1er janvier 2026 : Marion SAINT MICHEL
Cherchant souvent sur YouTube de nouvelles personnalités, celles dont on ne parle pas assez, mais qui ont pourtant beaucoup à dire pour développer notre réflexion personnelle (du moins ceux qui souhaitent vraument en avoir une), je suis tombé sur une interview de Marion SAINT MICHEL qui parlait de son livre intitulé : « La gouvernance perverse – La décoder et s’en libérer ». (1)
Je ne veux pas résumer cette longue émission, mais elle est formatrice : la gouvernance et la perversité. Je reommande à tous ceux qui accusent certains de complotisme d’aller écouter et ensuite de commencer, enfin, à réfléchir par eux-mêmes.
1. Le samedi politique - TV Libertés - Emission présentée par Elise BLAISE (décembre 2025)
2 janvier 2026 : Colonel Jacques BAUD, un Suisse neutre
Un peu par hasard, juste avant Noël, cherchant sur YouTube des actualités non censurées par tout ce qui se dit – à tort – démocratique et républicain, je suis tombé sur une interview de Jacques BAUD, sur une chaîne que je ne connaissais pas ‘L’impertinent TV ». Ce titre m’a évidemment attiré !
J’ai déjà parlé plusieurs fois de Jacques BAUD, ancien colonel de l’armée suisse, qui a travaillé pour l’ONU et pour l’OTAN et qui a d’évidentes qualités. Par exemple, sa nationalité suisse qui l’a bercé depuis longtemps dans la neutralité; ses connaissances des langues (russe, ukrainien, anglais, français…) nécessaires pour prendre des informations dans les médias des pays concernés; ses publications nombreuses dans lesquelles il a eu le courage de dire clairement ce qu’il pense sans appartenir à l’un ou l’autre camp, partout dans le monde où la paix est ravagée.
Il m’apparaît donc comme l’un des plus fins connaisseurs de la situation entre la Russie et l’Ukraine. Est-il parfait ? Certainement pas, mais au moins il donne à chacun la possibilité de réfléchir par lui-ême sans la propagande officielle qui aveugle délibérément l’Occident… Au moins, il essaie de dire sa part de vérité… quoi qu’il en coûte !
Donc, à mon humble avis, un homme honnête, ils sont si rares de nos jours, qui travaille, qui n’a pas fait fortune en cumulant les fonctions, qui continue à chercher… Un homme honnête, donc, qui du jour au lendemain, se trouve mis au ban de la société parce qu’il figure sur une liste établie par quelques oligarques européens, dont Ursula Van der LEYEN, Emmanuel MACRON et Jean-Noël BARROT, le soi-disant ministre des affaires étrangères français, inutile puisque, depuis sa nomination, la paix n’a fait aucun progrès, puisque la seule chanson de ce ministre, c’est de répéter la « mantra » de son président : la guerre à tout prix pour que je puisse conserver le pouvoir. Ce que leur ami ZELENSKY a choisi de faire en supprimant les élections dans son pays… Jean-Noël BARROT, ministre des affaires étrangères, ou plutôt comme disait un humoriste « étranger aux affaires ».
Le 12 décembre, indique Jacques BAUD, un article dans la presse américaine lui apprend qu’il va probablement figurer sur la prochaine liste des « sanctionnables ». Et le 15 décembre, il est effectivement « sanctionné ».
Ceux qui sont dans ce cas sont, généralement, des personnalités qui vivent en dehors de l’Union européenne : oligarques russes ou militaires birmans… Si leurs avoirs sont gelés dans l’Union européenne, ils peuvent s’en moquer, soit parce qu’ils ont beaucoup d’argent, soit – et cela correspond à ce que j’ai vu en Birmanie – parce qu’ils n’ont aucune envie, absolument aucune, de faire quoi que ce soit avec l’Union européenne. Ils peuvent simplement continuer à vivre partout dans le monde, sauf dans l’Union européenne. En écrivant ces lignes, je pense à cette remarque d’un humoriste : « Si tu savais ce que je m’en fous (de l’Union européenne), tu aurais une idée de l’infini ! »
Ce qui est nouveau, c’est que se trouve une personne – Jacques BAUD – vivant dans l’Union européenne, en l’occurence en Belgique. Le gel de ses avoirs le touche « de plein fouet » puisque sa banque n’a plus le droit de débloquer de l’argent sur son compte, même pour les dépenses de la vie quotidienne, y compris la nourriture.
Jacques BAUD ne peut même plus aller en Suisse, puisqu’il ne peut plus franchir les frontières de l’Union. Ainsi, n’importe qui peut entrer, même sans visa, mais lui ne peut ni sortir, ni entrer.
Vous savez sans doute que Jacques BAUD est une personnalité connue dans le monde entier par sa vie active, ses écrits, ses analyses répandues dans les médias libres (c’est-à-dire qu’il est difficile de l’entendre sur les médias de propagande de l’Union européenne)… De très nombreuses personnes pensent que Jacques BAUD est « équilibré, rationnel, objectif » et pourtant l’Union européenne préfère le considérer comme « pro-russe », donc à détruire.
Même un parlementaire européen reconnaît que s’il est ainsi condamné, alors toute l’Europe est condamnable, car ce sont la démocratie, l’état de droit, les valeurs qui sont condamnés.
Jacques BAUD, qui a travaillé pendant la guerre froide, remarque que, à cette époque, les Occidentaux avaient confiance dans leur système et que, donc, il n’était pas nécessaire d’interdire ce qui venait de l’autre camp. Ainsi était-il possible de trouver la Pravda dans les grandes villes de Suisse. Mais « quand on interdit à quelqu’un de parler, c’est que l’on est fragile et que l’on ne croit plus à son propre truc ».
Jacques BAUD précise : « On m’accuse de choses que je n’ai jamais dites, d’être un agent de la Russie. Je n’ai jamais été payé par les Russes ». Concrètement, on voit la dérive de l’Union européenne, qui dure depuis des années, mais qui s’aggrave (très) dangereusement, sauf pour ceux qui pensent que c’est un progrès de ne plus penser par soi-même et d’accepter la propagande.
Les valeurs qui devraient être celles de l’Union européenne ont été faussées et même si Jacques BAUD bénéficie d’une sympathie réelle dans le monde, il faut constater que la décision de Bruxelles n’est pas une décision judiciaire. Puisqu’elle ne vient pas d’un tribunal, il faut chercher le dictateur. « Apparemment, dit Jacques BAUD en l’état actuel de ses recherches, la décision semble venir de la France : « J’ai probablement une tête qui ne revient pas à MACRON ou à BARROT ».
Sans décision judiciaire, Jacques BAUD n’a pas eu la possibilité de se défendre et de répondre aux attaques faites contre lui. Toutes les sanctions sont des saloperies décidées par des incapables, mais lorsqu’elles arrivent dans l’Union européenne contre des Européens, on voit encore mieux les dérives vers lesquelles ont choisi de s’engager, au fil des ans, ceux qui se sont arrogés le droit de dire le bien et le mal, le juste et l’injuste, le vrai et le faux, le beau et le laid… Les dirigeants de l’Union, mais aussi de la Suisse, restés étrangement silencieux.
Malgré l’absence de présomption d’innocence, on peut entendre Jean-Noël BARROT, ministre des affaires étrangères posé au Quai d’Orsay par Emmanuel MACRON, se « féliciter » de ce nouveau train de sanctions, qui frappe un de ses propres concitoyens (qui réside en Russie) et un Suisse qui vit en Belgique… L’Europe, terre d’accueil ? C’est fini. Les dirigeants de l’Union organisent « leur » guerre civile : tout ce qui n’est pas avec moi est contre moi – comme au temps de George W. BUSH -. La neutralité ne doit plus exister.
Jacques BAUD signale que sur la liste du « cadeau » de Noël, il figure en 57ème position ! C’est l’exécutif bruxellois qui établit la liste de ceux qu’il condamne et les députés européens n’ont rien à dire. Le Conseil européen est donc juge et partie et n’a donc plus le droit de se présenter comme démocratique puisqu’il est créateur de décisions arbitraires.
Jacques BAUD reconnaît que depuis longtemps, les médias suisses dérivent et suivent de plus en plus les médias de propagande des gouvernements de l’Union européenne. D’où, en Suisse comme en France, la diminution évidente de la vente de journaux puisque l’information donnée est perçue comme non fiable. On croit entendre un écho de la situation en France où, dans la majorité des cas,les journalistes « officiels » se présentent comme « fiables » et « vertueux », alors qu’ils sont « très loin d’être impeccables ».
Mais Jacques BAUD, citoyen suisse et serviteur de l’Etat pendant toute sa vie, reconnaît : « Je ne pensais pas que notre gouvernement pouvait être aussi médiocre ». Lors des élections, des gens sont élus pour qu’ils respectent la volonté du peuple. Mais ce n’est plus le cas, même en Suisse. Il n’y a plus de respect des citoyens. Or les élus ne sont pas des rois ayant reçu une autorité divine. C’est le peuple qui leur a donné le pouvoir car « le peuple est souverain ».
Dans ce très grand malheur de la démocratie qui meurt, il y a une toute petite lueur d’espoir avec les sanctions ! Plus elles sont stupides, plus elles sont fortes, plus elles sont injustes…, plus elles reçoivent de publicité dans le monde entier. Chacun peut, s’il en a le désir et le courage, découvrir la dictature imposée de plus en plus par Ursula von der LEYEN et sa clique, Emmanuel MACRON et sa clique, Jean-Noël BARROT et sa clique, mais également les malheureux chancelier allemand et le premier ministre britannique et leurs cliques.
J’aime bien le rappel de la neutralité suisse : ce n’est pas ne rien faire, mais avoir la possibilité d’agir pour le bien commun, pour les deux parties, en rendant service à chacune pour servir la paix.
Cela aurait été un honneur pour la Suisse de mettre cette neutralité au service de la paix entre l’Ukraine et la Russie. C’était la place de la Suisse. Ce ne l’est plus !
Cela aurait été la place de la France. Ce ne l’est plus !
La Suisse ne veut plus de problèmes… Les dirigenats français ne cessent de prêcher la guerre…
5 janvier 2026 : Antoine EMAZ – Quelques lignes d’un lecteur sur son dernier livre : « ERRE »
Mon frère Antoine avait de nombreux amis dans les spères de la poésie moderne et de l’édition. Il se trouve aussi que notre famille connaissait depuis les années 50 une autre famille, nombreuse comme la nôtre, et habitant dans la même rue.
Adolescents; nous avons passé de très bons moments ensemble, souvent grâce à l’admirable dévouement et la grande gentillesse de Madame GAUDEFROY pour ses enfants et les amis de ses enfants. Puis, la vie nous a séparés, moi-même plus peut-être que la plupart de mes frères et soeurs. Heureusement, parfois, les hasards font que des liens se ravivent. Ce fut le cas avec Noël GAUDEFROY, médecin dans le Cotentin.
Après un échange de correspondance avec mon frère Bruno, Noël a lu mes réflexions et souvenirs. Il a lui-même commencé à écrire et j’ai lu avec un très grand intérêt son premier fascicule intitulé « Etre et devenir ». Je l’ai beaucoup aimé.
Un jour, j’ai envoyé à Noël le dernier livre d’Antoine EMAZ (1) car je pensais qu’il serait intéressé. Ce fut le cas à un point tel que je ne résiste pas à confier ces quelques lignes de Noël, reçues hier :
"Ton frère Antoine a une délicatesse d'écriture et de pensées profondément attachante.
Je ne connais pas son histoire, en dehors du fait de sa disparition précoce.
Il parle avec une tendresse infinie d'un présent vécu en éternité, cachant pudiquement les heures douloureuses.
J'ai l'impression de l'avoir toujours connu.
"Un corps tiède un sourire un soir bleu..." il a les mots justes du bonheur, du si peu, du rien.
Nous sommes tous "en face de seul"... mais c'est un géant.
Merci pour ce livre que je ne me lasse pas de relire."
Antoine, mon frère, et Noël, mon ami, font partie des personnes dont notre pays et le monde ont tellement besoin. Ils réfléchissent par eux-mêmes !
1. Antoine EMAZ - Erre - Tarabuste éditeur - 2022
10 janvier 2026 : Neige à Pornichet
C’est un spectacle rare dans ce coin de France, mais c’est arrivé cette semaine. Un soir, à la tombée de la nuit, je l’ai aperçue dans la lumière de quelques réverbères : une neige de flocons serrés, emportés par le vent. Au matin, le parc, les arbres, les toits des chalets, le tennis : tout était blanc et la neige a bien voulu rester toute la journée.
J’ai aimé la neige, soit à Paris où elle ne reste pas longtemps et se salit très vite, soit dans les Alpes il y a bien lontemps, soit en Autriche, au Chili, en Chine ou au Pérou… Mais la plus grande partie de « mon âge », je l’ai passée dans des pays où je n’ai pas vu la neige : la Thaïlande, le Panama, la Jamaïque, la Birmanie.
Avec la neige, me reviennent deux chansons à fredonner : « Tombe la neige » d’ADAMO, mais aussi « Neige » de Richard ANTHONY, dont je cite certaines paroles :
"Neige, tu fais taire les ruisseaux
Comme un rêve qui calfeutre les maisons
Comme un rêve tu arrêtes les saisons.
Pas un bruit, pas un mot,
Le silence est enfin délivré.
Ciel et terre sont couverts
D'un nuage de clarté.
Neige, tu fais taire les ruisseaux...
Tu abrèges, chaque jour avant l'été...
La violence paraît endormie
Et mon coeur n'a plus peur
Il bat au ralenti...
Comme un rêve, tu viens pour me protéger...
Je préfère la neige à la pluie et au crachin qui ont pourtant aussi leur beauté. Mais la neige est plus rare !
13 janvier 2026 : Sarah KNAFO – Elections municipales
J’ai écouté hier soir le discours de Sarah KNAFO pour lancer sa cabdidature à la mairie de Paris.
A Pékin, je m’entendais bien avec un énarque qui venait de la Cour des comptes, mais j’avais été déçu de l’entendre un jour m’expliquer son choix de cette Cour à sa sortie de l’ENA. Il considérait qu’il avait beaucoup travaillé pour arriver dans cette prestigieuse institution qui lui permettrait d’être tranquille. Il était plus que très capable pour travailler, mais il ‘a donné l’impression d’avoir préféré cette tranquillité au service !Quel dpommage et quel gâchis !
Sarah KNAFO a passé sa jeunesse en Seine-Saint-Denis dans une famille simple. Elle a fait de brillantes études comme mon ami de Pékin : Sciences-Po et ENA. Et elle a atterri à la Cour des comptes. Ce n’est pas la première fois que j’entends cette personne encore jeune qui connaît les rapports brillants de la Cour et les préconisations de réformes non suivies d’effets puisque rien n’est obligatoire. (J’ai déjà parlé de cette priorité nécessaire pour que, enfin, des réformes sérieuses et contrôlées commencent en France).
Je me demande parfois si ce sont ces « frustrations » ou ces « manquements » qui ont poussé Sarah KNAFO vers la politique. Je l’ai entendu plusieurs fois manier les faits et les chiffres avec une telle facilité et une telle clarté que chacun pouvait comprendre, puis se faire sa propre idée. Elle mettait les faits à la portée de ses auditeurs et proposait des solutions. A chacun de choisir ensuite, mais au moins, pour une fois, il pouvait le faire en connaissance de cause et non en la seule connaissance de la propagande ou du fric.
J’ai aimé son discours sur « Paris, ville heureuse »?. Chacun peut l’écouter sans parti pris. Y a-t-il une seule phrase qui sonne faux, qui ne soit pas basée sur des évidences ? Et j’aime bien le fait de vouloir faire de Paris « une petite Suisse ». Oui, nos voisins nous donnent des leçons de démocratie. Il faut cesser de parler de cette dernière dans de vains discours, et la réaliser concrètement. Paris serait une bonne expérienbce pour le référendum (Pornichet, d’ailleurs, le serait tout autant !). Une seule fois, depuis mon retour dans cette belle terre, j’ai été consulté au sujet du nouvel aéroport de Nantes. Le « oui » l’a emporté et nos politiciens ont triché pour faire en sorte que le « non » soit la seule solution. Ils ont recommencé l’histoire du traité constitutionnel européen, du référendum où le « non » du peuple avait gagné, ce qui n’a pas empêché la trahison organisée par nicolas SARKOZY avec le traité de Lisbonne. Il faudra un jour savoir enfin si oui ou non le peupkle est souverain en France. Ceux qui ont été et sont incapables de reconnaître cette évidence démocratique doivent être rangés dans les poubelles de l’histoire… Et vite, pour que survive la France et son peuple !
Quant à celle que certains présentent comme la meilleure candidate (actuellement), Rachida DATI, jue ne suis absolument pas convaincu. Qu’est-ce que les copines de Nicolas SARKOZY ont réellement changées, si dimoins elles se sont mises, au moins une fois, au service des Français ? Il faut du neuf pour avoir la chance, une fois aumoins, d’éviter la révolution.
Mais je ne donne pas à Sarah KNAFO – ni à personne d’ailleurs – un blanc seing. Je vais seulement écouter et voir. Mais entendant un peu partout autour de moi des gens raisonnables qui disent que « tout est foutu » et que « il n’y a plus rien à faire », j’ai envie de dire « donnez-lui une chance » car elle est honnête ! Et surveillez la chance que vous donnez !
21 janvier 2026 : Pierre LELLOUCHE
Il a attiré mon attention dans une interview de lui sur Omerta, la chaîne du journaliste Régis LE SOMMIER.
Je veux seulement dire que Pierre LELLOUCHE, ancien député et ancien ministre, mérite d’être écouté car il connaît beaucoup de choses, expérience qui lui vient de ses nombreux voyages, de ses lectures, de ses rencontres…
Son tour d’horizon du monde actuel, spécialement concernant l’Europe, la Russie, l’Uraine, les Etats-Unis, l’OTAN, le Groenland… vaut tout à fait l’écoute car il permet ensuite de réfléchir par soi-même.
Je veux dire seulement deux petites choses :
- Son analyse du problème « Etats-Unis, Russie, OTAN, Ukraine, Europe » commence à la chute du mur de Berlin et non pas dans les années 2020.
- Ses analyses paraissent dans ses livres, mais depuis quelques années, il déclare que le journal Le Monde ne publie plus ses contributions.
Décidément, les journaux subventionnés ne devraient plus l’être puisqu’ils ne veulent même plus participer à la révélation d’une partie de la vérité. Je me souviens avoir été abonné au Monde il y a longtemps, au temps d’Hubert BEUVE-MERY. J’aimais l’indépendance du journal. Ce temps est révolu.
9 février 2026 : Une maxime au gré d’une lecture
« N’est-ce pas une preuve de courage que d’être capable de contrôler sa souffrance et ses peurs sans en souffler mot à autrui ? » (1)
Il m’arrive quelquefois, en lisant un livre, d’aimer découvrir une maxime qui, alors, n’a plus rien à voir avec l’auteur ou le lieu de son histoire. Elle me semble alors universelle et c’est à chacun d’appprécier la part de vérité qu’elle contient.
1. HAN Suyin - Ma maison a deux portes - Stock 1979 - Page 190
25 février 2026 : Frontières
Comment, de nos jours, peut-on s’informer honnêtement alors que tous les médias de grande diffusion sont détenus (le mot est juste car ils sont prisonniers) par de grands capitalistes ou par l’Etat (avec l’argent du peuple qui pourtant ne l’a jamais donné pour cet usage de propagande) ?
Heureusement, il est encore possible (pour combien de temps ?) de chercher sur YouTube une information offerte, non par des journalistes qui, chaque jour et chaque heure, font semblant de connaître tous les sujets qu’ils abordent, mais par des personnes ayant, au cours de toute leur vie, en France et à l’étranger, découvert, connu et participé à des tas de choses et qu’elles ont l’honnêteté de présenter en invitant un vrai spécialiste…
Je vais prendre aujourd’hui comme exemple une émission d’Alain JUILLET sur Open Box TV dont le titre était : « Frontières africaines : un héritage explosif ». L’invité était le général Bruno CLEMENT-BOLLEE. J’étais très intéressé car, comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, les problèmes des frontières ne sont pas traités, sinon en répétant bêtement que les frontières sont intangibles, sauf lorsque l’occident décide de les changer ! De plus, je ne connais que très peu de choses en Afrique et je voyais le nom du général Bruno CLEMENT-BOLLEE pour la première fois.
Et l’ONU, qui devrait être continuellement préoccupée par les frontières, mais qui ne fait rien – je veux dire rien d’efficace, justifiant ainsi le titre de « machin » que lui avait donné le général de GAULLE.
Enfin, je prendrai pour seul exemple de mon intérêt particulier pour ces problèmes de frontières, le pays que je connais sans doute le mieux, la Thaïlande, entourée par quatre pays tous membres de l’ASEAN : la Birmanie, le Laos, le Cambodge et la Malaisie. Or, chacun le sait, il y a des problèmes, des escarmouches et même parfois des « guerres » avec chacun de ces pays. C’est dire l’urgence d’étudier et de chercher une solution acceptable…
Même en Europe, on a cru pouvoir supprimer les frontières. L’indécence et la cécité (voulue) de nos dirigeants actuels, à Bruxelles comme à Paris, sont extrêmes. Or un pays sans frontières ne peut vivre en paix.
Je reprends maintenant mes notes prises pendant la rencontre entre Alain JUILLET et le général Bruno CLEMENT-BOLLEE.
Le général parle du découpage artificiel du continent africain en zones, en coupant des tribus et en ne reconnaissant pas les royaumes. On a imposé un découpage qui sépare des ethnies ou ont forcé des ethnies culturellement opposées à vivre ensemble. On commence à voir la stupidité de ce découpage de gamin s’amusant avec des ciseaux (Je pense au découpage de la France en provinces faite par Edouard BALLADUR). Le général cite l’Ethiopie qui a besoin d’un débouché sur la mer. « Si on ne nous le donne pas, on le prendra », remarque le Premier Ministre éthiopien… En écoutant, je pense à l’Amérique latine et à la Bolivie qui, à l’évidence, a besoin de trouver un débouché sur le Pacifique.
Or l’ONU n’intervient pas et ne fait rien. Quelquefois, « l’ONU a voulu imposer une solution par le haut ». (En France, on connaît très bien cette « imposition » venue d’eurocrates ou d’énarques.) Mais « ça ne marche pas et ça ne peut pas marcher ». Pourtant, il serait simple de comprendre, avec les paysans du monde entier, que les arbres, les fleurs, les légumes, les fruits… que tout vient du terroir.
Une autre remarque du général Bruno CLEMENT-BOLLEE m’a paru à la fois évidente et juste. « L’effacement de la France est très marquée… L’Afrique n’est plus une priorité… Tous les yeux sont braqués vers l’est… Or la réalité des choses se passe au sud… Ignorer le continent africain est une erreur… L’Italie a fait un autre choix… » Une fois de plus, Giorgia MELONI, Premier Ministre d’Italie, montre combien elle est respectueuse de son peuple et des autres peuples. Si c’est cela être « populiste », alors je veux bien l’être puisque ce devrait être l’unique préoccupation de ceux qui ont reçu la charge d’un peuple.
Le général poursuivit en montrant combien les Africains voulaient choisir eux-mêmes l’application de leur souveraineté. Mais si ce principe existentiel est accepté, alors le monde entier est bienvenu car « on a besoin de s’aider tous ensemble ».
J’ai alors repensé à cette magnifique et inoubliable conférence donnée à l’Alliance française de Rangoun, au début des nnées 2000, par l’ambassadeur de Singapour (1). On voit que cette tendance « souveraineté – coopération – respect » est devenue vraiment présente, porteuse d’espoir pour l’Afrique et les pays du « sud global ».
J’ai retenu encore ces belles phrases du général Bruno CLEMENT-BOLLEE : « Ce n’est pas l’Afrique qui a besoin de nous. C’est l’inverse. Il y a un véritable avenir. Nous, on est à côté ».
Passionnant ! Il n’y a pas que pour l’Afrique que nous sommes maintenant « à côté » ! En Amérique latine et en Asie, c’est pareil ! Au moions, j’ai compris (en partie) pourquoi ce général était si passionnant. Il a commencé sa carrière avec les méharis. En l’écoutant, j’ai repensé à mon ambassadeur à Bangkok, Yvan BASTOUIL, qui m’avait raconté un jour qu’il était sorti de l’Ecole nationale de la France d’Outre-Mer et avait ensuite sillonné le désert à dos de chameau. Ceux qui ont ainsi commencé en vivant sur le terrain ressemblent aux paysans du monde. Ils ont pris le temps de vivre et connaissent le prix et le succès d’une moisson.
1. Cf. "Souvenirs, souvenirs..." - Birmanie 2002-2006 - Rubrique : Asie du Sud-Est et Europe
1er mars 2026 : Elections municipales – Paris
Je suis avec attention les prochaines élections municipales à Paris pour une raison simple : une candidate, Sarah KNAFO, m’intéresse, mais du tout en raison de sa couleur politique.
Je constate que c’est la seule à avoir eu le courage, non pas de tenir des réunions ou d’aller dans les marchés avec des promesses creuses qui ne seront pas tenues, mais de redonner un certain sens au mandat impératif, celui en vigueur lors des doléances au début de la révolution. Elle a eu le courage d’écrire ses propositions dans un livre d’une centaine de pages, avec des projets de bugets et d’économies. Elle s’engage sur quelque chose de concret, qui pourra être vérifié par les électeurs. Elle s’engage à faire des référendums afin que les Parisiens puissent aprouver ou rejeter ses grands projets.
Ce qui m’intéresse, ce n’est pas son appartenance politique, mais c’est de voir ce qu’un candidat propose pour l’administration d’une commune, avec des projets précis de financement et d’économies. Tout cela devrait, d’ailleurs, être vérifié par un organisme comme la Cour des comptes pour s’assurer de leur faisabilité.
Je n’habite pas Paris, mais j’ai déjà reçu des tracts électoraux pour ma commune. Je les lis et je découvre, dans une des listes candidates, ces affirmations :
« Construire mieux, construire utile » – « Se rencontrer, créer des liens, s’entraider » – « Se déplacer en sécurité et librement à tout âge » – « Fauire vivre une démocratie locale ouverte et respectueuse » – « Pouvoir se soigner et favoriser la bonne santé » – « Préparer l’avenir, se protéger ».
Qui ne souscrirait à un tel programme ? Personnellement, je voudrais en voir le financement concret et les économies réelles faites pour le réaliser. Dans cette attente, je vois un rêve, une offre de lune, le rêve et le lune n’étant actuellement fondés sur rien et donc ce n’est pas acceptable. Pas de chèque en blanc.
Il faut offrir, d’une façon ou d’une autre, un mandat impératif. Sinon, c’est du MACRON : je promets n’importe quoi, tout et son contraire en même temps, et, une fois en place, je mets le peuple à la poubelle car je fais ce que j’ai envie de faire, sans lui bien sûr !
Pour les prochaines élections présidentielles, je choisirai en fonction de ce mandat impératif que je souhaite le plus respectueux possible des électeurs. Le peuple est souverain, pas l’élu !
24 mars 2026 : « Mars et ça repart »
J’ai déjà, plusieurs fois, eu l’occasion de parler des « humeurs » de Dominique LABARRIERE. J’aime les gens qui utilisent l’humour et font sourire leurs lecteurs tout en égrenant des idées très sérieuses que tous nos dirigeants devraient méditer avant d’en tirer les conclusions qui s’imposent pour le bien du peuple et du pays (ce qui n’est pas fait actuellement, cela va sans dire).
Je suis donc très heureux de recopier ici quelques lignes criantes de vérité :
« Au train où vont les choses, après avoir dû nous passer de bovidés à la grénd-messe agricole de l’année, il se pourrait bien que nous finissions par devoir affronter des éditions du salon de l’agriculture sans … agriculteurs … Il se dit en effet que la paysannerie française serait gravement menacée, notamment sous les coups de butoir d’accords économiques bizarroïdes qui lui seraient fort défavorables et pour l’application desquels la cheffe étoilée – j’évoque ici le drapeau de l’Europe, bien sûr, nullement une quelconque experte es pâtés en croûte et autres délices – a cru pouvoir se passer, elle, du résultat de la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne par le parlement pour en décider.
« Donc, après le salon sans vaches, nous voici avec la démocratie sans démocratie. Ca promet. Remarquez bien, on nous avait déjà fait le coup, travestissant un « non » à un référendum en un « oui » d’une légitimité douteuse… » (1)
Cher Monsieur Dominique LABARRIERE, vous avez tout mon respect. J’espère que vos lecteurs, venant en grande partie d’une ville considérée comme « bourgeoise » (mais peut-être n’est-ce pas le cas ?) vont finir par se réveiller et commencer à réfléchir. J’espère aussi que vous vous êtes assuré que votre « billet » est bien parvenu à la municipalité pour que celui qui était (avant les élections dont je n’ai pas regardé le résultat) le premier magistrat de la ville, mais qui a participé aussi – d’une façon ou d’une autre – au tour de prestidigitation qui a transformé un « non » en « oui ».
Je regrette que ce personnage n’ait pas préféré, à l’époque, démissionner des fonctions qu’il occupait, car le non-respect du peuple est toujours un assassinat de la démocratie.
Merci, Monsieur Dominique LABARRIERE, et continuez, s’il vous plaît, à nous faire sourire… et pleurer…
1. La Baule + - Mars 2026 - Page 8 - "Mars et ça repart"
14 avril 2026 : Docteur Noël GAUDEFROY et Antoine EMAZ
Ayant appris par Anne-Sophie, veuve de mon frère le poète Antoine EMAZ, qu’un livre était en préparation sur l’oeuvre d’Antoine et que des contributions étaient recherchées, j’ai prévenu le docteur Noël GAUDEFROY, ami de notre famille depuis très longtemps.
J’apprécie beaucoup tout ce que Noël écrit sur les réflexions qui lui sont venues et qu’il a portées tout au long de sa vie de médecin. Noël est grand !
Il avait apprécié le dernier livres d epoèmes d’Antoine EMAZ, « ERRE », et il a, bien volontiers préparé une contribution pour le projet en cours.
J’ai aimé ce qu’il a écrit et je lui ai demandé s’il m’autorisait à recopier toutes ces lignes dans mon « Augré des jours – 2026 »; autant pour remercier Noël que pour faire connaître le mieux possible l’oeuvre d’Antoine.
Voici donc la très belle page écrite par Noël :
« Comment partager la splendeur intime de « ERRE » ? Le livret chante le silence, respire le calme, magnifie le seul contre l’autour. Antoine Emaz a une délicatesse d’écriture et de pensées profondément attachante. L’écoute de son monde intérieur donne à l’éphémère une saveur immortelle.
« Je ne connais pas son histoire, en dehors du fait de sa disparition précoce. Je crois pourtant l’avoir toujours connu.
« Il parle avec une tendresse infinie d’un présent vécu en éternité, cachant pudiquement les heures douloureuses. Sa pensée, constante, en éveil, palpite entre les mots, travaillés, menuisés, épurés. Le sable compose avec le temps. Ciel bleu, soleil, été sont enchantements. Plage, feu d’artifice, rires, odeurs de frites et mots croisés font oublier algues vertes et sacs plastiques. Le bleu n’est pas le tout mais il a sa place sans honte.
Plus de vieux à pipe ni de vieille à tricot, mais odeur de poisson, gas-oil, casquette bleu passé, les choses virent mais nuits vents fleurs soleil ne changent rien. Le seuil, dehors, signe la fin du jour. Le soir rappelle les souvenirs. On chaparde le rien plein. On se calle doux à l’intérieur, tout s’égalise… On allume la lampe, on retient la vie douce… de quoi faire un petit feu de mots. Le soir est aussi angoissant et on cherche ne paix au moins avec les mots pour habiller le vide. La nuit apaise pour un matin neuf où tout sera à refaire mais demain c’est loin.
« Les métaphores sont multiples et somptueuses, la plénitude de l’âge, les miettes de la vie, la charpente qui craque, le faire face dedans, encore vouloir, continuer de croire, se souvenir sans rajeunir, faire bonne figure fausse, et consentir. Trouver comment s’en aller prendre l’air de rien, régler soi entre soi seul. C’est la peau même… et on n’a pas la fibre héroïque, on fait au mieux. Toux qui secoue et cicatrices fixent la trajectoire acceptée: le début de la nuit, après c’est long… pas même les mots, ne reste que le vent.
« C’est une douce errance en musique, une harmonie qui bourdonne, les souvenirs incarnés… un corps tiède un sourire un soir bleu… Il a les mots justes du bonheur, du si peu et du rien. La tendresse cherche son lieu… Il faut bien des moments où vivre a le goût du sourire.
« Sans majuscules, sans ponctuation ni artifice, sans rythme ni césure, les seuls mots sont sa pensée, au jour le jour, sans repos, vivante, accomplie. Les mots sont la vie.
« On existe d’écrire. Après… le silence n’a plus besoin de mots.
« On traverse seulement le cours des choses… entre ce qu’on a fait et ce qu’on ne fera pas il y a la place pour vivre.
« Nous sommes tous en face de seul… mais c’est un géant.
Les aquarelles de Djamel Meskache, comme une calligraphie chinoise, illuminent le recueil. Tarabuste nous donne à admirer l’home et le poète, authentique, exceptionnel. »
Merci à Noël et merci à Antoine !
Antoine EMAZ - ERRE - Tarabuste éditeur - 2022
19 avril 12026 : « L’ampleur des dégâts » – Emmanuel MACRON « en marche » !
J’ai écouté hier soir Mathieu BOCK-COTE et Arthur de WATRIGANT qui recevaient (1) Marc EYNAUD à l’occasion de la sortie de son livre « L’ampleur des dégâts – 2017-2026 – Le vrai bilan d’une présidence » (2).
En écoutant les constatations et les reproches, assénés comme avec une mitraillette, je revoyais défiler les dix dernières années d’espoirs volés, de truines accumulées, dé démantèlements programmés… Je revoyais les photos de MACRON, quand il se prenait pour Jupiter, apostrophant un jeune et lui racontant que pour trouver un travail, il lui suffisait de traverser la rue. Chacun, je pense, se rappelle cette séquence pleine de morgue et de mépris.
Et je repensais à une des nombreuses soirées passées, sans doute en mai 1968, dans la famille d’un de mes amis, Didier CHAMBONNIERE. Ses parents étaient très accueillants et aimaient discuter avec des jeunes, la plupart étudiants.
Je me souviens d’un soir où nous parlions du chômage où nous parlions du chômage qui existait en France, mais certainement pas au niveau atteint dans la « start-up nation » actuelle ! Le père d emon ami, Jean CHAMBONNIERE, m’avait déjà montré à de nombreuses reprises combien il était toujours prêt à aider concrètement tous ceux auxquels il pouvait donner un coup de main.
Et ce soir-là, il me dit, pour conclure la discussion sur le chômage : « Pierre, si tu connais quelqu’un qui cherche un emploi, présente-le-moi. J’irai avec lui et je lui en trouverai un. »
C’est toute la différence entre le respect vis-à-vis d’un « pauvre » et la morgue d’un « riche » d’aujourd’hui qui ne connaît pas « l’école de la rue ».
Les résultats concrets : Jean CHAMBONNIERE en obtenait… Emmanuel MACRON, quant à lui, poursuit son voyage vers le néant. Quand la justice commencera-t-elle enfin à faire son travail ?
1. Emission "Face à Bock-Côté - CNEWS le samedi à 19 h
2. Editions : L'artilleur
20 avril 2026 : Insécurité en France
Il est inutile de répéter que l’insécurité ne cesse de se développer et que l’Etat – y compris la Présidence de la République, Matignon et les ministères de l’intérieur et de la défense – n’arrive qu’à créer davantage de néant et de destruction.
Ayant longtemps habité Neuilly-sur-Seine à une époque – début des années 50 – où peu de gens acvceptaient de quitter Paris et de « s’exiler » dans cette banlieue qui n’avait encore ni la renommée ni la réputation qu’elle a maintenant.
J’ai aussi longtemps habité Levallois qui a fait, pendant un long bail, partie de la « banlieue rouge » et qui est devenue, en restant la voisine de Neuilly, son prolongement.
Il m’est souvent arrivé de penser que les « pourris » qui dirigent le pays (« pourris » car ils ne font pas leur travail) commenceront peut-être, un jour, à comprendre l’ampleur des problèmes à résoudre lorsque le problème ne sera plus seulement dans quelques banlieues perdues et reculées, mais à leurs portes et dans leurs quartiers.
A l’Elysée, on a acheté des « murs » pour protéger l’accès au Palais et bloquer les rues si nécessaire. Ces derniers jours, c’est à Neuilly, sur le magnifique boulevard Victor Hugo qu’une fusillade a fait un mort, en plein jour.
*
Qu’en est-il de l’insécurité dans ma vie en France ? Du côté de ma mère, la famille est angevine et vendéenne (« limite est de la guerre de Vendée », comme disait mon grand-père) et nous avons des martyrs des colonnes infernales parmi nos ancêtres. (1)
Ma tante – on l’appelait « la tante » car c’était la seule personne très proche dans notre famille – était devenue assistante sociale et travaillait avec la « mère Veil » comme elle l’appelait. Cette tante habitait Angers et avait acheté un petit appartement près du château et de l’église Saint Laud. Elle pouvait, ayant atteint l’âge de la retraite, aller de chez elle à l’église pour participer, sans même avoir une rue à traverser, à ses réunions de la conférence Saint Vincent de Paul, à laquelle elle était fière d »appartenir.
Un jour, dans les années 70 ou 80, elle a quitté son domicile en toute confiance, comme tous les Angevins pouvaient le faire à cette époque, et a marché sur le trottoir en direction de l’église. Une moto a alors décidé de s’occuper d’elle et surtout de son sac à main. Ce ne fut pas difficile de la bousculer, de la renverser et continuer sa route en emportant le sac.
Je crois que ma tante n’a jamais accepté ce changement de civilisation dont elle a été victime ce jour-là. Dans la si belle province d’Anjou, il n’était plus possible de vivre comme elle avait toujours souhaité le faire !
*
Le deuxième exemple que je veux donner est arrivé avec mon fils Pascal. Rentré à Paris après des années à travers le monde, j’ai pensé que le meilleur choix pour l’école de mon fils était de l’inscrire à Franklin. J’avais connu des jésuites en Asie et en Amérique latine, toujours des personnalités passionnantes.
Dans l’école étaient organisées des activités pour que les jeunes (de seconde, première ou terminale) puissent rencontrer d’autres jeunes moins favorisés. J’étais tout à fait favorable à ce genre d’exercice car je l’avais moi-même connu à Sainte-Croix- de-Neuilly où grâce à l’abbé Jean-Yves BARRAL, j’ai découvert, entre autres choses, en première et terminale , le partage d’un peu de temps avec des sans-abris qui dormaient dehors l’hiver sur des bouches de chaleur et auxquels nous apportions soupe chaude, brin de causette et cigarette…
Mon fils a choisi de participer à des parties de football car il adorait le sport et serait donc facilement à son aise. C’est lors de son inscription que j’ai découvert le problème. On ne pouvait imaginer que ces jeunes puissent se rendre tranquillement dans le « 93 » pour un match amical avec des jeunes.Ils devaient être accompagnés en voiture par des parents faisant office de chauffeurs…
*
Mon dernier exemple vient de mon séjour à l’Elysée, donc dans la dernière partie des années 90. Nos secrétaires, très souvent compétentes et dévouées, étaient prêtes à aider chaque fois que le travail (c’est-à-dire le service de l’Etat) le nécessitait. Mais certaines habitaient en Seine-Saint-Denis où les problèmes de sécurité étaient déjà fréquents. Il fut donc décidé que les secrétaires qui habitaient dans le 93 seraient, au-delà d’une certaine heure, raccompagnées chez elles par une voiture et un chauffeur de la Présidence.
*
Les problèmes qui existaient déjà dans les années 90 ont-ils été résolus ? Evidemment non ! Les responsables de la protection des citoyens ont continué à recevoir leurs salaires et indemnités… Mais depuis l’agression subie par ma tante à côté de l’église Saint Laud, je sais que nos dirigeants ne font que parler… Faudra-t-il mettre un mur, comme à l’Elysée, pour protéger le boulevard Victor Hugo à Neuilly ?
Le sous-développement est à l’oeuvre, dans ce domaine comme dans les autres !
1. Ceux qui seraient intéressés peuvent consulter les recherches que j'ai effectuées et qui se trouvent sur "geneanet.org" - Familles Petit et Mouchard
11 mai 2006 : La Chine et l’Iran
Je constate les tristes événements actuels qui se passent au Moyen-Orient, spécialement entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël… Un souvenir me revient.
J’avais projeté, dans les années soixante, de m’arrêter en Iran, à l’occaion d’un voyage entre Bangkok et Paris, pour découvrir un peu cette immense civilisation. Un souhait qui ne s’est jamais réalisé, comme beaucoup d’autres, faute de temps.
Les Etats-Unis ! Le Président Donald TRUMP comprend de moins en moins qu’un diktat venant d’un dictateur américain sert de moins en moins la paix et même la détruit.
Quant à Benyamin NETANYAHOU, il est de plus en plus évident que la paix ne l’intéresse pas – sauf celle qu’il imposerait et qui, donc, ne serait pas la paix – car c’est la guerre qui le maintient au pouvoir et l’éloigne, semble-t-il, des tribunaux.
J’ai repensé à l’attaché culturel , Jean PEYRONDET, que nous avions à Lima. A chacun de mes passages à l’ambassade, je lui rendais visite pour lui faire part des progrès et des problèmes de l’Alliance française de Cusco que je dirigeais.
J’ai eu ainsi, plusieurs fois, l’occasion de l’interroger sur son parcours. Il me raconta que son premier poste avait été, à l’étranger, à notre ambassade à Téhéran. Il était tombé amoureux de l’Iran, de son histoire comme de sa civilisation. Il avait appris le persan (entre prenthèses, tous nos attachés et conseillers culturels devraient apprendre la langue de leur payys d’affectation) et s’était même converti à l’islam (à la religion et non à l’idéologie).
On peut dire que Jean PAYRONDET était un peu chez lui en Iran à l’époque du Shah. Un jour, il avait été étonné d’apprendre que la Chine avait décidé d’ouvrir une ambassade à Téhéran. Etonné, je l’avais été également en apprenant cette nouvelle, dans le nord de la Thaïlande.
Jean PEYRONDET rencontra l’attaché de la nouvelle ambassade chinoise. Il fut étonné de voir qu’il parlait le persan mieux que lui. En fait, le Chinois avait appris à Pékin avec une méthode infaillible – quant aux résultats -, mais cruelle.
Pour former les interprètes dont elle avait besoin, le gouvernement chinois sélectionnait deux ou trois étudiants prometteurs pour chaque poste à pourvoir. Ils avaient alors deux ou trois années pour apprendre la langue étrangère, sept jours sur sept. Au bout de ces études, le meilleur recevait le poste, les autres avaient une voie moins prestigieuse pour parfaire leurs connaisssances. Il pouvait être nommé interprète dans l’ambassade consernée à Pékin ou bien ils devenaient traducteurs car la Chine en avait besoin pour traduire les oeuvres chinoises (et la propagande) dans un grand nombre de langues du monde.
Ainsi le meilleur étudiant de langue persane avait-il atterri à Téhéran pour l’ouverture de la nouvelle ambassade chinoise ! Je me souviens de ces Chinois, mais aussi de ces Birmans et de ces Thaïlandais, pour lesquels partir à l’étranger étaient une extraordianire réussite qui allaient leur permettre – du moins l’espéraient-il – de découvrir un peu le monde, de quitter l’oppression qu’ils pouvaient ressentir chez eux… Je les comprenais d’autant plus facilement que j’avais pu moi-même partir pour apprendre à connaître d’autres pays, d’autres histoires, d’autres civilisations, d’autres personnes. J’avais tellement aimé tout cela que j’étais finalement resté 25 ans sans revenir en France autrement que pour des vacances bien souvent écourtées car « mon » pays étranger était devenu ma résidence principale.
Et pourquoi donc la Chine, dans les années 70 s’intéressait-elle à l’ouverture d’une ambassade auprès du Shah d’Iran ? Deux régimes politiques très différents, mais la Chine avait déjà cette ligne diplomatique simple et efficace – on le voit tous les jours – qui consiste à établir de bonnes relations avec tous dans le respect de chacun. Il y avait aussi à l’évidence le pétrole car la Chine en manque cruellement pour son immense développement et a besoin de s’approvisionner un peu partout dans le monde.
Juste un coup d’oeil, maintenant en 2026 ! La petite ambassade de Chine ouverte il y a environ un demi-siècle au pays de l’empereur d’Iran est toujours présente, mais en ces jours de mai 2026, on apprend peu à peu qu’elle n’est pas étrangère aux négociations nécessaires, mais difficiles qu’il faut faire aboutir pour que cesse une guerre inutile (une de plus!).
Je ne cache pas mon admiration pour les choix faits depuis des années par la Chine pour sa diplomatie et sa coopération. Choix beaucoup plus réalistes et bien meilleurs pour la paix du monde – même si de toute évidence beaucoup reste à faire – que les rodomontades de l’Occident menées par les Etats-Unis et accompagnées de sanctions qui ne peuvent, certainement, ne conduire ni à la paix, ni au respect…
La Chine travaille dans le temps long de l’histoire, et non dans l’urgence des apparitions télévisées quotidiennes !
13 mai 2026 : Louis GABAUDE – « Vu de Sansai »
J’ai déjà parlé de Louis GABAUDE, membre de l’Ecole française d’Extrême-Orient, un ami que j’ai connu à Chiang Mai à son arrivée en 1974. Son travail sur le bouddhisme thaïlandais m’a beaucoup intéressé et quand il a été à la retraite, il a publié un mensuel « Vu de Sansai », sa ville de résidence tout près de Chiang Mai.
C’est d’ailleurs dans cette ville que résidait « mon grand-père », le Prince Vongsamahip JAYANGKURA, dont j’ai également parlé dans mes souvenirs de Thaïlande.
Louis GABAUDE, que je remercie encore, a publié dans « Vu de Sansai » quelques-uns de mes souvenirs de Thaïlande (1). Louis GABAUDE a maintenant souhaité publier quelques-uns des articles écrits dans « Protocole – Quai d’Orsay, Elysée – 1993-1999 », ce qu’il vient de faire dans « Vu de Sansai » N° 47 du 30 avril 2026.
Dans son introduction, il rappelle que je l’ai « accueilli et dépanné financièrement en 1974 à Chiang Mai ». Il a vraiment bonne mémoire car je n’en ai pas gardé souvenir et j’étais alors oublié comme lui par l’administration française. Il m’a donc paru évidemment nécessaire de palier les défauts de notre pays. Je précise aussi qu’à l’époque les Français de Chiang Mai étaient en tout petit nombre et que la solidarité ressemblait à celle que l’on trouvait – et sans doute que l’on trouve encore – dans les villages de France, loin des palais du pouvoir. Une solidarité réelle et non pas de discours !
Plus tard, Louis GABAUDE est devenu chercheur à l’Ecole française d’Extrême-Orient, spécialiste du bouddhisme et de l’Asie du Sud-Est. Lorsque j’ai eu la chance de découvrir quelques-unes de ces études, j’ai été vraiment heureux de voir que le chemin qu’il avait choisi produisait de magnifiques résultats.
Récemment Louis GABAUDE m’a indiqué qu’il avait reçu le 4 mars 2026 à Bangkok le Prix d’honneur du rayonnement scientifique décerné par le Grand Prix du Rayonnement français. La cérémonie était présidée par S.A.R. la Princesse Maha Chakri Sirindhorn et par Jean-Claude POIMBOEUF, ambassadeur de France en Thaïlande, un ami diplomate dont je suis heureux de saluer la belle carrière.
En félicitant Louis GABAUDE, je lui ai raconté que, lorsque j’en étais directeur, l’Alliance française de Cusco avait reçu la promesse de Marc BLANCPAIN à l’époque Secrétaire générale de l’Alliance française de Paris, de recevoir le Grand Prix du Rayonnement français (2). J’ai essayé de savoir si ce « Rayonnement français » était le même (à Cusco et à Bangkok). L’Association rayonnement français, qui a rendu hommage à Louis GABAUDE a été créée seulement en 2009. J’aimerais donc connaître l’histoire complète de ce prix, car j’ai quitté Cusco avant de voir le Président de « mon » Alliance, le docteur Gonzalo GAMARRA, recevoir le prix promis.
Peu importe. Je suis content de voir que deux personnes qui se sont rencontrés à Chiang Mai dans les années 70, oubliés financièrement par leur propre pays, se retrouvent, proches de la fin de leur vie, rassemblés par le « rayonnement français ».
Longue vie à toi, Louis, et bravo pour ton parcours, choisi par toi (comme j’ai moi-même essayé de tracer le mien). (3)
1. Cf. "Souvenirs, souvenirs..." - Thaïlande. J'ai mentionné, à la fin des rubriques concernées celles publiées dans "Vu de Sansai". 2. cf. "Souvenirs, souvenirs... - Pérou 1975-1978" - Rubrique "Visites d'Hélène BESSON et de Marc BLANCPAIN" 3. Evidemment, chacun pourra trouver sur internet une foule de renseignement concernant Louis GABAUDE.
16 mai 2026 : Présidence du conseil syndical
J’ai trouvé récemment dans ma boîte aux lettres un exemplaire du Journal du dimanche, déposé par Pierre-Yves PERIGOIS, ancien président du conseil syndical de la propirété où je demeure, ce poste étant maintenant tenu par son épouse. Ils offrent tous les deux un service admirable et indispensable à environ 140 copropriétaires, afin d’entretenir avec compétence autant les bâtiments que le parc.
A propos de ce bénévolat, je pense qu’il devrait être raisonnablement accompagné par une rétrbution ou une gratification lorsque le service est rendu avec compétence et honnêteté. Il s’agit d’une responsabilité lourde, souvent insuffisamment reconnue.
Un grand merci donc à Pierre-Yves PERIGOIS et à son épouse.
17 mai 2026 : « Au chevet de la France »
Le journaliste Geoffroy LEJEUNE a donné un beau titre aux cinq pages du Journal du dimanche consacrées à « Boualem SANSAL et Philippe de VILLIERS » : « Au chevet de la France », ce qui peut être compris de plusieurs manières. En tout cas, chacun à sa façon, Philippe de VILLIERS et Boualem SANSAL sont bien « au chevet de la France » qui meurt ou se guérit.
Je ne connaissais pas l’écrivain Boualem SANSAL et c’est grâce à Philippe de VILLIERS que je me suis intéressé à cet homme d’origine algérienne, devenu français, puis jeté en prison à son arrivée à l’aéroport d’Alger en 2024. Il n’en est sorti que le 12 novembre 2025. Geoffroy LEJEUNE indique que Boualem SANSAL « a peu goûté la stratégie d’Emmanuel MACRON et de son ministre des Affaires Etrangères de faire profil bas vis-à-vis de l’Algérie : « C’était le pas-de-vagues ». (1)
Ecoutons Boualem SANSAL : « Moi, ça ne me gênait pas de rester en prison quatre ou cinq ans. Moi, je me bats, je veux me battre. Je rêve de faire tomber ce régime. Je ne voulais surtout pas être l’otage qui quémande, « s’il vous plaît, gracieusement », sa libération. J’ai d’ailleurs écrit à Tebboune : « Je vous informe que je refuse d’office toute grâce »… Quand je suis rentré, j’ai dit à Antoine Gallimard qu’il avait fait de moi un otage libéré. Ce n’est pas ce que je voulais. Moi, je suis un combattant. »
En lisant, je pense à Albert CAMUS, l’Algérien, participant à la Résistance…
On a retiré à Boulem SANSAL son passeport et sa nationalité algérienne…
Philippe de VILLIERS, à la fin de cet article de Geoffroy LEJEUNE, « laisse poindre son émotion et son admiration : « Il n’y a plus de Français qui parlent comme toi »… Boualem SANSAL lui répond qu’avec l’assassinat de Samuel PATRY, « c’est comme si on avait égorgé tous les Français ».
1. Geoffroy LEJEUNE - Le Journal du dimanche - Dimanche 12 avril 2026 - Page 2
18 mai 2026 : « Au chevet de la France » (II)
Regardons davantage les questions et les réponses (1).
Première question : Quel est l’état de la France ?
Philippe de VILLIERS :
« Notre pays est au bord de l’abîme… Ce qui caractérise aujourd’hui la terre de France, c’est un mal-être qui traverse toute la société, celle des héritiers, celle des arrivants. Il y a deux peuples côte à côte, livrés tous deux à la souffrance intime : un peuple neuf qui sait d’où il vient mais qui ne sait rien de l’endroit où il arrive, tenté de prendre en haine les nouveaux pénates, le chez-soi chez les autres. Et un peuple exténué qui, cédant à la répudiation de l’héritage, se met à détester sa propre maison… Les héritiers n’aiment plus leur passé. Les arrivants n’aiment pas leur présent. »
Boualem SANSAL :
« Il existe aujourd’hui en France une fatigue, un trouble, une perte de confiance, une colère sourde qui tourne en rond. Une honte aussi, et par-dessus tout un sentiment de culpabilité étouffant. Les Français ne se reconnaissent plus et, pis, ne reconnaissent plus leur pays… Je parlerais plus de doute de soi que e haine de soi. La haine est dangereuse, mais le doute l’est infiniment plus : c’est un poison qui a détruit maintes et maintes nations. Quand on hait, on s’aime, on se donne raison contre l’autre; mais quand on doute de soi, on ne s’aime pas, on s’accuse de tous les maux, de tous les échecs…
« Ce qui frappe et décourage, c’est la transmission… Les héritiers ne savent plus toujours expliquer ce qu’ils ont reçu, ni comment l’utiliser dans une société qui se fragmente sous leurs yeux… Les arrivants, à qui l’on demande de s’adapter, se posent la question : s’intégrer à quoi ? Lorsque la continuité devient floue, l’attachement devient problématique… On ne devient pas plus humain en devenant moins français. On ne peut être universel qu’à partir d’un socle tenu, assumé. La France ne doit ni se rétracter ni s’effacer; elle doit se rappeler ce qu’elle est et savoir où elle veut aller…
« On déteste sa belle maison quand elle a été souillée par d’autres, des squatteurs, des cambrioleurs. C’est une façon de s’en vouloir à soi-même d’avoir été laxiste, imprévoyant, lâche, d’avoir laissé cette invasion et cette dégradation se produire. En vérité, les Français ne haïssent pas la France… Ils détestent ce qui, en eux, à l’intérieur d’eux, a permis que leur belle et merveilleuse France… ait été violée, souillée, méprisée, insultée… »
Mes notes :
J’insiste sur les mots de Philippe de VILLIERS : « au bord de l’abîme », « mal-être »… C’est le peuple dont il s’agit et certainement pas les soi-disant élites auto-décrétées et accaparatrices…
J’insiste tout autant sur les mots de Boualem SANSAL : « fatigue, trouble, perte de confiance, colère, honte, culpabilité »… « doute de soi »… « on ne peut être universel qu’à partir d’un socle tenu, assumé »… « la France violée, souillée, méprisée, insultée »…
Je pense au général de GAULLE, le 25 août 1944, à l’hôtel de ville de Paris, lors de la Libération : « Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple… »
Les envahisseurs sont toujours des étrangers qui s’arrogent par la force le droit d’asile auquel, donc, ils ne peuvent prétendre. Les mots de Boualmen sont forts, mais tellement vrais, et la libeté de la France tellement éloignée !
1. Le journal du dimanche - Dimanche 12 avril 2026 - Boualem SANSAL et Philippe de VILLIERS - Au chevet de la France - Page 3
21 mai 2026 : « Au chevet de la France » (III)
Deuxième question : la France aujourd’hui affaiblie ? (1)
Boualem SANSAL :
« En revenant de captivité, j’ai voulu reprendre ma relation d’amour avec la France. J’étais si fier de ce qu’elle a fait pour moi… La légion d’honneur, l’Académie française. Mais, au fond de moi, j’étais triste. J’ai trouvé une France plus affaiblie que jamais, plus désorientée que jamais. Il y règne une atmosphère de fin de règne, de fin de civilisation…
« La France était vraiment sur une mauvaise pente; elle n’avait plus d’énergie. La pauvre a perdu toutes les batailles. Des Trente Glorieuses, il ne reste rien : quelques vieilles usines qui ne trouvent pas de repreneurs. Elle était une lumière dans le monde; elle n’éclaire plus rien. Elle vit elle-même dans l’ombre et la tristesse, dans la détresse et la confusion… On se demande si la France attend de disparaître de ce monde trop dur pour elle, ou si elle attend un miracle pour la remettre en selle. L’école semble moins sûre de sa mission. Elle a trop souffert des réformes en série – sauf la bonne – et des attaques au couteau. On dirait qu’elle revient tous les jours de la guerre. Elle joue la carte de l’oecuménisme, qui parfois dégénère en guerre de religion…
« Les élites, conscientes du marasme, redoutent de nommer les fractures de peur d’être accusées de les avoir provoquées… Une nation vit de continuité dans la dignité. Le fil n’est pas rompu, mais il s’éffiloche et il n’est pas loin de casser. Cher Philippe, il nous faudra encore et encore alerter, quitte à passer pour des fous… »
Mes notes :
En lisant ces réflexions si intéressantes de Boualem SANSAL, martyrisé pour cette France qu’il aime tant, j’ai repensé au Père Victor BATAILLES à Chiang Mai. Il m’avait raconté que finalement, à un certain âge, il avait choisi de rentrer en France après avoir passé sa vie d’adulte en Thaïlande car il ne voulait pas, dans sa vieillesse, être à la charge des pauvres qu’il avait servi toute sa vie.
J’ai (un peu) suivi son exemple. Mais maintenant c’est la France qui est devenue un pays sous-développé : « Une France plus affaiblie que jamais, plus désorientée que jamais. Il y règne une atmosphère de fin de règne, de fin de civilisation »… Peut-on dire plus clairement ce qui arrive ?
« Les élites… redoutent de nommer les fractures de peur d’être accusées de les avoir provoquées ». Je suis effectivement sidéré de voir ces « soi-disant » élites qui ne sont pas seulement politiques, mais aussi intellectuelles, journalistiques, économiques, et même religieuses… qui prêchent pour leur paroisse, mais bien peu pour la France.
« Elle était une lumière dans le monde; elle n’éclaire plus rien ». En quelques mots, Boualem SANSAL résume l’extraordinaire tristesse – pour ne pas dire plus – de si nombreux diplomates, dont je fais partie à ma très humble place, qui ont donné leur vie pour le service et le rayonnement de la France dans le monde. Ils constatent aujourd’hui que les derniers présidents ont réduit quasiment à néant la diplomatie française et son travail acharné pour un monde plus juste et plus pacifié… SARKOZY a vendu l’indépendance de la France aux Américains (commandement intégré de l’OTAN) et à l’Europe (traité de Lisbonne). HOLLANDE s’est occupé uniquement de la météo pluvieuse. MACRON ne connaît que lui-même, ne s’intéresse qu’à lui-même et parcourt le monde chausser de lunettes de soleil pour mieux afficher son néant.
Je le répète. Le résumé de quatre quinquennats est résumé par Boualem SANSAL en une phrase : « La France était la lumière du monde; elle n’éclaire plus rien. »
« Cher Philippe, il nous faudra encore et encore alerter, quitte à passer pour des fous ». Je repense, une fois encore, à cellui qui fut mon ami, Hervé RENAUDIN, ancien évêque de Nanterre, décédé trop tôt. Il m’avait prêté un de ses manuscrits dans lequel le héros était « gardien de phare »… Alerter, oui, mais il faut aussi que des réformes soient proposées et mises en oeuvre sans tarder.
1. Le journal du dimanche - Dimanche 12 avril 2026 - Boualem SANSAL et Philippe de VILLIERS - Au chevet de la France - Page 3
23 mai 2026 : « Au chevet de la France » (IV)
Troisième question : Effacement de la France, engourdissement des consciences. Croyez-vous à un sursaut ? (1)
Philippe de VILLIERS :
« Le glissement de la société française est ahurissant… Nous avons des élites consentantes, ioncapables… de dire que c’est une guerre de conquête…
« Que reste-t-il de nos élites ? Toute une branchitude avachie… qui rêve de se donner à une civilisation extérieure virile. Sourdement, les âmes veules cherchent un nouveau maître. Au XXème siècle, ce fut Berlin, Moscou puis Washington. Dorénavant, le nouvel absolu, le nouvel exotisme, c’est l’islam. Faillite spirituelle… Le pays s’enfonce, la peur grandit, nous ne sommes plus chez nous. »
Boualem SANSAL :
« Je sais comment l’islamisme progresse. Je l’ai vu en Algérie. Je le vois en France, en Europe. La ligne rouge est dépassée depuis longtemps : elle s’est effacée. Toujours la même technique, qui marche formidablement : l’islamisme ne surgit pas d’un coup. Il avance par étapes, par petits sauts furtifs, et parfois avec démonstration de force. Il crée des mini-ruptures – par exemple le voile – puis il oeuvre à les élargir, à en faire un élément d’ancrage identitaire sur lequel ses milutants vont s’arc-bouter et harceler la société. Puis il attaque la langue, en déligitimant le récit national, en répétant des mantras : le français est la langue des kouffars, des colonialistes, et en lui substituant la leur : l’arabe est la langue sacrée du Coran, des ancêtres (les salafs). Puis il s’attaque aux normes, le code génétique de la société, et porte le combat à l’intérieur des institutions les plus sensibles : l’école, l’université, la justice. Bientôt l’Assemblée et l’Armée… Il faut faire front au jour le jour et défendre son pays et sa vie, pied à pied, avec l’idée que c’est nous qui porterons le dernier coup. La réponse ne peut pas être seulement morale. Elle doit être politique et symbolique. La primauté des lois françaises doit être claire, et à aucun moment discutable ou négociable. Les financements étrangers doivent être contrôlés. Les structures qui travaillent à l’anéantissement doivent être dissoutes, et ceux qui combattent la France de l’intérieur déclarés ennemis et boutés du pays. Une civilisation qui ne se défend pas décline, et finit par se soumettre. Le sursaut est possible, mais il suppose lucidité et décision. »
Mes notes :
J’ai plusieurs fois déjà indiqué combien je regrette que les représentants de toutes les grandes religions s’expriment si rarement et soient si peu entendus; Ils devraient avoir un rôle prépondérant dans la dénonciation de toutes les outrances, de tous les extrêmismes, de toutes les déviations qui dénaturent les religions. Est-ce parce qu’ils choisissent de se taire ou parce que leurs messages ne sont pas assez clairs ?
C’est pourquoi je remercie Boualem SANSAL. C’est un grand intellectuel, d’origine algérienne qui parle on ne peut plus clairement et sans ambages… C’est une guerre qui doit être menée contre une « guerre de conquete » menée par l’islamisme (et non l’islam). Les mots employés sont guerriers et la stratégie déployée est limpidement présentée par Boualem SANSALqui a déjà tout vu en Algérie et qui connaît donc « la musique » porteuse de mort.
Puisqu’il s’agit d’une « guerre », je m’interroge souvent. Comment se fait-il que l’armée soit absente de ce combat ? N’est-elle utile que pour les parades et les manifestations extérieures ? Est-elle inutile quand il s’agit d’extrêmisme (quel qu’il soit) ou de lutte contre la drogue ?
L’armée : muette et inutile dans la lute contre les maux qui détruisent la France ?
1. Le journal du dimanche - Dimanche 12 avril 2026 - Boualem SANSAL et Philippe de VILLIERS - Au chevet de la France - Page 3
24 mai 2026 : « Au chevet de la France » (V)
Quatrième question : Comment convaincre les Français que « les peuples ne meurent que lorsqu’ils consentent à l’oubli… ?
Boualem SANSAL :
« Ce ne sont pas les Français qu’il faut convaincre. Eux savent : ils vivent les affres d’une cohabitation impossible; ils vivent la submersion en maints endroits du pays. Eux sont empêchés d’agir et de reprendre en main leur quartier, les territoires perdus, de soustraire leurs enfants de l’enrôlement sournois. Ce sont les élites qu’il faut convaincre d’assumer leur mission d’éclaireur de la société – et de commencer par se libérer elles-mêmes, d’abord – pour revivifier le sentiment national et la fierté d’être Français… C’est par la vérité que l’on convainc. Il leur faudra donc cesser de gouverner par les mensonges, le secret et le laxisme… Un peuple qui ignore son histoire est vulnérable… Un peuple qui connaît son histoire peut l’assumer, la corriger, la dépasser sans se dissoudre. La clarté est une forme supérieure de courage. » (1)
Mes notes :
Les « élites » doivent enfin être convaincues que leur premier devoir est d’assumer leur mission. Actuellement, elles ne respectent plus cette mission puisqu’elles ne font rien pour le pays et pour son peuple. Or les élus, tous les élus, doivent représenter la souveraineté du peuple, et non accaparer cette souveraineté pour eux-mêmes.
Il faudra un jour revenir au mandat impératif, c’est-à-dire le repsect de la volonté du peuple. J’aimerais voir davantage d’élus démissionner quand ils constatent leur incapacité à travailler pour le peuple, et non pour Bruxelles ou Washington ou leur propre caste de privilégiés.
Les élus doivent « cesser de gouverner par le mensonge, le secret et le laxisme ». Quelle vérité tant attendue !
1. Le journal du dimanche - Dimanche 12 avril 2026 - Boualem SANSAL et Philippe de VILLIERS - Au chevet de la France - Page 3-4
25 mai 2026 : « Au chevet de la France » (VI)
Cinquième question : quelle est la menace existentielle pour notre pays ?
Boualem SANSAL :
« La France, une et indivisible, est divisée en deux peuples et voit chaque jour le peuple natif péricliter, acculé au silence et le peuple importé s’affirmer comme le successeur naturel et seul avenir du pays. C’est colossal et terrifiant ce qui se passe dans cette France qui ne se connaît plus, ne s’aime plus, ne se supporte plus. Comme il est dur de vivre avec l’idée qu’on va disparaître, ou être mis en esclavage…
« La fracture… est arrivée au communautarisme, au séparatisme, aux territoires perdus, aux républiques islamiques en formation…
« Une nation puissante peut intégrer des différences. Une nation affaiblie ne peut survivre si des blocs s’installent durablement sur son territoire avec leurs normes, leurs références, leur imaginaire, leurs institutions. Le communautarisme n’est pas une simple diversité : c’est une frontière intérieure… » (1)
Mes notes :
En lisant ces lignes, je me suis arrêté sur le « »silence du « peuple natif » et le « peuple importé ».
Très souvent, on entend parler d’immigration massive, mais rarement d’importation d’un peuple. J’aimerais beaucoup trouver à ce sujet une étude sérieuse sur cette « importation » et sur les responsabilités sans doute partagées du peuple natif (silence), des chefs d’entreprise (diminution du coût du travail), et des dirigeants politiques… Ces derniers pensaient avoir trouvé la solution sans que les lois soient respectées (importation irrégulière) et sans que soient prises en compte les conséquences.
Le peuple importé peut apparaître comme étant la prolongation de l’importation d’esclaves par les négriers !
1. Le journal du dimanche - Dimanche 12 avril 2026 - Boualem SANSAL et Philippe de VILLIERS - Au chevet de la France - Page 4
27 mai 2026 : « Au chevet de la France » (VII)
Sixième question : Philippe, vous avez souvent pensé à votre ami Boualem SANSAL… (1)
Philippe de VILLIERS :
« Lorsque j’ai appris que Boualem Sansal était élu à l’Académie française, j’ai pleuré de joie… Quel renversement! … Après l’épreuve mortifère de la geôle sans espoir, voici la mise en lumière et le statut d’ « immortel », c’est d’autant plus extraordinaire que l’Académie a pour vocation de ptréserver le premier trésor français, sa langue…
« On dit que la langue est le sang de l’âme d’un peuple. Boualem est bien de notre peuple. Français de désir… «
Boualem SANSAL :
« Tous ces honneurs… Je les reçois comme un devoir mis sur mes épaules, une mission. J’aime cette loi d’honneur qui demande à celui qui est honoré par la nation de lui rendre au centuple ce qu’il a reçu, et de transmettre à ses enfants l’obligation de poursuivre dans cette voie…
« Entrer à l’Académie… est une responsabilité. Ell est lourde… La langue française est une discipline très difficile. Ellke impose précision, nuance, rigueur… Si la Francee veut se redresser – et elle le veut avec l’énergie du désespoir – elle doit retrouver le goût de l’exactitude. Et chérir sa langue : elle est son passé, son présent et son futur. La langue est la première frontière d’une civilisation… »
Mes notes :
« Honoré par la nation » dans l’Ordre de la Légion d’Honneur, on a le devoir de « rendre au centuple » ce que l’on a reçu et de « transmettre à ses enfants l’obligation de poursuivre dans cette voie ».
Ayant reçu moi-même le grand honneur de voir mon travail et mes efforts reconnus par mon pays dans l’Ordre national du Mérite, puis dans celui de la Légion d’Honneur, j’ai ressenti aussi ces moments comme un devoir de « transmettre à mes enfants l’obligation de poursuivre dans cette voie ».
Plusieurs fois, j’ai expliqué à mes enfants, Laurence et Pascal, ce devoir de transmission en leur disant que leurs parents n’étaient certainement pas parfaits, mais qu’ils avaient essayé de faire « le mieux possible ». Il leur appartenait de prendre la succession et de faire mieux, plus vite, en allant plus loin. Il me reste à continuer d’espérer que cette leçon de vie a été entendue et mise en pratique avec une « morale » qui n’exclut personne et respecte chacun, sans pour autant accepter l’injustice.
D’autre part, je retiens de ces paragraphes ceux consacrés à la langue française… « Chérir sa langue : elle est son passé, son présent et son futur… »
Pourquoi la France ne travaille-t-elle pas davantage avec le Québec, qui a tant fait et fait tant pour défendre la langue française ? Pourquoi la France ne sanctionne-t-elle pas le Chef de l’Etat lorsqu’il ne s’exprime pas ne français, partout dans le monde ? Pourquoi la France ne sanctionne-t-elle pas tous ces bavards qui occupent trop souvent les chaînes de télévision et utilisent de plus en plus la langue anglaise, même lorsque les mots nécessaires existent en français ?
Les sanctions devraient exister et être appliquées lorsque la langue française est martyrisée.
1. Le journal du dimanche - Dimanche 12 avril 2026 - Boualem SANSAL et Philippe de VILLIERS - Au chevet de la France -Page 4
31 mai 2026 : « Au chevet de la France » (VIII)
Septième question : Où avez-vous trouvé la force intérieure de résister ? (1)
Boualem SANSAL :
« J’ai tenu par fidélité à la vérité. La liberté commence dans la conscience, et là, personne ne peut entrer…
« Le gouvernement algérien pouvait faire la guerre au gouvernement français… mais il ne pouvait décemment pas la faire aux Français. Tenir étaot alors possible… »
Huitième question : Les consciences sont-elles suffisamment éveillées ?
Philippe de VILLIERS :
« A un peuple qui perd pied et qui se met à tournoyer dans les délices et les poisons de l’instant, le relèvement n’est promis que s’il a en lui les ressources pour comprendre et pratiquer le mot de saint Paul : « Défendez votre vie avec des armes de lumière ». Une civilisation ne s’élève que par un effort de purgation et de sublimation. Quelles sont donc les armes de lumière du peuple français… Il y en a trois… Le peuple français est un peuple littéraire, un peuple politique, un peu^ple métaphysique. »
Boualem SANSAL :
« Les consciences s’éveillent toujours lentement. Il faut le temps de digérer youte l’information nécessaire pour comprendre ce qui se passe et se déterminer. La prise de conscience chez les Français se fait et s’améliore, mais elle recule chez les élites qui se laissent plus que jamais bercer par des révolutions exotiques. On ne peut pas défendrte la laïcité par intermittence. On ne peut pas dénoncer l’islamisme tout en cédant à ses pressions… La lucidité doit devenir une politique qui ne doit pas se laisser distraire par aucune mode, aucune lubie. »
Mes notes :
Paul est le prénom de mon petit-fils et je lui souhaite de défendre la vie « avec des armes de lumière ». Je souhaite qu’il soit aidée par sa soeur dont le prénom est Lucie !
En parcourant une bonne partie du monde et surtout en étant reçu et accueilli dans un grand nombre de pays, de passage ou « en résidence », je me suis très tôt efforcé de trouver une façon de vivre (une morale)qui permette de mettre en avant des valeurs communes à tous les habitants de la terre. Importent peu, pour moi, les valeurs des religions ou celles présentées dans les droits de l’homme. Je préfère des valeurs universelles, telles que la paix, le respect, l’honnêteté, le service… Je continue de chercher ce qui est accessible à tous et ce qui peut rapprocher les hommes et éloigner les haines et les guerres.
Je regrette donc que « la prise de conscience recule chez les élites »… Mais je n’en suis pas le moins du monde étonné. Car les élites se considèrent de plus en plus comme ayant pour destin la perpétuation de leurs privilèges… Elles ressemblent à la noblesse de l’Ancien Régime, aveugles et donc incapables de voir clair.
Pauvres élites usées jusqu’au trognon ! Paul et Lucie les aideront, j’espère, à trouver la lumière, mais il faudrait d’abord qu’elles constatent leur pourriture ! Cette dernière, elles voudraient la garder le plus longtemps possible puisqu’elle est leur marche déclinante de leur grandeur passée – volée au peuple -.
1. Le journal du dimanche - Dimanche 12 avril 2026 - Boualem SANSAL et Philippe de VILLIERS - Au chevet de la France - Pages 4 et 5
1er juin 2026 : « Au chevet de la France » (IX)
Question : Philippe de VILLIERS, qu’attendez-vous de l’Etat français ? (1)
Philippe de VILLIERS :
« De la fermeté et l’établissement d’uyn rapport de force… »
Boualem SNASAL :
« Le gouvernement algérien a joué à fond le rapport de force… La France doit défendre ses principes avec constance et tout faire pour que ce soit entendu ainsi… La dignité diplomatique ne consiste pas à hausser la voix, à aboyer avec la meute. Elle consiste à ne pas reculer, à garder la tête haute, et à sanctionner immédiatement toute atteinte à l’honneur de la France et des Français… »
Philippe de VILLIERS :
« Il faut franciser ou plutôt refranciser… Refranciser l’école, refranciser les médias, refranciser l’espace public… refranciser les âmes pour que l’on puisse retrouver l’imaginaire français. »
Boualem SANSAL :
« Je souscris à l’idée de francisation… Elle suppose des décisions concrètes sur la durée… Refondation exigenate de l’école, renforcement de l’autorité de l’Etat, clarté sur la laïcité, maîtrise des flux migratoires, la question vitale de la connexion entre islam et islamisme, les rapports entre la France et ses ex-colonies, etc… »
Mes notes :
Au cours de mes éjours à l’étranger, j’ai constaté partout l’attachement viscéral des populations locales à leur pays et même à leur village natal… J’ai vu les Thailandais fiers d’être Thaïlandais, les Péruviens fiers d’être Péruviens, les Panaméens fiers d’être Panaméens, les Chinois fiers d’être Chinois, les Chiliens fiers d’être Chiliens, les Autrichiens fiers d’être Autrichiens, les Jamaïcains fiers d’être Jamaïcains, les Birmans fiers d’être Birmans…
Et lorsque je suis rentré en France, j’ai rencontré trop souvent des personnes qui ont honte d’être Français. Certains ont décidé de partir vivre ailleurs pour ne plus avoir à subir l’horrible outrage d’une France vieillissante et dirigée par des gens qui ne la servent pas.
Je ne connais – aujourd’hui comme hier – aucun pays comme le mien, dont les habitants éprouvent cet immense désamour et cette perte de confiance…
Je reprends courage en écoutant Boualem SANSAL indiquer le programme à mettre en oeuvre, avec des décisions concrètes à prendre de toute urgence et auxquelles je souscris entièrement : « refondation exigente de l’école », « renforcement de l’autorité de l’Etat », « clarté sur la laïcité », « maîtrise des flux migratoires », « connexion entre islam et islamisme »…
Il faudrait seulement commencer à prendre des mesures effectives car les diagnostics sont posés et acceptés par une grande majorité de Français. Mais les dirigeants ne font rien…
1. Le journal du dimanche - Dimanche 12 avril 2026 - Boualem SANSAL et Philippe de VILLIERS - Au chevet de la France - Page 5
3 juin 2026 : « Au chevet de la France » (X)
Question : En quoi trouvez-vous chacun de l’espoir ? (1)
Philippe de VILLIERS :
« Tant qu’on aura pas effacé la mémoire commune, l’art de vivre à la française, et la langue de Molière, on pourra garder l’espoir qu’un jour les petits Français puissent renouer avec le droit d’aller chercher, dans les siècles passés, les mélodies manquantes. »
Boualem SANSAL :
« La France a traversé tant d’épreuves plus graves. Elle s’est toujours relevée lorsqu’elle a décidé de se reprendre. Une nation disparaît lorsqu’elle renonce à se transmettre. Elle renaît lorsqu’elle choisit d’assumer son histoire et se slois et de les enseigner à ses enfants – sérieusement – comme jadis on enseignait les Humanités, sans craindre d’envoyer au piquet les enfants dissipés et de convoquer le jour même leurs parents pour les remettre sur le droit chemin…
« Rien n’esté crit d’avance, mais le passé est déjà écrit : on n’a pas à l’inventer ou le réinventer… »
Mes notes :
Je repense à ce proverbe africain que sa soeur Christel m’a offert à l’occasion d’un des derniers Noëls, brodé sur un tissu : « Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui disparaît ».
A la fin d’une vie active, souvent tr_s active, il me semble que la retraite doit donner l’occasion de « transmettre la bibliothèque ». Même sans être immortel comme Boualem SANSAL, cette transmission m’est apparu évidente, nécessaire, même avec des mots simples de tous les jours. Je demande, chaque fois que je le peux, à ceux que je rencontre, de commencer sans tarder à transmettre. Chacun devrait laisser, en partant, un document pour ses petits-fants. En effet, les enfants ont reçu une transmission directe – dont ils peuvent tenir compte ou ne pas tenir compte -, mais je crois vraiment à la transmission de grands-parents à petits-enfants.
Si j’en crois mon expérience, les petits-enfants auront un jour le souhait et le désir de connaître davantage la vie et l’histoire de leurs grands-parents. C’est sans douite ce qui m’a donné l’idée de commencer la généalogie de la famille, passionnante à de nombreux titres, mais à laquelle il manque la transmission écrite par les ancêtres pour compléter l’ossature donnée par les actes d’état-civil.
Je souhaite que chacun prenne sa plume, ou un simple crayon, ou son micro…
1. Le journal du dimanche - Dimanche 12 avril 2026 - Boualem SANSAL et Philippe de VILLIERS - Au chevet de la Francve - Page 6
8 juin 2026 : Un immense remerciement à Boualem SANSAL
Je constate qu’au fil des années, ce travail – qui n’en est pas vraiment un – de souvenirs me permet de découvrir de nouvelles personnes, de nouvelles réalités, que je n’avais pas eu la chance et l’honneur de connaître.
Ainsi suis-je vraiment très heureux d’avoir croisé un tout petit peu, depuis l’année dernière, grâce à Philippe de VILLIERS et à son émmission sur CNewws le vendredi soir, Boualem SANSAL.
Le premier est originaire de Vendée, comme mon grand-père maternel et il m’est sans doute facile de le comprendre car nos familles ont traversé une histoire commune, celle des guerres de Vendée pendant lesquelles un de mes ancêtres a été assassiné, à l’âge de quarante ans, le 21 janvier 1794 à Etusson, par les colonnes infernales du général GRIGON.
Le second, Boualem SANSAL, m’est devenu familier car il fait partie de ces extraordinaires personnes rencontrées un peu paut dans le monde, qui avaient deux patries et qui les connaissaient si bien, l’une et l’autre, qu’elles pouvaient en parler, les expliquer, les faire comprendre et les partager.
Je pense que cet honneur d’avoir rencontré de telles pesonnes « doubles » (dans le très bon sens du terme) est ce qui manque très souvent à un certain nombre de gens qui peuvent fort bien connaître, d’après les livres, beaucoup de choses, mais qui n’ont passez vécu au contact d’autres civilisations pour comprendre davantage les choses et les êtres.
J’écris ces quelques lignes d’admiration et de remerciement our Boualem SANSAL, alors que je viens de lire un article présentant le dernier livre de Mathieu BOCK-COTE, « Le Pessimiste joyeux » (1). J’y relève les phrases suivantes :
« Vers 18 ou 19 ans, (Mathieu BOCK-COTE) avait envoyé une lettre au Figaro pour proposer ses services et expliquer que la droite française avait besoin d’un Québécois pour la refonder! D’une certaine manière, c’est ce qu’il a fait en étant notamment l’un des premiers à sonner le tocsin sur les dangers du multiculturalisme et du wokisme. La droite française avait peut-être, en effet besoin d’un prophète québécois, ayant lui-même vécu de l’intérieur l’effacement d’une culture, pour prendre conscience des menaces existentielles qui pèsent sur notre pays ».
J’ai déjà dit en plusieurs endroits mon dégoût pour la bi-nationalité quand elle est utilisée à mauvais escient – ce qui est trop souvent le cas -. Mais je garde un grand amour pour ces personnes magnifiques qui possèdent tout – ou presque – de deux civilisations, sans posséder forcément une pluralité de nationalités.
Un très grand merci à Boualem SANSAL et à Mathieu BOCK-COTE.
1. Le Figaro Magazine - 22 et 23 mai 2026 - "Mathieu BOCK-COTE - Un Québécois à Paris" - Par Alexandre DEVECCHIO - Pages 44-46
9 juin 2026 : La première et la seconde instructions
Mon fils Pascal a un don véritable pour dénicher le cadeau qui fera plaisir à tel ou tel. J’y vois une attention toute particulière aux autres que je lui ai toujours connu et dont je le félicite. Je pense d’ailleurs que ce don lui a été transmis par sa mère thaïlandaise. Dans les hôpitaux thaïs que j’ai fréquentés pour y rencontrer des Français malades, drogués, accidentés, les soignants – dans leur immense majorité – avaient un don inné fait de respect, de compassion, de douceur…, de toutes ces petites choses souvent considérées dans les pays qui se décernent le titre de « développés », comme inutiles, alors qu’elles font toute la différence.
C’est Pascal qui m’a offert à l’occasion de Noël un livre dont il savait qu’il m’intéresserait : « Les grands discours qui ont marqué la France ». J’ai pu lire ainsi un extrait du discours sur « l’instruction nationale, un devoir de justice », prononcé par Nicolas de CONDORCET à la séance de l’Assemblée législative du 21 avril 1792. C’est là que j’ai trouvé ce paragraphe toujours valable de nos jours :
« L’instruction ne devrait pas abandonner les individus au moment où ils sortent des écoles, elle devrait embrasser tous les âges, il n’y en avait aucun où il ne fût utile et possible d’apprendre, et cette seconde instruction est d’autant plus nécessaire que celle de l’enfance a été resserrée dans des bornes plus étroites. C’est là même une des causes de l’ignorance où les classes pauvres de la société sont aujourd’hui plongées : la possibilité de recevoir une première instruction leur manquait encore moins que celle d’en conserver les avantages… » (1)
Peu importe le nom – seconde instrcution ou formation continue -! Je l’ai toujours considérée comme indispensable. Et pourtant j’ai constaté toute ma vie l’importance démesurée donnée en France aux diplômes – et surtout donnée pour la vie entière, même aux plus nuls des plus hauts diplômés !
Lorsque j’ai été reçu au concours de secrétaire de chancellerie, un stage de formation était organisé pour les lauréats. Mais je n’ai pu y participer car j’étais en poste au Pérou et j’ai reçu l’ordre de rejoindre mon affectation à Panama directement… Sans doute le Département économisait-il le prix d’un billet d’avion vers Paris au détriment de la seconde instruction !
D’autre part, j’ai constaté, lorsque j’étais au Protocole à Paris qu’il avait – enfin! – une école pour diplomates (j’ai oublié son nom exact) où tous les nouveaux reçus aux concours ou nouvellement promus devaient faire une scolarité, assez courte au demeurant. Les réflexions que j’ai entendues dans les différents couloirs, proférées comme des certitudes absolues par certains ambassadeurs nouvellement nommés, se résumaient à peu près à ces remarques : Je suis sorti de l’ENA, je n’ai rien à apprendre… ou bien : Je suis nommé ambassadeur et je n’ai pas de temps à perdre… Inutile de dire combien les différents voyages présidentiels auxquels j’ai eu l’hoinneur de participer – tant dans la préparation que dans la réalisation – m’ont permis de rencontrer et de travailler avec des hommes tout à fait disposés à apprendre et à poursuivre leur formation, et d’autres tellement imbus de leur supposée supériorité et totale connaissance que nous avions à corriger bourde sur bourde…
Nicolas de CONDORCET n’a visiblement pas été entendu comme il le méritait. La déliquescence organisée depuis une dizaine d’années pour « abattre » – car c’est une des nouvelles guillotines – la diplomatie française, poursuit sa progression.
1. Jean GARRIGUES - Les grands discours qui ont marqué la France - Dunod Poche 2020 - Page 35
10 juin 2026 : « Je suis le fils d’une vieille histoire… »
C’était le 8 mars 1918. Georges CLEMENCEAU est monté à la tribune de la chambre des députés et a prononcé ces paroles qui, plus de cent années plus tard, me frappent :
« Parmi nos actes… je vous défie d’en trouver un qui ne soit inspiré de cette unique pensée : sauvegarder l’intégrité de l’héroïque moral du peuple français. Cela nous le voulons, cela nous le faisons, cella nous continuerons à le faire…
« … regarder les amis et les ennemis les yeux dans les yeux, et se dire : « Je suis le fils d’une vieille histoire qui sera continuée, mon peuple a écrit, mon peuple a pensé, ce qu’il a fait. Nos neveux l’écriront, nos eveux le penseront. Nos neveux le feront. » (1)
‘y a-t-il donc aujourd’hui aucun dirigeant en France qui ne soit inspiiré par « l’unique pensée » de « sauvegarder l’intégrité de l’héroïque moral du peuple français » ? Comment se fait-il que le Président de la République ou (à défaut) le Premier Ministre ne puissent dire « Je suis le fils d’une vieille histoire qui sera continuée… ».
La place de l’histoirre et celle du peuple français ne sont pas à la poubelle. Ce sont les dirigeants qui veulent imposer, quoi qu’il en coûte, leurs utopies qui devraient disparaître.
1. Jean GARRIGUES - Les grands discours qui ont marqué la France - Dunod Poche 2020 - Page 158
11 juin 2026 : Responsabilités des pouvoirs publics
Je reconnais, une fois encore, que je n’ai eu ni l’occasion, ni la chance, dans la vie quotidienne du Protocole, de voir la Simone VEIL partout adulée. Mais je suis content d’avoir ici l’occasion de saluer son travail.
Le sujet dont elle parle – l’avortement – n’est pas celui qui m’intérese présentement, mais je pense que les paroles de la ministre peuvent correspondre tout à fait à un bon nombre de problèmes d’aujourd’hui. Ecoutons donc Simone VEIL à l’Assemblée nationale le 26 novembre 1974 :
« Nous sommes arriivés à un point où, en ce domaine, les pouvoirs publics ne peuvent plus éluder leurs responsabilités…
« Pourquoi donc continuer à fermer les yeux ? Parce que la situation actuelle est mauvaise. Je dirai même qu’elle est déplorable et dramatique.
« Elle est mauvaise parce que la loi est ouvertement bafouée, pire même, ridiculisée. Lorsque l’écart entre les infractions commises et celles qui sont poursuivies est tel qu’il n’y a plus à proprement parler de répression, c’est le respect des citoyens pour la loi, et donc l’autorité de l’Etat, qui sont mis en cause. » (1)
Je relis encore ces lignes en pensant aux problèmes de la France et des Français d’aujourd’hui : « les pouvoirs publics ne peuvent éluder leurs responsabilités »… « la situation actuelle est mauvaise…, déplorable et dramatique »… « la loi est ouvertement bafouée, pire même, ridiculisée »… « le respect des citoyens pour la loi, et donc l’autorité de l’Etat… sont mises en cause. »
Ce qui n’était qu’un seul problème – d’importance, certes, et devant être réglé – à l’époque de Simone VEIL, apparaît de nos jours dans pratiquement tous les recoins de la vie, privée ou publique : éducation, justice, maintien de l’ordre, sécurité – alimentaire, médicale… Les pouvoirs publics, irresponsables, conduisent le pays vers le sous-développement en ne faisant rien et en ne rebâtissant rien. Même l’honnêteté ne leur appartient plus, car ils devraient constater leur impuissance – qui tient d’abord à leur manque de courage – et démissionner.
Au moins, ils garderaient alors leur honneur, plus important pour un homme honnête, que leur place…
1. Jan GARRIGUES - Les grands discours qui ont marqué la France - Dunod Poche 2020 - Page 231
12 juin 2026 : « Si Dieu n’existe pas, tout est permis… »
Jean DUTOURD a écrit, au gré des jours ou des mois de 1984, ddes chroniques que j’ai pris plaisir à lire. Ainsi en a–t-il été pour une réflexion écrite en mai. Parlant des Soviétiques et de la résistance menée par Sakharov, grand savant qui avait eu le courage de parler « des droits de l’homme, de la tyrannie, de la liberté »… , Jean DUTOURD rappelle qu’une des « clefs pour expliquer l’attitude du gouvernement soviétique se trouve dans un roman de Dostoïevski – Les Frères Karamazov – où Ivan dit : « Si Dieu n’existe pas, ttout est permis. »
Cette dernière phrase résonne bizarrement de nos jours.
« Si Dieu n’existe pas, tout est permis ». Hélas ! oui, car qui d’autre ppourrait rendre justice aux pauvres du monde entier ?
Mais, encore hélas , il me semble que l’on peut dire aussi : « Si Dieu existe, tout est permis ». On le voit dans la ligne extrêmiste prise par quelques égarés des pincipales religions : le christianisme, l’islam et même le bouddhisme (parfois).
Quelle tristesse !
1. Jean DUTOURD - La gauche la plus bête du monde - Flan 1985 - Page 131
13 juin 2026 : Les bonnes idées…
Je découvre cette délicieuse remarque de Jean DUTOURD, pleine d’un humour qui fait du bien. Peu importe le sujet dont il parle :
« Mon drame est que je fourmille de bonnes idées, que je les publie et que nul n’en tient jamais compte. A la fin, c’est décourageant d’aimer son pays. » (1)
C’est vraiment parfois décourageant de constater que nos dirigeants ne souhaitent aucunement commencer par supprimer les privilèges qu’ils se sont indûment octroyés. Pour parler clairement : tout ce qu’ils ont volé au peuple puisqu’ils ont choisi de « se servir » plutôt que « servir », verbe français connu d’eux uniquement dans sa forme pronominale.
1. Jean DUTOURD - La gauche la plus bête du monde - Flammarion 1985 - Page 235
14 juin 2026 : Le cancer
« Le terrain cancéreux de maintenant, c’est l’Europe entière, c’est l’Occident, c’est peut-être la planète. Il y règne trop de mensonges contraires à la vie humaine, trop d’impostures, trop de bureaucratie, trop d’idéologies, trop de désespoir (ou plus exactement d’absence d’espoir). » (1)
Ce fut écrit, en 1984, par Jean DUTOURD, et publié en 1985. Depuis, le cancer de l’Europe et de l’Occident n’a cessé de développer des métastases : « mensonges contraires à la vie », « impostures », « bureaucratie », « idéologies », « désespoir ou absence d’espoir »… Il y en avait « trop » il y a quarante années ! On imagine que maintenant, c’est la noyade !
1. Jean DUTOURD - La gauche la plus bête du monde - Flammarion 1985 - Page 269
15 juin 2026 : Hommage à SOLJENITSYNE et à la vérité
« Soljenitsyne n’a jamais dit autre chose que la vérité. Il l’a proclamée au fond de l’abîme, il lui est resté fidèle en dépit d’épreuves surhumaines. Dans toute sa vie, il n’a pas une seule fois trahi son âme. Lorsqu’il ne pouvait pas écrire ce qu’il souffrait ou ce dont il était le témoin, il le composait dans sa tête et le retenait avec sa mémoire. » (1)
Immense respect. Sans commentaires !
1. Jean DUTOURD - La gauche la plus bête du monde - Flammarion 1985 - Page 270
16 juin 2026 : Langue française et « langage des chiens »
Si j’aime lire d’anciens livres ou articles, c’est pour comparer ce qui est dit du présent d’une certaine époque avec celui que nous vivons.
Je relis, sans étonnement, ce que Jean DUTOURD écrivait il y a seulement quarante années :
« Le langage est une clef qui ouvre à peu près toutes les serrures…
« Nos pères utilisaient un langage qui, par sa clarté, sa subtillité, son abondance, sa précision et sa syntaxe, avait supprimé toute équivoque. Ce langage était le français. On le parlait dans l’Europe entière et dans les pays civilisés des autres continents. Le français servait à deux choses essentielles : la diplomatie et la conversation…
« Rivarol disait : « La langue française est la seule qui ait une probité attachée à son génie. »
« On parle encore un peu français par-ci par-là dans le monde, mais on ne le parle plus en France. L’idiome couramment employé chez nous es une espèce de bouillie parsemée de mots anglais et de redondances pédantes… La syntaxe elle-même n’a pas résisté. Elle se dégrade à vue d’oeil. Pour ce qui est de la jeunessse, elle s’exprime ordinairement par des interjections du genre « Ah… », « Bon… », « Ben… », « J’veux dire… », « Personnellement… », « Tu vois… ».
« Cette misère linguistique empêche d’échanger des vues un peu compliquées ou de transmettre à son prochain des pensées s’enchaînant avec logique. Alors on a recours à la violence, comme un chien qui aboie ou qui mord parce qu’il souffre ou qu’il est irrité. Les rues de Paris sont pleines de chiens errants. Une civilisation, c’est avant tout une grammaire et un vocabulaire. Les enseigne-t-on seulement encore dans les écoles communales ? »
Il a suffi d’une génération pour piétiner la langue française. De la place éminente qui était la sienne, elle est devenue presue « l’idiome des jeunes », et des moins jeunes puisque même le président de la République ne défend plus la langue de la civilisation française. En cela, il est, comme en tant d’autres sujets, la marque du renoncement.
Il ne reste, si l’on peut dire, qu’une « espèce de bouillie parsemée de mots anglais et de redondances pédantes… ». Nous sommes en présence d’une misère linguistique qui rejoint la misère qui se généralise partout.
Puisque la langue a perdu sa grandeur et sa hauteur, « alors on a recours à la violence… Les rues de Paris sont pleines de chiens errants ».
« Une civilisation, c’est avant tout une grammaire et un vocabulaire. Les enseigne-t-on seulement encore dan les écoles ? » Les ministres devraient, dan tous les domaines et plus encore dans l’éducation, rendre des comptes lorsqu’ils quittent leurs fonctions (virés ou seulement mutés)… Vous pouvez vérifier : même s’ils ont volontairement dégradé l’école, ils ont pour la plupart reçu une promotion pour leur contribution à la mise au pas d’une génération…
Les rues sont pleines de chiens !
1. Jean DUTOURD - La gauche la plus bête du monde - Flammarion 1985 - Pages 290-291
20 juin 2026 : De GAULLE – MITTERRAND
J’aime écouter Michel ONFRAY dont j’admire les connaissances encyclopédiques en philosophie. Que n’a-t-il paslu ? J’aime moins l’écouter car, comme Mathieu BOCK-COTE, il a tellement à dire qu’il précicpite trop, à mon goût, son élocution. Je préfère un rythme plus long, comme celui de la lecture poétique, qui permet à chacun de bien assimiler et de comprendre avant de réfléchir par soi-même.
Je découvre actuellement l’ouvrage consacré par Mihcel ONFRAY aux vies parallèles de de GAULLE et de MITTERRAND. Dès les premières pages, je me suis demandé si je devais pas arrêté tout de suite la lecture, puisque la conclusion de l’ouvrage semblalt déjà présente dans l’introduction. Lisez plutôt ce que j’ai glané :
« L’opposition entre Charles de Gaulle et François Mitterrand met dos à dos un homme qui lutte contre l’effondrement d’une civilisation et un individu qui se moque que la civilisation disparaisse ppourvu qu’il puisse vivre dans ses ruines à la façon d’un satrape. Le premier donne sa vie pour sauver la France; le second donne la France pour sauver sa vie. L’un veut une France forte, grande et puissante, à même d’inspirer l’Europe des Etats; l’autre la veut faible, petite et impuissante, digérée par l’Europe du capitalisme…
« Le Général aime laa madone de France et n’a eu qu’une seule femme sa vie durant; le socialiste s’arrête sur tout jupon qui passe et épouse une nouvelle femme chaque jour que Dieu fait. De Gaulle a le sens de l’histoire et des longues durées… Mitterrand a le sens de son histoire et de la brièveté de son temps personnel inscrit dans les grands espaces infinis qui le déroutent… De Gaulle se veut au service de la France… Mitterrand veut une France à son service… L’un sait avoir un destin; l’autre se veut une carrière. L’un écoute le peuple et lui obéit quand il lui demande de partir; l’autre reste quand le même peuple lui signifie par deux fois son congé… De Gaulle a eu Malraux; Mitterrand Jack Lang… L’un a laissé une trace dans l’histoire de son vivant, mais aussi, tel César ou Napoléon, après lui; l’autre pèse désormais autant qu’un obscur président du Conseil de la IVème République. L’un a fait la France; l’autre a largement contribué à la défaire… » (1)
Les choses sont claires ! En tout cas il est possible de réfléchir !
1. Michel ONFRAY - Vies parallèles - De Gaulle-Mitterrand - Robert Laffont 2020 - Pages 30-31
22 juin 2026 : Les « résultats » de l’Europe libérale
Dans la liste, proposée par Michel ONFRAY, des neuf légendes qu’il faut « déconstruire » pour « comprendre ce qu’est vraiment l’histoire de la France du XXème siècle », « seule façon d’envisager la possibilité d’une Histoire de France pour le XXIème siècle », je relève la huitième :
« L’Europe libérale est vendue comme une garantie de prospérité, d’amitié entre les peuples, de plein emploi, de pai par Mitterrand devenu libéral. En vérité, avec ce projet il abolissait la souveraineté de la France et mettait le pays aux ordres du capitalisme américain sous l’égide d’un Jean Monnet qui voulait abolir les frontières afin de réaliser le rêve américain d’un grand marché planétaire gouverné par le capital. Par conséquent, cette Europe maastrichtienne a apporté paupérisation, misère, chômage, précarité, xénophobie, racisme et prodromes de guerre civile. » (1)
J’aimerais beaucoup encore suffisamment pour voir un historien génial et honnête présenter, avec le recul nécessaire, un premier bilan des vérités et des erreurs distribuées par la propagande officielle à grand renfort de publicité dans la presse et les médias, pratiquement tous destinataires de subventions diverses venant toutes du budget de l’Etat, c’est-à-dire de le l’argent du peuple puisque tout centime dépensé par l’Etat vient du peuple.
En fait, les choses apparaissent simples : l’Europe promise comme une « garantie de prospérité, d’amitié entre les peuples, de plein emploi, de paix » a-t-elle été au rendez-vous ? Et pourquoi donc ceux qui n’ont pas réalisé leurs promesses finissent-ils leurs jours au Panthéon; comme Jean MONNET par exemple, entré en 1988.
Par contre, cet historien talebtueux dont j’espère la venue pourrait développer la vision de ceux qui n’ont été ni écoutés, ni entendus? Je pense, par exemple, à Philippe SEGUIN, mais aussi à des personnalités diverses comme Jean-Pierre CHEVENEMENT, Raymond BARRE, Michel ROCARD, Jacques CHABAN-DELMAS…
1. Michel ONFRAY - Vies parallèles - De Gaulle-Mitterrand - Robert Laffont 2020 - Page 34
28 juin 2026 : Le peuple souverain
« Voici donc la nature du programme antifasciste du général de Gaulle : faire du peuple le fin mot de toute politique; estimer que la souveraineté réside en lui et que le chef de l’Etat en est le dépositaire tant que le peuple le décidera et le voudra, car, dès qu’il évince son souverain, le chef doit partir; affirmer que la démocratie est l’art de sélectionner la personne la plus à même de réaliser puis de respecter ce contrat social avec le peuple; vouloir la grandeur en n’ignorant pas que le tropisme naturel des hommes se trouve plutôt du côté de la bassessse; savoir que la France est ce creuset républicain dans lequel, pourvu qu’on veuille le faire, on fabrique une nation sans préjuger des couleurs de peau et des religions »… (1)
Aux yeux de François MITTERRAND, « le peuple n’a jamais été le fin mot de la politique puisqu’elle n’a cessé d’être pour lui le moyen de parvenir au pouvoirafin d’en jouir, puis, une fois son but atteint, de s’y maintenir coûte que coûte… » (1)
Le général de GAULLE a respecté la volonté du peuple : il a perdu le référendum de 1969 et a quitté le pouvoir. Ensuite, ce respect du peuple a été, à l’évidence, perdu. De plus, même avant et après François MITTERRAND, la première préoccupation est d’être élu, puis réélu pour garder le pouvoir « coûte que coûte »… Un certain président dit aujourd’hui « quoi qu’il en coûte », ce qui n’est pas difficile à dire puisque, de toute façon, lui ne paie jamais rien !
Il faut constater l’évidence : une nouvelle fois, les réformes non faites à temps engendrent des catastrophes. Certaines règles doivent être changéees de façon urgente. Le général de GAULLE avait prouvé, par son engagement dans l’histoire, sa légitlimité à briguer un mandat avec de nouvelles responsabilités.
Mais peu à peu, les candidats, attirés de plus en plus, non par le service du peuple, mais par les paillettes médiatiques, se sont contentés de titres ronflants obtenus dans de grandes écoles, sans avoir, pour nombre d’entre eux, jamais obtenus de résultats concrets.
Et pour être candidat, il suffit d’obtenir les parrainages signéss par les élus… Quelle mauvaisse blague ! Il n’y a même plus besoin de « traverser la rue » – comme disait l’autre – pour obtenir un emploi. Il suffit de faire partie du système…
Je disais il n’y a pas longtemps à quelqu’un que je respecte car il a une connaissance encyclopédique d’universitaire chevronné aux titres ronflants… Je lui disais donc que j’aimerais beaucoup lire un livre de lui racontant tout ce qu’il avait réalisé pendant sa vie pour servir le peuple. Je n’ai pas eu de réponse de sa part et je le regrette.
Je pensais à tout cela en regardant quelques images de la présentation de candidature du dénommé Gabriel ATTAL pour la prochaine campagne présidentielle. Il semblait avoir loué une ferme dans le Gers, l’avoir aménagé en studio de télévision, sans oublier quelques bottes de paille pour faire proche du peuple. Il se déplaçait avec précaution pour ne pas salir ses souliers parisiens dans quelque crottin ou quelque bouze… Pour une fois qu’il sortait du boulevard Saint-Germain !
Qu’il ait, avec tous les autres candidats, le courage de publier, avec preuves à l’appui, ce qu’il a fait concrètement avec le peuple et pour le peuple. A-t-il effectué un service militaire ou de coopération ? A-t-il créé une entreprise et comment était géré le personnel qu’il employait ? A-t-il enseigné dans une école, une université, comme Jean JAURES ? En un mot, a-t-il fait quelque chose avant l’ENA et les cabinets ministériels ?
A-t-il jamais, lui et tous ses semblables déjà candidats, travaillé un tout petit peu, comme le peuple sait le faire, pour faire vivre et élever sa famille ?
A-t-il jamais, par exemple, la nuit, été chauffeur de taxi pour pouvoir étudier un peu dans la journée ?
1. Michel ONFRAY - Vies parallèles - De Gaulle-Mitterrand - Robert Laffont 2020 - p 36
3 juillet 2026 : Pornichet et la presqu’île – Une belle histoire
Je ne me plains de rien car j’ai un toit (en fait un appartement déjà donné à mes enfants) et une retraite suffisante dans la mesure où je n’ai besoin d’aucun excès.
En arrivant, il y a quelques années dans cet appartement, un de mes frères m’a demandé de garder quelques meubles dont il n’avait plus immédiatement l’usage.
J’ai pensé maintenant qu’il serait bon de prévoir moins de meubles de salon et davantage de lits pour mieux accueillir les petits-enfants qui grandissent.
Il me semblait dommage de constater, une fois de plus, qu’en France la solution trop souvent proposée était la déchetterie, mais rarement un endroit sérieux pour le recyclage de beaux meubles.
C’est ainsi que j’ai découvert qu’Emmaüs avait un site à Saint-Nazaire. La vie tout à fait spéciale du fondateur ne me fut connue que tradivement. Par contre, j’ai eu l’extrême chance d’avoir comme préfet, pendant mes deux dernières années de secondaire, l’abbé Jean-Yves BARRAL, qui avait la charge de jeunes issus de milieux favorisés (plus ou moins), qui ne connaissaient ni la misère, ni la pauvreté, ni la solitude…Il proposa un certain nombre d’activités bénévoles pour « aider et découvrir ». Je choisis d’aller, les nuits d’hiver, sur les quais de Seine du côté de la gare d’Austerlitz, pour offrir un bol de soupe chaude, préparéepar notre collège, et quelquers cigarettes, que nous financions nous-mêmes, à tous ceux qui dormaient dehors sur les bouches de chaleur… Nous rentrions chez nous alors que la nuit était largement commencée, et parfois l’immense gamelle qui gardait la soupe au chaud était vide, comme nos paquets de cigarettes !
A cette époque, avec nos doigts engourdis de froid, nous nous couchions en sachant que, quelques heures plus tard, il faudrait se lever pour ne pas être en retard et vivre un nouveau jour « ordinaire ». Il n’y avait pas de RTT ni de 35 heures… Donc, nous ne faisions pas de comptes d’apothicaires. Aujourd’hui encore, je pense que la vie d’alors nous ressemblait : une gorgée de soupe chaude ou la première bouffée d’une cigarette dans une nuit froide d’hiver valait bien plus qu’un jour de RTT ou un autre en télétravail, effectué si possible à la plage pour les moins vaillants.
Je suis donc arrivé au portail d’Emmaüs dans la zone industrielle de Brais à Saint-Nazaire, près de Saint-André des Eaux. J’ai été surpris, mais content, de voir l’amabilité du portier, comme, un peu plus loin, des personnes qui m’ont indiqué le chemin. Je suis finalement arrivé à la cantine où le reponsable indiqué finissait son déjeuner. Je l’ai prié de m’excuser car j’avais respecté les horaires indiqués sur internet, sans savoir, ce qui m’a été tranquillement expliqué, que la canicule, certes sérieuse ce jour-là, avait changé les horaires de tous les compagnons.
Je n’avais pas téléphoné car je préfère rencontrer les personnes et ressentir l’atmosphère dans lequel elles vivent. En ce sens, je ressemble un peu au commissaire Maigret dont j’ai aimé lire les enquêtes et voir les films qui en ont été tirés. (Il me revient qu’à l’université de Chiang Mai, une professeur thaïe avait choisi les livres de Georges SIMENON avec Maigret comme lectures obligatoires pour un cours.)
Est-ce que ma venue a surpris ? Je ne saurais le dire, mais j’ai été moi-même étonné de l’accueil courtois et attentif qui m’a été donné. Je me suis retrouvé des années en arrière, dans le village de mes grands-parents, Saint-Hilaire du Bois, où chaque personne croisée saluait, échangeait des nouvelles et était aidée si nécessaire.
Le responsable d’Emmaüs m’a écouté et demandé d’écrire tous les renseignements nécessaires. Emmaüs acceptait tous les dons et les renseignements seraient transmis à l’équipe chargée de gérer les camionnettes de collecte des meubles. Il m’a promis que le lendemain matin je serais appelé si une possiblité de ramassage était possible dans les jours suivannts.
J’ai attendu toute la matinée, mais c’est le soir que j’ai reçu un appel. Le responsable avait donné sa chemise à laver en rentrant chez lui et laissé par mégarde mon papier dans la petite poche. Quand il s’est rappelé, la machine avait déjà tourné un peu et son épouse et lui-même tentèrent de déchiffrer ce qui restait de mes notes. Il avait ensuite tenté quelques numéros de téléphone et a pu finalement me joindre. Il s’est excusé de ce retard et m’a assuré que l’affaire serait traitée le plus ôt possible. Ce fut le cas dès le lendemain par des personnes aussi serviables et polies que celles que j’avais déjà rencontrées.
L’aventure a continué avec les trois personnes venues chez moi. Je suis sûr que pas une des personnes rencontrées à Emmaüs n’est sortie d’une grande école française, mais je leur donne en connaissance de cause la lme qui leur revient pour les valeurs humaines de respect,de politesse, de solidarité, nécessaires au développement harmonieux d’une société, mais qui pourtant disparaissent chaque jour un peu plus dans une France dirigée par une caste élevée dans les grandes écoles ou dans les partis politiques sans apprendre autre chose que les règles de leur mafia. Ce n’est même plus seulement « Main basse sur la ville », mais « Main baasse sur un pays »…
Si j’ai quelque chose à donner, je sais où j’irai frapper. Les valeurs que j’ai aimé voir vivre dans la campagne de mes grands-parents, je les ai rencontrées, toujours vivantes, à Emmaüs de Saint-Nazaire !
6 juillet 2026 : Charles de GAULLE et Jean MONNET
Après la parenthèse rafraîchissante des compagnons d’Emmaüs à Saint-Nazaire, j’ai poursuivi la lecture du livre de Michel ONFRAY et y ai découvert une nouvelle merveille. J’emploie ce dernier mot car il réveille une réflexion endormie par des années de propagande(s) étalée(s) dans les livres d’histoire, les discours politiques, l’enseignement…
Je souhaite une nouvelle fois que les années qui passent permettent à des historiens honnêtes d’approcher davantage la vérité sur le rôle des Etats-Unis et de Jean MONNET dans la débâcle actuelle de notre pays.
Lisez donc attentivement ce paragraphe écrit par Michel ONFRAY et Eric BRANCA qui me semblent être des intellectuels avertis :
« Dans une note transmise au secrétaire d’Etat Harry Hopkins, le conseiller de Franklin Roosevelt, le 6 mai 1943, Jean Monnet a écrit : « Il faut se résoudre à conclure que l’entente est impossible avec de Gaulle; qu’il est un ennemi du peuple français et de ses libertés; qu’il est un ennemi de la construction européenne (et) qu’en conséquence, il doit être détruit (sic) dans l’intérêt des Français. » (1) On comprend pourquoi Mitterrand a souhaité honorer ce personnage qui fut l’homme lige des Etats-Unis pendant toute sa vie et dont le travail de chaque jour consistait à dissoudre la France dans des Etats-Unis d’Europe afin qu’ils puissent ainsi eux-mêmes devenir sujets des Etats-Unis d’Amérique à la tête d’un grand gouvernement mondial du capital… » (2)
Histoire et propagande ! En attendant davantage de preuves, Jean MONNET est-il réellement un « Père de l’Europe » ou le « Père d’une Europe cendue (donnée) aux Etats-Unis » ?
Quant au Panthéon, estce le temple donné « aux grands hommes » par « la patrie reconnaisssante » ou un cimetière de luxe acccordé parun seul à quelques-uns de ses copains d’ascension avec lesquels la « patrie » n’a rien à voir ?
1. Eric BRANCA - "De Gaulle - Monnet ou le duel du siècle" - Espoir, N° 17, novembre 1998, p. 9
2. Michel ONFRAY - Vies parallèles - De Gaulle-Mitterrand - Robert affont 2020 - Pages 100-101
7 juillet 2026 : « Boris Cyrulnik, la vigie de nos petits bonheurs »
Boris CYRULNIK, à 89 ans, fait écho à ce que j’ai tenté d’écrire sur les compagnons d’Emmaüs de Saint-Nazaire. Du portrait qui lui a été consacré (1), je tire cette citation :
« Aujourd’hui, dans notre civilisation, on saccage ce qui fait le sel des relations humaines, les petits bonheurs de la vie quotidienne : l’attention à l’autre, l’art d’écouter, la bienveillance, l’art de s’habiller, de partager les aliments, d’être poli, de tenir la porte. Tous ces rituels qui nous permettent de vivre ensemble ».
La journaliste Anne FULDA poursuit : « Des rituels qui paraissent inutiles ou incompréhensibles pour une partie des jeunes générations et qu’il est urgent de réinventer d’autant plus que l’on voit concomitamment « les structures de parenté se diluer »… « Fidèle à ses croyances, le sage du Sud (il habite près de Toulon)… demeure malgré tout un indécrottable optimiste. Selon lui, la zone de turbulences que nous traversons peut être « un moment de bascule et faire émerger une autre civilisation plus attentive au lien, au réel ».
Merci à Boris CYRULNIK et à soon optimisme… Meci aux compagnons de Saint-Nazaire…
BoriCYRULNIK, « vigie »… Et vous vous rappelez Monseigneur Hervé RENAUDIN, évêque de Nanterre, « gardien de phare »…
1. Le Figaro et vous - Samedi 4-Dimanche 5 juillet 2026 - page 12
8 juillet 2026 : « Rendre la parole au peuple »
Poursuivant la lecture du livre de Michel ONFRAY, je trouve l’étude de deux discours du général de GAULLE, prononcés dès 1941 : l’un le 15 novembre à l’Albert Hall de Londres, l’autre le 25 novembre à Oxford. Le général affirme que son projet d’après-guerre est de « rendre la parole au peuple ». Michel ONFRAY relève (1) :
« Cette volonté d’une politique de civilisation qui donne la parole au peuple, et non aux partis, constitue la base continue de la musique gaulienne et gauliste. Du lendemain de l’appel du 18 juin, à la veille du départ après le référendum perdu de 1969, le général de Gaulle affirme une seule et même chose : il veut faire de la souveraineté populaire l’axe politique de la France. Il propose un chemin pour éviter les précipices du national-socialisme, du marxisme-léninisme, mais aussi du libéralisme européiste, autant de machines à fabriquer des hommes unidimensionnels et non des citoyens libres.
« Le général de Gaulle, qui connaît le poids des mots, qualifie son projet avec un mot lourd de sens : révolution… « Cest une révolution, la plus grande de son histoire, que la France, trahie par ses élites dirigeantes et par ses privilégiés, a commencé d’accomplir… Dans le secret de ses douleurs, il se crée, en ce moment même, une France entièrement nouvelle, dont les guides seront des hommes nouveaux ». On ne retrouve pas « parmi nous des politiciens usés, des académiciens somnolents, des hommes d’affaires managés par les combinaisons, des généraux épuisés de grades… » (2)
Il me semble indispensable de continuer en pensant aux difficultés – le mot est bien faible – françaises d’aujourd’hui, difficultés générées par « des politiciens usés, des académiciens somnolents, des hommes d’affaires managés par des combinaisons, des généraux épuisés de grades »…
Ecoutez encore : « Pour l’après-guerre, de Gaulle annonce pour la France « la nécessité d’établir, dès qu’elle le pourra, une Démocratie nouvelle, telle que la souveraineté du peuple puisse s’exercer totalement par le suffrage et par le contrôle, et telle aussi que le pouvoir chargé de diriger l’Etat ait les moyens de le faire avec force et continuité. La France sait aussi ce que lui coûte un régime social et moral sclérosé dans lequel la patrie se vit successivement négligée par des masses exploitées, puis trahies par des coalitions de trusts et de gens en place. Elle entend construire chez elle un édifice social et moral dans lequel chaque individu pourra vivre dans la dignité et dans la sécurité, où nul monopole ne pourra abuser des hommes ni dresser aucune barrière devant l’intérêt général ». (3)
Même le général, semble-t-il, n’a pas réussi à mettre en oeuvre, comme il l’aurait voulu, cette « politique de civilisation qui donne la parole au peuple ».
Trop de ses successeurs s’y sont opposés, à commencer par POMPIDOU. Ensuite, ce fut de pire en pire. GISCARD, MITTERRAND, CHIRAC, SARKOZY, HOLLANDE… Puis, MACRON pour aller jusqu’à la disparition voulue du pays, de son histoire, de sa civilisation; de sa culture, de son peuple… Tous d’ailleurs se prétendaient héritiers du général de GAULLE, mais ne souhaitaient que le retour à la IVème République et au jeu incessant des partis, jeu réservé aux gens d’un pouvoir confisqué au peuple.
Il m’arrive de regarder les changements et les progrès réalisés depuis la seconde guerre mondiale par les dirigeants et le peuple chinois, grâce, en grande partie, à leur immense histoire, à leur immense civilisation et à leur immense culture.
Il m’arrive aussi de regarder, comme dans un miroir, le déclin de la France, malgré sa grande histoire, sa grande civilisation, sa grande culture… Certains ont choisi d’oublier les valeurs portées par le peuple et d’abandonner le pays aux Etats-Unis et à Bruxelles.
1. Michel ONFRAY - Vies parallèles - De Gaulle-Mitterrand - Robert Laffont 2020 - Pages 140 à 143
2. Discours du général de GAULLE, prononcé le 1er avril 1942 à Londres, au National Defence Public Interest Committee
3. Discours du général de GAULLE, prononcé le 11 novembre 1942 à l'Albert Hall de Londres
9 juillet 2026 : Le peuple : un troupeau à séduire, malmené, brutalisé, embobiné…
Encore un paragraphe écrit par Michel ONFRAY :
« Mitterrand pensait du peuple qu’il était un troupeau à séduire; il s’y est employé avec le bonheur que l’on sait en apprenant à parler à gauche pour séduire un électorat malmené sinon brutalisé par le capitalisme. A ses yeux, le peuple n’était bon qu’à voter après avoir été embobiné. Une fois le vote acquis, il était à séduire à nouveau jusqu’à la prochaine échéance électorale. » (1)
Pour « embobiner » le peuple, les dirigeants ont d’abord fait appel à des « conseillers communication » (spin doctors) qui ont peu à peu pris autant de pouvoir qu’ils ont pu.
Un grand exemple demeure pour moi Manuel VALLS, qui était conseiller communicaiton de Lionel JOSPIN à Matignon et plus tard ministre de intérieur puis Premier Ministre pendant le quinquennat de François HOLLANDE. Battu ensuite lors de primaires pour l’élection présidentielle, il est allé vendre sa communication en Espagne sans finalement être élu… Au gré du vent soufflant sur sson étal…
Un autre exemple m’a été donné par Claude CHIRAC, conseillère communication de son père et prête à tous les sacrifices – non payées par elle – pour récolter de bons audimats, mais sûrement pas pour semer les meilleures et nécessaires réformes.
Mais tous ces subterfuges trompent de moins en moins le peuple et il faut donc de plus en plus truquer les élections par tous les moyens dont le premier est certainement le fric fourni, au mépris de la loi, par des puissances étrangères (au premier rang desquelles l’Union européenne) ou des officines de développement riches en capitauix, ccomme le sont aussi les bureaux d’étude et les cabinets de conseil.
Pour « séduire » le « troupeau », le fric est partout, accompagné de triche… Et pourtant on n’a jamais utilisé autant le mot « démocratie » !
1. Michel ONFRAY - Vies parallèles - De Gaulle-Mitterrand - Robert Laffont 2020 - Page 250
20 juillet 2026 : Une petite histoire de Pornichet
On dit souvent, de nos jours, que Pornichet est une « plage des familles », certainement beaucoup plus que sa voisine La Baule, considérée à tort ou à raison – pour moi-même à raison – comme beaucoup plus huppée ou pour parler franglais « the place to be »… Il faut « se faire voir » à La Baule et les gens qui jouent à ce jeu ressemblent à certaines femmes que j’avais appelées en Thaïlande les « khunying », c’est-à-dire les championnes du fric étalé, du faire semblant, de l’apparence inutile, de la morgue…
En écrivant ces lignes méchantes, je pense à la chanson « les bourgeois » de Jacques BREL. Heureusement, je sais aussi qu’il y a des exceptions, en Thaïlande comme à La Baule et que les « khunying » comme les « précieuses ridicules » n’ont pas toutes reçues leur diplôme des mains du roi ou de Molière…
Ce sont des « gens de lettres » qui ont popularisé en station balnéaire, dans la seconde moitié du XIXème siècle, la petite bourgade de Pornichet, implantée près de l’étier près de l’atuelle place du marché (1). La voie ferrée a également joué un grand rôle. Elle était arrivée à Saint-Nazaire en 1857, en prolongement de la ligne Paris – Nantes ouverte en 1851.
De Saint-Nazaire au Croisic, la ligne a été inaugurée en 1879, comme le fut aussi une annexe reliant La Baule à Guérande, maintenant transformée en piste cyclable. Il aura fallu dix années de construction pour 30 kilomètres de voie desservant Saint-André des Eaux, Pornichet, La Baule les Pns, La Baule Escoublac, le Pouliguen et Batz-sur-Mer.
L’électrification de cette ligne sera achevée en 1986 pour permettre l’arrivée des TGV Atlantique en 1989.
Pornichet, plage des familles ! Mais les premières « grandes familles » qui ont popularisé la station balnéaire furent, dans la seconde moitié du XIXème siècle, les éditeurs et les libraires. Le premier semble avoir été Charles TOUBON, angevin, qui créa l’hôtel des Bains en 1876… Puis Camille FLAMMARION, frère d’Ernest, et Alphonse TARRIDE, éditeur de cartes (postales et scolaires) et du premier plan du métro parisien.
C’est en leur souvenir qu’une partie de la plage de Pornichet porte le nom de « plage des libraires ».
1. A signaler à ce sujet le très beau livre sur "les villas de Pornichet - 150 ans d'histoires et d'architecture" - Texte et photographies d'Eric LESCAUDRON - Geste édition 2011
25 juillet 2026 : Pornichet (suite) – Les chanteurs d’opéra
Une seconde grande famille a fait connaître et prospérer Pornichet : les chanteurs. A cette époqe de la fin du XIXème siècle, ce n’était pas les « yéyés » qui ont fait, plus tard, les beaux soirs du casino de La Baule; ils étaient chanteurs d’opéra. Ils ont fait beaucooup pour la ville et certaines de leurs villas restent de beaux trésorss patrimoine.
Je commence par Jean LASALLE; né en 1847 à Lyon et décédé en 1909 à Paris. C’est lui qui a fait construire, en 1882, dans un parc de deux hectares, une villa appelée « Farniente ». C’est dans ce parc que je réside aujourd’hui. La villa a laasé la place, dans les années 70, à une tour de 10 étages et à des immeubles, de trois à six étages, disséminés dans le parc. En tout, environ 140 copropriétaires ! « Farniente » est devenu « Bel Air »… Il ne reste, pour les monuments historiques, que les piliers de deux entrées sur l’avenue Louise, ainsi que la maison du gardien.
Jean LASALLE a été élève du Conservatoire de Paris de 1866 à 1868, puis baryton aux opéras de Liège, Lille, Toulouse, La Haye, Bruxelles et Paris… Sa carrière comporte aussi des rôles à Covent Garden (1878-1881 et 1888-1893) et aussi à Vienne, à Madrid et aux Etats-Unis entre 1892 et 1897.
Régulièrement, entre deux tournées, Jean LASALLE vient à Pornichet. Il s’est associé avec Maxime BOUCHERON, auteur dramatique (1846-1896), et avec Henri SELLIER, ténor, pour faire construire, puis ouvrir, en 1882, le Grand Hôtel de l’Océan et du Casino, donnant alors directement sur la plage.
L’office notarial de Me Virginie MARSOLLIER et de Me Virginie LAUBRETON, sis à Cossé-le-Vivien en Mayenne, a retrouvé dans les archives notariales les renseignements concernant le contrat de vente de « Farniente », les 11 et 13 juillet 1900 à Nantes. Jean LASALLE, propriétaire, demeurait alors à « Chantemesle, commune de Haute-Isle (Seine-et-Oise), moyennant le prix principal de cinquante mille anciens francs »… (1)
1. Dans l'acte, Chantemesle est écrit "CHANTENELLE"
28 juillet 2026 : Pornichet (suite) : L’Océan et le Casino
Lors de l’inauguration, en 1882, du « Grand Hôtel de l’Océan et du Casino », l’édifice comprend « 150 chambres, un casino; une salle de spectacle pour les bals, les concerts, les pièces de théâtre »… Le monde lyrique etr littéraire se pressait alors à Pornichet : citons en exemple Sarah BERNARDT, Ranavalona III reine de Madagascar, Maurice LEBLANC créateur d’Arsène Lupin… (1)
Un notaire parisien, Me COLLET, rachète L’Océan en 1887, puis le revend en 1907. Il devient un centre d’accueil pour colonies de vacances. En 1921, Joseph LANGLOIS, propriétaire du « Family Hotel » (au coin de l’avenue Mondain), reprend l’Océan et le modernise pour en faire le « Grand Hôtel de l’Océan ».
A l’issue de la seconde guerre mondiale, les élèves du collège Aristide Briand de Saint-Nazaire s’installent à l’Océan, leur école ayant été bombardée en 1943. L’Océan devient, dans les années 50, une copropriété de 52 appartements.
Après la fermeture, en 1907, du premier casino de Pornichet, un cafetier de la ville, Maxime LEDRU, achète une villa en bord de mer, à l’époque directement sur la plage et inaugure, en 1911, un nouvau casino, le Kursaal, à l’emplacement du casino actuel. En 1926, l’architecte Georges VACHON crée une extension comportant un cinéma et un dancing.
Il faut se promener au hasard dans les rues de Pornichet. Pour ceux qui ne pourraient le faire, je recommande une fois encore le beau livre cité en note sur les « villas de Pornichet », que m’a aimablemnt prêté une de mes nièces, Alix.
Il pour être également utile dare une visite au site de la mairie de Pornichet, dans la partie intitulée « Histoire et histoires de Pornichet – Patrimoine, personnalités, villas ». Je pense que les quelques pages et photographies consacrées à ce petit coin de France mériteraient d’être développées… Le patrimoine est à préserver et à développer, et pas seulement une journée par an.
1. Eric LESCAUDRON - Villas de Pornichet-150 ans d'histoire et d'architecture - Geste éditions 2011 - Pages 46, 47, 48
3 août 2026 : La famille PETIT à Pornichet
A la fin de leur école primaire à Saint-Hilaire du Bois (Maine-et-Loire), mon grand-père maternel Auguste MOUCHARD mit ses deux filles, Germaine et Marie-Anne, dans un pensionnat d’Angers. C’est là qu’elles firent la connaissance de deux soeurs de leur âge, originaires de Pornichet, Odette et Monique PINON.
Ce devait être dans les années 1920 et les quatre amies passaient les fins de semaine à Saint-Hilaire. Il fut un jour décidé que les familles passeraient une partie des grandes vacances à Pornichet. Une villa modeste fut louée, près de la place du marché, non loin de la villa Ty Caër où habitait la famille Pinon.
C’est ainsi que ma mère, Marie-Anne, découvrit Pornichet. Après son mariage, en 1939, av Gabriel PETIT, ingénieur ICAM et Supelec, et après la guerre, vers 1947-1948, ils avaient déjà cinq enfants et habitaient dans un petit appartement parisien au square du Tarn près de la Porte de Champerret. Ils cherchèrent un endroit pour passer les vacances eet notrmère se rappela Pornichet dont la plage était réputée pour sa sécurité.
Les soldats allemands n’occupaient plus la poche de Saint-Nazaire, mais la région avait souffert de la guerre et des bombardements. Notre mère me raconta que les agences proposaient des terrains en bord de mer – en particulier sur l’emplacement actuel des immeubles appelés « Les Vagues » -, mais elle préféra choisir une villa, qui avait été occupée par les Allemands pour surveiler le mur de l’Atlantique, dans le quartier de Mazy, plus proche de la gare et des commerces.
En effet, en 1949, nous n’avions pas encore de voiture – les parents passèrent leur permis plus tard et leur première acquisition fut une aronde – . Mon père, lorsqu’il n’était pas en vacances, prenait une couchette dans le train de nuit quittant Paris dans la soirée de vendredi et le samedi matin il arrivait à Pornichet. Nous allions le raccompagner à la gare le dimanche soir et il était à Paris le lundi matin pour reprendre son travail.
L villa s’appelle toujours « Les Sablons » et appartient maintenant à l’une de mes soeurs. Elle est située dans l’avenue des Hauts Plateaux, en léger retrait du bord de mer, entre les avenues Mondain (avec l’hôtel Family) et Monopole (avec l’hôtel Régent).
L’avenue des Hauts Plateaux était une petite rue toute en terre et en pierres. Je revois encore l’arrivée de nos grands-parents, venant de Saint-Hilaire pour quelques jours de vacances avec leur belle voiture sur le toît de laquelle grand-père avait solidement attaché trois vélos qu’il avait fait repeindre et réparer. Ils avaient été utilisés à Saint-Hilaire pendant la jeunesse de notre mère et de notre tante.
Je reçus un vélo Peugeot repeint en bordeaux, datant donc des années 20 et avec lequel j’ai sillonné (presque) toutes les routes de la presqu’île, mais aussi de l’intérieur jusqu’à l’embouchure de la Vilaine.
Les années ont passé avec les joies et les pleurs, les départs et les arrivées, les changements et les traditions… J’allais chercher du cidre avec quatre ou six bouteilles vides sur le porte-bagage de la bicyclette. Près de la gare, à environ un kilomètre de notre maison, il y avait déjà le « Bidule » qui prroposait de simples apéritifs servis sur des tonneaux. En plus, dans les années 50, ils avaient d’immenses cuves qui allaient du sol au plafond pour remplir les bouteilles des clients en cidre ou en vin.
Si je parle de ce petit souvenir, c’est que vous pouvez aller au « Bidule », qui est toujours un des lieux emblématiques de Pornichet : rendez-vous pour les jeunes et les moins jeunes pour un apéritif avant les repas. Je sais que, par exemple, certains neveux et nièces y allaient régulièrement. Pour ma part, ce n’est que tardivement que j’ai utilisé la partie apéritive du Bidule. C’est au-delà de 70 ans que j’y ai dégusté un apéritif, accompagné d’un ami avocat…
En vieillissant, mes parents ont découvert qu’il leur était de plus en plus difficile de recevoir dans la villa où ils résidaient six mois par an depuis la retraite de mon père (prise seulement à 65 ans !)… Ils décidèrent alors deux choses : d’une part d’accueillir leurs jeunes petits-enfants; provisoirement « abandonnés » par les parents qui devaient travailler ou qui n’étaient pas disponibles, d’autre part d’acheter une villa pas trop loin de chez eux pour leurs enfants qui souhaiteraient venir y passer des vacances.
Ils donnèrent à cette villa le nom de « Mikros », ce qui se traduit simplement, pour les rares personnes qui n’auraient pas étudié le grec, par « Petit ». Le succès fut immédiat : de Pâques à la Toussaint, les réservations étaient ouvertes et il était assez souvent difficile de trouver une petite place disponible. Nos parents voyaient ainsi facilement leurs enfants et petits-enfants car une des routes pour aller à la plage passait par « Les Sablons ».
Cette villa a été transmise en héritage, en 1991, à notre dernière soeur, Christel, et je constate que nos parents seraient tout à fait fiers de voir que leur idée est poursuivie par leur dernière fille qui reçoit ses enfants et petits-enfants autant qu’elle le peut dans sa modeste maison, cuisine pour des tablées qui ne sont pas loin de ressembler à celles que nous connaissions tous les jours aux Sablons puisque le minimum était le plus souvent de 11 personnes (les deux parents et les neuf enfants).
C’est mon frère Bruno qui a été le premier, avec son épouse Evelyne, à se lancer et à acheter une villa, « La Chimère », dans une rue tranquille derrière le casino de Pornichet.
Au gré de leurs promenades, les parents ont cherché et trouvé des villas qui pouvaient correspondre aux souhaits de leurs enfants (et à leurs budgets).
C’est ainsi que mon frère Antoine, le poète, a acheté avec son épouse Anne-Sophie, une des villas, Biscaye, située dans l’avenue des Hauts-Plateaux, en face des Sablons. Quelques années plus tard, ils ont acheté la villa jumelle, « Navarre »…
J’avais moi-même indiqué à mes parents que nous pourrions être intéressés par une petite maison. Nous étions alors à Bangkok, bien habitués à voyager de pays en pays, mais il m’apparaissait important pour nos enfants d’avoir une sorte de havre qu’ils pourraient retrouver régulièrement et connaître ainsi davantage une partie de leur famille française. Je me souviens qu’un dimanche matin, rentrant à Bangkok dans notre appartement avec les enfants, mon épouse m’a dit que ma mère avait téléphoné. J’étais étonné car elle n’utilisait que très rarement le téléphone. Je la rappelais et elle m’indiqua qu’en se promenant, mon père et elle avaient une maison à vendre qui conviendrait en tous points à ce que nous cherchions. Je me souviens de ses phrases : « Vous pouvez venir de suite avec seulement une petite valise. La maison est entièrement meublée. D’ailleurs, si vous ne la preniez pas, nous l’achèterions ton papa et moi, car les Sablons sont maintenant trop grands pour nous. » Connaissant le don de ma mère pour avoir toujours su comment loger sa grande famille, je lui ai donné de suite notre accord et c’est ainsi que nous avons pu acquérir cette villa sans mêem l’avoir visitée.
Ainsi donc, depuis 1949, la plus grande partie de la famille se retrouve à Pornichet pendant les vacances scolaires. Les distances sont moins grandes que dans la région parisienne et les vacances donnent davantage de temps. Aux six villas qui appartiennent maintenant à la famille, on peut ajouter trois appartements… Un seul frère de la famillereconnaît ne pas aimer Pornichet. Il n’y vient que rarement, préférant de beaucoup la montagne…
10 août 2026 : « La cuisinière des Kennedy » chez Albert CAMUS
Un livre exceptionnel, magnifique, retraçant la vie splendide – car construite pierre à pierre par elle-même, d’une enfant abandonnée dès sa naissance sur les marches d’une église de Marseille et devenue par son courage, sa ténacité, sa cience acquise au gré des jours, une « ambassadrice » de France, certainement plus importante que beaucoup de ceux qui occupent des postes de prestige simplement parce qu’ils sortent d’une grande école, ou même de certains de ceux qui ont atterri au Panthéon de par la seule volonté d’un présiident dont les mauvais choix ne sont plus à démontrer. (1)
J’ai beaucoup aimé la vie de conte de fée d’Andrée LEUFROY, non de famille donné par l’état-civil car en décembre cette année-là (1907) il neigeait abondamment. Lisez ce livre pour connaître cette extraordinaire française, née sans parents déclarés, mais qui a eu une magnifique réussite en créant sa propre vie.
Comme j’aime énormément Albert CAMUS, je vous cite ces quelques lignes, lorsque Andrée arrive « à la nuit tombée au coeur du village de Cabris » chez une personne qui se repose pour y soigner des poumons malades :
« Un homme sans âge, en robe de chambre, enveloppé d’un châle de laine et les mains protégées de mitaines, l’invite à entrer. La pièce est à peine éclairée par le feu dans la cheminée et la lueur d’une lampe sur un bureau surchargé de livres et de feuillets.
« Bonsoir, madame, entrez vite, je me présente : Albert Camus. » (2)
En honneur à tous les sans-grades, on a ppris l’extrême bonne décision de mettre à l’honneur un soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.
Et voici ce qu’Andrée écrira à son petit-fils des années après son séjour chez Albert CAMUS : « Monsieur (Albert Camus) disait de belles phrases, que j’ai retenues, gardées en mémoire comme dess poésies apprises à l’école et jamais oubliées ». (3)
… »Monsieur m’a appris que derrière un mot peut se cacher tout autre chose. L’hiver, ppar ple, pour les jours passés au sanatorium, les temps de guerre, de peines et d’épreuves… Moi qui ai peu fréquenté l’école, je l’aurais écouté parler pendant des heures tant il était simple et facile à comprendre. Il se mettait à ma portée sans que je m’en aperçoive, je l’ai compris bien plus tard. » (4)
Et ces dernières phrases offertes par Albert CAMUS à Andrée lorsqu’il a quitté la maison pour aller vers son destin dans le triste accident de voiture qui mit fin à ses jours :
« Merci pour tout, Andrée, vous allez me manquer. Faites-moi la promesse de continuer à écrire. Vos recettes, vos souvenirs, vos envies ou votre colère, écrivez-les comme vous me les avez racontés dans cette cuisine dont je garderai le goût et la douceur en mémoire. » (5)
La simplicité permet à des êtres très différents de se comprendre et d’échanger. Je tiens, de mon côté, cette « promesse de continuer à écrire », que mon frère Antoine – le poète – m’avait vivement conseillé de tenir et dont je redis l’importance à tous ceux qui me font l’honneur de lire mes pauvres lignes (et même aux autres !).
J’ai choisi de parler de ce livre avec ces quelques lignes qui concernent Albert CAMUS, mon premier grand maître. Mais tout est passionnant. Lisez la part d’histoire prise par Andrée lorsqu’elle a été au service de la famille KENNEDY. La « petite » Française a eu la chance de tomber sur des employeurs respectueux… et de pouvoir, naturellement, leur faire partager ses immenses connaissances acquises au fil de sa vie.
Andrée, merci. Vous avez une place dans « mon » Panthéon !
1. Valérie PATURAUD - La cuisinière des Kennedy - Les Escales - Pocket 2024
2. Ibid. page 177
3. Ibid. page 179
4. Ibid. page 180
5. Ibid. page 186
22 août 2026 : « Le roi est nu »
Je parcours rapidement, de temps en temps, les journaux subventionnés par les impôts des Français, mais qui ne donnent pourtant à ces derniers que trop peu d’information impartiale.On sent beaucoup trop souvent la retenue de la plume de certains journalistes, qui ont probablement peur de perdre, d’une façon ou d’une autre, les subventions ainsi que les avantages dont disposent non seulement leurs journaux, mais aussi eux-mêmes.
Je suis donc content de saluer un éditorial du Figaro week-end dont le titre « Le roi est nu » m’ a laissé deviner que, pour une fois, les thuriféraires avaient oublié l’encens… J’en garde ces quelques lignes :
« La canicule… a provoqué des dégâts considérables… Incendies… dépenses de santé, baisse de productivité dans les entreprises, mollesse de la consommation, dévastation des recettes agricoles… La facture finale sera salée et il faudra bien la régler…
« Hélas, le roi est nu : endettée jusqu’au cou, croulant sous les déficits, incapable d’enrayer la fuite en avant de la dépense publique, la France n’a plus aucune ressource pour faire face aux circonstances exceptionnelles…
« Apprise par coeur dans toutes les écoles, la morale de La Cigale et la Fourmi s’oublie mystérieusement une fois franchies les portes du pouvoir. Les derniers débâts budgétaires, où toutes les pistes d’économies ont été écartées et où il s’est trouvé une majorité de démagogues pour abroger la réforme des retraites (1), ont témoigné d’une irresponsabilité générale sur la gestion des finances publiques. Ce sont les mêmes qui se désespèrent du manque de moyens face aux ravages de la canicule. » (2)
Me souvenant de mon diplôme de « Pompier d’honneur de la 4ème Compagnie Pompe France de Santiago-du-Chili, il me semble que les pompiers, y compris bien sûr les bénévoles, devraient recevoir, de la part du Président de la République comme du Premier Ministre, autre chose que des discours verbeux et pompeux, discours qui ne connaissent que le futur ou le conditionnel sans aucun programme précis accompagné d’une promesse de vérification accessible à chaque citoyen. Les services que les pompiers délivrent à la population comme à l’environnement auraient certainement dû être une priorité nationale depuis longtemps, puisque, là comme partout, tout est à rebâtir…
S’agissant des journalistes, il ne devrait pas exister un seul jour sans que chacun d’eux ne se rappelle que « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ».
1. Pourtant une minuscule réformette qui ne répondait pas à l'immensité du problème !
2. Le Figaro week-end - Jeudi 13 août 2026 - "Le roi est nu" - Editorial de Gaëtan de CAPELE
4 septembre 2026 : La France d’Outre-mer et le Quai d’Orsay
Guy GEORGY fut gouverneur de la France d’Outre-Mer avant de devenir Ambassadeur de France. Je ne l’ai jamais rencontré, mais je connaissais son nom et sa réputation. Venant de la France d’Outre-Mer, il me faisait penser à Yvan BASTOUIL, un de mes ambassadeurs en Thaïlande, dont j’ai déjà parlé et qui, lui aussi, avait beaucoup aimé sa formation sur les terrains de ses premiers postes africains, à dos de chameau dans le Sahara…
Je n’ai jamais vécu en Afrique et n’y ai fait qu’un seul voyage – très beau – au Maroc, dans les années 60.
Le livre de Guy GEORGY m’a intéressé et fait sourire car il présente des situations africaines bien différentes de nos -pauvres – habituds européennes. Mais je retiens surtout un certain nombre de pages qui m’ont fait penser à la situation actuelle de la triste France qune me retiens pas pour en citer de longs passages : (1)
« Le travail quotidien m’accaparait chaque jour davantage et je ne pouvais opposer à l’hydre développement qui m’enserrait que des efffectifs réduits dans les bureaux et les Robinson Crusoé de toujours au fond des brousses et des villages. Car le principal handicap auquel se heurtaient nos réformes était l’absence d’hommes de terrain et le manque de bras qualifiés pour effectuer la tâche. S’il était facile de trouver des politiciens médiocres pour meubler les assemblées, on ne disposait d’aucun cadre valable, ni d’aucun ouvrier qualifié digne de ce nom sur les chantiers. Il fallait avoir recours aux entreprises métropolitaines et à leur personnel expatrié, hautement spécialisé, qui s’envolaient une fois le marché terminé en laissant les servo-moteurs aux mains des taillleurs de silex. » (page 206)
Les réformes nécessaires et l’absence d’hommes de terrain… Un trop plein de politiciens médiocres et aucun ouvrier qualifié… Guy GEORGY avait compris et j’ai retrouvé lee même problèmeà l’Université de Chiang Mai en Thaïlande.Mon prédécesseur, agrégé, avait, lui, compris, contrairement au soi-disant conseiller culturel, que son poste était inutile aussi longtemps que ses étudiants ne parleraient pas le français…
… En France, actuellement, nous sommes dans la même situation : pléthore de « politiciens médiocres » qui « meublent les assemblées », mais « absence d’hommes de terrain et manque de bras qualifiés »… De toute façon, les réformes éventuellement proposées par les politiciens ne peuvent être que lunaires puisque la réalité de départ est inconnue de ces malheureux discoureurs d’assemblées… Ils ne sont présents que pour pérorer au sujet d’un monde qui n’existe pas… « Il suffit de traverser la rue », disait l’autre. Ce n’est pas avec l’absence de respect que l’on aide à avancer…
Ce que Guy GEORGY a trouvé en Afrique, nous l’avons maintenant en France. La question n’est plus comment passer du sous-développement au développement, mais comment ne pas subir le chemin inverse.
*
« Ce qui m’étonnait également dans la planification française, c’était son caractère universel, autoritaire et parisien. Tout était pensé et dirigé depuis la capitale par des experts omniscients qui décidaient souverainement de ce qui était bon pour l’outre mer… » (Page 206)
La planification française était déjà en situation d’échecs (avec un « s ») puisqu’elle était « parisienne et autoritaire ». Dans la capitale se trouvent toujours – et même beaucoup plus qu’avant – ces « experts omniscients » qui, en fait, ne connaissent pratiquement rien de la réalité, mais décident toujours souverainement… Ce dernier mot me fait sourire (de tristesse) puisqu’ils ne décident plus pour la France. Je relève aussi le mot « parisien ». Il s’agit seulement de quelques endroits de Paris qui constituent leur univers de tyrannie.
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« Puisque la France donnait l’argent, disat-on, il était juste qu’elle fût maître de son utilisation.
« Dès lors, les planificateurs avaient toute latitude pour sacrifierà leur démon favori… la construction généralisée de pyramides reposant sur la pointe. Si quelques exécutants coloniaux suggéraient, par simple bon sens, qu’il était préférable de commencer par la base en éduquant la société rurale, en privilégiant le petit équipement, en organisant l’écoulement des récoltes et les marchés, on lui répondait : dispersion, bricolage, manque de temps, étroitesse de vue et gaspillage d’argent.Tous les voyants de haut et de loin… préconisaient les grands ensembles, les axes de communication, les ports, les aérodromes, les chemins de fer… Si quelqu’un mentionnait qu »un réseau de petits dispensaires de brousse en matériaux légers coûterait moinss cher et toucherait plus de monde, il lui était démontré qu’un grand hôpital général, équipé d’un matériel dernier cri et doté d’un personnel de niveau élevé, drainerait le pays tout entier en faisant honneur à la science française.
« Curieusement, ce que collecteraient ces routes, ces ports et ces temples d’Esculape et ce que coûteraient leur maintenance et leur fonctionnement ne faisaient l’objet d’aucune interrogation pressante…
« Le plan était confié, pour sa réalisation, à de grandes entreprises nationales qui révisaient fréquemment les prix et donnaient lieu à des visites officielles, à des inaugurations spectaculaires et à des discours philanthropiques et doctrinaux. » (Pages 206-207)
La France était considérée comme « juste » parce qu’elle « donnait l’argent ». Cette soi-disant justice – en fait celle des pharisiens – oubliait l’égalité citée dans la devise nationale, celle qui impose le respect des parties en présence et non la domination des uns par les autres…
Le « simple bon sens » demandait de « commencer par la base en éduquant la société rurale… » En lisant ces lignes, j’ai pensé de suite à deux citations d’hommes sages et donc simples et grands :
Confucius : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. »
Moïse Maïmonide : « Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends–lui à pêcher, il mangera toute sa vie. »
Au sujet des « petits dispensaires de brousse », j’ai repensé à ce qu’avait fait le roi Rama IX de Thaïlande (pas son fils, l’actuel Rama X) lorsqu’il a commencé à développer son pays. Le docteur Sawan LERTRIT, boursier du gouvernement français – à l’époque faisait une véritable coopération – m’a raconté, à la fin des années 60 comment le roi organisait le maillage du territoire pour aider de mieux en mieux les populations les plus éloignées et les moinss favorisées. L’hôpital de Lampang, où avait été nommé le docteur Sawan, avait été chargé du petit dispensaire qui existait à Mae Hong Son, entre Chiang Mai et la frontière birmane. Chacun médecin de Lampang devait à tour de rôle aller passer un mois à Mae Hong Son et faire en sorte de trouver la meilleure solution à tous les problèmes qui pouvaient survenir sans beaucoup de moyens. Le dispensaire avait donc toujours un médecin compétent qui aidait les infirmières et le personnel du dispensaire. Le moment venu et les crédits accordés, le dispensaire était transformé en petit hôpital régional et de jeunes médecins issus des nouvelles promotions y étaient nommés.
Le succès de cette coopération de proximité se révéla très bénéfique et les partcipants étaient fiers de participer au développement de leur pays et de l’oeuvre créée par un roi très sage pour le bien de son peuple.
Une dernière remarque concernant « la maintenance et le fonctionnement » de ces « pyramides inversées ».. Regardez en France actuellemment : le grand dérapage des comptes publics provient de la maintenance et du fonctionnement… Il n »y a plus d’argent pour créer ou pour investir, mais il y en a toujours pour faire fonctionner même l’inutile.
*
« Dans le domaine agricole… les agronomes locaux… s’essayaient dans des réalisations de stations ou de fermes expérimentales ambitieuses dont certaines furent des réussites, mais dont beaucoup d’autres ne correspondirent que trop au scénario suivant : une équipe délimitait, à grand renfort d’arpentage, un périmètre connu pour sa fertilité naturelle, sa richesse en eau, son micro-climat et ses facilités d’accès. Les premiers créditsé se portaient, en priorité, sur la résidence « polyvalente » du chef de projet et sur des allées plantées d’arbres. Le directeur ne pouvant se concevoir sans adjoints ni techniciens, de nouvelles dotations budgétaires étaient consacrées aux locaux d’habitation du personnel et de la main d’oeuvre sans oublier la constitution d’un parc automobile et de matériel lourd avec son accompagnement de mécaniciens et de dépanneurs.
« Je n’omettrai pas… la réserve d’eau en forme de piscine et le malaise des chercheurs qui réclamaient des laboratoires et des centres de documentation, ni le stress permanent du directeur accaparé à longueur d’années par la préparation de son budget et des programmes d’etension.
« Après de longs tâtonnements, l’expérimentation pouvait enfin commencer. Sur un vaste terrain… étaient répandues des graines sélectionnées venues de loin, qui allaient apporter la preuve que sans souci du prix de revient, avec un outillage approprié, un sol moyen, des engrais choisis, de l’eau, du soleil et une surveillance assidue, tout pouvait pousser sur le sol d’Afrique.
« Le paysan noir du voisinage… Trois bons agents d’encadrement attachés au village lui auraient servi davantage à affiner ses méthdes ancestrales. Je ne m’expliquais cette conviction que seule la haute technologie ne triompherait du sous-développement que par la mauvaise habitude de transposer, sans nuance, des concepts métropolitains dans un monde hors du temps et de l’histoire…
« En Afrique, la base était un désert néolithique sur lequel notre système ne ppouvait avoir prise…
« Nos moyens financiers trop réduits pour l’immensité de la tâche à accomplir incitaient les planificateurs à choisir de préférence les opérations spectaculaires plus faciles à chiffrer et à réaliser, qui donneraient de belles photographies, des effets médiatiques et politiques plus satisfaisants que les divagations à tâtons dans le marécage des bonnes idées. » (Pages 208-209)
Il est navrant de constater que l’amélioration de la situation des paysans africains il y a quelques décennies a été aussi pauvre que celle des paysans français depuis un temps un peu plus court… Les ambitions trop éthérées et éloignées de la réalité ne peuvent engendrer, sauf exception, que des échecs.
Les directeurs de projet qui ne rêvent que de nouvelles dotations budgétaires et de nouvelles arrivées de personnel.Combien de fois ai-je, hélas, vérifié cela dans les ambassades, où un chef de poste arrivant n’a de cesse de quémander des subsides pour améliorer son budget et de demander la nomination de personnel supplémentaire, même si lui-même n’a pas encore commencé à travailler sérieusement en réorganisant son ambassade ou en faisant par lui-même ce quui ne peut – si c’est le cas – être fait par ses collaborateurs déjà sur place.
Quant au choix prioritaire des « opérations spectaculaires » destinées à ne produire que « de belles photographies et des effets médiatiques et politiques », chacun sait que le mal décrit par Guy GEORGY se retrouve de nos jours en France dans la soi-disant « communication » qui n’est souvent qu’une esbroufe organisée. L’Afrique en a souffert, la France en meurt !
*
Je ne peux que féliciter Guy GEORGY pour ces lignes :
« Il n’existe aucun exemple concret dans le monde d’un peuple ou d’une nation qui ait changé sa condition autrement que par ses sacrifices et sa volonté sans faille d’aboutir. Dans le concert des puissances avancées qui ont tenté la grande aventure de la promotion des pays sous-développés, la France eu, comme les autres, sa part de maladresse et d’échecs, mais elle est de celles qui sont allées le plus loin dans le désintéressement et le témoignage de sa bonne volonté. » (page 211)
Ces pages m’ont donné le regret de n’avoir jamais travaillé avec cet ambassadeur, ancien de la France d’Outre-Mer, habitué à travailler avec la réalité plutôt qu’avec les chimères. Je reconnais avec lui que « les sacrifices et la volonté sans faille d’aboutir » sont les moteurs indispensables, non seulement pour le progrès d’une nation, mais aussi pour le développement des personnes… Sans « désintéressement » et « bonne volonté », il n’existe guère de réalisation…
Peut-être, en lisant ces lignes « africaines » d’une grande personnalité française comprendra-t-on davantage mon respect du développement (certes imparfait) effectué par les Chinois… « Désintéressement, bonne volonté » et j’ajoute amour du pays… Regardez le résultat et faites la comparaison avec le sous-développement de la France aujourd’hui.
1. Guy GEORGY - Le petit soldat de l'Empire - Flammarion 1992 - Pages 206 à 211
7 septembre 2026 : Le général de GAULLE et l’URSS
« Il est incontestable qque de Gaulle… attribuait la plus grande importance aux relations de la France avec l’URSS pour la guerre et l’après-guerre. Le 20 janvier 1942, dans un discours célébrant la victoire soviétique devant Moscou, il déclara : « Dans l’ordre politique l’apparition certaine de la Russie au premier rang des vainqueurs de demain apporte à l’Europe et au monde une garantie d’équilibre dont aucune puissance n’a, autant que la France, de bonnes raisons de se féliciter. Pour le malheur général, trop souvent depuis des siècles l’alliance franco-russe fut empêchée ou contrecarrée par l’intrigue ou l’incompréhension. Ele n’en demeure pas moins une nécessité que l’on voit apparaître à chaque tournant de l’histoire. » (1)
Né un an après ce discours, j’ai été certainement trop jeune pour comprendre toute la « politique » du général de GAULLE, jusqu’à sa mort en 1969.
Maintenant que j’ai vu et traversé mon lot d’épreuves, je comprends, chaque fois que j’en ai l’occasion, l’immense chance de la France d’avoir eu à sa tête le général de GAULLE.
J’en ai découvert un nouvel exemple dans le livre de Jean-Marie SOUTOU « la guerre froide de la France 1941-1990 » : plus de 600 pages, un véritable « pavé ».
Où sont les différences, entre 1942 et aujourd’hui, dans les relations entre la France et la Russie ?
Le général de GAULLE a voulu faire exister une alliance franco-russe, « trop souvent depuis des siècles… empêchée ou contrecarrée par l’intrigue ou l’incompréhension ». Ce sont ces deux derniers états qui sont trop souvent présents aujourd’hui. Intrigue et incompréhension sont les mots d’ordre – en fait de désordre – vis-à-vis de la Russie, exprimés par nos plus hauts dirigeants, du président à son ministre des affaires étrangères.
Et pourtant, comme en 1942, cette allance est une « nécessité », plus que jamais… Ce sont ceux qui ne cessent de dire qu’il faudrait plus d’Europe pour résoudre les problèmes – La France, l’Allemagne avec la Commission dévoyée -, alors qu’ils cherchent à imposer une Europe – à leurs bottes – en excluant le plus grand pays d’Europe.
La soution n’est pas chez ces gens-là. Certes, comme au temps du Général de GAULLE, dans les années 40 comme dans les années 60, la « solution » n’est pas aisée à trouver. Encor faudrait-il la chercher et se mettre au travail, comme dans tous les domaines où la France perd pied…
De GAULLE avait réussit à trouver sa voie avec la Russie dans les années 40 et 60. Pourquoi pas nous ? Encore faudrait-il, pour nous, commenceer par respecter la Russie, comme en son temps l’a fait aussi Jacques CHIRAC. Il faut respecter l’histoire et la civilisation de chacun des peuples européen, de l’Atlantique à l’Oural. En aucun moins, il ne faut se croire supérieur ou vouloir s’imposer : détente, entente, coopération devraient, une nouvelle fois, constituer les maîtres-mots.
1. Georges-Henri SOUTOU - La guerre froide de la France 1941-1990 - Texto 2013 - Page 40
8 septembre 2026 : Inféodation, servitude ou équilibre
Continuant ma lecture pour découvrir des remèdes qui pourraient et devraient être utilisés dans la France malade d’aujourd’hui, je suis tombé sur ces lignes :
« Tout est compliqué par le fait que de Gaulle, à côté d’un esprit de suite considérable et d’une vue toujours construite et raisonnée des relations internationales, était aussi un pragmatique, pour ne pas dire un cynique, capable de changer très rapidement ses batteries et d’abandonner, au moins provisoirement, le système suivi précédemment. Par exemple, ses propos du 20 avril 1943…
« Il ne faut pas oublier que nous sommes seuls au milieu d’étrangers. Car les Alliés sont des é »trangers. Ils peuvent demain devenir des ennemis. Girault est en train de s’inféoder à l’Amérique. Il prépare une certitude certaine de la France et court vers de grandes désillusions. Jamais l’Amérique ne consentira à s’intéresser sérieusement aux affaires politiques de l’Europe. Moi, je ne veux pas de politique d’alliances, arrêtée une fois pour toutes. Je veux que la France joue un rôle d’équilibre dans le monde, s’appuyant tantôt sur la Russie, tantôt sur l’Angleterre, etc… La France doit chercher sa voie, seule, et fixer sa place dans le monde avec ses propres moyens. » (1)
Quelle belle valeur que la « solitude » pour « chercher sa voie et choisir sa place dans le monde par ses propres moyens et l’aide de quelques personnes sûres et sages. Ce n’est pas une remarque en l’air, c’est une vie de recherche(s), valable aussi bien pour chaque personne que pour chaque pays. Les valeurs de celui qui crée, les valeurs de l’artisan…
Autrement – et de GAULLE décrit l’évidence – c’est l’inféodation qui prépare la servitude. De nos jours, nous y sommes : inféodés à l’Europe, inféodés à l’OTAN, et donc en pleine servitude. Nous avons perdu notre « rôle d’équilibre dans le monde » qui est pourtant notre vocation.
1. Georges-Henri SOUTOU - La guerre froide de la France 1941-1990 - Texto 2013 - Pages 73-74
9 septembre 2026 : Le rôle international de la France
« Georges BIDAULT », ministre des affaires étrangères, « estimait que la France devait jouer un rôle mondial, au même niveau que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, et ne pas dissoudre sa liberté d’action internationale dans un ensemble européen. » (1)
Certains comprenaient donc déjà, en 1952, que la France avait un « rôle mondial » et que pour le sauvegarder elle ne devait pas « dissoudre sa liberté d’action internationale dans un ensemble européen. »
Pour moi, ce rôle international ne peut plus être comparable à celui des Etats-Unis. Pour la France, il suffit de constater le rôle indispensable donné par le général de GAULLE à la politique étrangère : pas de participation aux guerres, mais une recherche de la paix et de la coopération… Le bon sens était, à cette époque, vivant et la clarté des déclarations et des décisions emportaient l’assentiment des hommes de bonne volonté : au Cambodge contre la guerre du Vietnam, au Québec pour l’autodétermination des peuples, en Allemagne pour la réconciliation, en Amérique latine pour renouer les liens « latins » de cette immense partie du monde, en Chine où il n’a pas pu se rendre, mais où, le premier des Occidentaux, il a compris et accepté qu’on ne pouvait laisser de côté un pays aussi peuplé et ayant une somptueuse histoire millénaire… Cette petite énumération est bien peu de choses, mais de GAULLE ne voyait pas la France sans cette relation culturelle et historique avec le monde entier.
Quelle leçon, hélas oubliée par les successeurs : Georges POMPIDOU et Emmanuel MACRON, davantage « fabriqués » par Rothschild que par la France et les Français; Valéry GISCARD d’ESTAING, préoccupé avant tout par ses chasses personnelles; François MITTERRAND, surdoué du changement de fusil d’épaule; Jacques CHIRAC qui me semble avoir abandonné les forces données dans sa jeunesse à la Corrèze et au travail acharné, pour le respect des volontés de sa fille Claude, trop à l’aise dans le show-biz et les médias; Nicolas SARKOZY, « l’américain », ce qui est tout dire : retour dans le commandement intégré de l’OTAN et valet de George W. BUSH; François HOLLANDE, arrivé par hasard, préoccupé de la Vespa et des croissants, et rêvant d’etre, une nouvelle fois, à l’Elysée…
1. Georges-Henri SOUTOU - La guerre froide de la France 1941-1990 - Texto 2013 - Page 271
10 septembre 2026 : Une grand dame du Quai d’Orsay, à la retraite
Une de mes grandes et efficaces collaboratrices m’écrivait, il y a déjà trois années, les lignes suivantes au sujet de sa « reconversion » au début de sa retraite :
« J’avais imaginé que je pourrais être très forte et résister aux difficultés sur le chemin de l’aide aux autres… J’ai « planté » le Secours populaire dont l’antenne ici est un nid de ragots et de « coups dans le dos », pas du tout ce que j’aime. Et je me félicite de choix, car il n’y avait aucune humanité, juste des intérêts personnels bien déguisés et beaucoup de malversations ! Bref, c’est clos. »
Personne ne pourra me faire admettre que tout va pour le mieux dans le royaume de France. Les témoignages que je reçois de mes amis et connaissances me le prouvent. C’est le cas, par exemple, pour le travail, ce qui se taduit par un départ anticipé à la retraite en raison de la « tyrannie » insupportable des supérieurs qui n’ontt même pas l’idée d’écouter leurs subordonnés pour commencer à comprendre les problèmes réels qu’ils affrontent… C’est le cas de ma factrice, connaissant tous les gens de sa tournée et qui a préféré partir…
C’est le cas, encore, pour le travail, avec cette discussion récente au marché de Pornichet. J’ai interrogé un des marchands dont j’aime bien les produits et qui a souvent été passé des vacances en Asie, spécialement en Indonésie, mais aussi en Thaïlande et nous parlons donc ensemble un peu le thaï. Je lui ai demandé si la saison estivale -juillet, août – avait été bonne pour lui. Il m’a répondu que c’était le cas, mais qu’il n’aimait pas trop cette affluence de clients car elle lui empêchait d’avoir avoir eux ses relations habituelles : quelques mots de vie et pas seulement de commandes et d’encaissements… Un véritable marchand !
Un certain nombre de personnes veulent encore aider, bénévolement. J’ai pu le faire un peu moi-même parce que, dans des moments vraiment difficiles de dénigrement gratuit et d’interdicton de changer, même faiblement, un système pourri et vermoulu, j’ai été aidé par des gens honnêtes et serviteurs de l’Etat.
Aujourd’hui, même dans des associations qui ont comme vocation d’aider les plus défavorisés, on peut faire des découvertes semblables à celles vécues par ma collaboratrice.
Je repense à la joie – rare — dont j’ai déjà parlé en découvrant le désintésssement des gens d’Emmaüs à Saint-Nazaire.
Je suis sûr que la ténacité de mon amie lui permettra de trouver des associations où l’aide apportée aux plus pauvres est la seule vérité.
11 septembre 2026 : Une conseillère communication et la liberté de la presse
J’ai eu la grande chance de connaître, pendant mes périples quelques journalistes intègres pour lesquels la liberté de la presse était inviolable, mais qui, pour cette raison précise, n’étaient eux-mêmes ni à acheter ni à vendre. Le plus bel exemple auquel je pense reste, pour moi, Jean-Manuel LUCBERT, correspondant du Monde à Pékin, dont je parle dans mes souvenirs de Chine.