilleurs ! Comment peut-on être président et ignorer à ce point la réalité ? La réponse est simple : il suffit de venir de l’ENA et de n’avoir jamais connu la vie de l’immense majorité des Français !
Ecrit le 1er avril 2021, mais ce n'est pas un poisson d'avril ! 1.Cf. Au gré des jours 2018-2020, 28 mai 2020
5 avril 2021 : Vie d’un septuagénaire ordinaire (suite) !
Après l’épisode « réservation pour la vaccination », je pensais pouvoir reprendre le confinement sans autre problème, mais j’ai reçu à la fin du mois de mars une lettre de ma banque ma prévenant qu’une « saisie administrative a tiers détenteur, de la part de la Trésorerie de contrôle automatisé » avait été effectuée sur mon compte.
J’ai d’abord interrogé la banque qui m’a dit ne pas savoir davantage, car il fallait me protéger et donc l’affaire était secrète ! Si au moins il était possible de lever ces secrets stupides qui ne servent qu’à compliquer la recherche d’une solution !
La banque m’a communiqué toutefois un numéro de téléphone pour « joindre le Trésor public ». J’ai appelé pendant une après-midi ! Après le répondeur automatique et l’appui sur un certain nombre de touches, on apprend qu’un conseiller va donner suite à votre appel, puis que le temps d’attente sera de plus de cinq minutes. Qu’à cela ne tienne, braves gens ! J’attends et au bout de cinq minutes, sans aucune autre explication que « nous allons donner suite à votre appel », la communication est coupée. On ne peut ni croire ni admettre qu’une administration publique française, qui devrait donc être au service du public, agisse de la sorte ! On recommence ! Il se passe exactement la même chose et la communication est de nouveau coupée sans explication !
Personne semble-t-il n’a eu l’idée pourtant simple d’ajouter sur le répondeur une annonce du genre « vous avez toujours la possibilité de nous envoyer un courrier » et de donner une adresse précise ou un courriel ! Donc, celui qui n’a jamais reçu le moindre document ni le moindre rappel est condamné sans savoir ce qui lui est reproché.
Alors, j’ai envoyé un courriel aux impôts en utilisant mon « espace particulier » sur « impots.gouv.fr » car j’avais obtenu dans le passé des réponses précises de leur part. Cette fois-ci, une réponse laconique est arrivée : « Pour le recouvrement, vous êtes à jour de vos impôts. Voir pour du communal ou des amendes. » C’est toujours pareil : on fait semblant de faire quelque chose en ne faisant rien. Ma question était simple : « Où puis-je m’adresser par écrit pour obtenir des explications et les documents qui me manquent ? » Mais à question simple, pas de réponse car le service a disparu !
J’ai alors envoyé un autre courriel à la trésorerie la plus proche de mon domicile. J’ai ainsi pu constater que ce sont les personnes les plus proches du peuple qui comprennent et trouvent une solution à un problème simple. Et j’ai enfin reçu l’adresse postale et l’adresse courriel qui m’ont permis d’envoyer une requête d’informations.
Entre temps, j’avais trouvé sur internet le site de l’ANTAI (Agence nationale de traitement informatisé des infractions). Mais, sur ce site, on ne peut demander d’explications car pour ce faire, il faut produire le numéro de l’infraction reçue par la poste ! Et quand vous n’avez rien reçu, vous ne pouvez rien faire !
Ainsi va le marasme ordinaire d’un septuagénaire ordinaire qui perd plus de temps avec une administration française souvent dégénérée qu’il n’en a perdu avec les administrations des pays dits à tort « sous-développés » dans lesquels il lui a été donné de vivre.
26 avril 2021 : Après la mort, rien ou quelque chose ?
« Ou bien la mort est un anéantissement complet et la suppression de toute conscience, ou… elle est un simple changement qui fait passer l’âme d’un endroit à un autre. Si la mort est une disparition de la conscience comme un sommeil sans songe, n’est-ce pas un merveilleux avantage de mourir ?… Mais si la mort consiste à passer d’un lieu à un autre, et si ce qu’on dit de l’au-delà est vrai et qu’il est le point de rencontre de tous ceux qui ont vécu, quel plus grand bien peut-on imaginer… ? Car en arrivant là-bas chez Hadès…, débarrassé de ceux qui se prétendent ici des juges, on y trouve de véritables juges, ceux qui sont dits y rendre la justice…, le voyage serait-il donc si malheureux ?… C’est pourquoi, messieurs les juges, soyez pleins d’espérance face à la mort et ne gardez à l’esprit que cette vérité qu’aucun mal n’est possible pendant la vie et après la mort pour celui qui, pendant sa vie, a fait le bien, et que les dieux n’abandonnent jamais. » (1)
Ces lignes ont été écrites il y a bien longtemps, en Grèce, par Platon qui racontait le procès de Socrate, au Vème siècle avant Jésus-Christ…
A peu près à la même époque (VIème ou Vème siècle avant J.C.), Siddhartha Gautama, prince du nord de l’Inde, quitta nuitamment son palais et devint, après une vie de recherches et de méditations, « Shakyamuni » (le sage) ou encore « Bouddha » (l’éveillé). Le fondateur du bouddhisme croit en la réincarnation, le passage d’une vie à une autre vie. Dans cette justice automatique, les bonnes actions entraînent une vie meilleure, jusqu’à l’extinction du « moi » dans le « nirvana », but suprême des différentes vies. Mais il n’y a pas de juges comme chez Socrate ou comme, beaucoup plus tard, dans le Christianisme.
Avec Bouddha, Socrate et Jésus-Christ, il faut croire en une justice après la mort, car, à la fin des fins, devront être « heureux les affamés et assoiffés de justice » et « heureux les persécutés pour la justice »…
1. Platon, "Procès de Socrate", in : Apologie de Socrate, p. 71, Trad. V. Cousin et S. Guyot, Ed. E.J.L., collection "Librio", 2004 - Cité par Christian PETIT, Justice, Constitution et Démocratie, Tome 1, p. 22, Publibook 2021
10 juin 2021 : « Qui sommes-nous ? »
Devinez qui a écrit les paroles suivantes et à quelle époque :
« Nous sommes un pays qui chancelle au bord d’un abîme, financier, économique et social. Nos budgets sont des fictions, notre monnaie tombe en ruine, parce que nous dépensons beaucoup trop par rapport à nos moyens. Toute notre administration doit être refondue en réduisant d’un bon tiers les activités et le train de l’Etat. Cela revient à supprimer des services entiers, à comprimer tous les autres, à arracher ceux qui servent l’Etat aux pressions et aux influences qui les abaissent et les démoralisent, à imposer à tous les échelons cette discipline et cette responsabilité qui sont les charges, mais aussi l’honneur, de la fonction publique. »
« Nous ne produisons pas assez, parce que nos activités sont gênées par des règlements excessifs et, qu’indépendamment de nos insuffisances en fait de matières premières, la somme globale de travail que nous fournissons n’est aucunement ce qu’elle devrait être. Cela veut dire qu’il faut rendre carrière à la liberté et à l’initiative… »
Réponse : le général de GAULLE, dans son discours du 5 octobre 1947 à l’hippodrome de Vincennes. Toujours de cuisante actualité ! (1)
1. Charles de GAULLE - Discours et messages, Dans l'attente 1946-1958 - Plon 1970, p. 124
12 juin 2021 : Encore le général !
Décidément, il est éclairant de relire certains discours du général de GAULLE. Ecoutons ce qu’il disait en 1947, voilà près de 75 ans, dans un discours prononcé à Vincennes : (1)
« Contre le clair devoir du rassemblement national, s’élèvent, il est vrai, de multiples oppositions. D’abord, nous avons pris, depuis des générations, l’habitude invétérée des luttes intérieures. En raison des péripéties amères de notre Histoire et de notre propre tempérament, nous traînons avec nous mille vieilles querelles, politiques, sociales, religieuses et d’innombrables préventions. Il n’a fallu, hélas! rien de moins que la vie des tranchées lors de la Première Guerre mondiale ou les combats de la résistance au cours de la Deuxième pour que nous consentions à nous voir les uns les autres tels que nous sommes, c’est-à-dire en général de fort bonnes gens, très capables de nous comprendre, de nous estimer, de nous entraider, pour peu que nous tournions nos ardeurs vers un grand but d’intérêt commun, au lieu de les employer à nous déchirer entre nous.
« D’autre part, les partis, qui expriment nos divisions et qui ont bâti sur eux-mêmes, sans recours et sans contrepoids, le régime sur lequel nous vivons, cherchent, comme il est naturel, à persévérer dans leur être et s’efforcent de prolonger le système suivant lequel chacun d’entre eux cuit sa petite soupe, à petit feu, dans son petit coin.
« Enfin, les séparatistes, exploitant les misères et attisant les colères, afin que notre peuple en vienne à ce degré de désespoir où il leur serait possible d’établir leur dictature pour mettre la France au service de leurs maîtres étrangers, emploient toutes les ressources du mensonge, autrement dit de leur propagande, pour empêcher cette union civique et ce redressement de l’Etat qui les condamneraient, tout au moins, à l’impuissance. On les voit donc – dérision suprême et prodigieuse insolence ! – se déguiser en champions de la démocratie et de l’indépendance française – qu’ils veulent précisément détruire – contre ceux qui entendent assurer l’une et l’autre, après les avoir restaurées. »
1. Charles de GAULLE - Discours et messages, Dans l'attente 1946-1958 - Plon 1970, p. 126-127
13 juin 2021 : « Rien n’est perdu » ?
« Rien n’est perdu ! Mais nous sommes malades. Oh ! Oui ! d’une maladie grave, qui exige un dur et long traitement. En fait, la situation dans laquelle nous nous trouvons n’est qu’une étape sur une longue descente. Il y a beau temps, déjà, que l’équilibre est rompu quant à l’économie, aux finances, à la monnaie françaises. Il y a beau temps que nous vivons au-dessus des moyens qui nous restent, sans, d’ailleurs, que tout le monde en ait sa juste part. Maintenant, descendus au bout de la spirale, nous sentons le vent de l’abîme. » (1)
Plutôt que les promesses électorales de nos actuels politiciens, je préfère le langage du général de GAULLE ! C’était le 4 janvier 1948 à Saint-Etienne !
1. Charles de GAULLE - Discours et messages, Dans l'attente 1946-1958 - Plon 1970, p. 164
14 juin 2021 : Retour à la IVème République
En 1949, à l’occasion d’une conférence de presse tenue au Palais d’Orsay, le général de GAULLE résumait en ces termes la situation politique de la France :
« Au fond, tout le monde est convaincu. Des groupements, qui sont les partis, se constituent pour épouser les diverses querelles, historiques, politiques, sociales, économiques, religieuses, qui divisent les Français. Sur la base de ces querelles ils ont obtenu des voix des électeurs et des sièges dans le Parlement. A partir de là, ils revendiquent des postes dans le gouvernement et, pour leurs clans, des avantages administratifs; ils influent même sur la justice. C’est la confusion des pouvoirs…
« Il n’y a rien dans ce régime qui y soit pour faire valoir et pour représenter l’intérêt général. Il n’y a, dans la majorité et dans les ministères successifs qui l’expriment, qu’une juxtaposition de rivalités opposées. Comment pourrait-on en tirer l’action ? De cela, tout le monde se rend compte. C’est pourquoi la dégradation du régime est tous les jours plus évidente. Les récentes crises l’ont étalée plus nettement que jamais. Dégradation à l’extérieur, où cette comédie politique ne rencontre plus que l’indifférence, sinon le mépris, du public. Dégradation à l’intérieur, car les hommes du régime en arrivent à n’y plus croire et même quelquefois, semble-t-il, à se supporter de plus en plus difficilement.
« C’est alors qu’intervient ce que je suis bien obligé de considérer comme l’intérêt particulier des partis, des clans, des chapelles, même des individus, qui composent le régime et pour lesquels trop souvent, il s’agit, moins que la nation soit conduite vers ses destinées, que de voir se perpétuer le jeu stérile qui est leur fonction et même leur délectation. J’ajoute qu’un certain nombre de féodalités, d’affaires, de presse, de syndicats, emploient leur influence à prolonger ce régime-là, précisément parce qu’il est incapable et, en particulier, incapable de les gêner. » (1)
En survolant rapidement ces 70 dernières années, on constate facilement que, mise à part la période d’une dizaine d’années pendant laquelle le général de GAULLE fut au pouvoir, l’essentiel des activités des partis politiques fut de reconquérir, à partir des années 70 et jusqu’à aujourd’hui, ce qu’ils avaient détenu sous la IVème République. Nous sommes revenus au régime des partis et à leur égoïsme !
1. Charles de GAULLE - Discours et messages, Dans l'attente 1946-1958 - Plon 1970, p. 319-320
15 juin 2021 : Encore les partis politiques
Les partis politiques sont décidément des sujets inépuisables… Ils devraient avoir pour vocation de faire progresser la démocratie, mais n’ont souvent pour seul objectif que de multiplier les turpitudes pour remporter des élections !
« C’est que, dans le régime fait par et pour les partis, où nul ne représente la France ni n’arbitre dans son intérêt, où les pouvoirs sans équilibre ne procèdent et ne dépendent que de chapelles en proie aux clientèles, où la seule loi des participants consiste à rester en place, aucune politique n’est possible à l’exception de celle qui revient à n’en avoir pas. Le système confronte sans cesse des thèses, des ambitions, des exigences, contradictoires, pour n’aboutir jamais qu’à de médiocres cotes mal taillées et des compromis sans vigueur. La dégradation est au point que, pour les successifs gouvernements, la fonction consiste, non pas à résoudre les problèmes en engageant leur autorité et en prenant les risques de l’action, mais, au contraire, à user d’astucieuse inertie pour laisser tout suspendu et tâcher de rester là. » (1)
C’est clair et net ! Il n’y a rien de nouveau sous le soleil !
1. Charles de GAULLE - Discours et massages, Dans l'attente 1946-1958 - Plon 1970, p. 412
16 juin 2021 : Un budget équilibré ?
Les évidences pleuvent, par exemple dans la conférence de presse donnée par le général de GAULLE au Palais d’Orsay le 22 juin 1951 :
« Il est évidemment nécessaire d’équilibrer le budget, ce qui, tout le monde le sait, quoi qu’on ait dit pour tromper le peuple, est loin d’être acquis. On va s’en apercevoir et d’une manière dramatique. Oui, l’équilibre des dépenses publiques est l’un des premiers devoirs du Gouvernement, quel qu’il soit. Cela implique que les dépenses publiques soient réduites, que la réforme fiscale soit faite, qu’on puisse recourir au crédit dans une ambiance dépolitisée, que soient mis en ordre, notamment en matière de gestion, les services publics, les entreprises nationales et les assurances sociales. » (1)
Ne serait-il pas vraiment urgent de se mettre au travail ?
1. Charles de GAULLE - Discours et messages, Dans l'attente 1946-1958 - Plon 1970, p. 442
17 juin 2021 : Le système politique !!!
Définition du système politique de la IVème République (et d’aujourd’hui !), dans le discours du général de GAULLE à Nancy le 25 novembre 1951 :
« Un jeu qui consiste, non à tenir une place pour agir, mais au contraire à n’agir jamais afin de rester en place. » (1)
A relire et à apprendre par coeur !
1. Charles de GAULLE - Discours et messages, Dans l'attente 1946-1958 - Plon 1970, p. 474
18 juin 2021 : Réalité de la France en 1952… et aujourd’hui
« La réalité, c’est que le peuple français est tenu loin de ses affaires par un régime qui l’endort, au lieu d’y éveiller la foi, l’espoir, la fraternité; que ce régime, faute de représenter l’intérêt national, figure mais ne dirige pas, a des ministres, non un gouvernement, des parlementaires, non un parlement; qu’à la faveur de cette impuissance, c’est l’argent, par les intérêts qu’il fédère, les journaux qu’il achète, la politique qu’il influence, qui fait la loi dans nos affaires du dedans, tandis que c’est l’étranger qui domine celles du dehors. » (1)
Si le général de GAULLE a remis la France « en marche » pendant les premières années de la Vème République, ensuite les partis ont repris leur mise à mort…
1. Charles de GAULLE - Discours et messages, Dans l'attente 1946-1958 - Plon 1970, p. 541
27 juillet 2021 : « La chute d’un cardinal »
Décidément, ce ne sont pas seulement les hommes politiques qu’il est nécessaire et urgent de réformer, mais la nécessité et l’urgence sont autant valables pour les hommes d’église !
Un article de La Croix (1) montre l’étendue du désastre de la Curie romaine : » A soixante-treize ans, le cardinal Angelo BESSIU est convoqué mardi 27 juillet avec neuf autres accusés, à la barre du Tribunal du Vatican pour le début du procès sur des investissements hasardeux de la secrétairerie d’Etat ».
« Jusqu’à sa démission forcée en septembre, il était considéré comme l’une des figures les plus importantes de la Curie ».
Personne n’est parfait… On pourrait donc pardonner (peut-être) au cardinal, mais il est difficile d’accepter les lignes suivantes : « Depuis plusieurs mois, le cardinal ne s’est pas privé de faire entendre sa version des faits à travers la voix de son avocat, multipliant les communiqués après des articles publiés dans la presse italienne. Ainsi, en novembre, avec la plainte contre le journal L’Espresso. Dressant une liste de dommages potentiels justifiant à leurs yeux le versement d’une réparation de 10 millions d’euros, les avocats du cardinal mentionnent notamment une « perte de chance » de figurer parmi les papes potentiels ».
Une fois de plus, ce ne sont pas les hommes de terrain qui sont à blâmer, mais ceux qui se sont placés en haut de l’échelle et qui ont pris la folie des grandeurs !
Je préfère, et de très très loin, l’attitude du cardinal Philippe BARBARIN, archevêque de Lyon et primat des Gaules, qui a démissionné de lui-même et qui, après l’absence de condamnation finale par la justice des hommes, est devenu aumônier des Petites Soeurs des pauvres dans le diocèse de Rennes. Beaucoup d’hommes politiques devraient suivre son exemple !
31 juillet 2021 : ENA
En poursuivant la lecture des discours et messages du général de GAULLE, j’ai découvert l’allocution prononcée par le général à l’Ecole nationale d’administration le 17 novembre 1959 (1) et ces lignes magnifiques :
« Il fallait… que ceux qui servent aux premiers rangs constituent une élite intellectuelle et morale. Votre recrutement a été prévu en conséquence ».
En constatant aujourd’hui le délabrement et l’inefficacité de cette institution, il est facile de constater que « l’élite » est devenue une caste. Si l’intelligence semble toujours présente, à quoi sert-elle si la morale a disparu ?
Or la morale ne se trouve que de façon rarissime et sporadique chez les membres de cette secte !
Quel dommage que le général de GAULLE n’est pas indiqué comment le recrutement de cette école pourrait permettre de découvrir une élite « morale » !
1. Charles de GAULLE - Discours et messages - Avec le renouveau 1958-1962 - Plon 1970, p. 147
7 août 2021 : Arsenal nucléaire et désarmement
Je croyais avoir lu, il y a bien longtemps, que le général de GAULLE avait un jour proposé aux puissances nucléaires, à l’époque Etats-Unis, Grande-Bretagne et Union soviétique, d’arrêter de fabriquer les bombes atomiques. Si la décision était prise, la France arrêterait ses recherches et ses fabrications. Sans surprise, les pays concernés ont demandé à la France d’accepter seulement la protection offerte par les Etats-Unis !
Je n’ai jamais retrouvé une telle prise de position du général de GAULLE. Par contre, il a bel et bien proposé, pour commencer, de réduire puis d’arrêter tout ce qui permettait le transport des bombes atomiques : avions, fusées, sous-marins…
Relisons ces discours :
« Nous voici au dernier moment où un accord paraît possible. Faute que les Etats pourvus d’un armement atomique en viennent à y renoncer, la République française serait évidemment contrainte de s’en doter. Par la suite, combien tenteraient de le faire à leur tour ? Dans le trouble croissant où l’angoisse plonge les peuples, grandit le risque qu’un jour les événements échappent aux raisonnables et que les pires catastrophes soient déchaînées par des fanatiques, des fous ou des ambitieux ». (1)
« Certes, l’alliance « atlantique » est absolument nécessaire. Certes, il serait bien utile que les grandes puissances de l’Occident concertent en permanence la politique qu’elles mènent en tous points de l’univers. Certes, il est indispensable qu’elles préparent ensemble l’action de leurs forces et, éventuellement, conjuguent leurs efforts de guerre. Mais, dans ce concert, cette préparation et cette conjugaison, la France doit garder sa volonté, sa figure et son armée, à elle.
« Cela exige que notre puissance militaire soit organisée et dotée de manière à pouvoir agir suivant les conditions qui sont celles de notre temps. C’est dire qu’elle doit comporter un armement atomique, à moins, bien entendu, qu’il n’en existe plus nulle part. Car, si effrayants que soient ces moyens de destruction, et justement parce qu’ils le sont, un grand Etat qui n’en possède pas, tandis que d’autres en possèdent, ne dispose pas de son destin. Nous pourvoir de projectiles nucléaires, stratégiques et tactiques et d’engins pour les lancer, tant qu’il y en aura ailleurs, c’est notre premier but de défense. Nous sommes en marche pour l’atteindre. » (2)
« Avant la fin de l’année prochaine, nous disposerons d’un premier élément opérationnel de force atomique française. Par la suite, nous poursuivrons le développement de ces moyens de dissuasion, à moins qu’il n’en existe plus aux mains d’aucune autre puissance. » (3)
« Ce n’est pas, bien sûr, que nous ne déplorions pas, nous aussi, la prolifération des bombes et des engins dans les deux camps. Nous avons proposé naguère, à plusieurs reprises, une mesure qui était à notre sens la seule pratique et qui consistait à interdire, pendant qu’il en était temps encore, et peut-être en est-il temps encore, les véhicules : fusées, avions, sous-marins etc., destinés à porter les projectiles nucléaires…
« On aurait pu imaginer que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui semblaient en avoir eu l’idée à un certain moment, veuillent s’accorder pour s’interdire tout au moins de faire des expériences nouvelles. S’ils s’étaient accordés sur ce sujet, ils escomptaient qu’alors tout autre Etat du monde – et cela veut dire la France – suspendrait ses propres essais. Ces deux puissances auraient, bien entendu, gardé et continuer de développer leur armement effrayant, mais elles donneraient à la galerie, non pas leur désarmement, bien sûr, mais une apparence de satisfaction. Et puis, elles conserveraient leur monopole…
« Naturellement, nous sommes prêts à applaudir les Anglo-Saxons et les Soviets, s’ils décident de ne plus faire d’expérience nouvelle. Mais, encore une fois, ce n’est pas là le problème. Le problème, c’est le désarmement ; c’est-à-dire la destruction réciproquement contrôlée des armes, en commençant par les véhicules. A cet égard, nous avons notre problème aussi. Tant qu’on n’a pas procédé à ce désarmement – et rien n’indique qu’on en prenne le chemin – nous avons, vis-à-vis de nous-mêmes, l’obligation, la nécessité, de nous constituer à notre tour une force de dissuasion atomique. Par conséquent, nous continuerons de toute manière nos essais jusqu’à ce que le but soit atteint, à moins, je le répète, que les autres se dépouillent de leurs moyens de destruction… » (4)
« Il nous est arrivé très souvent de dire que, tant qu’il existe dans le monde des forces nucléaires telles que celles qui s’y trouvent, rien ne pourra empêcher la France de s’en procurer elle-même, mais que, si le jour venait où ces armements-là seraient vraiment détruits, c’est de grand coeur que la France renoncerait à en faire pour son propre compte. » (5)
Les choses ont donc toujours été très claires : « Un grand Etat qui n’en possède pas (de bombe atomique), tandis que d’autres en possèdent, ne dispose pas de son destin ». Je changerais seulement « un grand Etat » par « tout Etat », puisque maintenant c’est la réalité…
Comment ne pas refuser les gesticulations, principalement américaines, pour forcer certains pays à renoncer à « la bombe ». Après tous ceux qui l’ont et qui le reconnaissent, après tous ceux qui l’ont (avec l’aide de qui ?) et qui ne le reconnaissent pas, comment peut-on encore espérer contraindre les Iraniens, ou les Coréens du nord, ou les Birmans, pour ne citer qu’eux ?
« Les pires catastrophes » seront « déchaînées par des fanatiques, des fous ou des ambitieux », mais les fanatiques, les fous et les ambitieux sont d’abord et avant tout ceux qui sont au pouvoir et qui ne veulent pas renoncer à leurs privilèges… Les autres sont seulement leurs élèves, d’une mauvaise manière, hélas !
Je ne suis jamais allé en Corée du Nord, mais j’ai vécu quatre années dans le très beau pays birman et je comprends (hélas !) la réaction des militaires : avec la bombe, les Américains nous laisseront tranquilles… Alors, ils sont, comme les autres et la France au temps du général de GAULLE, « contraints de s’en doter » !
1. Charles de GAULLE - Discours et messages - Tome 3 Avec le renouveau 1958-1962 - Discours prononcé à Washington le 25 avril 1960 devant les deux Chambres réunies en Congrès - Plon 1970, p. 200 2. Ibid. Allocution prononcée le 23 novembre 1961 à Strasbourg à l'occasion du 17ème anniversaire de sa libération, p. 369 3. Ibid. Allocution radiodiffusée et télévisée prononcée le 5 février 1962 au Palais de l'Elysée, p. 385 4. Ibid. Conférence de presse tenue le 15 mai 1962 au Palais de l'Elysée, p. 414-415 5. Charles de GAULLE - Discours et messages - Tome 4 Pour l'effort 1962-1965 - Conférence de presse tenue le 14 janvier 1963 au Palais de l'Elysée - Plon 1970, p. 79
9 août 2021 : l’Amérique latine
Trois années passées à Cusco, au Pérou, de 1975 à 1978, trois années à Panama, de 1978 à 1981, trois années à Santiago du Chili, de 1984 à 1987… De nombreux voyages ou passages au Costa Rica, en Colombie, au Mexique, au Guatemala, au Brésil, en Argentine, en Uruguay, en Bolivie, au Paraguay…
J’ai travaillé en Amérique latine. Venant d’Europe, on s’y trouve presque chez nous et très souvent le bienvenu. Un nombre incalculable de fois, j’ai pensé que l’Amérique latine est le prolongement de l’Espagne et du Portugal. L’Union européenne a certainement manqué ses relations et son développement avec le monde latino-américain. Pourtant le monde latin d’Europe est attendu d’une incroyable façon, tellement la main mise des Etats-Unis sur l’Amérique du Sud a été imposée (souvent par la force) pendant de très longues années.
Les mondes latins d’Europe et d’Amérique peuvent se comprendre facilement et lorsqu’ils se rencontrent, tout est chaleureux, vivant, enthousiasme.
Qui ne se souvient du magnifique voyage du général de GAULLE dans les années 60 et de celui que nous avons préparé et effectué avec Jacques CHIRAC dans les années 90, au Brésil, en Uruguay, en Bolivie, au Paraguay et en Argentine ?
L’allocution du général de GAULLE prononcée le 21 février 1961 à la maison de l’Amérique latine à Paris prend toute sa valeur :
« Pourquoi ne point espérer qu’on voie paraître un jour, de part et d’autre de l’Atlantique, un monde latin uni et renouvelé ? Qui sait si ce n’est pas là, en dernier ressort, l’avenir de la raison, c’est-à-dire de la paix du monde ? » (1)
1. Charles de GAULLE - Discours et messages - Tome 3 Avec le renouveau 1958-1962 - Plon 1970, p. 283
4 septembre 2021 : Radioscopie – Alain PEYREFITTE
Quel plaisir de pouvoir écouter une nouvelle fois les radioscopies de Jacques CHANCEL (1) ! Celle d’Alain PEYREFITTE date de 1976, il y a déjà 45 ans. Et pourtant pas une ride… Les problèmes demeurent quand ils ne sont pas résolus à temps. Ecoutez plutôt l’auteur de « Quand la Chine s’éveillera… » :
« En matière politique, on ne fait rien de bon sans avoir longtemps réfléchi et je crois aussi qu’on ne peut pas réfléchir si l’on n’a pas aussi l’expérience de l’action… »
« En 1958, quand pour la première fois j’ai été élu, j’ai littéralement découvert la société française car ce qu’on m’avait appris dans les grandes écoles, ce que j’avais appris dans la haute administration française n’avait rien de commun avec cette réalité quotidienne que la vie d’un élu m’a permis de découvrir… »
« … Ce qu’il y a de bon dans le système des grandes écoles c’est qu’il permet d’opérer une certaine sélection, de chauffer à blanc des esprits, mais ce qu’il y a de mauvais, ce qu’il y a de grave, c’est d’en rester là. C’est que l’homme qui sort d’une grande école a une vie qui est en quelque sorte programmée comme par un ordinateur et, s’il ne se déroule rien, normalement jusqu’à la fin de sa vie, il sait très bien comment les choses se passeront. S’il n’y a pas une rupture dans la courbe, s’il n’y a pas une rupture dans cette vie programmée, on sait une fois pour toutes quand on sort de Polytechnique ou de Normale ou d’autre chose, on sait ce qu’on fera jusqu’à sa retraite. Ce n’est pas normal, ce n’est pas souhaitable. Il faut que l’on permette d’abord à ceux qui n’ont pas fait de grandes écoles de pouvoir faire ce qui est réservé chez nous aux grandes écoles et il faut aussi que l’homme soit sans cesse obligé de se remettre lui-même en cause, de se retrouver en face de lui-même et notre système est à cet égard beaucoup trop rigide… »
Rien à ajouter, ni sur l’évidence du diagnostic, ni sur l’incapacité de la classe politique à effectuer les réformes indispensables. Depuis au moins 45 ans, les problèmes non traités transforment la France en pays sous-développé. Certains pensent même que nous sommes descendus trop bas pour pouvoir espérer remonter la pente. Pour eux, seule une révolution pourra assainir les écuries !
1. Ecouté sur You Tube
9 septembre 2021 : Tennis – tournoi de New-York
Magnifiques demi-finales dames pendant lesquelles deux « teenagers » de 18 et 19 ans ont donné une réplique cinglante à deux joueuses que j’avais pris l’habitude de ne plus regarder tellement leurs cris à chaque coup de raquette me faisaient penser à ces bûcherons s’attaquant à un grand arbre dans une forêt épaisse.. Le tennis transformé en culturisme pour l’une et en abattage pour l’autre.
Contre toute attente, ces deux joueuses « modernes » (Maria SAKKARI et Aryna SABALENKA) ont perdu devant la grâce, la souplesse, l’agilité et le courage d’Emma RADUCANU et Leylah FERNANDEZ. La joie des gagnantes faisait plaisir à voir. Elle résumait tant d’années de souffrances, d’efforts, de sacrifices. Il reste à espérer que la finale soit belle et surtout qu’elles gardent chacune leur brillante fraîcheur.
Le plus bel hommage que j’ai entendu est venu de Belinda BENCIC, médaille d’or en tennis aux récents jeux olympiques de Tokyo. Elle disait à peu près ceci : j’espère vraiment que chacun protègera ces deux jeunes joueuses et ne fera rien pour les détruire ou mettre trop de pression sur elles. Il faut, ajoutait-elle, qu’elles puissent se développer en paix.
Belinda BENCIC vient du pays de Roger FEDERER, ce qui explique peut-être en partie sa mesure. Elle semble très consciente du fait qu’il est nécessaire de protéger le tennis de haut niveau de tous ses excès : l’entraînement intensif qui transforme les joueurs ou joueuses en robots et qui conduit à des blessures corporelles de plus en plus fréquentes, sans oublier les blessures de l’âme de ceux et celles qui ne supportent plus l’énorme pression mise par les signataires de mirobolants contrats de publicité entraînant des impératifs économiques qui n’ont rien à voir avec la beauté du sport et qui entraînent trop souvent les pires déviances.
Note de novembre 2023 : Belinda BENCIC avait (diablement) raison. Emma RADUCANU a disparu de l’élite du tennis féminin. Leylah FERNANDEZ, qui a sans doute reçu moins de contrats publicitaires, continue avec courage son parcours…
12 septembre 2021 : Des médecins menacés de mort en France !
Après les pompiers, les policiers et les ambulanciers, interdits de séjour dans certains quartiers de France, ce sont les médecins qui sont maintenant menacés par des « messages de menaces provenant d’opposants à la vaccination contre le Covid » (1). Les plaintes sont « classées sans suite, faute de pouvoir identifier les auteurs ».
A l’origine, une tribune publiée le 22 août dans France-Soir, par des signataires anonymes qui réclament « la guillotine pour les médecins défendant la politique sanitaire ».
Dans notre pays, de plus en plus à la dérive, dans des domaines de plus en plus nombreux, le président de l’Union française pour une médecine libre (UFML) attend « une réaction politique », qui aurait dû venir sans être réclamée si les politiciens faisaient leur travail. Le ministre de la santé a « condamné ces actes » ! Pauvre ministre : toujours dans le discours et le baratin, comme tous ses collègues. Aucun acte, aucune mesure concrète, pas peine celle de supprimer de suite les subventions de l’Etat au média concerné…
L’Ordre des médecins assure être « en lien avec les cabinets de Gérald DARMANIN et Eric DUPOND-MORETTI. Autant dire de suite que le problème ne sera pas résolu. Il faudra donc s’attendre à aller du pire vers le pire !
1. Jeanne FERNEY - La Croix, 9 septembre 2021
16 septembre 2021 : Pornographie et mineurs
En lisant un article de La Croix : « Pornographie, des sites bientôt inaccessibles aux mineurs » (1), on constate une fois de plus l’incurie de l’Etat.
« La loi du 30 juillet 2020 prévoit le blocage de la diffusion des sites accessibles aux plus jeunes, mais reste jusqu’ici inappliquée faute de décret. »
La loi a plus d’un an, mais l’affaire est plus ancienne : « Déjà sous Nicolas SARKOZY, une mission sénatoriale confiée à Chantal JOUANNO, avait tiré la sonnette d’alarme, mais il ne s’était rien passé ensuite… Ces travaux, repris sous François HOLLANDE, n’avaient plus abouti ».
Au lieu de reconnaître l’incapacité de trois présidents, de députés, de sénateurs, …, à faire aboutir un projet, « le cabinet d’Adrien TAQUET, secrétaire d’Etat à l’enfance et aux familles, ne compte pas se laisser accuser d’attentisme ». Il indique benoîtement : « Le décret doit être publié dans les jours qui viennent puisque nous avons obtenu le feu vert de la Commission européenne ». On ne peut mieux reconnaître l’inutilité de ce secrétaire d’Etat, l’inutilité de trois présidents, l’inutilité de centaines de députés et de centaines de sénateurs pour « mettre l’Etat face à ses promesses et ses inconséquences en ce qui concerne l’accès des mineurs à la pornographie en ligne ».
Et comment accepter que ce soit la « Commission européenne » qui donne son « feu vert » pour que soit appliquée une loi votée par le Parlement français pour la protection des enfants de France ? Il nous reste donc à virer les présidents, les membres des gouvernements, les députés et les sénateurs puisqu’ils sont payés à ne rien faire !
En attendant, le Code pénal qui « punit quiconque diffuse des contenus pornographiques accessibles par les enfants » (article 227-24) n’est pas appliqué. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, la France, pays sous-développé, est incapable d’exister par elle-même…
1. La Croix - 9 septembre 2021, page 6
7 octobre 2021 : Désarmement nucléaire ?
« Si un jour les Américains et les Soviétiques en venaient au désarmement, c’est-à-dire à la destruction et à l’interdiction contrôlées de leurs moyens nucléaires, c’est de grand coeur que nous-mêmes renoncerions à nous en procurer. Rien n’annonce malheureusement qu’on soit sur le point d’en venir là… »
« Nous répétons, également, qu’un simple accord sur les essais entre Soviétiques et Anglo-Saxons, déjà investis d’une puissance incommensurable, qui ne cessent de la renforcer et qui par là confirment de jour en jour leurs hégémonies respectives, ne détournera pas la France de se doter, elle aussi, des moyens de la même sorte, faute de quoi, puisque d’autres en ont, sa propre sécurité et sa propre indépendance ne lui appartiendraient jamais plus. » (1)
Depuis plus de 50 ans, la France a fait une proposition raisonnable que les puissances de l’époque ont refusé, pensant garder leur monopole. Peine perdue, puisque la France était loin d’être le seul pays à vouloir préserver sa « sécurité » et son « indépendance ». Les responsables de la prolifération nucléaire sont donc connus depuis longtemps ! Et on ne peut jeter la pierre à aucun des pays qui ont choisi leur « sécurité » et leur « indépendance ». Pas même à l’Iran, pas même à la Corée du Nord, pas même à la Birmanie… Avant de les punir de sanctions qui seront inutiles, il vaudrait mieux faire payer les responsables de cet immense gâchis !
1. Charles de GAULLE - Discours et messages, tome IV "Pour l'effort 1962-1965" - Plon 1970, p. 196-197 - Conférence de presse, Palais de l'Elysée, 29 juillet 1963
16 octobre 2021 : L’Allemagne et la France
« Assurément, il n’y a pas et il ne peut y avoir d’opposition proprement dite entre Bonn et Paris. Mais, qu’il s’agisse de la solidarité effective de la France et de l’Allemagne quant à leur défense; ou bien de l’organisation nouvelle à donner à l’alliance atlantique; ou bien de l’attitude à prendre et de l’action à exercer vis-à-vis de l’Est, avant tout des satellites de Moscou; ou bien, corrélativement, de la question des frontières et des nationalités en Europe centrale et orientale; ou bien de la reconnaissance de la Chine et de l’oeuvre diplomatique et économique qui peut s’offrir à l’Europe par rapport à ce grand peuple; ou bien de la paix en Asie et, notamment, en Indochine et en Indonésie; ou bien de l’aide à apporter aux pays en voie de développement, en Afrique, en Asie, en Amérique latine; ou bien de la mise sur pied du Marché commun agricole et par conséquent, de l’avenir de la Communauté des Six, on ne saurait dire que l’Allemagne et la France se soient encore accordées pour faire ensemble une politique et on ne saurait contester que cela tient au fait que Bonn n’a pas cru, jusqu’à présent, que cette politique devrait être européenne et indépendante. Si cet état de choses devait durer, il risquerait à la longue d’en résulter, dans le peuple français du doute, dans le peuple allemand de l’inquiétude, et chez leurs quatre partenaires du Traité de Rome, une propension renforcée à en rester là où l’on en est, en attendant, peut-être, qu’on se disperse. »
« … La France poursuit par ses propres moyens ce que peut et doit être une politique européenne et indépendante. » (1)
Depuis 1964 donc, sans surprise hélas !, cette « politique européenne et indépendante » est toujours attendue.
1. Charles de GAULLE - Discours et messages, tome IV "Pour l'effort 1962-1965" - Plon 1970, p. 230-231 - Conférence de presse, Palais de l'Elysée, 23 juillet 1964
22 novembre 2021 : La langue française en voie de disparition
J’aime bien l’humour de Dominique LABARRIERE. Son billet de ce mois-ci (1) est éclatant et triste :
« Ca remplacement qui nous occupe, ce n’est pas parce qu’il est caché qu’on ne le voit pas, mais tout bonnement parce qu’on ne veut pas le voir. Ou l’entendre. L’enjeu est pourtant notre richesse patrimoniale la plus évidente, la plus naturelle, la plus essentielle, la plus usuelle et sans doute la mieux partagée, notre langue. Or, ce trésor subit une infestation quasi virale de l’anglais, ingérence à laquelle nous assistons, subjugués, passifs, complices…
« De proche en proche, le champ linguistique spécifiquement français est grignoté, pollué… C’est quand la glorieuse Rome antique a perdu le sien, de latin, qu’elle s’est perdue elle-même. Ceux qu’elle désignait comme les Barbares n’étaient pas les peuples d’autres moeurs, mais très précisément ceux d’autres langues…
« Perdre sa langue, c’est perdre bien plus que les mots pour dire les choses, c’est perdre l’esprit qui permet de les comprendre. C’est perdre tout à la fois son âme et son génie propre… Quand un terme anglais vient se substituer à un mot français, ce n’est pas seulement le mot qui est chassé, mais avec lui son histoire, son étymologie, ses nuances synonymiques, bref toute la subtilité qui fonde la richesse d’une vraie langue et l’intelligence du peuple qui la pratique. »
Nous sommes déjà en marche vers « la mort culturelle généralisée ». Bien triste évidence!
Note de novembre 2023 : Deux années plus tard, j’ai constaté le changement intervenu sur la chaîne Euronews. De plus en plus d’émissions sont en anglais, avec des traductions en français au bas de l’écran. Je n’ai entendu aucune réaction à ce sujet, comme si l’Europe d’Ursula Van der LEYEN était déjà, par elle et comme elle, vendue et livrée aux Etats-Unis !
1. Humeur - Le billet de Dominique LABARRIERE - La Baule + - Novembre 2021
7 décembre 2021 : Le rôle de l’administration
Dans la réponse qu’il a faite aux voeux des corps constitués, le 1er janvier 1969, le général de GAULLE a indiqué leur rôle d’une façon limpide (1) :
« Préparer les décisions de l’Etat et, une fois qu’elles ont été prises, en assurer l’exécution, le faire avec pour but unique le service public et en tout désintéressement, bref, agir pour le bien commun et, par là, donner l’exemple, ce sera demain, comme c’était hier, le noble rôle, le rôle essentiel, de l’Administration française ».
Il serait bon de revoir de façon urgente la marche actuelle de l’administration et le « noble rôle » qu’elle a complètement perdu dans le « service public ».
1. Charles de GAULLE - Discours et messages, Vers le terme 1966-1969, Plon 1970 - p. 366
14 janvier 2022 : Voeux pour la formation (inexistante) avec la (dés)information (omniprésente)
« Le voeu réel serait de ne plus voir sur les écrans que des sommités sérieuses, humbles devant la pandémie d’incertitudes que véhicule la Covid, ayant assez de bon sens pour ne prendre la parole que lorsque cela peut éclairer le citoyen d’ne manière fiable, et donc le rassurer, ayant aussi un sens de l’éthique assez développé pour résister au plaisir narcissique de venir bégayer leur science en pleine lumière, inoculant ainsi le doute de leurs cafouillages de sachants égarés dans le cerveau du pauvre monde. Oui, rassurer – nous rassurer ! – en ne proférant que ce qui est acquis, scientifiquement prouvé (si ce concept a encore un sens après tant d’usage frelaté ces derniers mois) et en se taisant le reste du temps. »
Ce souhait offert pour 2022 à ses lecteurs par Dominique LABARRIERE (1) se termine par une vérité sur le sous-développement engendré par la société du spectacle, dans laquelle les femmes et hommes politiques nous condamnent de plus en plus à vivre (en fait, à mourir) :
« Ce à quoi on assiste depuis deux années avec ce défilé cathodique d’une poignée de sachants ivres d’eux-mêmes, c’est à la victoire, une fois encore, de la société du spectacle. Le tout à l’écran comme il y a le tout à l’égout ».
Ne vous inquiétez pas ! Vous avez très bien lu… Ce qui nous est offert chaque jour, c’est le tout à l’égout.
1. La Baule + - Janvier 2022, page 5
15 janvier 2022 : La Russie et Jacques CHIRAC
J’ai enfin retrouvé une trace de ce que le Président Jacques CHIRAC disait de la Russie et que nos hommes politiques actuels devraient méditer au lieu de se jeter stupidement, continuellement et sans réfléchir, dans les bras de l’OTAN et donc des Etats-Unis, en oubliant totalement que la construction qui reste à faire est celle de l’Europe de l’Atlantique à l’Oural :
« Je (c’est Jacques CHIRAC qui parle) voulais dire au Président ELTSINE que j’avais parfaitement conscience que la Russie était une très grande nation. Que les Russes étaient un très grand peuple, fort d’une longue histoire, d’une brillante civilisation, d’une forte culture, et, quels que soient les aléas du moment, la Russie, est, et reste, un élément essentiel de l’équilibre du monde. Ceux qui ne s’en rendraient pas compte feraient une grave et dangereuse erreur. » (1)
1. Daniel JOUANNEAU - Souvenirs d'un chef du protocole, p. 197 - Plon 2021
3 avril 2022 : Russie, Ukraine, OTAN, Europe
Je n’ai pas écrit depuis plusieurs semaines pour une raison simple : il me semble de plus en plus inutile de répéter à longueur de journées que les réformes évidentes, demandées depuis des années dans « Doléances » et qui n’ont pas été faites, ni même amorcées contrairement à ce que ne cessent de clamer les assoiffés de pouvoir en ne pensant qu’à leur « promotion » et « maintien au pouvoir »…
Et comme rien n’a été fait depuis des décennies, les factures à payer sont de plus en plus lourdes. Une preuve évidente en est donnée avec l’affaire « Ukraine-Russie ».
La chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS étaient d’excellentes choses pour « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural ». C’était une occasion, impensable à l’époque, de revoir et de réorganiser l’ensemble du continent (qui avait été, soi-dit en passant, imposé à Yalta par Roosevelt et Staline, au détriment des Européens), tout en respectant un certain nombre de principes, par exemple celui de non-ingérence. Mais les Etats européens, soi-disant démocratiques, comme la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et leurs affidés, avaient été incapables depuis des lustres de préserver leur indépendance et s’étaient souvent « vendus » aux Etats-Unis… Même la France après la décision prise par le malheureux SARKOZY de réintégrer la commandement militaire de l’OTAN… Comment tous ces foutus politiciens n’ont-ils pas encore compris que l’Europe n’est rien pour les Etats-Unis ? Seule compte l’OTAN, qu’ils dirigent et manipulent depuis toujours. L’OTAN, ce n’est pas « de l’Atlantique à l’Oural », mais « de Washington à Istanbul » !
L’Europe étant une coquille vide, ce sont les va-t-en-guerre de l’OTAN, c’est-à-dire les Etats-Unis, qui ont décidé de profiter de la faiblesse de la Russie pour la mettre K.O. à tout jamais.
Et on découvre maintenant qu’il y a encore des problèmes de frontières en Europe ! Et on découvre maintenant que les promesse faites à la Russie de ne pas installer l’OTAN près de ses frontières, promesses faites par la « démocratie américaine » – autre nom de la tyrannie moderne – n’ont jamais été respectées. Et on découvre maintenant que des sanctions vont être la solution. Ne comprendra-t-on jamais que les pays européens se sont vendus aux Etats-Unis et sont devenus incapables de résoudre leurs problèmes. Ce ne sont plus des pays libres.
26 avril 2022 : La Russie, l’Allemagne et la France
J’ai suffisamment éreinté Claude MARTIN (1) pour un certain nombre d’événements survenus en Chine, relatés dans ses mémoires et me concernant d’une façon ou d’une autre, pour signaler ce qui, dans son gros livre, me semble correspondre vraiment à la réalité.
Je suis donc content de citer ce qui est écrit sur la Russie, et que je lis en ces moments dramatiques de l’offensive russe en Ukraine : « Sur la Russie, le président et le chancelier (Jacques CHIRAC et Gerhard SCHROEDER) savaient qu’ils pouvaient et devaient s’entendre. L’un et l’autre considéraient que la grande nation russe appartenait à la famille européenne. L’un et l’autre souhaitaient éviter qu’un mur se redresse à nouveau entre les parties occidentale et orientale de notre continent. L’un et l’autre avaient pour le nouveau président de la Russie de l’estime, et même de l’admiration. » (2)
A Yalta, ROOSEVELT et STALINE avaient construit l’Europe d’après-guerre à leur manière et pour leurs seuls bénéfices, en présence d’un CHURCHILL obligé de se taire et d’un de GAULLE absent car non invité. A ce moment-là, la démocratie était absente, soit parce que les Soviets étaient sûrs de leur hégémonie en Europe, soit parce que les Américains n’ont jamais rien fait d’autre qu’augmenter leurs bénéfices de capitalistes. Les problèmes qui existaient, en particulier de frontières et de zones d’influence, n’ont, depuis, jamais été traités par nos politiciens incapables. L’Europe, dite de l’Ouest, a choisi de se donner (ou de se vendre) aux Américains, c’est-à-dire de perdre son indépendance.
Les Américains ont gagné, certes, et les seuls à résister à cette hégémonie tyrannique, ce sont les Russes. Ceci ne justifie en rien l’agression en Ukraine et la guerre actuelle ! Par contre, une fois encore, il est clair que les problèmes non traités à temps se transforment en problèmes quasiment insolubles. En Europe, la démocratie n’existe pas, le vainqueur actuel, c’est l’OTAN, c’est-à-dire les Etats-Unis qui engrangent les énormes commandes d’armes qui leur sont passées par les Européens.
Pour une fois, les souvenirs de l’énarque MARTIN correspondent à la réalité. Ne nous privons donc pas de le lire calmement : « Le chancelier (SCHROEDER), accusé par la CDU d’avoir « trahi » l’alliance américaine, se sentait obligé de faire un geste vis-à-vis de Washington… » « Je suis obligé de donner des gages, disait Schroeder »… On ne l’a jamais dit aux bons peuples européens, mais l’Allemagne était obligée de devenir la vassale des Etats-Unis et la France ne serait jamais pardonnée d’avoir encore l’esprit de « résistance ». Que dit le Président CHIRAC au sujet des Américains : « Ils sont si maladroits ! Ils font tout, partout où ils vont, pour susciter la révolte contre eux. Le Viêt-nam ne leur a pas servi de leçon… ».
Plus tard, après le départ de Gerhard SCHROEDER et la nomination d’Angela MERKEL à la chancellerie allemande, l’énarque MARTIN rapporte ces mots de Jacques CHIRAC : « J’inviterai Angela MERKEL et POUTINE à Paris : ce « triangle » est très important pour tous les trois. Ne pas exclure la Russie de la famille européenne, lui parler ensemble, Français et Allemands, pour éviter les malentendus, les soupçons, c’est essentiel ». (3)
Je suis content et même fier d’avoir travaillé avec Jacques CHIRAC. C’était, en politique étrangère, un homme d’Etat et il a fait son devoir de président. Depuis son départ, la France n’a plus de politique étrangère. Elle fait semblant et construit un épouvantail ! Sarkozy, Hollande, Macron : nuls ! Les Etats-Unis ont enfin gagné et obtenu ce qu’ils souhaitaient depuis Roosevelt à la fin de la seconde guerre mondiale : la mise à leur botte de l’Europe et la fin de l’indépendance et de la résistance de la France
1. Cf. "Souvenirs, souvenirs..." - Chine 1981-1984, sur mon blog "Doleancesblog.com" 2. Claude MARTIN - La diplomatie n'est pas un dîner de gala, p. 821 - L'aube 2018 3. Ib. p. 866
12 mai 2022 : La « saleté » des sanctions américaines et européennes
Les sanctions prises par certains pays « riches » (mais certainement dénués de supplément d’âme) sont des insultes à l’humanité entière et surtout ne résolvent aucun problème. Pour répondre à la très triste « aventure » organisée par la Russie en Ukraine, on ne dira jamais assez que cette histoire a pour germe l’expansionnisme à tout crin de l’OTAN, dirigée depuis sa création par le seul impérialisme américain.
L’Europe assiste, esclave impuissante, à une guerre entre la Russie et les Etats-Unis… Parmi les sanctions prises, j’en relève une particulièrement stupide, même si en fait elles le sont toutes. Je ne sais qui a eu l’idée de « punir » les joueuses et joueurs de tennis russes et bélarusses (sans doute un énarque ou un eurocrate ou un américain…). Depuis l’invasion de l’Ukraine, les joueuses et joueurs russes et bélarusses apparaissent, dans les tournois, sous « bannière neutre » (sans le drapeau de leur pays).
Mais les Britanniques ont poussé le bouchon encore plus loin, sans doute au nom de la démocratie, de la liberté et de l’empire ! Lors du prochain tournoi de Wimbledon, les joueurs et joueuses russes et bélarusses seront exclus. Une première dans le tennis mondial. A Roland Garros, il a été précisé que cet ostracisme ne serait pas.
La décision de Wimbledon est une honte supplémentaire pour l’humanité, imposée par un « Occident » déjà foutu… Les Britanniques ont quitté l’Union européenne et il m’arrive de penser qu’ils ont bien fait devant la stupidité des décisions bruxelloises. Mais maintenant, ils quittent le monde civilisé et rejoignent encore un peu plus leurs « amis » américains. Et l’Europe suit sans rien dire, comme un toutou tenu en laisse suit son maître.
Je préfère de loin le tennis féminin qui a souvent (pas toujours) gardé la grâce des grandes joueuses de naguère, comme Chris EVERT par exemple. Je n’apprécie pas le jeu de « bûcheron » de NADAL et DJOKOVIC, mais j’apprécie leurs déclarations après la décision prise par les organisateurs du tournoi de Wimbledon : « Très injuste » a dit la premier; « décision folle » pour le second. (1)
Quand on ne présente aucune recherche pour tenter la paix, on fait du vent avec le mépris et l’insulte. Serait-ce pour éloigner la paix un peu plus et continuer ainsi à tirer profit de la guerre ?
1. Dans une interview sur France 2 à Roland Garros, le 30 mai 2022, le grand John Mc ENROE a lui aussi critiqué la décision des autorités de Wimbledon. Le sport est fait pour rapprocher de la paix et non pour ostraciser des athlètes et leurs pays. Il a même très justement souligné que la réponse à offrir aux autorités vachardes de Wimbledon serait le boycott intégral du tournoi par tous les joueurs. Il serait urgent pour les Britanniques de cesser de vouloir donner des leçons au monde entier, d'établir enfin la démocratie chez eux en supprimant la Chambre des Lords, survivance d'un autre âge, et de rechercher enfin la paix en Irlande ou à Gibraltar (pour commencer)
Complément du 10 juillet 2022 :
Il m’est revenu que même l’Allemagne nazie n’avait pas interdit aux athlètes de couleur de participer aux Jeux de Berlin en 1936.
Il n’en reste pas moins que j’aime bien l’humour britannique, souvent sarcastique et moqueur. Or pendant le tournoi de Wimbledon, deux exemples de cet humour viennent d’être donnés. Comme quoi les sanctions se retournent contre leurs auteurs !
Le Premier Ministre britannique, Boris JOHNSON, a été contraint à la démission de la présidence du parti conservateur, les scandales continuant de fleurir autour de son action…
Mais surtout, après la mise à l’écart des joueurs russes et bélarusses, j’ai trouvé un goût particulier à la finale dames qui opposait Ons JABEUR, première joueuse tunisienne à participer à une finale de grand chelem, à Elena RYBAKINA, première joueuse kazakh à arriver à ce niveau. C’est finalement RYBAKINA qui l’a emporté… Or elle est née en fait en Russie le 17 juin 1999 à Moscou et était de nationalité russe jusqu’à sa naturalisation par le Kazakhstan (pour une raison que je ne connais pas) en juillet 2018. Bravo à elle (et aussi à Ons JABEUR) et que les Britanniques apprennent à respecter même leurs ennemis dans le sport, pour être enfin un peu « fair-play » !
Complément du 25 janvier 2023 :
Je regarde les matchs féminins de l’Open d’Australie. Les joueuses de tennis russes et bélarusses continuent à subir l’opprobre des décisions-sanctions britanniques et américaines : leur nom est encore écrit, mais on continue à supprimer leur nationalité et leur drapeau !
Que reste-t-il à faire pour en arriver à la solution choisie par les Nazis ? Supprimer les noms et les passeports et tatouer un numéro sur l’avant-bras ?
Lorsque des contrôles anti-dopage sont sérieusement effectués, il est normal que tous les athlètes testés positifs paient le prix de leurs erreurs et tricheries. Mais au tennis, les Britanniques et les Américains (Wimbledon et WTA) ont choisi de condamner et pénaliser des athlètes qui n’ont fait aucun mal. Inadmissible tyrannie supplémentaire de ceux qui se croient encore maîtres du monde !
26 mai 2022 : Tennis à Roland-Garros
Regarder quelques matches de tennis pendant les internationaux de France peut s’avérer quelque peu attristant…
Sur le court Philippe Chatrier, on se demande si l’on est encore en France. Des interprètes seront bientôt nécessaires. On y lit en effet « Emirates Fly better », « Victory belongs to the most tenacious », « Move the lines with style » et encore » BNP The bank for a changing world ». Sans oublier le polo des ramasseurs de balles affublé d’un « wearetennis.com ». Ajoutons une « invention » faite récemment par les responsables du tournoi : l’arrivée des « night sessions » ! Sans doute ces responsables ne sont-ils jamais allés au théâtre où le sens de « matinées » et « soirées » est compris par tous.
Il faut hélas redire encore une fois, même en sachant que c’est en pure perte, qu’un peuple qui ne sait pas défendre et développer sa langue est un peuple asservi, et, dans le cas présent, qui n’est pas nouveau mais ne cesse de se développer, cet esclavage est celui imposé par les Etats-Unis. Pourquoi donc, si l’on choisit d’écrire en langue étrangère, ne pas prendre l’allemand ? Est-on encore en Europe et prône-t-on encore l’amitié franco-allemande autrement que pour baratiner ?
Ainsi, pour la « Défense et illustration de la langue française », se retrouve-t-on une fois de plus devant le désastre français. Y a-t-il un pays au monde qui fasse autant semblant de défendre sa langue et qui en même temps la galvaude ? On ne peut sans doute pas compter les comités, cercles d’études, associations… censés défendre et promouvoir notre langue… Les subventions tombent, les salaires également… Sans résultat ! Même l’Académie française semble ne rien faire, ou être incapable de faire quelque chose.
Pour revenir au tennis, une réforme toute simple pour commencer : pourquoi faut-il que dans la plupart des tournois, le score soit annoncé par l’arbitre, non seulement dans la langue du pays (lorsque c’est le cas, car ce n’est pas toujours) et aussi en anglais. Il y a partout des affichages de score qui aident les joueurs distraits ou qui ne connaissent pas la langue locale. Le respect commence par le respect du pays dans lequel on joue, et le respect de sa langue.
Comme les latinistes parlent du latin, langue devenue « morte », comme les hellénistes parlent du grec ancien comme d’une langue devenue « morte », ainsi le français, dès à présent, a commencé sa descente vers le sous-développement et la « mort ».
Pour éviter tout malentendu, je redis une fois encore l’immense respect que j’ai eu toute ma vie, dans tant de pays, non seulement pour tous ceux qui étaient parfaitement bilingues, mais aussi qui connaissaient l’histoire, la géographie, la culture, la civilisation de leurs deux pays. Deux très beaux exemples : la Princesse Galyani VADHANA, soeur aînée du roi de Thaïlande et Présidente d’honneur de l’Alliance française de Chiang Mai, et le Prince Vongsamahip JAYANGKURA, oncle du roi et Président de l’Alliance française de Chiang Mai.
8 juin 2022 : Le programme Astrid
J’ai trouvé dans le courrier le « Journal des contribuables associés » et ai lu en dernière page le petit article signé « F.D. » sur le « programme Astrid » (1).
Je n’en avais jamais entendu parler, mais lisez plutôt : « En 2019, le gouvernement a décidé de stopper le programme Astrid… Cette technologie de centrale nucléaire fonctionnant grâce à des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium liquide présentait un double avantage : produire plus d’électricité (jusqu’à cent fois plus), tout en recyclant les déchets nucléaires enfouis à La Hague comme combustible nucléaire. Astrid aurait pu conférer à la France une indépendance énergétique totale tout en favorisant une gestion optimisée des déchets radioactifs à vie longue. Le développement du projet a consommé environ 1,2 milliard d’euros ».
Des questions, une fois de plus, restent sans réponse. Pourquoi n’a-t-on que si peu parlé au « bon peuple » de ce projet, financé pourtant par lui-même, et de son abandon ? Ni les journalistes des médias de large audience, ni les gouvernements, ni les élus ne semblent avoir vraiment expliqué ce renoncement (un de plus !) à ce qui ressemble pourtant à une promesse d’avenir. Est-ce pour faire plaisir aux écologistes radicaux que l’avenir est laissé de côté au profit des prochaines (ré)élections ? Quelle honte ! Et personne ne rendra de compte, comme d’habitude, pour cette gabegie, alors même que les événements actuels dans le monde montrent l’absolue nécessité pour la France de garder son indépendance.
1. N° 23 - Juin-Août 2022
14 juin 2022 : Eric BRANCA – L’ami américain
J’ai écouté un peu par hasard une interview d’Eric BRANCA au sujet de son livre « L’ami américain ». (1)
Les pistes de réflexion qu’ils soulignent sont tout à fait intéressantes, car, bien souvent, elles sortent des sentiers battus prônés par la grande majorité des baratineurs de profession qui encombrent les médias.
Je tente un résumé : dès 1940, les Etats-Unis ont vu que de GAULLE voulait rétablir « non seulement l’intégralité du territoire, mais aussi de la souveraineté française ». Ainsi, dès 1940, les Etats-Unis ont-ils joué PETAIN contre de GAULLE, d’abord pour des raisons commerciales (toujours grandes inspiratrices de la politique américaine) : prendre pied dans l’empire français, comme ils souhaitaient le faire aussi dans l’empire britannique, pour les démanteler et ainsi étendre leur commerce.
Le souci d’indépendance de de GAULLE gênait « l’ami américain ». D’où la recherche par eux de solutions alternatives : DARLAN, GIRAUD et même LAVAL tout à la fin, quand les Etats-Unis voulaient quelqu’un « à leur service » (on devrait plutôt dire « à leur botte »), quelqu’un qui avait pour habitude d’être au « service » de puissances étrangères.
Le pire fut sans doute « l’invention » par les Etats-Unis de l’AMGOT, le « Gouvernement militaire allié des territoires occupés » (Allied Military Government of Occupied Territories). Sans la résistance française et les commissaires de le République nommés par de GAULLE, les préfets de Vichy auraient été remplacés par des administrateurs américains. Ce sont Winston CHURCHILL et Anthony EDEN qui ont averti en 1943 de GAULLE de ce qui se préparait pour occuper, administrer et soumettre la France… La soumission, maître-mot des Américains !
Le Président Franklin ROOSEVELT était farouchement en faveur de cette soumission de la France. Le général Dwight EISENHOWER voulait au contraire coopérer avec de GAULLE, ce qu’il a réussi à faire (on se rappelle son aide décisive lors de la libération de Paris par le général LECLERC). Personnellement, je regrette que la station de métro sur les Champs-Elysées ait reçu le nom du Président ROOSEVELT. Elle devrait être renommée et recevoir le nom de « Général Dwight EISENHOWER ».
Et Jean MONNET dans tout cela ? « Père de l’Europe » ? Il travaillait davantage pour les Etats-Unis que pour la France. Dans une note destinée au gouvernement des Etats-Unis, citée par Eric BRANCA, il écrivait : « Il faut détruire de GAULLE car c’est un ennemi de la construction européenne ».
Les Etats-Unis souhaitaient la disparition des armées européennes pour les intégrer dans un ensemble plus vaste dirigé par eux. Cette tentative fut d’abord un échec avec le rejet de la Communauté européenne de Défense (CED), puis lors de la décision du général de GAULLE de quitter le commandement militaire intégré de l’OTAN, mais finalement quasiment réussi avec la décision du pauvre Nicolas SARKOZY, grand ami de George W. BUSH, de réintégrer ce commandement militaire intégré, soumettant ainsi la France et son armée aux Etats-Unis. Depuis, tout le reste n’est que gesticulations. Peut-être le dernier acte d’indépendance de la France apparaîtra-t-il dans les livres d’histoire comme le refus de Jacques CHIRAC de participer à la guerre en Irak ordonnée par George W. BUSH après avoir menti au monde entier. Le dernier acte d’indépendance de la France fut exprimé dans le magnifique discours de Dominique de VILLEPIN au Conseil de Sécurité des Nations-Unies.
Quand George W. BUSH sera-t-il enfin traduit devant un tribunal pénal (enfin) international, avec Dick CHEENEY et Condoleezza RICE, pour crimes de guerre ?
1. Sud Radio - 3 juin 2022
16 juin 2022 : L’Europe et les Etats-Unis – Paul-Marie COUTEAUX
J’aime bien écouter certaines émissions de Sud-Radio avec André BERKOFF, un des très rares journalistes pas encore inféodés aux puissances de l’argent ou du pouvoir. Avec lui, on est certain d’apprendre une partie de ce que presque tous les autres journalistes taisent, par médiocrité, lâcheté et soumission.
L’essayiste Paul-Marie COUTEAUX a été invité le 7 juin 2022 et a pu offrir un festival de vérités rarement entendues (si ces informations sont fausses, alors que ceux qui les ont répandues soient condamnés; si elles sont vraies, alors qu’elles soient enfin diffusées sur tous les médias possédés d’une façon au d’une autre, soit par l’Etat, soit par des milliardaires).
L’Union européenne décide de sanctions contre la Russie. Ces « suffisances » qui nous dirigent n’ont pas encore compris que les sanctions ne sont que des aveux de faiblesse de la part de ceux qui les prennent. Donc l’Union européenne décide d’imposer l’embargo sur le pétrole russe. On constate alors que les exportations de pétrole russe vers l’Inde viennent de quintupler… Et le pétrole « indien » est revendu à l’Union européenne avec une « solide commission » !!!
L’Europe, « centre du monde » il y a un siècle, n’est plus rien d’autre qu’une « soumission » aux Etats-Unis. Notre relation au monde obéit maintenant à un certain nombre de principes, d’intérêts qui ne sont pas les nôtres, mais ceux de Washington… Jusqu’à notre langue… Nous sommes dorénavant imprégnés de « culture » américaine et donc nous acceptons, sans même être simplement capable de le voir, « l’imperium américain ».
Un des grands artisans de la politique des Etats-Unis fut, pendant une trentaine d’années, Zbigniew BREZINSKI. Pour lui, le monde n’était qu’un vaste chaos, sauf si les Etats-Unis en prenaient le contrôle. Une seule « chose » pouvait échapper à cette main mise : le monde chinois. Mais il était possible de circonvenir cet indocile : sans le contrôler, au moins le contenir. Pour cela, il fallait contrôler l’ensemble de l’Europe, ce qui était simple pour la partie occidentale. Mais il fallait aussi la puissance maritime américaine, et également le contrôle du nord de l’Europe et spécialement la Sibérie. Il fallait donc démanteler la puissance russe.
Cette « vision » de Zbigniew BREZINSKI n’était pas du goût de tout le monde. Henry KISSINGER, par exemple, prônait l’alliance des Etats-Unis avec la Russie, contre la Chine… Finalement, on voit actuellement la Russie s’allier avec la Chine contre les Etats-Unis. A croire que la politique d’imperium voulue par les Etats-Unis ne peut se terminer que par un échec.
Dans tout cela, l’Europe, devenue périphérique, est complètement marginalisée, car elle n’a pas compris qu’elle « se reposait sur une puissance qui ne voulait pas son bien » (très, très belle formule !). L’Europe n’a pas compris qu’elle est « colonisée », délibérément et « avec science » par les Etats-Unis. Après les Indiens aux Etats-Unis, complètement « rasés », il a été choisi par les impérialistes de contrôler l’ensemble de l’Amérique, du nord, du centre et de sud… Et partout la même rengaine : les hommes politiques doivent comprendre que s’ils « bronchent », ils seront « éjectés ». N’est pas de GAULLE qui veut !
Et la conclusion magnifique et très triste de Paul-Marie COUTEAUX : « L’Europe ne peut parler d’une seule voix que pour ne rien dire ». A méditer !
20 juin 2022 : Tournoi de tennis féminin à Berlin
En regardant quelques matches de tennis sur herbe au tournoi de Berlin (« Bett1Open »), j’aperçois aussi les publicités au bord du court et je peux lire « Wir sind Matratze », « Nous sommes matelas », « We are mattress », « Somos colchones »… Et je repense à la seule présence de l’anglais comme langue étrangère à Roland Garros. (1)
Je remercie les Allemands de respecter plus que nous la diversité culturelle européenne. Il faut dire qu’ils ont beaucoup à se faire pardonner depuis la désignation d’Ursula von der LEYEN au poste de Présidente de la Commission européenne. cette pauvre dame ne connaît même plus sa langue maternelle et pour le français, je n’ai entendu d’elle que « bonsoir » lors d’une interview. En utilisant quasi toujours l’anglais, elle donne d’elle l’image d’une personne voulant inféoder l’Europe aux Etats-Unis. Quand sera-t-elle virée ?
1. Cf. Au gré des jours 2021... - 26 mai 2022
7 juillet 2022 : Ukraine – Russie – Europe – Etats-Unis – Chine
J’ai participé, en septembre 1998, au voyage officiel du Président Jacques CHIRAC en Ukraine et en Moldavie, mais je ne suis aucunement un connaisseur de cette partie est de l’Europe.
Devant l’énormité des bêtises qui s’accumulent aussi bien dans la bouche des politiciens que des journalistes, j’ai cherché à écouter les voix de spécialistes indépendants du pouvoir actuel et de ses errements, indépendants aussi des eurocrates de Bruxelles, dirigés en fait, les uns comme les autres, par les Etats-Unis. Et j’ai trouvé une présentation d’environ un quart d’heure faite par Alain JUILLET, qui après des études à HEC et d’innombrables séjours et voyages dans les monde, est devenu spécialiste de diplomatie et d’intelligence économique.
On peut, évidemment, ne pas être d’accord avec lui, mais ce qui est passionnant, c’est l’invitation à l’ouverture d’esprit qu’il propose et à la mise à la poubelle de toutes les idées diffusées sans relâche par ceux qui, paraît-il, nous « gouvernent », alors qu’eux-mêmes prennent leurs ordres de cabinets de conseil ou des pouvoirs américain ou bruxellois.
Quelques pistes pour commencer à réfléchir :
- connaître un minimum d’histoire, de l’URSS, de la Russie et de l’Ukraine,
- constater la faillite de la politique française et allemande, ces deux pays ayant été incapables (à cause de leurs faiblesses inhérentes à des interventions extérieures) de faire respecter les accords de Minsk qui devaient protéger la paix,
- voir la liste des innombrables mises en garde faites par la Russie à l’OTAN, à l’Ukraine, à l’Europe,
- voir la liste des innombrables interventions des Etats-Unis et de l’OTAN dans les affaires ukrainiennes (et européennes),
- comprendre la seule préoccupation des Etats-Unis : s’attaquer à la Chine afin de garder pour eux seuls le « leadership » mondial, et pour cela détruire d’abord la Russie,
- voir comment les sanctions décidées stupidement (comme toutes les sanctions) par des Occidentaux qui se croient encore à l’école maternelle ou à l’époque de la colonisation, se retournent simplement contre les peuples d’occident, aussi bien de l’Europe que de l’Amérique, car les parades sont trouvées, pour contourner le système SWIFT, pour arrêter la suprématie du dollar par laquelle les Etats-Unis font payer leur déficit au monde entier…
Ce que de nombreux pays d’Amérique latine, d’Asie, d’Afrique ont compris depuis longtemps, c’est à nous, Européens, de le saisir avant qu’il ne soit trop tard : au mépris de la démocratie et du respect des peuples de la terre entière, les Etats-Unis, avec le bras armé de l’OTAN qu’ils sont seuls à diriger, veulent à tout prix imposer leur hégémonisme, leur tyrannie et leur dictature. Mais les choses finiront donc, un jour ou l’autre, comme au Vietnam, en Afghanistan ou en tant d’autres lieux…
20 août 2022 : La « démocratie », Michel de JAEGHERE
Il faut toujours chercher, au-delà des prétendues vérités assénées par nos politiciens et nos journalistes, des articles écrits par des hommes qui essaient encore de réfléchir, malgré l’opprobre dont, bien souvent, ils sont entourés, puisque la pensée personnelle est considérée comme dangereuse par les propagandes à la mode. C’est à chacun de penser par soi-même, sans accepter les « vérités assénées » qui ne sont que le reflet de la dictature (du pouvoir et de l’argent) qui les a créées.
Michel de JAEGHERE (1) présente la démocratie « directe », née en Grèce à une époque où « le peuple rassemblé gère lui-même ses affaires ». Il est donc évident que la démocratie actuelle n’est plus une démocratie puisque le peuple ne gère plus rien. En Grèce, il n’y avait « aucun système de délégation à des représentants ». Il devient urgent de faire en sorte que la représentation actuelle comporte une délégation précise des pouvoirs, qui doit être impérativement respectée. Car c’est le peuple qui est souverain, et non des représentants qui, une fois élus, font n’importe quoi et ne suivent, bien souvent, que leurs propres intérêts.
Michel de JAEGHERE parle aussi de la morale naturelle, évidente pour tous et qui devrait être observée par tous, sans aucune discrimination de sexes, de religions, de couleurs de peau… Relisons l’auteur : « A l’instar de l’Antigone de Sophocle, et au contraire de la quasi-totalité de nos hommes politiques, les Grecs proclamaient qu’au-dessus des lois humaines, il y avait des lois non-écrites, inébranlables, des dieux, qu’il n’appartiendrait jamais à Créon de transgresser, serait-il élu démocratiquement. Ces lois commandaient toute une part de la vie morale. Elles obligeaient à la loyauté, au respect des traités, à la piété filiale, au patriotisme, elles interdisaient le sacrilège, le viol des serments, la mise à mort d’un prisonnier, la privation de sépulture; elles imposaient le respect de la propriété privée et celui de la vie des innocents. Les Grecs tenaient en outre qu’il y a une nature humaine, caractérisée par la sociabilité, la raison, la volonté, le sens de la justice, la soif de transcendance. Au-dessus de toute loi écrite, ils plaçaient dès lors aussi une « loi naturelle »… Plus que de la volonté changeante de la majorité, c’est de la loi naturelle que les lois écrites devaient être le reflet… »
Continuons à nous instruire, sur l’Europe par exemple : La démocratie contemporaine « maintient le nom et les apparences de ce qu’elle a détruit au nom de l’individualisme radical qui est depuis 1789 son principe constitutif : la famille est invitée à se conjuguer au pluriel, la nation à devenir multiculturelle, la souveraineté est partagée… L’Union européenne illustre plus que tout autre ce phénomène : elle maintient les nations comme des fictions commodes pour laisser croire aux peuples qu’ils ont conservé la maîtrise de leur destin alors même qu’elle leur a été enlevée au profit de la démocratie européenne et des oligarchies financières. Comme le disait François Mitterrand lors de son débat avec Philippe Séguin à la veille du référendum sur Maastricht en 1992 : « Nos institutions nationales sont entièrement respectées : gouvernement, Parlement, collectivités locales ». Elles ont cependant été vidées de leur substance par la règle qui fait prévaloir sur les lois nationales, même postérieures, un droit européen élaboré de manière opaque selon des procédures qui n’ont rien de démocratiques. La démocratie contemporaine réduit ainsi à de pures apparences non seulement les communautés naturelles qui procurent à l’homme son enracinement, mais le processus électoral lui-même, qui ne relève plus que du jeu de rôle, comme l’a d’ailleurs manifesté le sort réservé au résultat du référendum de 2002″.
Je me souviens d’élections dans un pays d’Asie dans les années 70. Dans les villages, les habitants organisaient une loterie et pariaient sur le nom du vainqueur. Au bout du compte, chacun était perdant car il savait que le politicien élu ne transformerait pas sa vie, mais certains gagnaient au moins un petit quelque chose avec le pari qu’ils avaient fait ! Nous sommes, nous aussi, atteints par le sous-développement : tous perdants avec nos élections truquées et nos élus qui ne respectent en rien, une fois élus, le peuple.
« En excluant la loi naturelle et en lui substituant les principes de l’individualisme libéral, la démocratie contemporaine s’est fondée sur une anthropologie qui définit l’homme par ses seuls appétits, son désir d’autonomie en même temps que sa passion de l’égalité… Cette redéfinition explique très largement les politiques de démantèlement dont la famille et la nation ont été les victimes, processus qui… a réduit le citoyen à n’être qu’un consommateur compulsif, gavé de gadgets technologiques, mais privé des occasions de se dépasser, de donner, par amour, un sens à son existence… »
1. Michel de JAEGHERE - La démocratie - Entretien avec Maxime LE NAGARD - Front populaire N°9 - Juin, juillet, août 2022 - p. 28-32
21 août 2022 : Publicité
« La publicité me fait horreur… Je sais qu’elle est devenue l’une des plus grandes puissances du monde… Je trouve abominable cette contrainte imposée de toutes parts – sans cesse et en tous lieux – à la malheureuse machine humaine. Nos sens enregistrent et la décision nous échappe. Dans la mesure où je pourrai, moi, écrivain et prophète, mettre en garde nos contemporains contre cette expropriation insidieuse, effrayante et progressive, je le ferai ! Les hommes de demain risquent de penser en chaîne, ce qui est la pire forme du dérèglement de l’esprit. A cet égard, d’ailleurs, les régimes socialistes ont pris une avance considérable – mais notre société de consommation s’emploie très activement à combler cette avance… » (1)
En lisant ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser à la propagande orchestrée par les nazis. Celle d’aujourd’hui est plus insidieuse, dissimulée, mais elle veut conduire, au bout du compte, à la même emprise sur les consciences et sur les âmes, et pas seulement dans un but commercial. Les Etats-Unis manipulent tout cela depuis la fin de la seconde guerre mondiale et nous sommes leurs esclaves et leurs marionnettes…
1. Michel de SAINT-PIERRE, Le milliardaire - Grasset 1970, p. 394-395
28 septembre 2022 : Europe ?
J’ai grandement apprécié l’article d’Olivier DELORME sur « L’Union européenne – le coup d’Etat permanent de la « technocratie commode » (1).
Cet ancien directeur des études de l’Institut Charles-de-Gaulle et ancien maître de conférences à Sciences Po Paris démonte le simulacre de démocratie dans lequel l’Union européenne, avec sa Commission, son Parlement et sa Cour de Justice, nous a plongés.
Regardons un peu la façon de procéder des Américains avec le soi-disant « père de l’Europe » : « Négociant en cognac devenu banquier à San Francisco, Jean Monnet avait préféré se mettre au service des Britanniques plutôt que de représenter la France libre à Washington. Puis en 1943, ses nouveaux employeurs américains l’envoyèrent à Alger pour fournir un cerveau politique au très manipulable général Giraud, qu’ils entendaient substituer à de Gaulle. Plus tard, dans l’Europe de la guerre froide, le plus américain des Français devint l’inspirateur… de toutes les initiatives tendant à organiser l’ouest de l’Europe en succursale des Etats-Unis… »
Ainsi, depuis 1943, les manipulations des Etats-Unis pour transformer l’Europe en colonie américaine n’ont-elles cessé que pendant un temps grâce au général de GAULLE, tant à la fin de la guerre lorsqu’il a réussi à remplacer le gouvernement militaire allié des territoires occupés (AMGOT) par une administration française dans tous les territoires libérées, puis pendant qu’il était président de la 5ème République. A part cela, il n’y eut, et de plus en plus chez nos dirigeants, que renoncement à l’indépendance du pays. Il me revient à l’esprit le mot du général PINOCHET, au Chili, pour qualifier son régime dont la mise en place fut fortement aidé par les Etats-Unis : non pas une « dicta-dura », disait-il, mais une « dicta-molde » (pas une dictature « dure », mais une dictature « molle »).
C’est ce à quoi nous avons eu et avons droit en Europe avec la méthode Monnet : « réduire la démocratie à une forme électorale vidée de toute signification puisque les décisions seront prises par des instances non élues qui savent mieux que les peuples ce qui est bon pour eux. »
1. Front populaire - Juin, juillet, août 2022 - P. 35 à 39
8 novembre 2022 : Pierre de GAULLE – La relation franco-russe
Sans connaître la carrière de Pierre de GAULLE, petit-fils du général, j’ai particulièrement apprécié le discours qu’il a prononcé à l’occasion de la fête nationale de la Fédération de Russie, le 14 juin 2022 (1), et que je n’ai lu sur internet, par hasard, que récemment.
Il me semble important, une fois de plus, d’écouter les voix qui sortent de la propagande officielle, répétée quasiment à l’infini sur les médias possédés par ceux qui veulent façonner l’opinion publique pour leurs seuls intérêts.
Un grand merci à Pierre de GAULLE qui a eu le courage de parler en s’appuyant sur des citations du général de GAULLE dont la volonté d’indépendance ne saurait être mise en doute.
Je recopie quelques passages et vous laisse à votre lecture :
« La relation franco-russe était pour le général de Gaulle d’une importance toute particulière »… « Il est de l’intérêt de la France de garder de bonnes relations avec la Russie »…
« Chacun reconnaît aujourd’hui la responsabilité des Etats-Unis dans le conflit actuel, le rôle funeste de l’OTAN qui s’élargit sans cesse et la politique inconsidéré du gouvernement ukrainien »… « Que veulent les Américains si ce n’est provoquer une nouvelle confrontation est-ouest dont le seul but est d’affaiblir et de diviser l’Europe pour imposer leurs directives, leur économie et leur système »… « Les Etats-Unis sont dans l’erreur, l’OTAN est dans l’erreur, dont l’expansionnisme débridé et irréfléchi conduit inexorablement au déséquilibre du Monde et à l’injustice. Les belles promesses des Américains de ne pas élargir l’OTAN à l’Est, ni au Nord, n’ont pas été respectées. Les accords de Minsk n’ont pas été respectés. La réalité, c’est que les Américains n’ont jamais accepté, ni l’Occident avec eux, qu’après la difficile transition de 1991 et la reconstruction qui a suivi, la Russie ne s’intègre pas dans son monde unipolaire »… « Les Etats-Unis n’ont jamais non plus accepté la perte du rôle du dollar comme monnaie prépondérante dans le règlement des échanges internationaux dans le monde. Le pire est que, dans cet aveuglement, ils ne font que renforcer, en déplaçant les intérêts économiques et financiers à l’Est, la position de la Chine et de la monnaie chinoise qu’ils veulent aussi combattre! Les sanctions, qui sont celles de la politique du faible, sont inopérantes, sauf à affaiblir les Européens et autres nations du monde… »
« En provoquant une crise économique profonde, systémique et durable… les Américains affaiblissent les Européens à leur profit. Aura-t-on oublié que depuis au moins un siècle, toutes les crises financières majeures viennent des Etats-Unis ?… Les Américains nous tiennent toujours par leur endettement, qu’ils exportent. En imposant aussi un modèle culturel et social qui repose sur le culte de la jouissance et de la consommation, les Américains sapent le socle de nos valeurs traditionnelles »… « L’Europe et bien sûr la France ont tout à perdre à s’enfermer dans cette escalade militaire et idéologique voulue par les Etats-Unis et l’OTAN. Charles de Gaulle le disait : « L’Amérique ne fait pas partie de l’Europe »…
« La France et la Russie sont toutes deux filles de l’Europe… Mon grand-père a toujours soutenu et défendu l’impérative nécessité, même aux moments les plus difficiles de l’histoire, de construire et préserver une relation forte et partagée avec la Russie »… « Permettez-moi de citer encore une fois le Général de Gaulle : « En France, on n’a jamais considéré la Russie comme un ennemi. Je suis pour le développement de l’amitié franco-russe et je n’ai jamais envoyé et je n’enverrai jamais des armes aux gens qui se seraient battus contre la Russie soviétique. » Les Américains donnent de l’argent (et des armes), nous les payons en parts d’indépendance. Je regrette que le Gouvernement français se commette dans cette soumission à l’Otan et donc à la politique américaine. Je déplore que de par la volonté de certains présidents français, la France se soit dissoute dans l’Otan »… « L’Otan absorbe l’Europe »…
« Le Général de Gaulle écrivait : « Il existe un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ». Notre but est et doit rester d’établir une entente européenne entre l’Atlantique et l’Oural. Au milieu des alarmes du monde et des dangers de la crise actuelle, la France peut et doit, à nouveau, peser de tout son poids et chercher un arrangement avec les pays belligérants et la Russie en particulier »…
1. Conférence à l'ambassade de Russie en France
11 novembre 2022 : Mandat impératif
En conclusion de ses réflexions sur la démocratie (1), Arnaud IMATZ écrit : « La démocratie occidentale réelle n’est somme toute qu’une oligarchie élue par le peuple. Elle exclut l’usage de la violence physique, mais non pas la violence morale (la compétition déloyale, frauduleuse ou restreinte) ».
Pour réformer « en profondeur au bénéfice du peuple » cette démocratie mourante -parce que volée -, Arnaud IMATZ signale comme première urgence : « Les représentés devraient pouvoir recouvrer la liberté de contrôler directement les représentants ou élus qui leur a été abusivement retirée. Il faudrait pour cela instaurer un système électoral avec mandat impératif ; les représentants seraient ainsi obligés de respecter le mandat de leurs électeurs respectifs ».
A chaque scrutin électoral, on constate l’importance du taux d’abstention. Cette évidence est profondément justifiée. Pourquoi participer à une élection lorsque le choix des candidats est en fait décidé par les partis politiques et les puissances d’argent. Et chacun peut constater que l’élu délaisse ses électeurs pour lequel il n’a aucun respect, devant obéir aux ordres de ceux qui ont permis son élection avec un programme « lunaire » !
Alors oui, il faut impérativement « instaurer un système électoral avec mandat impératif » pour redonner aux citoyens une participation à la démocratie, qui devrait être retrouvée lors de référendums pour tous les grands sujets nationaux.
1. Front populaire - Juin, juillet, août 2022 - Arnaud IMATZ :"Démocratie", itinéraire d'un mot piégé, p. 138-135
13 novembre 2022 : Hubert VEDRINE et une (qui se prétend) journaliste
Hubert VEDRINE a été mon ministre des Affaires étrangères et j’ai toujours eu pour lui beaucoup de respect. Il me semblait le mériter par son intelligence, son honnêteté, son travail, mais aussi sa détermination à ne pas se laisser emporter dans les jeux stériles des politiciens médiocres… Un seul bémol, peut-être, bien pardonnable, venant d’un agent du protocole : ministre difficile à faire obéir quand l’ordonnancement du programme le demandait. Hubert VEDRINE, je l’ai toujours vu faire ce qu’il voulait, quand il voulait !
Mais le respect l’emporte sur ces petits désagréments et j’essaie de ne pas manquer une occasion d’écouter ses analyses de politique étrangère. Encore faudrait-il qu’il soit interrogé par des journalistes dignes de leur métier. La dernière était Ruth ELKRIEF (1) qui, après avoir rappelé comme tous les bavards de son espèce « Merci d’avoir accepté mon invitation », « Merci d’être avec moi sur ce plateau », se croit autorisée à couper la parole à son invité comme un enfant mal élevé sait le faire. Elle est incapable de le laisser s’exprimer pleinement, cherchant uniquement à obtenir une « petite phrase » qui pourrait faire le « bug ». Mme ELKRIEF, vous ne sortez pas grandie de cet exercice que vous répétez depuis des années et des années, payée pour façonner l’opinion française à l’image de ceux qui vous versent chaque mois un salaire conséquent.
Comme vous parlez davantage que votre invité, il ne me reste plus grand chose de ce que je souhaitais recevoir : la pensée d’Hubert VEDRINE et non la vôtre ! Je retiens toutefois ceci des paroles de mon ministre, et lui, il sait de quoi il parle :
« C’est désolant et complètement absurde. Le Poutine de 2022 est largement notre création… Je suis sidéré que personne ne revienne en arrière et ne regarde les erreurs des occidentaux… La surexcitation géante de l’occident ne conduit pas à une solution et les Chinois se frottent les mains… »
Note de novembre 2023 : Je précise que lorsque sans invitation d’ Hubert VEDRINE ou d’un spécialiste indépendant, je n’écoute ni LCI, ni Ruth ELKRIEF – qui devrait apprendre à laisser s’exprimer ses invités au lieu de leur couper continuellement la parole, comme sait le faire une petite fille mal élevée.
1. Entretien du 22 février 2022 sur LCI
16 novembre 2022 : Salaires des PDG
« Les revenus mensuels des P-DG du CAC 40 atteignent plus de 600 smics ». (1)
Puisque nos hommes politiques sont incapables de faire en sorte que les échelles de salaires dans les entreprises soient de l’ordre de 1 à 20 (des plus faibles aux PDG), il faut certainement ne jamais réélire ces politiciens inutiles (de droite, du centre, de gauche ou des extrêmes) et organiser un référendum sur le sujet. (2)
1. Henri PENA-RUIZ - Misère et pauvreté : l'évidence d'un scandale - Front populaire, septembre-octobre-novembre 2022, p. 32 2. Cf. Doléances, chapitre 11 "Parachutes dorés et salaire maximum
29 novembre 2022 : Charlotte d’ORNELLAS – Trafic d’êtres humains
Je regarde et j’écoute, presque chaque soir de 19 à 20 h, une des seules émissions d’information et de formation encore indépendante : celle de CNews, Face à l’info, dirigée par Christine KELLY.
Je regrette que des « minutes d’infos » aient été ajoutées pendant l’émission. Il faut supprimer l’abrutissement répétitif et les infos importantes pourraient être transmises dans un bandeau au bas de l’écran.
J’aime bien l’aide apportée pour la réflexion par les chroniqueurs : Mathieu BOCK-COTE – toujours passionnant, mais qui devrait parler un peu moins vite pour être mieux suivi et compris -, Marc MENANT – un livre d’histoire à coeur ouvert -, la brillante Charlotte d’ORNELLAS, pour ne parler que des personnes qui interviennent le plus régulièrement.
Charlotte d’ORNELLAS est intervenue le 28 novembre sur l’immigration clandestine et le rôle plus que néfaste des passeurs. Aucun des faits qu’elle présentait avec rigueur et respect – ce que ne savent plus faire nombre de soi-disant journalistes – ne m’a surpris. Par contre, la réaction de Christine KELLY m’a étonné, qui s’étonnait qu’une telle barbarie soit possible en France !
Alors j’ai décidé d’écrire mon humble témoignage qui apparaîtra pendant le mois de décembre dans « Souvenirs, souvenirs… – Chine » (1) et « Souvenirs, souvenirs… – Thaïlande » . Une grande partie du problème est connue, mais il faut sans aucun doute ajouter à toutes les mafias étrangères le rôle de la mafia française impliquée dans ce trafic d’êtres humains car l’installation en France de réseaux mafieux a été rendue possible par l’inaction des politiques, des journalistes, des hauts fonctionnaires, y compris certains ambassadeurs qui préféraient ne rien dire pour garder leur tranquillité et mettre le problème sous le tapis (j’en ai connu hélas !).
Merci, Charlotte !
1. "Souvenirs, souvenirs... - Chine. Voir "Yves PALIERNE : faux papiers et immigration clandestine
2 décembre 2022 : Alliance française de Chiang Mai
Il y a -déjà – cinquante ans aujourd’hui, l’Alliance française de Chiang Mai en Thaïlande était officiellement inaugurée par SAS le Prince Vongsamahip JAYANGKURA, Président, en présence de M. René LESCOP, Ambassadeur de France, M. Asa MAEKSAWAN, gouverneur de Chiang Mai, le R.P. Jean SAINT-GUILY, trésorier, Soeur Véronique, de l’école Regina, M. Samran CHOO-BOON, Directeur de l’Hôtel du Chemin de Fer, Adjan Voravarn VARASIRI, professeur de français à l’Université…
Qui, aujourd’hui, s’est souvenu de cet anniversaire ?
14 décembre 2022 : Philippe d’IRIBARNE et « l’ascenseur social »
Il est ancien de l’Ecole Polytechnique ! Je n’aime guère les « grandes » écoles qui, comme l’ENA, peuvent produire de « grandes » personnes, mais peuvent tout autant créer des « anciens » qui ont oublié de construire et de transformer le monde, se contentant de vivre du maniement du baratin appris dans les hautes sphères, leur permettant de faire aussi mal de la politique que du développement.
Philippe d’IRIBARNE est un ancien de Polytechnique, mais il doit faire partie des exceptions à la règle. J’aime bien son article sur les « ratés de l’ascenseur social » (1). Relisons ce rappel historique :
« En 1944, le programme du Conseil national de la Résistance comportait, parmi les réformes jugées indispensables « la possibilité effective, pour les enfants français, de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires »…
Comme l’écrit Philippe d’IRIBARNE, il revenait aux instituteurs de détecter parmi leurs élèves issus des milieux populaires ceux qui témoignaient de grandes capacités, de les convaincre, ainsi que leur famille, de poursuivre leurs études »… Je pense naturellement au très brillant exemple d’Albert CAMUS qui a rendu hommage toute sa vie à son excellent instituteur d’Alger Louis GERMAIN. Je pense aussi au village de mon grand-père (Saint-Hilaire-du-Bois dans le Maine-et-Loire) dans les années 50 où l’instituteur faisait son travail d’instruction et de formation, non seulement pour tous ses élèves, mais aussi pour leurs parents et même l’ensemble du village. Je me souviens du respect et même de la vénération qui entouraient cette famille dont les deux parents, M. et Mme BRAUD, enseignaient toutes les classes de cette école primaire. Je me souviens aussi que des années plus tard, alors que M. BRAUD était à la retraite, ce sont quelques-uns de ses anciens élèves qui sont venus le voir pour le supplier et le convaincre de se présenter aux élections municipales.
Que s’est-il donc passé pour qu’en une seule génération, on obtienne dans l’éducation nationale les résultats calamiteux que tout le monde connaît. Je cite seulement quelques points qui ne sont pas exhaustifs, mais qui me hantent :
- l’éducation nationale a perdu la majorité de ses véritables professeurs et enseignants. Elle les a remplacés par des fonctionnaires faisant leurs heures de présence quand ils ne sont ni absents, si en congés, ni en grèves;
- l’éducation nationale est responsable de cet immense gâchis. Elle aurait dû savoir qu’une école, comme un village ou un pays, ne peut accueillir décemment une majorité de « nouveaux ». Elle doit pouvoir en accueillir, mais l’assimilation ne peut se faire si les « assimilés » sont plus nombreux que les « assimilants ». Il suffit de relire ce que m’a appris le proviseur du lycée français de Santiago du Chili, ou ce que j’ai écrit sur le site de Machu Picchu; (2)
- l’éducation nationale est responsable d’avoir pris la décision stupide (et indigne de sa vocation) de vouloir mettre tous les jeunes au même niveau et pour parvenir à ce but d’avoir abaissé de force le niveau général pour atteindre le pourcentage de réussite fixé par le ministre; (3)
- l’éducation nationale est responsable d’avoir imposé dans les écoles un bourrage de crâne idéologique en lieu et place de l’enseignement…
Dorénavant, l’éducation nationale ne s’occupe plus d’éducation et elle n’est plus nationale. Ainsi la France poursuit-elle son déclin vers le sous-développement.
En relisant encore une fois le paragraphe du Conseil national de la Résistance, je m’arrête sur les mots suivants : « possibilité effective », « élite véritable », « mérite », « renouvelée ».
C’est là, me semble-t-il, que l’Education nationale a perdu complètement sa vocation : pendant la vie, les possibilités de promotion ne sont pas effectives, l’élite n’est pas véritable, le mérite n’est pas pris en compte et le renouveau est absent !
L’éducation nationale a pourtant réussi à créer un magnifique « instrument » d’enseignement pour la formation et la formation continue. Je pense au Centre national d’enseignement à distance (CNED) dont j’ai été un des très heureux bénéficiaires avec le bel éventail de formations ou compléments de formation proposé aux handicapés, aux malchanceux, aux meurtris de la vie, aux malades… Ce qui manque peut-être le plus, c’est le « repérage » et le suivi, anciennement faits par les instituteurs, qui doivent de nos jours se faire pendant toute la vie. Les jeunes et les moins jeunes, trop laissés à eux-mêmes, penchent rarement vers l’effort. Dans de nombreux cas, s’il existait un contrôle permanent et intelligemment fait, on découvrirait que les bardés de diplômes sont devenus des poids morts, des rentiers qui ont oublié leur intelligence sur les bancs des grandes écoles…
1. Philippe d'IRIBARNE - "Les ratés de l'ascenseur social : simple panne ou vice de conception ?" - Front populaire N° 10 - Septembre-octobre-novembre 2022, p. 88 à 93 2. Doleancesblog.com - Souvenirs, souvenirs... - Chili et Souvenirs, souvenirs...Pérou 3. Il se passait la même chose à la Banque de France où certains directeurs, pour ne pas déplaire au ministre, modifiait les résultats des études sérieuses faites par les statisticiens !
19 décembre 2022 : UKRAINE et ARMENIE
Je suis, ces jours-ci, en pétard ! A l’approche de Noël, les discours lénifiants sur la paix ne manquent pas, de la part de nos politiciens comme de nos hommes d’église. Mais en fait l’argent coule à flots pour les armes et l’alignement de plus en plus évident de la France sur l’Europe, l’OTAN et les Etats-Unis semble ne déranger pratiquement personne. Quant à la plupart de nos journalistes, les refrains qu’ils entonnent et reprennent « en continu » ne sont pas des chants de Noël.
L’église dite catholique (ce mot ne veut plus dire universel) a-t-elle réfléchi et commencé un dialogue avec les églises orthodoxes de Russie et d’Ukraine pour élaborer un plan de paix ?
Et que dire des événements en Arménie ? L’écrasement de ce pays continue « tranquillement » dans l’indifférence de la France, de l’Europe et des Etats-Unis.
J’ai honte !
19 janvier 2023 : Réforme des retraites – Grèves en France
A force de faire semblant de faire quelque chose sans le faire vraiment, le Président de la République ne mérite plus de parler au nom de la France ou des Français, puisqu’il a choisi depuis longtemps, comme la Grande-Bretagne, de se ranger derrière les Etats-Unis. Or il a choisi de faire une réforme des retraites…
Je redis une nouvelle fois l’évidence. Il est inutile d’essayer de réformer quoi que ce soit – alors que c’est indispensable – si on ne réforme pas, en tout premier lieu, la classe politique.
Donc j’attends la réforme de la retraite de Président de la République : clarté totale, aucun cumul, aucun avantage particulier. J’attends la réforme de la retraite des députés, des sénateurs et de tout le personnel politique : clarté totale, aucun cumul, aucun avantage particulier… Dès que ces réformes primordiales auront été réalisées, on pourra demander aux Français de faire des efforts de leur côté. Mais il est indispensable que les soi-disant « premiers de cordée » montrent parfaitement l’exemple dès qu’il s’agit d’argent public.
Comme ces réformes primordiales ne seront pas effectuées et ne sont même pas à l’ordre du jour, la soi-disant réforme des retraites se terminera comme les autres réformes : le changement de place d’une virgule, l’accouchement d’une souris par la montagne… Et tous ceux qui maintiennent par leurs baratins les Français en esclavage continueront de proclamer qu’ils one réformé les réformes !
Et le pays poursuivra sa descente aux enfers…
10 février 2023 : Emmanuel TODD – La 3ème guerre mondiale a commencé
Depuis quelques semaines, des amis m’interrogent sur la situation actuelle, en France, en Europe et dans le monde, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Je n’écoute plus les journalistes officiels et leur propagande. J’écoute encore, le soir à 19 heures, sur CNews, Christine KELLY et ses invités, en particulier Charlotte d’ORNELLAS, Mathieu BOCK-COTE et Marc MENANT, dont j’apprécie l’indépendance et le sérieux. Pour garder cette indépendance, j’ai trouvé aussi, sur You Tube, un long entretien (1h45) donné par Emmanuel TODD à « ELUCID.MEDIA ».
Je ne connaissais pas Emmanuel TODD, mais j’ai apprécié sa réflexion sur l’histoire, la Russie, l’Ukraine, la France, l’Allemagne, la Pologne, la Chine, les Etats-Unis, l’OTAN… On peut voir le passé, le présent et même l’avenir possible (sinon certain). On voit les mensonges éhontés de nos politiciens et de nos journalistes…
Si vous ne souhaitez pas commencer à réfléchir et à comprendre, alors n’écoutez pas Emmanuel TODD et regardez seulement la troisième guerre mondiale se dérouler tranquillement… pour le plus grand malheur de nos enfants et petits-enfants.
Sur internet ou sur votre téléviseur, vous trouverez facilement Emmanuel TODD et ELUCID.MEDIA. Pour ma part, je vais commencer aujourd’hui même une deuxième écoute de ce cours magistral donné avec humilité et respect par Emmanuel TODD.
17 février 2023 : la troisième guerre mondiale… (suite)
J’ai écouté une nouvelle fois Emmanuel TODD et, un peu au hasard, j’ai noté quelques phrases :
« Etat primordial de naïveté des Européens » – Il ne faudrait jamais l’oublier. Nos dirigeants, Français et Européens, font preuve d’une incroyable naïveté vis-à-vis des Etats-Unis, et portant nous connaissons les « envies » américaines depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le général de GAULLE nous avait prévenus, puis protégés, mais depuis son départ, nos gouvernants ont préféré se coucher et ne pas voir la réalité.
« La politique extérieure est le grand lieu de la non-démocratie… C’est le lieu d’action du rêve pour l’oligarchie. » – Cela est tellement visible dans la déliquescence du Quai d’Orsay. On le maintient car il permet de caser des oligarques – énarques pour la plupart – dont on ne sait que faire, sinon les payer pour qu’ils se taisent. En écoutant Emmanuel TODD, je pensais aux îles Malouines, lorsque les militaires argentins, en proie à de graves problèmes intérieurs, eurent l’idée de faire diversion avec une guerre pour occulter les problèmes du pays qu’ils étaient incapables de résoudre. Nous faisons la même erreur : fuite en avant avec la guerre en Ukraine puisque l’Europe et la France sont incapables de régler leurs problèmes.
« Les professions les plus méprisées en France… les politiques et les journalistes. » – Je n’ai rien à ajouter à cette triste vérité. Il y a de très rares exceptions, mais la plupart du temps, ceux qui ont choisi ces métiers se sont vendus et se laissent acheter. Ce sont les premiers pour lesquels des réformes sont indispensables.
« Une Europe désintégrée par le jeu des Américains, des Polonais, des Ukrainiens… » – Désintégrée… Le mot est bien choisi car depuis le brexit et l’arrimage (définitif ?) de la Grande-Bretagne aux Etats-Unis (en fait une nouvelle colonie pour ces derniers), l’Europe explose de toutes parts. L’étude proposée par Emmanuel TODD est particulièrement éclairante : « Comment empêcher le rapprochement de la Russie et de l’Allemagne ? C’est cela le grand problème des Américains… Pour les Etats-Unis, l’Allemagne était en train de se coordonner avec la Russie (gazoduc…) et cela était inacceptable pour les Etats-Unis… D’où la création de l’axe Washington, Londres, Varsovie, Kiev pour contourner l’Allemagne. »
On ne peut que penser, par exemple, à l’explosion du gazoduc approvisionnant l’Allemagne en gaz russe… L’Allemagne a perdu son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis et la France d’Emmanuel MACRON n’a rien dit, comme si notre gouvernement était satisfait de voir l’Allemagne s’arrimer aux Etats-Unis (pour les achats d’énergie et d’armes), comme la France la fait d’ailleurs elle-même !
L’Europe indépendante ? C’est terminé pour longtemps. L’Europe en paix ? C’est terminé pour longtemps. L’existence même d’une France indépendante : c’était un pléonasme il y a peu de temps encore, mais ce ne l’est plus !
23 février 2023 : Jeux Olympiques, Paris 2024
Décidément, la Maire de Paris devrait cesser de parler afin de ne plus dire d’âneries.
Je l’ai entendu raconter que l’an prochain les athlètes russes ne pourraient participer aux Jeux. Elle rejoint donc la classe dirigeante et soi-disant élitiste de Wimbledon qui n’avait pas accepté l’année dernière la présence de joueurs et de joueuses russes lors de son soi-disant « open » de tennis de Grande-Bretagne (1).
Mais alors, Anne HIDALGO, vous devrez changer le nom de cette manifestation sportive. Si elle n’est pas destinée à tous les athlètes du monde, elle n’est plus « olympique ». Et si tous les sportifs ne se respectent pas, au moins une fois tous les quatre ans, ne venez plus parlez de paix et laissez la guerre s’installer dans le monde.
Décidément, par pitié, taisez-vous !
1. Cf. supra : 12 mai 2022 : La "saleté" des sanctions américaines et européennes
5 mars 2023 : « Les jeunes vieux poussiéreux des ministères »
En août 1936, Jean MOULIN, alors chef de cabinet de Pierre COT, ministre de l’air, reçoit André LABARTHE. Ce dernier raconte les pensées qui traversaient son esprit avant son entrevue :
« Encore un comme les autres, un qui me dira administrativement que je l’ai intéressé, qu’il prend bonne note et qu’il parlera à qui de droit; un jeune vieux, en somme, un de ce long troupeau de la frousse hiérarchique qui gagne des galons dans les couloirs blafards des cabinets de ministres. » (1)
N’est-elle pas admirablement décrite, cette ambiance que chacun a pu trouver dans trop de couloirs des administrations, lorsque les citoyens sont considérés comme des pions et que les responsables ne rendent pas le service qui est pourtant le secret même de la position qu’ils occupent. Alors, ils deviennent ces « jeunes vieux », « long troupeau de la frousse hiérarchique qui gagne des galons dans des couloirs blafards »…
Et le visiteur, André LABARTHE, rencontre Jean MOULIN, un homme tout à fait différent des « poussiéreux des ministères » qu’il avait imaginés. Il faut lire ou relire le très beau livre de Laure MOULIN consacré à son frère.
Il me revient en mémoire ma première visite au ministère des affaires étrangères. C’était l’épilogue d’une trop longue lutte de plusieurs années pour faire reconnaître des droits, ce que j’espère raconter un jour en détail. Convoqué à la direction des relations culturelles pour signer un certain nombre de documents, j’ai été reçu par un de ces « poussiéreux » dont le nom de famille était BRUNET. « Reçu » ? Non. Il avait sans doute « reçu » l’ordre de ne pas me recevoir comme il aurait sans aucun doute été normal de le faire en reconnaissant ses erreurs. C’est debout dans le couloir qu’il m’a fait signer les différents papiers…
1. Laure MOULIN - "JEAN MOULIN" - France Loisirs 1983, p. 125
13 mars 2023 : De la stupidité des sanctions (suite… sans fin !)
Les sanctions des pays occidentaux contre la Russie démontrent, au fil des jours, leurs stupidités. Je me contenterai aujourd’hui d’exemples simples découverts dans le domaine du tennis.
Une joueuse ukrainienne, Marta KOSTYUK, refuse de serrer la main de son opposante biélorusse Viktoria AZARENKA, à l’issue de leur match. J’ai bien aimé la réponse de cette dernière à une question lors de la conférence de presse. Sans animosité, elle a calmement indiqué que « nous sommes tous humains » ! (On attend les explications de l’Ukrainienne, s’il y en a un jour).
L’Ukrainienne a cru bon de devoir récidiver son impolitesse en refusant de serrer la main de la joueuse russe de 21 ans, Anastasia POTAPOVA, au tournoi de Miami 2023.
Pourquoi les amateurs de sanction qui nous dirigent dans le monde occidental ne prennent-ils aucune mesure pour trouver une solution simple et sportive à ce genre de situation. Soit déclarer forfait avant le match, par exemple, soit avoir un minimum de « sportivité » et de respect de l’adversaire… Le respect est d’ailleurs sans doute le socle sur lequel devrait se fonder une certaine « morale » faite pour le monde entier… Respect et dialogue…
Dans le même esprit, j’ai apprécié le beau geste de la joueuse russe Daria KASATKINA pour son opposante ukrainienne Anhelina KALININA, blessée à la cheville au premier tour du tournoi de Berlin en juin 2022. La Russe est allée immédiatement s’enquérir de l’état de son adversaire, puis est partie en courant chercher une poche de glace pour atténuer la douleur.
La dernière info que je retiens avec tristesse est la décision du gouvernement letton de priver de financement tous les sportifs du pays qui participent à des tournois aux côtés de joueurs russes ou biélorusses. Ainsi en est-il depuis ce mois de mars pour Jelena OSTAPENKO.
Avec ces donneurs occidentaux de leçons et ces distributeurs de sanctions, nous atteignons un comble de bêtise. Leurs décisions ne peuvent être décrétées que par des personnes n’ayant jamais travaillé sur le terrain, mais uniquement dans des bureaux ou des cabinets, bardées de diplômes sans doute, mais insensibles aux souffrances des peuples.
Le sport aurait dû être un des derniers remparts protecteurs puisqu’il aurait dû demeurer un terrain de compétitions honnêtes et non politiques. Les sanctions ne devraient exister que quand elles ont été décidées par la communauté internationale, et certainement pas par tel pays ou tel groupe de pays.
L’ONU est incapable de faire son travail de paix et doit, de toute évidence, être réformée. Le Tribunal pénal international est un organisme partisan puisque certains pays, comme les Etats-Unis, l’acceptent pour les autres, mais pas pour eux ! J’attends toujours le jugement de George W. BUSH et de ses adjoints, Dick CHENEY, Donald RUMSFELD et Condoleezza RICE pour la guerre d’Irak.
Notre monde, issu de la seconde guerre mondiale, ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui, et ce de moins en moins. Les privilèges que se sont octroyés les vainqueurs doivent être revus. Bien souvent, les frontières ne peuvent être considérées comme intangibles et des négociations doivent être ouvertes pour que les guerres s’éloignent un jour. Toutes les parties du monde sont concernées et il y a du pain sur la planche !
10 avril 2023 : Quelques réflexions de « François MITTERRAND »… sur les Etats-Unis
Une fois encore, je redis l’importance de lire des « choses » un peu anciennes, livres ou revues, pour voir le passé proche -ou non – de la vérité d’aujourd’hui.
Je trouve, à ce titre, intéressant le « Journal apocryphe d’un Président » (1), écrit 40 ou 50 ans après la fin de la seconde guerre mondiale. J’ai relevé des passages passionnants car d’une actualité évidente.
Ainsi, au sujet des Etats-Unis et des Américains, le 6 juin 1982 :
« Reagan se moque de la solidarité occidentale comme d’une guigne… Il n’a qu’un objectif à l’esprit : faire plier ses alliés et les conduire sous sa houlette dans sa croisade contre l’Union soviétique, selon la méthode et avec les moyens qu’il a choisis… » (2)
On constate que, depuis plus de 40 ans, rien n’a changé : ni la croisade contre l’Union soviétique-Russie, ni la moquerie, ni la suprématie proclamée vis-à-vis des alliés, ni la méthode, ni les moyens… En politique étrangère, les Etats-Unis ignorent toujours la démocratie, autant avec l’Europe qu’avec le monde entier.
Trois années plus tard, le 17 avril 1985, le MITTERRAND apocryphe rajoute une couche :
« Les Etats-Unis en prennent décidément à leur aise et les pressions qu’ils exercent sur leurs alliés deviennent insupportables : leur prétention à considérer les Européens comme les sous-traitants de leur entreprise planétaire n’est pas acceptable… N’avons-nous pas suffisamment confiance en nous pour aller de l’avant en toute indépendance, autrement qu’à la traîne des Américains ? » (3)
Pression insupportable des Etats-Unis sur les alliés pour réaliser leur entreprise planétaire… L’Europe, sans indépendance, à la traîne des Américains… Rien n’a changé et rien ne change !
Une année plus tard, au Sommet des Sept à Tokyo, l’apocryphe écrit, le 5 mai 1986 :
« La France n’est là que pour freiner la propension des Etats-Unis à transformer ce club où ils sont prépondérants en un directoire du monde occidental. Une fois de plus, les Américains ont insisté pour que le Japon, le Canada et les Européens leur apportent un soutien inconditionnel dans leur lutte contre le terrorisme international… Ils veulent un organisme multilatéral permanent pour cautionner toutes leurs initiatives; ils ne l’auront pas… » (4)
A cette époque, la France ne pouvait que « freiner ». Et maintenant, comme les autres, elles doit apporter son soutien inconditionnel pour cautionner toutes les initiatives américaines… « Ils ne l’auront pas », avait dit MITTERRAND. « Ils l’ont », disent aujourd’hui nos énarques…
Décidément, le Président François MITTERRAND et son double apocryphe sont passionnants à lire. Sur l’économie et les finances internationales, toujours au Sommet de Tokyo :
« Sur les vraies questions qui devraient occuper les Sept, celles de l’économie et des finances internationales…, les Américains ne sont décidément pas disposés à en finir avec le désordre installé à leur profit. Ils laissent flotter leur monnaie au gré de leurs intérêts et aux dépens de leurs partenaires. Tant que les Japonais et les Allemands, pour des raisons politiques héritées de l’histoire, achèteront sans rechigner autant de bons du Trésor qu’il est nécessaire pour financer le déficit budgétaire du gouvernement fédéral, celui-ci avec l’aide complémentaire des plus riches pays arabes, continuera de vivre au-dessus de ses moyens, sans considération des dégâts qu’il provoque hors de ses frontières… » (4)
Le désordre installé par les Américains à leur profit, pour faire financer par le monde leur déficit… Le désordre est maintenant mondial et les Américains continuent à vivre au-dessus de leurs moyens (bien davantage que nous)… Les dégâts et le désastre s’étendent !
1. J'allais vous dire... Journal apocryphe d'un Président (1981-1993)- JC Lattès - 1993 2. Ibid. p. 53 3. Ibid. p. 146-147 4. Ibid. p. 174-175
12 avril 2023 : Quelques réflexions de « François MITTERRAND »… sur les infirmières
Ecrites le 20 octobre 1988, les quelques lignes suivantes présentent clairement les revendications des infirmières :
« Je distingue dans cette éclosion de revendications légitimes la détermination des infirmières, plus légitime encore. Qui ne saluerait le dévouement, le savoir-faire, le sens du devoir de ces femmes qui oeuvrent jour et nuit ? Qui n’admire leur sang-froid, leur résistance psychologique, leur dignité morale, au contact permanent de la maladie, de la souffrance et de la mort ? Elles aussi réclament une juste rémunération de leurs services et quelques aménagements des conditions de leur travail. Quand on sait ce qu’il en est aujourd’hui pour elles, est-ce que leur demande n’est pas justifiée ? Elles estiment que les revendications syndicales ne les représentent pas comme elles voudraient… » (1)
Alors, est-il normal que, dans un pays comme la France dont nos politiques ne cessent de clamer qu’il est en tous points un des meilleurs du monde, est-il normal que 35 années plus tard la situation soit la même et sans doute faudrait-il écrire qu’elle est pire ?
J’écris pour ma part ces quelques lignes en l’honneur de ma soeur Christel, infirmière toute sa vie, et en l’honneur de toutes ces infirmières que j’ai eu l’honneur de croiser sur ma route.
1. J'allais vous dire... Journal apocryphe d'un Président (1981-1993) - JC Lattès - 1993 - p. 253
13 avril 2023 : Quelques réflexions de « François MITTERRAND »… sur les frontières et donc sur les guerres
Avec les événements actuellement en cours entre l’Ukraine et la Russie – orchestrés en fait par les Etats-Unis -, je lis avec respect les lignes de l’apocryphe François MITTERRAND. Certains des aspects de la personnalité de ce Président ne m’ont jamais beaucoup plu, mais quel grand monsieur parfois ! Rien par rapport à Charles de GAULLE, tout par rapport à ses successeurs (mis à part les sursauts de Jacques CHIRAC : voyage en Amérique latine, veto opposé à la croisade voulue par George W. BUSH) :
« Quel que soit le désir que j’ai de voir se libérer des peuples qui ont vocation à vivre dans une Europe démocratique et disparaître l’injuste et absurde division du continent en deux blocs hostiles, je pressens les dangers de toute précipitation : l’explosion des nationalismes comprimés depuis 45 ans par des régimes autoritaires et la botte soviétique, dans des pays aux frontières contestables, trop récemment fixées pour être définitivement admises; la disparition d’un ordre injuste sans qu’on puisse lui substituer aussitôt un ordre meilleur… » (1)
Des frontières contestables… A l’évidence, contestables et donc contestées… Et il en est ainsi dans tous les coins du monde, mais rien n’a été fait depuis 1989 pour commencer à chercher les solutions. Il suffit que les Etats-Unis commandent de se taire pour que tout le monde se couche ! Mais les pauvres meurent, des deux côtés, et les « démocrates » clament leur irresponsabilité !
A l’occasion de sa rencontre à Kiev avec Mikhail GORBATCHEV (les nations se proclamant libres auraient dû travailler bien davantage avec cet homme honnête), l’apocryphe François MITTERRAND note le 6 décembre 1989 :
« Puisque l’ordre qu’on appelle improprement de Yalta est aboli, il serait sage qu’on débatte, avec toutes les parties intéressées, y compris les Etats-Unis, des grandes lignes d’un nouvel ordre européen, avant de procéder à d’importantes réorganisations qui anticipent des conclusions que nous ignorons. Il nous faut remplacer le système des blocs par un système d’alliances nouvelles… » (2)
Nouvel ordre européen… Importantes réorganisations… Alliances nouvelles… Une fois encore se vérifie l’évidence : les réformes non réalisées à temps engendrent des catastrophes. Pour ce qui n’a pas été fait en 1989, le pénible résultat se constate aujourd’hui : les Etats-Unis poursuivent leur mainmise et leur despotisme sur l’Europe… La même règle qu’à Yalta et la même logique de guerre !
Sur l’avenir de l’Europe, relisons l’apocryphe François MITTERRAND, le 31 décembre 1989 :
« La grande Europe apparaît à l’horizon, l’Europe de l’histoire et de la géographie… L’émergence de la démocratie dans les pays de l’Est (pour certains ce n’est qu’un retour, pour d’autres, c’est une découverte) rend possible l’édification d’une confédération sur tout le continent… Il faut jeter les bases… d’une organisation plus vaste, qui inclura la Russie. Je n’ignore pas l’écart qui nous sépare de ces futurs partenaires, ni les réticences des uns et des autres à se plier à la discipline et à la solidarité, ni les réserves des Américains, qui voudraient à la fois déposer le fardeau de la défense européenne et rester présents parmi nous… » (3)
Une confédération, c’est-à-dire l’évidence des nations, et non une souveraineté européenne idiote (au moins pour le présent siècle)… Une organisation plus vaste qui inclura la Russie…
Il faudra, le travail n’ayant pas été fait à temps, attendre longtemps pour que la Russie, d’une façon ou d’une autre, soit dans la « maison Europe » et que cette dernière soit -enfin – indépendante des Etats-Unis !
1. J'allais vous dire... Journal apocryphe d'un Président (1981-1993) - JC Lattès - 1993 - p. 290 (10 novembre 1989) 2. Ibid. p. 292 3. Ibid. p. 296-297
19 avril 2023 : Quelques réflexions de « François MITTERRAND »… sur Olivier STIRN
Le 4 juillet 1990, l’apocryphe François MITTERRAND note dans son journal ces lignes qui m’ont fait sourire (et pleurer !), puisque j’ai déjà souligné les tribulations rocambolesques, à Panama, de « l’andouille de Vire », Olivier STIRN (1) :
« Le Premier Ministre, à ma demande, s’est séparé de son ministre délégué au tourisme. Dans le cours de ma carrière dont on se plaît à souligner la longue durée, j’ai déjà vu beaucoup d’extravagances. Qu’un membre du gouvernement se serve des deniers publics pour payer des figurants venus faire masse à une réunion qu’il convoque, je ne l’avais encore jamais constaté ni envisagé. L’animal est de l’espèce des caméléons : ministre U.D.R., ministre U.D.F., ministre socialiste et, entre-temps, tête de liste radical aux élections européennes. Je me suis servi de lui, comme d’autres avant moi, sans plus de profit. Sa dernière excentricité le condamne… On dira un jour des centristes qui nous ont rejoints ce qu’on a dit des gaullistes de gauche : des imbéciles ou des fripouilles. » (2)
1. Cf. Visite à Panama d'Olivier STIRN, in "Souvenirs, souvenirs..." - Panama 1978-1981 2. J'allais vous dire... Journal apocryphe d'un Président (1981-1993) - JC Lattès - 1993 - p. 314-315
26 mai 2023 : Catherine COLONNA
J’ai de la peine à écrire ces lignes, mais je pense devoir le faire, hélas !
J’ai connu Catherine COLONNA à l’Elysée. Elle était alors porte-parole du Président Jacques CHIRAC et j’ai toujours eu l’impression qu’elle était faite pour cet emploi : discrète et réservée peut-être, mais intelligente et vive, elle était une grande interprète des prises de position du Président et de sa politique étrangère.
A son départ de l’Elysée en 2004, elle a poursuivi sa brillante carrière : ministre déléguée aux affaires européennes, représentante permanente de la France auprès de l’UNESCO, ambassadrice en Italie, représentante permanente de la France auprès de l’OCDE, ambassadrice au Royaume-Uni.
Et après la réélection d’Emmanuel MACRON en 2022, elle est nommée ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, titre qui à lui seul montre le déclassement de la France dans le monde !
J’étais content. Pour elle d’abord car elle arrivait au sommet et ses dons devaient lui permettre de briller dans ce domaine où depuis des années la décrépitude acceptée remplaçait l’élan.
J’étais content aussi pour nous. Elle avait appris auprès de Jacques CHIRAC à préserver l’indépendance de la France et son universalisme.
Depuis plus d’une année, je constate que rien ne se passe. Aucune envolée, aucune trajectoire, aucune grandeur… Et j’en suis arrivé à cette réflexion : Emmanuel MACRON a probablement choisi Catherine COLONNA car elle serait la meilleure pour garder le titre clinquant de « ministre des affaires étrangères » tout en étant en fait cloisonnée dans celui de simple « porte-parole » du président.
Il s’agit donc d’une nouvelle catastrophe dans le déclin de la France. Est-ce que les meilleurs ont vendu leur âme pour un titre ?
4 juin 2023 : François CHENG
Avec tout le respect et toute l’admiration dont je voudrais être capable, je reprends à mon compte ces lignes écrites par François CHENG (1) qui a su construire par lui-même et parcourir la longue route de sa vie. Exemple admirable :
« Le pressentiment d’une mort prochaine s’incruste chaque jour davantage dans ma conscience. S’impose à moi l’urgence de creuser, tant qu’il est temps encore, quelques sillons de vie pour que les traces de ce qui a été ne soient pas totalement oblitérées : d’où je viens, ce que j’ai porté, ce vers quoi j’ai tendu ». (2)
Peut-être peut-on commencer la lecture de ce livre magnifique par le chapitre XXIV, le dernier. J’y ai relevé plus particulièrement ces quelques lignes :
« La nation française qui un jour a choisi la vocation de tendre vers l’universel… Le moteur qui a animé ce processus n’est autre que la langue elle-même… » (3)
« Une menace pour la langue française ne pourrait venir que des Français eux-mêmes. La langue évoluera, il dépend d’eux que ce ne soit pas dans le sens d’un avachissement. » (4)
La langue et la vocation universelle de la France ! Peut-être suis-je davantage armé pour saisir cette évidence grâce à mes nombreux séjours à l’étranger. L’universalisme de la vocation française (ce qui n’est pas despotisme) ne peut exister sans la langue.
François CHENG est un grand diplomate. Il laisse deviner car il respecte. Mais l’avachissement est déjà en cours, tant pour la langue que pour la vocation universelle. Le diagnostic semble parfait, mais il n’y a aucun docteur pour soigner la lèpre… Actuellement ?
1. François CHENG, de l'Académie française - Une longue route pour m'unir au chant français - Albin Michel 2022 2. Page 188 3. Page 205 4. Page 209
11 juin 2023 : Pierre MENAT
En feuilletant « La Baule + », je trouve un entretien avec Pierre MENAT, Conseiller du Président CHIRAC pour les affaires européennes, avec lequel j’avais travaillé au Protocole de l’Elysée.
Enarque (donc intelligent), il ne m’avait jamais semblé capable de résoudre les vrais problèmes, ceux qui sont terre à terre, enracinés dans la vie quotidienne des gens simples, c’est-à-dire l’immensité et écrasante majorité de la population mondiale dont personne ne s’occupe.
Je retrouve l’intelligence brillante de Pierre MENAT dans l’interview donnée à l’occasion de la sortie de son livre « L’Union européenne et la guerre » (L’harmattan). (1)
J’aime qu’il dise la vérité si souvent tue : « Les Etats-Unis… peuvent imposer aux autres des lois extraterritoriales. Ils imposent des contraintes aux entreprises qui utilisent le dollar… Le point de vue des Etats-Unis, c’est que nous devons les suivre à 100%, sinon nous n’avons plus d’avenir. Nous ne pouvons accepter cela… parce que nous n’avons pas les mêmes intérêts stratégiques et économiques… »
Relisez doucement : « Nous devons les suivre à 100%, sinon nous n’avons plus d’avenir ». C’est ce que nous voyons tous les jours depuis trois présidences : la France a abandonné toute indépendance au profit des Etats-Unis. Mais il faut bien comprendre : en les suivant, nous n’avons plus d’avenir en tant que pays indépendant. Il me semble de plus en plus évident que le dernier acte d’indépendance de la France date de la décision du Président Jacques CHIRAC de ne pas participer à la croisade mensongère contre l’Irak que voulait imposer au monde entier George W. BUSH et ses sbires, décision française qui a été magnifiquement présentée à l’ONU par le discours de Dominique de VILLEPIN… Dernier acte d’indépendance ! Ensuite Nicolas SARKOZY est rentré dans l’OTAN et depuis nos présidents sont les toutous de l’oncle Sam.
Pierre MENAT continue en parlant d’évidence. Il est totalement opposé aux sanctions prises contre des artistes ou des sportifs russes : « Cela n’apporte rien ».
Et cette réflexion de Pierre MENAT pour le passé … et l’avenir : « Je propose une union politique et de sécurité comme l’avait suggéré le général de GAULLE avec le plan FOUCHET »… Cette suggestion avait échoué, à l’époque, « parce que nos partenaires exigeaient que cette union soit ralliée à l’OTAN. C’était déjà le débat en 1961. Le problème est le même aujourd’hui »… Que de temps perdu (plus d’un demi-siècle et aucun général de GAULLE en vue) !
Et pourtant ! « Il faudra bien définir de nouvelles relations avec la Russie… Ne soyons pas naïfs, il faut s’arranger pour ne pas être dépendants des Etats-Unis et de la Russie… Il faudra rebâtir des relations et aussi une architecture européenne de sécurité. La Russie n’avait pas totalement tort de dire que cette architecture européenne de sécurité était fragile. Après l’effondrement du Mur de Berlin, nous n’avons pas suffisamment réfléchi à cette architecture européenne de sécurité… »
Je regrette seulement que Pierre MENAT soit trop « diplomate ». Il aurait pu écrire : « La Russie n’avait pas tort de dire… » (le mot « totalement » est inutile). Il aurait pu écrire : « Nous n’avons pas réfléchi… » (le mot « suffisamment » est inutile).
Mais la conclusion de Pierre MENAT est claire : « Nous avons raté une occasion avec la Yougoslavie, car l’Union européenne n’a pas su régler ce problème. Aujourd’hui, avec l’Ukraine, nous retrouvons ce travers. Il n’est jamais trop tard, car je pense que l’Union européenne a un rôle à jouer dans le monde… Il y a un rayonnement intellectuel et civilisationnel que nous devons retrouver… une union politique et de sécurité comme l’avait suggéré le général de GAULLE avec le plan FOUCHET… ». Ce fut un échec car « nos partenaires exigeaient que cette union soit ralliée à l’OTAN… Le problème est le même aujourd’hui, mais dans un monde complètement différent. Dans les années 60, il y avait deux blocs qui s’affrontaient. Aujourd’hui, il y a la Chine et l’Inde, mais aussi l’Europe qui doit exister. C’est une question vitale… ».
On voit que le problème, non résolu dans les années 60, est encore plus difficile à résoudre maintenant. Mais c’est bien une « question vitale ». Il s’agit de la vie indépendante des pays d’Europe, ou de leur asservissement – déjà largement entamé – à l’OTAN et donc aux Etats-Unis.
1. La Baule + - Avril 2023 - Pages 8 et 9
13 juin 2023 : De la réélection du président
Lire et/ou relire les grands livres ! C’est certainement ce qu’il convient de faire plutôt que lire ou écouter les âneries actuelles rabâchées par les médias officiels…
Ainsi m’est-il donné de découvrir Alexis de TOCQUEVILLE au sujet de la réélection du président :
« L’intrigue et la corruption sont des vices naturels aux gouvernements électifs. Mais lorsque le chef de l’Etat peut être réélu, ces vices s’étendent indéfiniment et compromettent l’existence même du pays. Quand un simple candidat veut parvenir par l’intrigue, ses manoeuvres ne sauraient s’exercer que sur un espace circonscrit. Lorsque, au contraire, le chef de l’Etat lui-même se met sur les rangs, il emprunte pour son propre usage la force du gouvernement.
« Dans le premier cas, c’est un homme avec ses faibles moyens; dans le second, c’est l’Etat lui-même, avec ses immenses ressources, qui intrigue et qui corrompt.
« Le simple citoyen qui emploie des manoeuvres coupables pour parvenir au pouvoir, ne peut nuire que d’une manière indirecte à la prospérité publique; mais si le représentant de la puissance exécutive descend dans la lice, le soin du gouvernement devient pour lui l’intérêt secondaire; l’intérêt principal est son élection. Les négociations, comme les lois, ne sont plus pour lui que des combinaisons électorales; les places deviennent la récompense des services rendus, non à la nation, mais à son chef. Alors même que l’action du gouvernement ne serait pas toujours contraire à l’intérêt du pays, du moins elle ne lui sert plus. Cependant c’est pour son usage seul qu’elle est faite.
« Il est impossible de considérer la marche ordinaire des affaires aux Etats-Unis, sans s’apercevoir que le désir d’être réélu domine les pensées du président; que toute la politique de son administration tend vers ce point; que ses moindres démarches sont subordonnées à cet objet; qu’à mesure surtout que le moment de la crise approche, l’intérêt individuel se substitue dans son esprit à l’intérêt général.
« Le principe de la réélection rend donc l’influence corruptrice des gouvernements électifs plus étendue et plus dangereuse. Il tend à dégrader la morale politique du peuple et à remplacer par l’habileté le patriotisme. » (1)
Il faut lire et relire, et aussi apprendre par coeur :
« L’intrigue et la corruption sont des vices naturels aux gouvernements électifs »…
« Lorsque le chef de l’Etat lui-même se met sur les rangs, il emprunte pour son propre usage la force du gouvernement »…
« Si le représentant de la puissance exécutive descend dans la lice, le soin du gouvernement devient pour lui l’intérêt secondaire; l’intérêt principal est son élection »…
« Les places deviennent la récompense des services rendus, non à la nation, mais à son chef »…
« Le principe de la réélection rend donc l’influence corruptrice des gouvernements électifs plus étendue et plus dangereuse. Il tend à dégrader la morale politique du peuple et à remplacer par l’habileté le patriotisme ».
Depuis Alexis de TOCQUEVILLE, le problème n’a pas été traité, ni en Amérique, ni en France. Même le général de GAULLE a souhaité être réélu ! Alors les autres !
Je l’ai écrit dans « Doléances » et je répète l’évidence : un mandat de sept ans pour le président et un seul !
1. Alexis de TOCQUEVILLE - De la démocratie en Amérique, Tome 1 - Folio Histoire 2022 - Pages 214-215
18 juin 2023 : Interview d’Eric NAULLEAU
J’aime depuis longtemps le franc parler d’Eric NAULLEAU. Je le considère comme un des « purs » parmi les journalistes et écrivains que j’ai croisés d’une façon ou d’une autre.
Son pamphlet contre Sandrine ROUSSEAU – « La faute à Rousseau » (1) lui donne l’occasion de décocher quelques flèches admirables :
- « L’effondrement du niveau intellectuel du personnel politique ». Je regrette de ne pas apercevoir de remèdes devant l’effondrement de toute l’éducation, et de ne pas voir de sanctions contre ces ânes, souvent énarques ou polytechniciens…
- « L’attirance de la lumière des caméras fut la plus forte : Sandrine ROUSSEAU est un tournesol médiatique ». L’évidence répétée une fois encore : sans passage dans les médias, ni survie, ni salut. Il faudrait interdire de passages répétés à la télévision ceux qui n’ont rien d’autre à présenter que des « paroles baratineuses »…
- « Sandrine ROUSSEAU… tenir des propos déraisonnables était la meilleure manière d’attirer l’attention médiatique »… Une fille de Bernard KOUCHNER sans doute ? Lui au moins portait un sac de riz sur ses épaules pour faire semblant de faire quelque chose d’utile. Sandrine ROUSSEAU est l’éolienne des temps modernes : brassage de vent et baratin.
- « Ce lieu d’enseignement des savoirs, ce lieu d’échanges apaisé des idées que devrait être l’université est devenu un bastion de l’intolérance idéologique ». J’ai connu l’université de Nanterre avant 1968. Ainsi, rien n’a changé et la question que je me posais demeure : à quoi servent les universités ? Apprennent-elles à vivre ?
Pour cette dernière question, je sais que la réponse est négative !
Merci à vous, Eric NAULLEAU.
1. Le Figaro Magazine - 19 mai 2023 - Pages 43-45
7 juillet 2023 : Madame Geneviève ANTHONIOZ – de GAULLE
Me promenant presque tous les jours sur le remblai de Pornichet, j’avais repéré depuis longtemps une villa qui portait sur sa boîte aux lettres le nom « ANTHONIOZ ».
Un de mes amis du Quai d’Orsay, fin connaisseur de Pornichet, m’avait dit un jour qu’il s’agissait bien de la famille du général de GAULLE;
Ce matin, passant devant la villa, je me suis arrêté car deux personnes taillaient la haie. Après m’être excusé de déranger, je me suis présenté et ai demandé si la villa était bien celle de Mme Geneviève ANTHONIOZ de GAULLE. La réponse fut : C’était ma mère.
J’avais eu l’honneur de rencontrer Madame Geneviève ANTHONIOZ de GAULLE en 1997 lorsque j’avais, à l’Elysée, organisé une cérémonie de remise de décorations pendant laquelle le Président Jacques CHIRAC l’avait décorée de la Grand-Croix de la Légion d’honneur, reconnaissant ses hauts faits et ses souffrances de sa jeunesse, mais aussi son rôle éminent dans la fondation de ATD Quart Monde.
En me rendant dans la Salle des Fêtes de l’Elysée pour vérifier que tout était prêt, j’avais salué Mme Geneviève ANTHONIOZ de GAULLE qui était arrivée en avance et qui avait apporté sa décoration, offerte par sa famille comme c’est souvent le cas. Mais je lui avais indiqué qu’à l’Elysée le Président offrait toutes les décorations qu’il remettait.
Le souvenir de cette grande dame ne m’a jamais quitté, même si je n’ai pu rester que quelques minutes avec elle. Des années plus tard, j’ai eu l’occasion de lire son livre « La traversée de la nuit », écrit en souvenir des terribles années qu’elle avait vécues pendant la guerre.
Je ne dérangerai plus sa famille sur le remblai de Pornichet. Mais chaque fois que je passerai devant la villa, je penserai avec un immense respect à Mme Geneviève ANTHONIOZ de GAULLE.
9 juillet 2023 : 3.000 milliards d’euros !
J’ai déjà écrit plusieurs fois quelques lignes sur l’augmentation continuelle de la dette française, très préoccupante depuis longtemps, puisque nos politiciens ne savent que dépenser (n’importe qui pourrait le faire à leur place) et sont incapables de mettre en équilibre le budget de l’Etat.
Le Figaro (1) consacre un article à l’endettement de notre pauvre pays qui a franchi le seuil des 3.000 milliards d’euros à la fin du premier trimestre. Mais le titre de cet article est « truqué » : « Dette : pourquoi la France décroche par rapport à ses voisins ? » Il est inutile de comparer la France à ses voisins. Il vaudrait mieux indiquer clairement les travaux faits (ou plutôt non faits) par les gouvernements successifs pour réaliser des budgets en équilibre et faire des économies (et non passer son temps à dire que le gouvernement va en faire).
Au premier trimestre 2007, la dette avait atteint 1.230 milliards, puis au premier trimestre 2014, 2020 milliards, et au premier trimestre 2023, 3013 milliards.
Il est donc urgent de mettre à la retraite (une retraite au SMIG, naturellement) les Présidents concernés (Sarkozy, Hollande, Macron) at tous les Premiers Ministres et ministres des finances et du budget qui auraient dû gérer le problème et non se contenter de baratiner, comme Elisabeth BORNE, actuelle Première ministre : « Nous devons consolider nos finances pour assurer la soutenabilité de notre dette ». Elle ment au moins par omission : pas un mot d’économies dans les dépenses et pas un mot sur un budget en équilibre…
Avec Elizabeth BORNE, on constate qu’un polytechnicien ferait mieux de rester dans son domaine de « polytechnie » et de cesser de faire semblant de faire quelque chose en participant à la communication tous azimuts (c’est-à-dire totalement vide) de nos énarques.
Au fond, nos gouvernants, énarques ou polytechniciens, donnent l’image du « néant existentiel ». On devrait les obliger à rester uniquement dans le « néant ».
1. Le Figaro Economie, page 18
15 juillet 2023 : L’entre-deux-guerres et aujourd’hui
Robert DEBRE est un grand homme et son livre de souvenirs magnifique. Il a beaucoup vécu et tant fait durant sa vie…
J’ai lu avec passion tous ces chapitres et je vais en reprendre quelques paragraphes car, même si l’histoire ne se refait jamais exactement, même si on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve (Héraclite d’Ephèse), il y a des leçons à méditer et des comparaisons à faire, 50 ou 70 ans plus tard.
Lisez doucement ces lignes sur l’entre-deux-guerres (1) :
« La France n’arrivait pas à se remettre de la terrible saignée qu’elle avait subie… L’anémie était profonde car, après une courte période de fécondité, les naissances chaque année étaient devenues inférieures au nombre de morts, ce qui montrait bien le manque d’élan vital de la nation…
« A partir des années trente tous les Français perçurent que la France était malade. Les problèmes politiques et économiques ne paraissent jamais résolus. La France vit sous un régime d’assemblée et le Parlement ne prend jamais aucune décision. Les majorités changent, les plans se succèdent; aucun n’est exécuté. La classe ouvrière souffre de conditions de travail pénibles et d’un niveau de vie très bas. La bourgeoisie est divisée et troublée, les gouvernements sont sans durée et sans force.
« Sur la scène politique se joue une véritable comédie… Les partis semblent ne plus se livrer qu’à des combinaisons et à des calculs. Les passions partisanes l’emportent et les hauts fonctionnaires qui ont gardé le sens de l’Etat se découragent. Des scandales financiers et politiques donnent une impression affreuse d’intrigues et de corruption. Les gouvernements remplacent l’action par des proclamations, des discours, des rodomontades qui sont bien loin d’atténuer le malaise. La presse à sensation poursuit des campagnes calomnieuses et empoisonne l’opinion… Le régime ne montre que faiblesse et incapacité de gouverner. L’antiparlementarisme se développe et on ne sent plus le courage de défendre des assemblées et des gouvernements qui n’inspirent point confiance… Des émeutes engendrent des batailles avec la police et même avec l’armée… Allons-nous vers la guerre civile ? »
C’était l’entre-deux-guerres ! Et je lis aujourd’hui. Les similitudes sont criantes. Je les résume :
« L’anémie était profonde… Manque d’élan vital de la nation… La France était malade… Les problèmes ne paraissent jamais résolus… Le Parlement ne prend jamais aucune décision… Aucun plan n’est exécuté… Les gouvernements sont sans force… Une véritable comédie… Combinaisons… Calculs… Scandales… Intrigues… Corruption… Proclamations… Rodomontades… La presse empoisonne l’opinion… Incapacité de gouverner… Emeutes… Guerre civile ? »
Alors, quelle différence y a-t-il entre l’entre-deux-guerres et aujourd’hui ? Peut-être que le pouvoir est détenu par des énarques qui n’ont qu’une idée en tête : réciter le grand oral qui leur a permis d’arriver là où ils sont tout en ne faisant rien…
1.Robert DEBRE - L'honneur de vivre-Témoignage - Hermann et Stock 1974 - pages 188-189
16 juillet 2023 : Un portrait (cruel, mais véridique) des Français
Ces quelques lignes de Robert DEBRE sont vraiment éloquentes : (1)
« Les Français ne se soumettent pas facilement aux disciplines collectives. Leur individualisme les pousse vers un certain égoïsme, leur sens civique n’est pas aussi développé que parmi d’autres nations. Ils cherchent volontiers à échapper aux règlements officiels, ne considèrent pas comme honteux de tromper l’Etat. La désobéissance aux lois, si elle reste impunie, est assez bien vue, et chacun pense que les obligations sont faites pour les autres… »
C’est une des raisons pour lesquelles les réformes sont si difficiles à faire. Mais c’est aussi une des raisons pour lesquelles les réformes doivent en tout premier lieu concerner toute la classe politique et journalistique. Les efforts à faire doivent être réalisés par les classes d’en haut avant d’être expliqués à la population dans son ensemble. Autrement, l’échec est certain, ce qui peut être vérifié tous les jours !
1. Robert DEBRE - L'honneur de vivre-Témoignage - Hermann et Stock 1974 - page 381
17 juillet 2023 : Le déclin de la France
Le déclin ! Il a été annoncé il y a plus de cinquante ans et les gouvernants n’ont rien fait.
Je ne parle pas ici de l’immigration. J’en ai déjà parlé (1) et je maintiens tout ce que j’ai écrit, en particulier sur la nécessité d’accueillir une immigration contrôlée et non sauvage.
Je voudrais demander à ceux qui lisent ces quelques lignes s’ils ont jamais entendu un politicien parler de l’urgence d’une politique « française » de natalité, ne serait-ce que pour informer (car les vrais journalistes n’existent plus) les Français de leur déclin.
Alors écoutons Robert DEBRE :
« Quels que soient l’héroïsme de sa jeunesse et la qualité de ses citoyens, un pays qui se dépeuple ne peut pas maintenir sa force, sa puissance dans le monde, ni même son indépendance… Une nation, pour garder sa personnalité, préserver son indépendance, posséder l’esprit de création, développer sa prospérité, améliorer son niveau de vie, en un mot, conserver sa vitalité, doit voir naître chaque année un nombre suffisant d’enfants. Point d’espoir pour un peuple qui n’est pas animé par une jeunesse nombreuse, saine et vigoureuse. Le vieillissement d’une nation ne peut signifier que son abandon à la routine… » (2)
1. Cf. "Au gré des jours" 2018-2020 - Articles des 1er, 2, 3 et 4 février 2019 2. Robert DEBRE - L'honneur de vire-Témoignage - Hermann et Stock 1974 - page 398
18 juillet 2023 : Malmenage… L’homo sapiens et l’homo faber
Encore un passage très intéressant de Robert DEBRE sur la place prépondérante donnée à nos « grosses têtes intellectuelles » :
« Le malmenage universitaire est en partie lié à l’absence d’alternance entre les activités de l’adolescent. Les dirigeants de notre éducation nationale ne devraient-ils pas se souvenir de la belle époque de la culture hellénique où se trouvaient mêlés les leçons, les entretiens philosophiques, les promenades dans les jardins, les danses, les chants et les exercices de gymnase ? L’hygiène de vie, l’arrangement de la journée chez l’étudiant actuel – et même chez les jeunes maîtres – ne sont pas bons, même pour ceux qui pratiquent pendant les vacances les exercices sportifs les plus divers et les plus bénéfiques. Négliger l’exercice physique et même, ce qui n’est pas moins grave et condamnable, le travail manuel, est fâcheux à tous égards. Ce n’est pas sans de grands dégâts que chez nombre d’entre eux, l’homo sapiens a étouffé l’homo faber. C’est en effet l’un des déséquilibres du monde moderne que la division qui s’est faite entre le travailleur intellectuel et le travailleur manuel. » (1)
Nos « élites » n’ont pas peur de parler, même si elles n’ont rien à dire et la place prise par la communication fait que même ceux qui devraient être les meilleurs représentants de « l’homo faber » – je pense aux polytechniciens – choisissent de ne pas « faire », mais d’occuper les médias en jacassant, papotant et enfumant le pauvre peuple qui, lui, n’a plus que le droit de se taire.
Le mal répandu dans la société, comme une lèpre ou une peste, par les énarques vient de ce qu’un trop grand nombre – il y a de belles, mais rares, exceptions – n’a jamais rien « fait » d’autre qu’étudier des livres et des brochures avant d’entrer dans un cabinet ministériel et d’entamer une carrière – comme ils disent – politique, destinée à ne servir qu’à eux-mêmes et non à leur pays.
1. Robert DEBRE - L'honneur de vivre-Témoignage - Hermann et Stock 1974 - page 423
19 juillet 2023 : La France et sa place, dans le monde et en Europe
Le déclin de la France et le redressement nécessaire. Je souscris à toutes ces lignes écrites par Robert DEBRE il y a déjà cinquante ans : (1)
« Après la première guerre mondiale, (la France) partageait avec la Grande-Bretagne la direction de la Société des Nations.
« La situation présente est tout autre. La France doit accepter un rôle plus modeste…
« … la domination qu’exerce sur (la Grande-Bretagne) l’Amérique a provoqué parfois en moi un sentiment de gêne… Ainsi lorsque je voyais… certains représentants du Royaume-Uni faire preuve d’une obéissance trop manifeste à la délégation américaine.
‘… La situation de la France dans le monde n’apparaît plus très clairement aux yeux des Français… Ils ressentent, consciemment ou non, un trouble dû aux changements dans l’échelle des valeurs. Chacun en éprouve un malaise car la conscience nationale ne s’adapte que lentement à une situation nouvelle. Les peuples comme les hommes s’habituent difficilement à une diminution de leur influence…
« Je voudrais indiquer en quelques mots comment m’apparaît la situation actuelle en Europe. Comment ne pas craindre qu’un groupement européen où les patries ne préserveraient pas rigoureusement leur personnalité ne se place inéluctablement sous l’autorité américaine ?
« Les vastes desseins d’un chef doué du plus grand génie politique de notre temps ont permis que notre pays réalise un redressement inespéré et que nous bénéficiions encore d’un gouvernement stable, d’un pouvoir démocratiquement établi et contrôlé, d’une force atomique avec ses effets de dissuasion ainsi que d’une armée et d’une marine moderne; enfin, d’une marche incessante vers le développement industriel et le progrès social.
« Mais ces succès me semblent fragiles et dangereusement menacés… Que s’accentue la baisse de notre fécondité, et l’on assistera à une perte de vitalité nationale. Une crise économique ou des troubles sociaux peuvent arrêter la marche vers la prospérité et le progrès. Que peut, sur notre globe où la vie de tous les peuples a changé et change incessamment, un pays de 52 millions d’habitants ? Une telle nation ne peut tenir un rang élevé que si elle va de l’avant, c’est-à-dire si sa pensée originale est connue et appréciée, si elle contribue aux perpétuelles inventions de la technique et enfin si les pouvoirs publics s’attachent à la réalisation de vastes desseins…
« Notre peuple a besoin d’un idéal. Il sent que la France se doit de durer dans sa personnalité en appliquant au temps présent ses traditions de pensée universelle, ses capacités d’originalité, de découvertes, d’inventions, ses idées politiques et sociales.
« Un pays comme le nôtre n’a une sensation d’équilibre que s’il est capable de rayonnement… Le tempérament de notre peuple et ses capacités exigent pour sa bonne santé morale qu’il persiste dans son effort de rayonnement et de prestige… Bien que notre pays soit devenu une puissance moyenne et ne soit plus une grande puissance, il peut et doit faire en sorte que se perpétuent cet héritage spirituel et cette mission à laquelle ses aînés se sentaient voués. Pour l’accomplissement de celle-ci il est nécessaire que sa pensée soit connue et sa langue comprise. Or sa langue cesse peu à peu d’être employée…
« Il faut se battre… L’effacement du français comme langue de communication internationale… porte une atteinte grave à la valeur même de notre pensée, au rayonnement de notre civilisation, diminue plus qu’on ne l’imagine la place de notre pays dans le monde, l’arrête dans l’accomplissement de sa mission universelle…
« Un puissant effort de redressement est nécessaire et urgent. »
Effort nécessaire et urgent… Depuis 50 ans, rien n’a été fait et il n’y a plus d’adjectif pour qualifier le désastre…
1. Robert DEBRE - L'honneur de vivre-Témoignage - Hermann et Stock 1974 - pages 428 à 431
20 juillet 2023 : Un programme précis pour la France
Si nos politiciens actuels lisaient les grands anciens, ils n’auraient pas besoin de faire appel à des cabinets de conseil étrangers qu’ils font payer grassement aux Français malgré leur inutilité. La France, parmi ses enfants, a ceux qui savent comment avancer et comment cesser de reculer et de soumettre le pays à l’étranger.
Que ceux qui gouvernent lisent ce programme prémonitoire de Robert DEBRE, et réfléchissent, tout en démissionnant, à ce qu’ils n’ont pas fait, car les réformes qu’ils font tomber du ciel ne servent à rien puisqu’elles ne viennent pas de la réalité.
« Seule une nation indépendante peut défendre la liberté de chacun de ses citoyens.
« Mais nos institutions, nos régimes sont fragiles. Le malheur peut d’un coup tout briser. Que demain les partis reprennent leurs jeux politiques et l’autorité de l’Etat s’effondre. Que les intérêts privés soutenus par les groupes de pression supplantent l’intérêt général, que des puissances étrangères exercent leur contrainte et le pays revivra des heures sombres…
« Puissent les dirigeants de notre pays sentir le poids de leur responsabilité car il leur appartient, à eux tout d’abord, d’assurer l’avenir de la nation. Les promesses, les affirmations, les proclamations ne suffisent pas. C’est dans tous les domaines, la démographie, la recherche d’une égalité toujours plus réelle entre les citoyens, l’effort de travail demandé à tous, la répartition plus juste du revenu national, les institutions, la défense de la pensée et de la langue française, le développement du sens civique, la modernisation économique, que chaque génération donnera à la France sa chance d’occuper la place qu’elle méritera parmi les nations. » (1)
1. Robert DEBRE - L'honneur de vivre-Témoignage - Hermann et Stock 1974 - page 434
21 juillet 2023 : Culture et télévision – Robert DEBRE
« Aujourd’hui c’est la radio-télévision qui est devenue l’instrument les plus puissant pour développer la culture. Quel pouvoir n’a-t-elle pas ? Aussi sa responsabilité est-elle très lourde. Son influence peut être pernicieuse si elle se laisse aller comme malheureusement nous le constatons trop souvent à la vulgarité, à la trivialité, si elle admet trop volontiers les images de la violence, de l’érotisme. Elle doit prendre garde de ne pas répandre le goût de la médiocrité et veiller à chasser la sottise. C’est par elle que la culture du peuple ouvrier et paysan peut et doit être élargie et approfondie. Les heures de culture française qu’elle offre au public sont d’une grande qualité, mais trop souvent réservées à ceux qui ont pu bénéficier de l’enseignement secondaire ou supérieur…
« Ce n’est pas une pensée de masse que nous devons ainsi promouvoir… C’est bien à la pensée personnelle de chacun pour tenir en constant éveil les intelligences, condition de la liberté individuelle…
« Prémunir tout homme contre les dangers que représentent des opinions imposées. C’est ainsi qu’il sera à l’abri de la pression qu’exercent sur lui les slogans de la publicité et les mots d’ordre des propagandes… »
Encore tout un programme qui aurait dû être mis en oeuvre et qui ne l’a pas été, malgré les différents comités « Théodule ou Théophile » créés pour placer et rétribuer des gens présentés comme spécialistes…
Relisez doucement : la place de la violence dans les médias, celle de la culture « française » (et non américaine), celle des slogans publicitaires et des mots d’ordre des propagandes…
1. Robert DEBRE - L'honneur de vivre-Témoignage - Hermann et Stock 1974 - page 440
22 juillet 2023 : Une belle citation de Georges CLEMENCEAU
A méditer, car il est possible de méditer même en présence de l’évidence :
« Les fonctionnaires sont un petit peu comme les livres d’une bibliothèque. Ce sont les plus hauts placés qui servent le moins ».
23 juillet 2023 : Pierre VIMONT
Je n’ai pas travaillé avec lui, mais l’article que lui a consacré La Croix (1) me donne quelque regret. Pierre VIMONT apparaît comme un grand diplomate, travaillant avec « une rare discrétion » – valeurs de la « réserve » et du « secret » hélas trop oubliées en ces temps où il faut tout déballer sur la place publique et dans les médias (même par ceux qui n’ont rien à dire)… Un « serviteur de l’Etat absolument désintéressé »… Oui, il y a eu de grands serviteurs parmi les diplomates. Y en a-t-il encore ?
A la question de savoir s’il faut dialoguer avec Poutine et Bachar Al Assad, la réponse de Pierre VIMONT est évidente : « Oui, il faut toujours parler… ce qui n’empêche pas d’être très ferme… La diplomatie consiste parfois à parler avec des gens très désagréables et avec lesquels on est en complet désaccord. Mais c’est ainsi que l’on peut avancer… »
A propos de la guerre en Ukraine : « L’idée dominante, c’est que rien ne peut être fait tant que le conflit est en cours ». Cette idée est celle répandue par les marchands d’armes des Etats-Unis et de l’OTAN… Pour Pierre VIMONT, « il faut commencer à réfléchir à l’après-guerre, et notamment à l’ordre européen que l’on pourrait essayer de faire advenir. Ce sera long et compliqué car aujourd’hui, tout est à reconstruire en matière de sécurité. Mais il n’est pas trop tard pour commencer à l’envisager ». En lisant ces lignes, je pense au Président Jacques CHIRAC qui a tout fait, au plus dur de la crise qui a suivi la chute du Mur de Berlin, pour ne pas humilier la Russie. Les Etats-Unis et l’OTAN, et maintenant tous leurs alliés de l’Union européenne – y compris la France qui a complètement perdu son indépendance – veulent faire exactement le contraire. Ils pensent que l’humiliation la plus grande sera la marque de leur victoire. Or c’est impossible. Il suffit de se rappeler Napoléon triomphant à Moscou et Hitler persuadé avoir réussi son invasion de l’URSS… Si le problème de la sécurité n’est pas résolu – sans main mise américaine – la paix ne sera pas atteinte.
Comment ne pas saluer en Pierre VIMONT un grand serviteur de l’Etat ? « Quand on est au service de l’Etat, on va là où on vous le demande. On ne se sert pas, on sert. C’est cette conception de l’Etat qui est si importante pour moi… » J’ai écrit à peu près la même idée dans « Doléances » : un serviteur de l’Etat sert l’Etat; il ne se sert pas de lui.
Il est triste de retrouver, dans l’interview de Pierre VIMONT, cette tare française qui consiste à être persuadé que nous sommes les meilleurs et dont j’ai déjà parlé (2). Que disent les représentants des pays du Sud : « Le plus gênant avec vous, représentants des pays du Nord, c’est votre manière de toujours nous faire un peu la leçon ». Pierre VIMONT ajoute : « Une forme d’arrogance, en somme… En quelque sorte, on n’entend pas que leurs problèmes sont aussi importants que les nôtres… Il faut commencer par écouter… On n’apprend pas beaucoup à l’ENA… »
1. La Croix L'hebdo - pages 10-17 (mai ou juin 2023) 2. Cf. "Souvenirs, souvenirs... Birmanie" - Article : Asie du sud-est et Europe
24 juillet 2023 : Ségolène ROYAL, prête à tout pour se vendre !
Après avoir été ministre et même candidate à l’élection présidentielle, Ségolène ROYAL dévoile un peu plus son vrai visage en s’engageant dans l’émission de Cyril HANOUNA « Touche pas à mon poste ». (1)
Il y a quelques années, j’aurais aimé écrire « On croit rêver ! ». Aujourd’hui, non car il est clair, une fois de plus, que les politiciens, comme les journalistes d’ailleurs, lisent leur avenir dans les médias. Si leurs livres, leurs films, leurs conférences ne font pas l’objet d’une émission, ou d’une partie d’émission, ils ne seront ni lus, ni regardés, ni écoutés. Ce n’est plus l’intérêt pour le pays qui gouverne les propriétaires de médias. Ils recherchent des pitres pour que l’audimat décolle… Coluche avait tout compris ! Quoi qu’il en coûte… Passez à la télé, comme les clowns au cirque, Ségolène ROYAL ! Vous n’avez plus d’âme ni aucun programme.
Pauvre Ségolène ! Elle annonce qu’elle va « expertiser les aspects techniques et donner les positions »… En fait elle va continuer à parler pour ne rien dire et ne rien faire. Elle entre ainsi dans le Panthéon des inutiles où elle rejoint Roselyne BACHELOT qui sait vivre dans le néant, aussi bien en politique que dans les médias ! Mais elle retrouvera aussi – ils sont cités par Le Figaro – Daniel COHN-BENDIT, Julien DRAY, Raquel GARRIDO, Jean-Pierre RAFFARIN…
Le Figaro parle « d’évolution de l’information ». Je pense plutôt à la pourriture. Il serait urgent d’avoir un nouveau « Conseil national de la Résistance » pour s’occuper sérieusement des médias et redonner sa vraie place à la formation par l’information.
1. Le Figaro-économie - 1er-2 juillet 2023 - Page 24
30 juillet 2023 : France – Ukraine – Russie
Je lis ces deux paragraphes en première page de la revue « Front populaire » (1) :
« Nous sommes de ceux qui imaginent que la France aurait dû se forcer, d’abord, à faire la guerre à la guerre, dans une posture gaulliste de troisième voie, qui nous aurait permis de penser, d’abord, à l’intérêt de la nation, avant de s’aligner sur la puissance américaine.
« Nous sommes aussi de ceux qui savent qu’un avenir sans dialogue avec l’Est n’est pas raisonnable pour l’Europe et que le destin d’une Russie slavophile, antioccidentaliste et tournée vers la Chine, n’est pas de bon augure pour le Vieux Continent ».
Comment ne pas approuver entièrement ? On ne saurait « s’aligner sur la puissance américaine » pour préserver notre indépendance.
Le destin de la Russie semble d’être, naturellement, le pont entre l’Europe et l’Asie, et certainement pas d’être d’un seul des deux côtés.
1. Front populaire N° 13 - Juin-juillet-août 2023 - Des nouvelles du front - Stéphane SIMON - page 1
21 septembre 2023 : La paix et l’hubris occidentale
Dans la revue « Front populaire », j’ai trouvé un excellent article de Georges KUZMANOVIC (1) qui résume fort bien, à mes yeux, la décrépitude de la diplomatie française, à laquelle j’ai eu l’honneur de donner une grande partie de ma vie lorsqu’elle était vraiment la diplomatie de la France, et non celle imposée à la France par les gens de Bruxelles, de l’OTAN ou des Etats-Unis (c’est d’ailleurs la même chose). Je cite longuement certains passages, à dessein.
« Problèmes jamais résolus des frontières et des peuples; différences idéologiques, religieuses… L’Occident, frappé par l’hubris, a négligé toutes ces tensions potentielles, nié les différences et tenté d’imposer… son hégémonie géopolitique, ses orientations économiques, sa vision du monde, son idéologie même, souvent au détriment de bien des nations et des peuples… »
Problèmes des frontières… En Europe, ces dernières ont été fixées par deux dictateurs – Staline et Roosevelt – (même si ce n’était pas la même dictature) et depuis les problèmes n’ont pas été résolus. On le voit présentement avec l’Ukraine et la Russie, oubliant que la seconde guerre mondiale a commencé à cause de problèmes de frontières… Pourquoi a-t-on oublié ces problèmes omniprésents : Yougoslavie, Irlande, Grande-Bretagne, Espagne, France, sans oublier l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine ?
Je me souviens qu’en Birmanie, le conseiller de l’ambassade de Thaïlande avait participé à une réunion avec son Premier Ministre, Thaksin SHINAWATRA. Ce dernier avait donné une seule priorité : la négociation avec les autorités birmanes pour la délimitation des frontières. Puisque ces dernières n’étaient pas définies, des escarmouches régulières pouvaient à tout moment dégénérer.
C’est d’ailleurs ce qui était arrivé lorsque j’étais en poste à Bangkok. Les Laotiens avaient « envahi » la Thaïlande car des militaires voulaient s’approprier des forêts de teck. La frontière était imprécise.
Les exemples sont innombrables et l’idée (stupide) est de ne rien changer à l’ordre du monde tel qu’il a été établi, il y a plus d’un demi siècle par les puissants de l’époque. Jusqu’au jour où…
Je connais une exception. L’Argentine et le Chili préparaient une guerre car leur frontière n’était pas définie du côté de la Terre de Feu où du pétrole avait été découvert. Les deux pays eurent l’idée de demander à la diplomatie vaticane de chercher une solution au problème. Les discussions durèrent plusieurs années, mais un accord fut trouvé et le pape – Jean-Paul II – effectua une visite dans chacun des deux pays.
Pourquoi le pape actuel ne réinvente-t-il pas ce genre de médiation avec les orthodoxes de Russie et d’Ukraine ? Pourquoi l’ONU ne s’occupe-t-elle nulle part des problèmes de frontières pour chercher sans se lasser des solutions, partout dans le monde ?
*
Les problèmes non résolus à temps engendrent des problèmes beaucoup plus graves. Lisons encore Georges KUZMANOVIC :
« L’Occident, Etats-Unis d’Amérique en tête, aurait pu construire un monde meilleur : plus juste, plus équitable, plus solidaire. Il aurait pu jeter les ferments d’un développement réel dans les pays les plus pauvres, renforcer l’ONU en optant pour la négociation plutôt que le conflit, développer la démocratie sans l’imposer et, surtout, rester fidèle à la valeur occidentale centrale, la liberté et l’émancipation individuelle. Il aurait fallu pour cela des dirigeants visionnaires et aux nerfs d’acier, car ils auraient dû s’opposer au double cancer qui rongeait l’Occident et qui s’est finalement métastasé : la mégalomanie civilisationnelle et le culte du dieu argent, Mammon. Or les dirigeants occidentaux de l’époque ont été à l’opposé de ce qu’il aurait fallu être… Les trente dernières années se sont caractérisées… par l’affirmation des Etats-Unis d’Amérique… s’imposant au monde et tout d’abord à l’Europe, et n’hésitant pas pour ce faire à user de la guerre de manière débridée, en violation régulière du droit international et, en économie, par le triomphe du néolibéralisme, avec son cortège d’effets de bord – affaiblissement des Etats, dérégulation, aggravation des inégalités et des tensions entre les pays riches et pauvres, et au sein de chaque pays entre les classes sociales. La liberté devenait la liberté pervertie et hideuse du calcul égoïste… »
On voit à l’oeuvre, sous nos yeux, le dévoiement de la soi-disant démocratie américaine (et donc occidentale) qui est en fait, simplement, un « hideux » calcul pour établir sur le monde la dictature de l’égoïsme…
Quel était donc, quel est donc l’objectif des Etats-Unis ?
« Asseoir l’hégémonie stratégique des Etats-Unis sur l’ensemble du monde, en affaiblissant et en asservissant lentement mais sûrement l’Europe, en surdéveloppant l’appareil militaro-industriel de leur pays, en menant des guerres régulières, en installant des bases militaires sur l’ensemble de la surface du globe, en organisant des « révolutions de couleur » et des coups d’Etat. La dernière opposition, et nous pouvons en être fiers, est venue de la France, lorsque Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac, prononça, en 2003, son discours prophétique aux Nations Unies, tandis que la France, entraînant l’Allemagne, refusait de participer à la guerre d’Irak. Pour la sécurité en Europe, le principal problème aura été l’extension infinie de l’OTAN, instrument principal de l’hégémonie étatsunienne et d’asservissement des Européens, dont les prérogatives empiètent toujours plus sur celles de l’ONU, faisant de celle-ci une coquille vide… »
Je crois aussi que la « dernière opposition » occidentale à la dictature des Etats-Unis sur le monde – la dernière, car depuis la France n’a cessé de se livrer à l’Amérique – est venue de la diplomatie française, avec Jacques CHIRAC et Dominique de VILLEPIN. (2)
Appareil militaro-industriel, guerres régulières, bases militaires, révolutions, coups d’Etat… C’est ce que les Etats-Unis ont « donné » d’abord à l’Amérique centrale et latine, et maintenant au monde entier.
Alors, que reste-t-il à tenter de faire ?
« Il est… urgent de promouvoir un cadre de relations internationales qui rende la paix possible… Un tel cadre ne peut émerger tant que l’Occident, et surtout les Etats-Unis d’Amérique, sera mû par une volonté hégémonique et la prétention de dire le bien et le mal…
« C’est tout le cadre de penser qu’il s’agirait de renverser… Promouvoir une nouvelle culture diplomatique… rompre avec l’arrogance occidentale… retrouver le chemin vers l’indépendance, dans le cadre de nouvelles relations, plus égalitaires avec le reste du monde… Le premier pas à faire serait de cesser les provocations dont on sait qu’elles ne peuvent que mener à des guerres. Les promesses de l’extension de l’OTAN à la Géorgie et à l’Ukraine en sont un dramatique exemple… »
Comme les Etats-Unis ne choisissent pas la voie de la fin de leur hubris, il reste à espérer que les Chinois puissent terrasser le plus rapidement possible l’ogre américain et qu’ils ne créent pas un hubris asiatique ! La route est longue car de nombreux problèmes existent en Chine et il faudra bien un jour les résoudre, autrement que par la force bien sûr !
A ce sujet, il faut recommander et écouter les cinq entretiens de Joseph STIGLITZ, prix Nobel d’économie : économie mondiale, réchauffement de la planète et environnement, commerce et immigration, pays en voie de développement, sécurité et terrorisme, futur de l’humanité. (3)
1. La construction politique de la paix - Georges KUZMANOVIC - Front populaire - L'hubris occidentale - Juin-juillet-août 2023 - Pages 27 à 36 2. Cf. "Au gré des jours" 2020-2023 - 11 juin 2023 : Pierre MENAT 3. "Où va le monde M. Stiglitz ?" - DVD Le nouvel Observateur
25 septembre 2023 : Gérard ARAUD – Passeport diplomatique
Pendant la lecture des souvenirs de Gérard ARAUD (1), dont je n’avais pas croisé le chemin au Quai d’Orsay, je n’ai vraiment été d’accord qu’une seule fois, pour ces quelques lignes écrites au sujet de Dominique de VILLEPIN :
« Il restera longtemps de lui le discours du 14 février 2003 devant le Conseil de sécurité, où il a fait de la France la voix de la conscience du monde face à la folie américaine. Un tel moment justifie une vie. » (2)
Pour le reste, tout au long des 375 pages, j’ai souvent pensé : voilà un « grand » ambassadeur, avalant les dossiers, doté d’une belle intelligence, mais au bout du compte, qu’a-t-il fait de concret pour la diplomatie et la paix, qu’a-t-il fait de concret pour l’amélioration du travail des ambassades et le bien être des agents dont il était le chef ?
Rien ! En tout cas, rien ne ressort de son livre. Il faut sans doute arriver à l’avant-dernier paragraphe pour comprendre la raison du fiasco d’une vie en dehors du réel :
« Je veux rendre un hommage particulier à Emmanuel Macron. Ce fut pour moi un honneur de servir un président de la République conscient des enjeux géopolitiques, économiques et technologiques de notre époque, ouvert aux idées nouvelles et à l’écoute du vaste monde. Ce fut également un plaisir de découvrir sa culture et son humour. Nos réalismes se sont accordés. » (3)
Quel fayot ! (« Personne qui fait du zèle pour se faire bien voir »)
Le livre a été publié en 2019, mais je l’ai lu ces jours-ci où justement il est facile de constater le décalage de plus en plus grand entre la réalité vécue par les peuples et la « com » de nos dirigeants, suivis sans broncher par trop de grands personnages de l’Etat. Ces gens parlent « de réalisme, d’écoute du vaste monde », mais leur « réalité » ressemble à la réception du roi Charles III à Versailles, dont on ne rappelle même pas que la date a été reportée en raison de la colère qui se manifestait en France dans les rues, non pas contre le monarque, mais contre le président français. De la « com » pendant que les coups d’Etat continuent en Afrique, que la présence française n’est plus souhaitée et que la diplomatie disparaît.
Théâtre d’ombres de la « com », dirigé par nos énarques.
P.S. Cette nuit même, j’ai écouté le discours, à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, du ministre représentant le Président du Burkina Faso… Un très grand discours… Les chefs d’Etat africains n’ont plus peur de dire ce qu’ils pensent et je les en félicite, même si, hélas ! ils sont arrivés au pouvoir par des coups d’Etat. Je repense à la magnifique conférence faite à l’Alliance française de Rangoun par l’ambassadeur de Singapour, très fin connaisseur de la France. (4)
Il me semble d’urgence nécessaire de citer devant le tribunal pénal internationale les Présidents George W. BUSH et Joe BIDEN, ainsi qu’Emmanuel MACRON, pour leur incapacité à respecter leur peuple ainsi que les peuples du monde entier.
Je note d’ailleurs que je n’ai pas entendu Emmanuel MACRON cette année à la tribune de l’ONU. Il n’a sans doute plus rien à dire devant le fiasco de sa politique étrangère et de sa politique intérieure !
1. Gérard ARAUD - Passeport diplomatique-Quarante ans au Quai d'Orsay - Grasset Le livre de poche - 2019 2. Page 127 3. Page 374 4. Cf. "Souvenirs, souvenirs..." - Birmanie 2002-2006 - Asie du Sud-Est et Europe
6 octobre 2023 : « Europe de la défense » – Anatomie d’une chimère
Heureusement qu’il nous reste encore, hors des médias de propagande de nos gouvernants, quelques voix à écouter pour réfléchir par soi-même et comprendre un peu mieux. Liberté d’expression !
J’ai ainsi découvert un article de Caroline GALACTEROS (1) sur l’Europe et sa défense, « une chimère ». Il faut en relire quelques extraits :
« Le conflit en Ukraine est meurtrier. Meurtrier…pour la nation et le peuple ukrainien, meurtrier pour la paix du monde, meurtrier pour la sécurité de l’Europe, meurtrier… pour le dollar américain et l’hégémonie éponyme qu’il a longtemps servie, meurtrier pour l’Occident face à la titanesque alliance contre lui dont il a accéléré la coagulation autour du pôle russo-chinois, meurtrier enfin… pour l’idée même d’une Europe de la défense. Le grégarisme frénétique des pays européens à suivre les ordres anglo-saxons et à s’engouffrer… dans ce stupide conflit évitable entre l’OTAN et la Russie aura scellé le tombeau d’une Europe capable d’exister par elle-même et d’apprécier ses intérêts sécuritaires propres; comme ils auront d’ailleurs mis le dernier clou dans les cercueils de la diplomatie, de l’intelligence des hommes et des choses, du dialogue, du respect de l’ordre international d’après-guerre qui gisent tous… dans une fosse triste où le manichéisme, l’arrogance, le dogmatisme et l’idéologie débilitante des élites occidentales les ont à la hâte ensevelis…
« L’Europe de la défense… Washington ne s’en est d’ailleurs jamais véritablement inquiété, au point d’encourager publiquement les efforts européens pour une défense autonome, c’est-à-dire surtout pour une augmentation des budgets de défense des Etats membres permettant l’achat massif… d’armes américaines… Dépendance sécuritaire de l’Europe par rapport à l’OTAN et à son chef de file américain… » (1)
1. Caroline GALACTEROS - "Europe de la défense" - Anatomie d'une chimère - Front populaire N° 13 - Juin-Juillet-Août 2023 - Pages 114-121
10 octobre 2023 : « L’Europe et la France, totalement inféodés… »
Ces jours-ci, il est possible de trouver davantage d’analyses encore libres de la situation internationale. On ne peut les trouver sur les grands médias, totalement achetés et totalement vendus… Nous ne sommes pas encore complètement dans une « dicta dura » (dictature), mais nous sommes dans ce que le général PINOCHET appelait, au Chili, une « dicta molde » (dictature molle).
J’essaie, à mon très humble niveau, de faire écho à ces voix indépendantes. Ainsi en est-il de cette analyse de la situation en Europe et de la guerre en Ukraine, donnée par le général Jean-Bernard PINATEL (1) :
« Cette guerre aurait dû être évitée si nos dirigeants, pour défendre les vrais intérêts européens avaient pris en compte les intérêts de sécurité de la Russie. Poutine est l’agresseur, mais les Américains ont tout fait pour l’amener à être l’agresseur… Le but des Américains est d’empêcher une alliance économique entre l’Europe et la Russie. C’est le livre « Le Grand Echiquier » de Brzezinski, publié en 1997, qui explique qu’il faut absolument éviter cela, sinon l’Europe et la Russie deviendront les premières puissances mondiales. Or le point pour éviter cela, c’est l’Ukraine. Depuis les années 2000, ils mettent en oeuvre cela, à travers la révolution orange. Soros est un agent de la CIA et il a avoué avoir financé le coup d’Etat contre le président de l’Ukraine qui était pro russe. En 2014, quand ils ont voulu supprimer l’utilisation du russe dans les contrées entièrement russes, il y a eu la révolte du Donbass, il y a eu des référendums confirmant le rattachement de la Russie à 90%, et il y a eu les accords de Minsk. Il y a eu plus de 14.000 morts dans le Donbass, qui était bombardé tous les jours. Tout cela explique, mais n’excuse pas, ce qui se passe aujourd’hui…
« Ces grandes nations qui se présentent comme le berceau de la démocratie méprisent profondément les valeurs démocratiques quand il s’agit de leurs intérêts puisque, pour faire la guerre, on utilise des mensonges… Je critique les dirigeants européens qui ne défendent pas les intérêts de l’Europe. Nous avons des dirigeants qui sont totalement inféodés aux Anglo-saxons… »
« Totalement inféodés aux Anglo-saxons »… Il n’y a rien à ajouter à ce sinistre constat !
1. Interview du général Jean-Bernard PINATEL - La Baule + - Septembre 2023 - Pages 14-16
17 novembre 2023 : De GAULLE, la France, les Etats-Unis
Je trouve, dans le hors-série très intéressant de « Front populaire » consacré au général de GAULLE ce propos tenu par le général le jeudi 5 août 1948 :
« Si je n’étais pas là, la France serait déjà entièrement dans les mains de l’Amérique, n’en doutez pas… » (1)
Le général avait compris, en 1948, qu’il était le rempart contre la mainmise et la dictature des Etats-Unis sur la France… Il avait, hélas!, raison et on constate chaque jour, depuis plus de soixante ans, que la France est « entièrement dans les mains de l’Amérique ».
1. Claude MAURIAC - Un autre de Gaulle, Journal 1944-1955 - Ed. Hachette, page 324. Cité dans "Front populaire", Hors-série "de Gaulle", 2023, page25
24 novembre 2023 : Les « fonctionnaires »
J’ai découvert cette remarque sur les fonctionnaires aux Etats-Unis, écrite par Alexis de TOCQUEVILLE aux environs de 1830, il y a donc presque deux siècles :
« Les fonctionnaires sentent parfaitement qu’ils n’ont obtenu le droit de se placer au-dessus des autres par leur puissance que sous la condition de descendre au niveau de tous par leurs manières ». (1)
Je pense à nos énarques et autres polytechniciens d’aujourd’hui… Le respect des autres, c’est-à-dire du peuple, n’est pas enseigné dans leurs « grandes » écoles et la plupart des élèves devraient être recalés, soit à l’entrée, soit à la sortie.
Je redis une fois de plus qu’il existe des exceptions, et j’ai eu l’honneur d’en connaître, mais elles sont rarissimes.
1. Alexis de TOCQUEVILLE - De la démocratie en Amérique - Folio histoire - Tome I, page 308
26 novembre 2023 : « Supériorité », « esclavage » et « destruction »
« Ne dirait-on pas, à voir ce qui se passe dans le monde, que l’Européen est aux hommes des autres races ce que l’homme lui-même est aux animaux ? Il les fait servir à son usage, et quand il ne peut les plier, il les détruit. » (1)
Près de deux siècles se sont écoulés ! Alexis de TOCQUEVILLE parlait du territoire des Etats-Unis et des différentes « races » qu’il y avait trouvées : Européens, esclaves et Indiens.
De nos jours, les Américains, incorrigibles, continue « l’oeuvre » dans laquelle ils excellent : faire servir les autres « races » à leur usage ou bien les « détruire ». Mais maintenant, c’est dans le monde entier, et non plus seulement aux Etats-Unis, que les « animaux » sont pourchassés. On doit donc remercier tous les hommes et tous les peuples qui se lèvent en disant « Assez! », autant dans toute l’Amérique latine, que dans toute l’Asie et dans toute l’Afrique. Les Européens, pour leur part, semblent ne pas avoir compris. Peut-on dire que « l’importation » de travailleurs à laquelle ils ont procédé pendant des années pour faire tourner leurs usines avec une main d’oeuvre bon marché, se retourne maintenant contre eux. C’est le lot de l’esclave – et son honneur – de se rebeller un jour contre le maître, pour que les choses – enfin – changent.
1. Alexis de TOCQUEVILLE - De la démocratie en Amérique - Folio histoire - Tome I, pages 467-468
28 novembre 2023 : La république et la « tyrannie légitime »
« La république… ce n’est pas le règne de la majorité, comme on l’a cru jusqu’ici, c’est le règne de ceux qui se portent fort pour la majorité. Ce n’est pas le peuple qui dirige dans ces sortes de gouvernements, mais ceux qui savent le plus grand bien du peuple : distinction heureuse, qui permet d’agir au nom des nations sans les consulter, et de réclamer leur reconnaissance en les foulant aux pieds. Le gouvernement républicain est, du reste, le seul auquel il faille reconnaître le droit de tout faire, et qui puisse mépriser ce qu’ont jusqu’à présent respecter les hommes, depuis les plus hautes lois de la morale jusqu’aux règles vulgaires du sens commun.
« On avait pensé, jusqu’à nous, que le despotisme était odieux, quelles que fussent ses formes. Mais on a découvert de nos jours qu’il y avait dans le monde des tyrannies légitimes et de saintes injustices pourvu qu’on les exerçât au nom du peuple. » (1)
Encore une page d’Alexis de TOCQUEVILLE à (re)lire et à méditer ! La France, au XXIème siècle est toujours et de plus en plus engluée dans cette « tyrannie légitime », dans laquelle les despotes prennent toute la place du peuple en méprisant « les plus hautes lois morales ».
1. Alexis de TOCQUEVILLE - De la démocratie en Amérique - Folio histoire - Tome I, pages 574-575
29 novembre 2023 : Les ORL et les octogénaires
Il faut bien sourire un peu !
Hier, j’ai rencontré ma généraliste, après quelques jours d’attente. Je m’étais décidé à lui rendre visite car je n’arrivais pas à régler seul un problème de bouchon dans une oreille, qui me gênait depuis plusieurs mois. Mon pharmacien m’avait aidé avec des médicaments préventifs, mais qui n’étaient pas la solution.
Ma généraliste essaya avec les instruments qu’elle avait dans son cabinet et renonça finalement, en m’expliquant qu’il me fallait voir un spécialiste.
J’ai cherché sur internet le soir même et me suis vu proposer la possibilité d’un rendez-vous pour… octobre 2024, dans onze mois !
Le lendemain, donc ce matin, j’ai tenté ma chance en appelant la clinique de l’Europe à Saint-Nazaire où je suis allé nombre de fois pour des visites médicales ou des interventions chirurgicales. Mais les consultations ORL ne se faisaient pas à la clinique; il fallait appeler le cabinet du médecin.
J’ai donc appelé et la secrétaire m’a proposé le premier rendez-vous disponible, au début du mois de juin prochain, donc dans six mois ! Je lui ai alors demandé ce que je pouvais faire en attendant… Elle a réfléchi et j’imagine qu’elle a souri en me donnant cette excellente réponse : « C’est une bonne question ! »
Heureusement, une oreille fonctionne encore !
Je me console car j’ai appris un peu le bouddhisme et je crois que nous aurons une autre vie (ou plusieurs) après celle que nous parcourons actuellement. Je pourrai donc bientôt, au rythme où tout se détériore en France, prendre rendez-vous pour voir un médecin dans une de mes prochaines vies !