Chronique : « AU GRE DES JOURS » 2013-2015

 

Cette chronique a reçu, de 2013 à 2015, à l’occasion de lectures, d’informations, de souvenirs…, des exemples qui illustrent concrètement les idées présentées dans « Doléances ».

Ces exemples rappelleront, « au gré des jours », que les réformes qui ne sont pas réalisées à temps conduisent au déclin et, un jour ou l’autre, à la révolte ou à la révolution.

Ici sont donc rassemblés, « au gré des jours », mes coups de gueule, mais aussi mes coups de cœur.

Bonne lecture.

Pierre PETIT

 

 

NOTE DE MAI 2020 /

Le confinement dû à la COVID-19 m’a donné l’occasion de relire ces quelques pages. Je n’ai rien eu à changer, pas une ligne, puisque la France, comme d’habitude, ne se réforme pas et s’enfonce donc de plus en plus dans le sous-développement.

Ces remarques sont accessibles à tous sur internet, depuis déjà quelques années. Mon idée première a été de les écrire plus spécialement à l’attention de mes petits-enfants et de tous mes petits-neveux… Dans dix ou vingt ans, disons vers 2030 ou 2040, je serai heureux, malgré mon absence, de savoir que quelques-uns au moins, quelques-uns peut-être, les auront lues et mieux perçu l’évolution de leur pays et du monde, depuis leur enfance jusqu’à leur âge adulte. Je souhaite naturellement que cette évolution soit positive. Pour le moment, hélas ! ce n’est qu’un souhait !

Pierre PETIT

 

 

 

1. 31 décembre 2013 : Mots croisés
2. 1er janvier 2014 : Edouard MARTIN
3. 4 janvier 2014 : Vœux du Président
4. 12 janvier 2014 : "Vacances" et "tradition républicaine"
5. 16 janvier 2014 : Privatisation
6. 28 janvier 2014 : Algarade à l'Assemblée nationale
7. 2 avril 2014 : Nouveau gouvernement
8. 18 mai 2014 : Procès "Envoyé spécial"
9. 28 mai 2014 : Affaire Bygmalion - Démission de Jean-François COPPE
10. 3 juin 2014 : Visite du Pape à Lampedusa
11. 14 août 2014 : Médicaments à l'unité
12. 4 septembre 2014 : Démission de Thomas THEVENOUD
13. 18 septembre 2014 : Jean DANIEL et Barack OBAMA
14. 1er octobre 2014 : Dette
15. 3 octobre 2014 : Comptes de campagne de Nicolas SARKOZY
16. 6 novembre 2014 : Emission avec le Président de la République
17. 5 décembre 2014 : Aéroport de Toulouse
18. 16 décembre 2014 : Candidature BUSH
19. 17 décembre 2014 : CUBA - ETATS-UNIS
20. 23 décembre 2014 : Décès de Jacques CHANCEL
21. 1er janvier 2015 : Vœux du Président
22. 3 janvier 2015 : Nicolas BAVEREZ : l'évidence
23. 8 janvier 2015 : Lettre au Président de la République
24. 12 janvier 2015 : Abd El Malik
25. 15 janvier 2015 : le Pape François et la liberté d'expression
26. 16 janvier 2015 : La longue marche de Martin Luther KING
27. 25 janvier 2015 : Nathalie LOISEAU : "Choisissez TOUT"
28. 30 janvier 2015 : "Le citoyen au cœur des institutions françaises"
29. 31 janvier 2015 : Interview d'Alain JUPPE
30. 5 février 2015 : LCP Assemblée nationale et Public Sénat
31. 6 février 2015 : Emile ZOLA et la "basse presse"
32. 11 février 2015 : UKRAINE
33. 12 février 2015 : "Evolutionnaire"
34. 15 février 2015 : Réserve parlementaire
35. 19 février 2015 : Bruno MASURE et le CSA
36. 24 mars 2015 : Jean-Philippe MAGNEN
37. 11 avril 2015 : Alexandra DAVID-NEEL
38. 18 avril 2015 : Albert CAMUS et René CHAR
39. 6 juin 2015 : Sondages : HOLLANDE et SARKOZY
40. 25 juin 2015 : MOSCOVICI et SAPIN
41. 14 septembre 2015 : "Le monde politique est à bout de souffle"
42. 15 septembre 2015 : Michel COMBES : La honte
43. 10 octobre 2015 : "Borgen" et les "spin doctors"  

 

1. Mots croisés – 31 décembre 2013

Définitions de Michel LACLOS, en neuf lettres :

  • « Ne sont jamais regrettables quand elles se présentent, mais avec un con le sont encore moins. »
  • « Portent plaintes »

Réponse : Doléances

 

2. Edouard MARTIN – 1er janvier 2014

« Edouard MARTIN, syndicaliste de Florange, conduira la liste socialiste du Grand Est aux élections européennes. »

Enfin une bonne nouvelle ! L’important, ce n’est pas la « rose » socialiste, mais l’amorce d’un renouvellement de la classe politique par l’arrivée d’une figure neuve ayant exercé des responsabilités autres que politiques.

Cette annonce n’aurait pas dû être une surprise. Ce devrait être le chemin normal. D’abord faire ses preuves dans un domaine de la société civile avant de mettre les compétences acquises au service du pays. C’est le contraire qui est beaucoup trop souvent constaté : l’entrée en politique de ceux et celles qui n’ont d’autres preuves de leurs compétences que leur ambition, quelques parchemins et souvent un parachute et du piston.

Les railleries entendues (« aller à la soupe », « un de casé »…) dénotent une fois de plus combien ceux qui sont déjà « casés » dans la « soupe » essaient et essaieront de préserver et leur case et leur soupe. Pas question d’accueillir de nouveaux venus qui pourraient bouleverser la répartition des fromages et innover avec des idées nouvelles. La soupe est trop bonne… Honte aux railleurs !

 

3. Vœux du Président – 4 janvier 2014

Je repense aux vœux du Président : « Je prendrai, dès le printemps prochain, des initiatives avec l’Allemagne pour donner plus de force à notre Union. »

Aucune autre précision.

Le type même du baratin inutile. Si vous avez quelque chose de concret à dire, dites-le. Les Français vous écoutent. S’il s’agit une fois de plus de faire croire que vous êtes en train de préparer quelque chose, taisez-vous et travaillez. Quand vous serez prêt, vous pourrez alors présenter et expliquer aux Français vos « initiatives »…

En attendant, par pitié, taisez-vous. Les Français n’ont pas de temps à perdre à rêver à la lune. Et vous, vous avez du travail. Cessez de parler pour dire que vous allez faire… Faites !

 

4. « Vacances » et « Tradition républicaine » de l’Assemblée nationale et du Sénat – 12 janvier 2014

A partir du 28 février prochain, l’Assemblée nationale et le Sénat se mettent en vacances pour cinq semaines afin de faire campagne pour les élections municipales !

El le Ministre des Relations avec le Parlement ose qualifier ces « vacances » de « tradition républicaine » !

Monsieur le Ministre, cessez de mentir ! Vous savez très bien que ce n’est pas une « tradition républicaine », mais une tradition instaurée par les profiteurs de la République. Ce n’est pas pareil ! Et vous n’avez même pas eu le courage de rappeler à cette occasion la position de votre propre gouvernement sur le non-cumul des mandats, ni de vilipender ceux qui ont l’audace de s’y opposer… Vous n’avez rien dit non plus sur les salaires et indemnités, versés ou non (!), pendant ces « vacances », de ces malheureux nécessiteux.

Les parlementaires sont élus d’une circonscription. On peut espérer que leur élection est due au savoir-faire et aux compétences qu’ils ont montrés dans les domaines d’activité qui étaient les leurs dans cette circonscription, et non à un quelconque parachutage.

Mais une fois élus députés ou sénateurs, ils sont au service exclusif de l’ensemble du pays et de ses habitants, et doivent consacrer tout leur temps et toute leur énergie à leurs nouvelles fonctions. Finies les promenades continuelles dans les anciennes circonscriptions, finies les « vacances » pour campagne électorale.

Fini surtout le cumul des mandats. Honte à tous les cumulards ! Parmi les trois millions de chômeurs que compte le pays, il y en a certainement quelques-uns qui serait capables, au moins autant que vous, d’occuper une de vos fonctions. Comme l’a dit le Président que personne d’entre vous n’écoute : « Un chômeur de moins, c’est une famille qui revit. » Mais vous n’en avez rien à foutre, n’est-ce pas ? Lui non plus d’ailleurs qui aurait dû organiser un référendum sur le non-cumul des mandats dès son élection.

Y a-t-il eu un seul député ou un seul sénateur pour se lever contre votre « tradition républicaine » et s’y opposer ? Y a-t-il eu un seul député ou un seul sénateur pour se lever contre ces « vacances » et s’y opposer ? La France peut attendre ! Pourtant, elle a besoin de parlementaires consacrés entièrement à leurs fonctions; elle n’a pas besoin de ceux qui se mettent en « vacances » pour respecter la « tradition républicaine » et qui ne font pas leur travail.

Mais quand donc changeront-ils ? Jusqu’à quand le scandale de ceux qui ne travaillent pas pour la France, mais pour eux-mêmes, sera-t-il toléré ?

Comme par hasard, le Président, si disert d’habitude, n’a rien dit.

 

5. Privatisation – 16 janvier 2014

Un communiqué annonce que l’Etat a vendu 8 millions d’actions Airbus, soit environ 1% du capital, pour 451 millions d’euros.

L’utilisation de cette somme n’est pas précisée. C’est dommage, regrettable et inadmissible. L’Etat, quand il vend une partie des biens du peuple, devrait impérativement indiquer clairement l’emploi qu’il entend faire de l’argent reçu.

S’il s’agit de réduire le déficit du budget, la vente des biens ne peut être tolérée. L’équilibre du budget doit venir de la diminution des dépenses, et non de la vente du patrimoine national, ni d’ailleurs de l’endettement.

Depuis toujours, l’argent des privatisations et des ventes de biens de l’Etat n’aurait jamais dû être employé à autre chose qu’au remboursement du capital de la dette. Il s’agit de décence et de respect de la part de ceux qui nous gouvernent.

Mais il semble tellement plus simple de continuer les errements passés et de laisser à la génération future la facture globale de la dette qui ne cesse d’augmenter puisque rien n’est fait pour la réduire.

 

6. Algarade à l’Assemblée nationale – 28 janvier 2014

Un député demande au Premier Ministre la démission du Président de la République puisque sa promesse d’inverser la courbe du chômage n’a pas été tenue. Le Premier Ministre se fâche et demande à l’opposition de respecter le suffrage universel.

Au nom des grands principes, le principal est laissé de côté. La courbe du chômage, qui a progressé de 5,7% en un an, devrait être l’objet d’un consensus national pour un changement de politique.

Les diatribes et les coups de gueule doivent être ce que nos gouvernants et nos parlementaires appellent le dialogue ! Quant aux promesses électorales réitérées et infondées, elles montrent la nécessité d’une réorganisation des campagnes électorales qui ne ressemblent actuellement en rien à des propositions de programmes fiables, réalistes et réalisables. On enfume le peuple, comme d’habitude. Triste spectacle, mais l’Assemblée nationale, souvent quasi déserte, ne devrait pas se transformer en théâtre lorsque les télévisions sont présentes.

 

7. Nouveau gouvernement – 2 avril 2014

Quelle tristesse ! Il suffit d’écouter la lecture de la liste des ministres pour savoir que l’échec est déjà annoncé.

Numéros 2 et 3 du gouvernement, les éléphants vieillis du parti socialiste, Laurent FABIUS et Ségolène ROYAL…

Le jeu des chaises musicales continue. L’un passe du budget à l’intérieur, l’autre de l’économie sociale et solidaire à l’éducation nationale, un autre encore du travail aux finances… C’est clair ! Nos ministres, incompétents dans leurs domaines de compétences, demeurent les meilleurs; donc ils peuvent être placés n’importe où pour faire n’importe quoi.

La justice ne sera ni davantage indépendante, ni davantage impartiale puisqu’elle reste dirigée par une partisane…

Personne, bien entendu, ne vient de la société civile, cette dernière étant sûrement considérée comme inutile par tous ces politicards chevronnés…

En fait, le Président a fait semblant de changer pour répondre à l’attente des Français, mais en ne changeant rien puisqu’il a annoncé depuis longtemps qu’il savait où il allait et qu’il n’entendait pas changer de route…

Je relève un point provisoirement intéressant : seize ministres. C’est largement suffisant… Mais le pire est à venir prochainement avec la nomination d’un lot de secrétaires d’Etat qui seront aussi inutiles que dispendieux…

 

8. Procès « Envoyé spécial » – 18 mai 2014

Je ne suis pas étonné par l’annonce (1) d’un procès en correctionnelle à Grenoble, intenté par des habitants de La Villeneuve, contre un reportage de l’émission « Envoyé spécial ». En janvier dernier, le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait reproché à France 2 un « manquement » à ses « obligations déontologiques » pour un reportage « insuffisamment équilibré ».

Il ne suffit pas en effet de présenter des sourires angéliques pour faire croire que l’information diffusée est objective et impartiale. Qui n’a connu de ces journalistes envoyés en France et dans le monde, qui reconnaissent que la ligne du reportage leur a été donnée avant leur départ et qu’ils doivent la suivre sous peine de n’être ni diffusés ni publiés ?

Il faudra encore d’autres procès de cette sorte avant de disposer d’une information impartiale, que nous avons perdue.

1. Le Figaro - 15 mai 2014

 

9. Affaire Bygmalion – Démission de Jean-François COPPE – 28 mai 2014

Il n’est pas admissible d’entendre des responsables de campagnes électorales, soit en leur qualité de candidat – tel Nicolas SARKOZY -, soit en leur qualité de chef de parti politique – tel Jean-François COPPE – , déclarer qu’ils ne sont pour rien dans les dérives budgétaires ou les magouilles concernant leurs dépenses de campagne. Sans préjuger de leur bonne foi telle qu’ils la proclament, on ne doit plus accepter ces soi-disant responsables, qui prétendent gouverner la France et gérer son budget, mais sont incapables de contrôler leurs propres dépenses. Ils se disent non-coupables, mais ils sont au moins irresponsables.

De tels errements pourraient être évités en diminuant drastiquement les sommes allouées et autorisées pour les campagnes électorales. Le contrôle de leur emploi, qui devrait être fait au fur et à mesure de la campagne, en serait facilité.

 

10. Visite du Pape à Lampedusa – 3 juin 2014

En juillet dernier, il y a presque un an, le Pape se rendait à Lampedusa. Que reste-t-il de ce voyage ?

Un beau discours, c’est vrai, comme savent en faire les grands de ce monde. Il a souhaité « réveiller nos consciences », « changer concrètement certaines attitudes »… il a souhaité voir davantage de « compréhension, accueil, solidarité, responsabilité »…

« Concrètement » ? Il a raison. Aujourd’hui, parler ne suffit plus. Les politiques et les journalistes le font, eux aussi, quotidiennement et beaucoup trop. Il faut que les actes viennent en même temps que les paroles.

Je me suis demandé combien de familles avaient, ce jour-là, été accueillies par le Pape, étaient rentrées avec lui, dans le même avion, au Vatican, y avaient été adoptées par lui, logées, nourries, blanchies et éduquées jusqu’à ce que les parents aient trouvé un travail et les enfants terminé leurs études.

« Words, words, words ». Je préfère la décision prise il y a longtemps par Jacques CHIRAC et son épouse d’accueillir chez eux une jeune Vietnamienne lors de l’arrivée en France d’un groupe de boat people.

 

11. Médicaments à l’unité – 14 août 2014

Tout le monde connaît les armoires à pharmacie des familles françaises, remplies de médicaments périmés ou en voie de l’être, parce que le médecin a prescrit, par exemple, un comprimé tous les soirs pendant huit jours, mais que le pharmacien a vendu ce qu’il avait, c’est-à-dire une boîte de 12 ou de 25 !

Il serait simple d’arrêter ces gaspillages en obligeant les pharmaciens à respecter l’ordonnance du médecin et donc à délivrer les médicaments à l’unité.

Je connais des pays, appelés chez nous en voie de développement, qui délivrent les médicaments à l’unité depuis bien longtemps. C’est simple. Les comprimés nécessaires sont placés dans un sachet sur lequel le pharmacien inscrit le nom du patient, la dose prescrite, la date et éventuellement d’autres informations importantes.

Nous sommes en France, paraît-il, les meilleurs, surtout pour la protection sociale. En fait nous gaspillons et la ministre de la Santé peut déclarer qu’un « médicament sur deux n’est pas consommé »… Mais au lieu d’arrêter ce gâchis, elle annonce que des expérimentations de vente à l’unité de certains antibiotiques vont être menées pendant un an dans environ 200 pharmacies « volontaires »… Ensuite une évaluation sera faite !

Autant dire de suite qu’à la fin du quinquennat, rien de sérieux n’aura été fait. Mais peu importe ! Nous sommes les meilleurs !

 

12. Démission de Thomas THEVENOUD – 4 septembre 2014

Seulement neuf jours après sa nomination en qualité de secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Thomas THEVENOUD a dû démissionner pour « retards de déclaration et de paiement à l’égard de l’administration fiscale ». « Ah! qu’en termes galants ces choses-là sont mises! »

Mais l’intéressé souhaite conserver son mandat de député de Saône-et-Loire! Il ne manque pas de culot!

Sans attendre de décision judiciaire, lorsqu’un politique reconnaît de semblables errements, il devrait démissionner de son mandat de député (et de tous ses autres mandats), par évidence, honnêteté et respect de la démocratie. Si ce n’est pas le cas, l’Assemblée nationale devrait s’en charger, ne serait-ce que pour retrouver un peu de la crédibilité qu’elle ne cesse de perdre.

S’il n’existe pas de procédure interne pour exclure un parlementaire, alors, mesdames et messieurs les députés, réveillez-vous et adaptez vos statuts à l’évolution du monde!

 

13. Jean DANIEL et Barack OBAMA – 18 septembre 2014

Superbe phrase de Jean DANIEL (1) :

« L’arrivée au pouvoir de Barack OBAMA, qui était un immense pari, un de ces paris qui sont censés changer le monde, suscite un sentiment d’échecs, et on en vient à douter de la possibilité même d’une solution. »

Superbe… et attristante!

En démocratie, l’élection d’un nouveau président est toujours un pari, censé changer le pays, si ce n’est le monde. Mais ensuite, quelle désillusion!

Les femmes et hommes politiques ont l’impérieux devoir de réformer la démocratie, et donc de se réformer, avant que leur échec ne soit total.

1. Jean DANIEL - Le Nouvel Observateur, 18 septembre 2014

 

14. Dette – 1er octobre 2014

2.023.700.000.000 euros!

C’est la dette de la France au 30 juin 2014, soit plus de 95% du PIB.

Le Président peut rappeler, avec raison, que cette dette a augmenté de 600 milliards d’euros pendant le quinquennat de son prédécesseur. Mais pendant les deux premières années de son propre mandat, elle a encore augmenté de 200 milliards.

Où est le progrès ?

 

15. Comptes de campagne de Nicolas SARKOZY – 3 octobre 2014

Ah! Les explications brumeuses et fumeuses de Nicolas SARKOZY pour tenter d’expliquer et de faire admettre le dérapage lamentable de ses comptes de candidat à la présidentielle de 2012!

J’en ai retenu qu’il n’était pas au courant et que président en exercice et candidat, il n’avait pas le temps de s’occuper de ça. Je cite ses mots de mémoire.

Il n’y a que deux solutions. Ou bien il s’agit d’un mensonge, ou bien il ne s’agit pas d’un mensonge. Dans les deux cas, le président-candidat est à sanctionner au moins moralement, car il appartient à tout candidat de suivre et de vérifier scrupuleusement ses comptes de campagne, par respect pour les autres candidats, pour le peuple dont les suffrages sont sollicités et pour la démocratie.

D’une façon ou d’une autre, l’élection de 2012 n’a pas été transparente. A ce rythme-là, nous devrons bientôt faire venir en France, comme c’est déjà le cas dans d’autres parties du monde, des observateurs internationaux impartiaux pour assurer l’honnêteté non seulement des élections elles-mêmes, mais aussi des campagnes électorales. La vérification ultérieure des comptes ne sert pas à grand chose si elle n’entraîne pas l’annulation des élections et la disqualification des tricheurs.

 

16. Emission de télévision avec le Président de la République – 6 novembre 2014

Je me suis cru transporté en province, dans une petite permanence de parti, avec un Président candidat à une élection locale, qui recevait quatre de ses électeurs.

Les remarques formulées par ces derniers étaient intéressantes puisqu’elles venaient de leurs réalités et de leurs problèmes, mais il ne leur a été donné ni le temps de s’expliquer complètement, ni celui de bien poser leurs questions. Ce n’était pas la peine puisque le candidat président avait réponse à tout, même à ce qu’il n’écoutait pas.

Attristant et affligeant!

 

17. Aéroport de Toulouse – 5 décembre 2014

La vente par l’Etat à des sociétés chinoises de 49,9% du capital de l’aéroport de Toulouse va rapporter 308 millions d’euros.

Une fois de plus (1), ni les politiques, ni les journalistes ne s’inquiètent de dire au peuple, propriétaire de ce bien, ce qui va être fait de cette somme.

Une fois de plus, il faut redire que la seule destination acceptable du produit de cette vente est celle qui consisterait à rembourser le capital de la dette, et certainement pas à payer les intérêts de cette dernière, ni à réduire le déficit du budget.

Est-ce seulement lorsqu’il n’y aura plus de biens publics à vendre que commenceront les réductions de dépenses et les économies nécessaires ?

1. Cf. 16 janvier 2014

 

18. Candidature BUSH – 16 décembre 2014

Jeb BUSH, fils de George H. BUSH et frère de George W. BUSH, étudie la possibilité de sa candidature républicaine à la Présidence des Etats-Unis.

A ce rythme, on ne verra bientôt plus de différence entre les Etats-Unis et la Corée du Nord dans la transmission du pouvoir.

 

19. CUBA – ETATS-UNIS – 17 décembre 2014

Ne gâchons pas notre plaisir, pour une fois.

Il aura fallu plus de cinquante années aux Etats-Unis pour comprendre que les sanctions et l’embargo contre Cuba n’étaient pas la solution.

Il aura fallu près de sept années depuis son élection à la Présidence des Etats-Unis pour que Barack OBAMA, prix Nobel de la paix (!), réalise que « les sanctions ont eu relativement peu d’effet » et que « l’isolement n’a pas fonctionné ».

 

20. Décès de Jacques CHANCEL – 23 décembre 2014

Dans le concert d’éloges, unanime et mérité, je relève cette « insatiable curiosité » et ce « sens de l’écoute peu commun » (1) qui ont animé Jacques CHANCEL tout au long de sa vie.

Ses confrères journalistes continueront-ils à faire vivre ce sens de l’écoute qui manque tant aujourd’hui, et cette curiosité qui n’était pas, comme trop souvent de nos jours, malsaine.

Pour les journalistes : écouter les autres, ce n’est pas s’écouter. Comme pour les politiques : servir l’Etat, ce n’est pas se servir de l’Etat.

1. Site internet du Monde

 

21. Vœux du Président – 1er janvier 2015

Hier soir, le Président de la République a souhaité aux Français « une année d’audace » et délivré « un message de confiance et de volonté » pour « en finir avec le dénigrement et le découragement ».

Pour que cesse le dénigrement (de la France ou du Président ?), pour que la confiance et la volonté renaissent parmi les Français, c’est d’abord au Président de faire preuve d’audace pendant toute cette nouvelle année. Audace et volonté de réformer profondément la classe politique, mais sur ce sujet, je n’ai rien entendu. Pas une seule phrase, pas un seul mot ! Comme s’il n’y avait rien à réformer, comme si tout était parfait et que cette réforme n’était pas prioritaire ! On marche vers l’abîme et on s’installe dans le néant.

 

22. Nicolas BAVEREZ : L’évidence – 3 janvier 2015

Je lis ces lignes limpides qui se passent de commentaires :

« Nos concitoyens ont conscience du caractère critique de la situation puisque 82% d’entre eux sont convaincus que la France est en déclin… Ils sont convaincus de la nécessité d’une thérapie de choc puisqu’ils partagent à 84% l’idée qu’il faut réformer en profondeur notre pays et le transformer radicalement… Il existe donc une solide base sociologique pour le changement. Seul manque l’essentiel, à savoir une capacité de leadership, une stratégie, une vision et une espérance. La course de vitesse est désormais lancée entre les réformes et la révolution. Nous disposons de cinq années pour moderniser la France de manière pacifique et démocratique ou pour la voir s’enfoncer dans une crise politique majeure. Les Français l’ont compris. Est-ce trop demander à ceux qui prétendent les diriger que de se hisser à leur niveau ? » (1)

« Depuis des décennies, prisonnière d’une classe politique irresponsable, impuissante et veule, la France fait semblant de se réformer… » (1)

Il n’y a rien à ajouter à l’évidence.

1. Nicolas BAVEREZ - La France n'est pas finie! - Le Figaro Magazine,
2 janvier 2015

 

23. Lettre au Président de la République – 8 janvier 2015

J’ai envoyé « Doléances » au Président de la République, en précisant que mes vœux « concernent surtout des réformes urgentes, nécessaires, dont vous ne parlez pas et dont le pays a pourtant besoin. Ces réformes concernent en tout premier lieu l’ensemble de la classe politique, et également les hauts fonctionnaires qui depuis des années mènent l’Etat à la faillite. »

(Je n’ai reçu pour réponse que la carte de vœux du Président de la République. Je n’en ai pas été étonné. Les réformes, hélas ! ne se feront que lors d’une révolution, car la classe politique n’a aucune envie d’abandonner les privilèges qu’elle a volés au peuple.)

 

24. ABD EL MALIK – 12 janvier 2015

Après ces journées terribles que vient de vivre le pays, je lis par hasard une interview d’ABD AL MALIK à l’occasion de la sortie de son film « Qu’Allah bénisse la France » :

« J’aime beaucoup le philosophe Alain qui dit aux citoyens qui obéissent : « Que leur reste-t-il puisqu’ils obéissent ? » Il leur reste leur opinion. A nous d’exprimer notre opinion et que le politique se sente surveillé pour qu’il soit à la hauteur de la République et des citoyens. Si l’on n’est pas exigeant, si l’on est passif face à la dérive de certains médias, face à la dérive de certaines personnes étiquetées soi-disant intellectuelles, face à l’irresponsabilité totale de certains politiques, les choses ne feront qu’empirer. » (1)

A l’occasion des attentats tragiques de la semaine dernière, les Français ont exprimé leur souhait, non seulement de ne pas voir les choses empirer, mais surtout de les voir s’améliorer. Il appartient donc maintenant aux politiques de se mettre au travail sans attendre pour répondre à l’exigence manifestée et rattraper le retard accumulé.

A la conférence donnée pendant les événements et, à juste titre, destinée davantage aux Français qu’à la presse, le ministre de l’intérieur a remarquablement fait son travail d’information, avec calme, dignité et précision (2). Qu’il en soit remercié !

Il devra recommencer prochainement cet exercice lorsqu’il présentera les mesures que le gouvernement entend prendre. Elles devront être sévères contre tous ceux qui bafouent les lois de la République. Elles devront aussi rappeler de manière forte que la laïcité entraîne le respect de toutes les religions. Les évolutions nécessaires de ces dernières ne s’obtiendront ni par le blasphème ni par l’anathème.

1. La Baule + - Janvier 2015
2. Cf. Doléances, chapitre 18 : Liberté d'expression

 

25. Le Pape François et la liberté d’expression – 15 janvier 2015

Dans l’avion qui l’emmenait de Colombo à Manille, le pape François s’est entretenu avec les journalistes.

Ses paroles sont parfaitement claires et précises :

« La liberté d’expression est un droit fondamental… On ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres… Avec la liberté d’expression, il y a des limites. »

Il nous faut réapprendre le respect, qui proscrit la violence, mais garde comme arme la non-violence.

 

26. La longue marche de Martin Luther KING – 16 janvier 2015

A propos de non-violence, j’ai regardé hier avec plaisir le beau documentaire présenté par France 3 relatant la longue marche jusqu’à Washington, organisée le 28 août 1963 par le mouvement des droits civiques.

Emotion d’entendre, une fois de plus, le magnifique discours « I have a dream » de Martin Luther KING et cet inoubliable gospel « We shall overcome », chanté par Joan BAEZ avec sa guitare.

C’était il y a plus de cinquante ans.

Le discours de Martin Luther KING a été traduit et publié en français. Mais je suis toujours étonné de constater que « We shall overcome » n’a, à ma connaissance, jamais été chanté en français.

Il y a bien longtemps, j’en avais fait une traduction que je fredonnais de temps en temps. Je ne l’ai pas oubliée :

Nous gagnerons un jour
Nous gagnerons un jour
Nous gagnerons un jour sûrement

	Oh au fond de mon cœur
	Je crois vraiment
	Que nous gagnerons un jour sûrement

Nous vivrons en paix
Nous vivrons en paix
Nous vivrons en paix un jour

Nous marcherons ensemble
Nous marcherons ensemble
Nous marcherons ensemble un jour

Nous serons tous libres
Nous serons tous libres
Nous serons tous libres un jour

Nous n'avons pas peur
Nous n'avons pas peur
Nous n'avons pas peur maintenant

Nous ne sommes pas seuls
Nous ne sommes pas seuls
Nous ne sommes pas seuls maintenant

Dans le monde entier
Dans le monde entier
Dans le monde entier maintenant

En France, dans notre histoire, n’avons-nous pas préféré et ne continuons-nous pas à préférer les émeutes et les révolutions au lieu de choisir la voie des réformes faites à temps dans la non-violence ?

Les réformes non réalisées aujourd’hui par ceux qui nous gouvernent sont les violences de demain. Et les violences d’aujourd’hui proviennent des réformes qui n’ont pas été faites hier.

27. Nathalie LOISEAU : « Choisissez TOUT »

J’ai lu avec intérêt, mais aussi tristesse, le livre « Choisissez TOUT » de Nathalie LOISEAU.

Je suis arrivé à ce paragraphe : « J’ai vu beaucoup de femmes, puisque ce sont majoritairement des femmes, qui avaient le potentiel de faire davantage que les tâches de secrétariat qui leur avaient été confiées. Et je sais que pour bon nombre d’entre elles, si leur histoire avait été différente, si elles n’avaient pas eu à gagner leur vie très jeunes, s’il n’y avait pas eu la carrière du mari qui passait d’abord, ou les enfants à élever une fois le mari parti ailleurs, si, si, si… elles auraient aimé faire autre chose, progresser, sortir d’un statut et d’un métier tout de même peu valorisés et pas tout à fait gratifiants. » (1)

Le problème est bien posé : « Le potentiel de faire davantage, faire autre chose, progresser, sortir d’un statut et d’un métier… » J’ai lu avec avidité le livre jusqu’à la fin. Il m’apparaissait impensable qu’une personne qui a occupé les fonctions de directrice des ressources humaines au ministère des affaires étrangères avant d’être directrice de l’ENA, n’indique pas comment elle avait tout mis en œuvre pour trouver enfin une solution au problème et promouvoir ces personnes pour rendre hommage à leur travail et utiliser au mieux leur potentiel.

Mais je n’ai trouvé aucune réponse. Pas un paragraphe, pas une ligne, pas même un mot! Rien!

Nathalie LOISEAU est, elle aussi, atteinte d’un mal dont souffrent tant de hauts fonctionnaires. Les problèmes sont connus, étudiés, vécus même parfois, mais les solutions ne sont ni recherchées, ni mises en œuvre, car il ne faut surtout pas avoir le courage de remettre en cause le système. Ce n’est pas de Nathalie LOISEAU, et je le regrette car elle au moins a compris qu’il existait un problème, qu’il faut attendre des solutions. Maintenant directrice de l’ENA, il va lui falloir continuer à fabriquer les parachutes qui encombrent le ciel français. Or on n’a jamais vu et on ne verra jamais les arbres descendre du ciel. Ils poussent en s’enracinant dans la terre.

Je ne peux m’empêcher de relever un autre passage du même livre concernant le personnel des cabinets des ministres : « On peut se demander ce qui justifie qu’un conseiller ministériel travaille autant, alors que les équipes des cabinets sont en moyenne deux fois plus nombreuses qu’il y a vingt ans autour de leur ministre, que les gouvernements sont pléthoriques et que leurs membres peuvent normalement s’appuyer sur des administrations compétentes. On peut d’autant plus se le demander que nulle part ailleurs dans le monde les ministres ne s’entourent d’autant de collaborateurs immédiats et ne les sollicitent de la sorte. A Londres, chaque membre du gouvernement s’appuie sur une poignée de conseillers politiques et réalise l’essentiel de son travail en s’adressant directement aux administrations qu’il dirige. » (2)

Bis repetita… Le problème est bien posé : « équipes des cabinets deux fois plus nombreuses qu’il y a vingt ans, gouvernements pléthoriques, administrations compétentes… » Mais on ne trouve dans le livre aucune trace, aucune ébauche de solution. Pire ! On précise que continue « le bon vieux temps… Celui où l’on distribuait les postes à ceux qui vous ressemblaient le plus, qui pensaient comme vous, vivaient comme vous, avaient autant d’intérêt que vous à ne rien changer au système, à ne rien contester, à ne rien réformer non plus. » (3)

Si j’étais irrespectueux, voire insolent, je conseillerais vivement à Nathalie LOISEAU de lire attentivement le livre « Doléances », et plus spécialement, par exemple, les chapitres 12 « Suppression de l’ENA », 13 « Promotion au mérite », 29 « Gouvernement »…

1. Nathalie LOISEAU - Choisissez TOUT, p. 57 - JC Lattès 2014
2. Ibid. p. 207
3. Ibid. p. 318

 

28. « Le citoyen au cœur des institutions françaises » – 30 janvier 2015

Cet après-midi, j’ai regardé sur « La Chaîne Parlementaire » la retransmission des travaux de la commission sur « le citoyen au cœur des institutions françaises ».

Le Président de l’Assemblée nationale, Claude BARTOLONE, présidait la réunion. Je lui ai donc aussitôt envoyé un courriel pour lui recommander la lecture de « Doléances », livre écrit par le citoyen « ordinaire » que je suis.

Il me semble en effet indispensable que nos grands responsables politiques prennent enfin conscience de la nécessité de placer le citoyen au cœur des institutions, en particulier pour réformer ces dernières.

Note de mai 2020 : Il est sans doute inutile de préciser que je n'ai jamais
reçu la moindre réponse. Les socialistes sont comme les autres politicards :
le peuple ne les intéresse aucunement...

29. Interview d’Alain JUPPE – 31 janvier 2015

Je relève dans l’interview donné par Alain JUPPE au Figaro Magazine (1) deux paragraphes :

« Question : Quelles réformes soumettriez-vous au référendum ?

Réponse : Il faudra diminuer le nombre d’élus et je ne suis pas sûr que l’on puisse demander au 577 députés et 348 sénateurs de le décider pour eux-mêmes. Il faudra aussi ajouter le non-cumul des mandats, dont le principe a été voté mais qui n’est toujours pas appliqué ! »

Ce n’est pas mal, mais il faut mieux faire. Les euphémismes sont à supprimer car la situation est grave et il faut un langage clair et précis (2). Non pas « je ne suis pas sûr », mais je suis certain que les parlementaires ne feront pas par eux-mêmes les réformes nécessaires. De toute façon, c’est au peuple que doit toujours revenir, naturellement, l’adoption des grandes réformes.

Pour le non-cumul des mandats, il faut préciser qu’aucun élu ne peut cumuler, ni dans le temps, ni dans l’espace. (3)

« Question : Faut-il réduire le nombre de ministres ?

Réponse : Il faut évidemment moins de ministres. Seule une quinzaine de fonctions gouvernementales sont importantes. Il faut probablement réfléchir à une meilleure articulation du travail gouvernemental. Il faut notamment arrêter la chaîne absurde des conseillers : le Président, le Premier Ministre, les ministres ont chacun leur conseiller culture ! C’est une source inépuisable de conflits. Cette idée qu’il faut des collaborateurs politiques en qui le ministre peut avoir confiance pour surveiller les directeurs de son administration est une source de complication et de ralentissement. »

Là encore, il faut mieux faire. Il ne faut pas « probablement réfléchir », mais certainement créer une équipe gouvernementale resserrée qui travaillera avec l’administration sans l’intermédiaire de la « chaîne absurde » des conseillers. (4)

1. Le Figaro Magazine, 30 janvier 2015
2. Cf. "Doléances", chapitres 9 et 26
3. Cf. "Doléances", chapitre 30
4. Cf. "Doléances", chapitre 29

 

30. LCP-Assemblée nationale et Public Sénat – 5 février 2015

Les deux chaînes parlementaires, LCP-Assemblée nationale et Public Sénat, ne fusionneront pas. Le bureau du Sénat a rejeté la proposition faite en ce sens par le président de l’Assemblée nationale. (1)

Cette fusion est à l’ordre du jour depuis une quinzaine d’années ! Quinze ans de gaspillage d’argent public et ces élus inconscients entendent continuer !

Il y a parfois des émissions intéressantes sur l’une ou l’autre chaîne, mais jusqu’à présent pas assez pour justifier ces dépenses inconsidérées et l’existence de deux chaînes.

Le budget de Public Sénat se monte à 18,5 millions d’euros et celui de LCP-Assemblée nationale à 16,5 millions. Selon les directeurs de ces chaînes, la fusion pourrait générer une économie évaluée de 1 à 2 millions d’euros (pour le dirigeant de Public Sénat) et de 5 à 6 millions d’euros (pour celui de LCP-Assemblée nationale).

Les sénateurs comprendront-ils un jour que toutes les dépenses superfétatoires, même si elles sont d’un montant qu’ils considèrent faible, doivent être supprimées ? Faudra-t-il leur faire payer sur leurs propres deniers cette gabegie dont ils sont responsables ? Je le souhaite et je suis sûr qu’alors ils comprendront !

1. Le Figaro, 31 janvier-1er février 2015

31. Emile ZOLA et la « Basse presse » – 6 février 2015

En 1898, Emile ZOLA condamnait « la basse presse en rut battant monnaie avec les curiosités malsaines, détraquant la foule pour vendre son papier noirci. » (1)

C’était en 1898 et ZOLA ne parlait pas la langue de bois ! La « basse presse » n’a pas fait de progrès. Heureusement, il existe encore des journalistes sérieux, mais ils sont beaucoup trop rares.

1. Les grandes biographies de Max GALLO - Jules VALLES-Jean JAURES, p.691 -
Robert Laffont 2011

 

32. Ukraine – 11 février 2015

Angela MERKEL et François HOLLANDE sont allés à Kiev, puis à Moscou, et se rendent à Minsk pour rencontrer les présidents ukrainien et russe afin de chercher avec eux une sortie à la crise ukrainienne. La chancelière allemande et le président français  ont raison. Il faut négocier et non développer les sanctions contre la Russie, et il ne faut surtout pas que l’Europe s’aligne sur la politique américaine.

Dans une interview (1), Hélène CARRERE d’ENCAUSSE a rappelé un point important : « Le président ukrainien, Petro POROCHENKO, continue de dire sa volonté d’intégrer l’OTAN, ce qui est pour Vladimir POUTINE un véritable chiffon rouge. Il objecte à cela que, lorsque GORBATCHEV a accepté la réunification de l’Allemagne en 1990 – aucune grande puissance ne l’y poussait – il a obtenu l’engagement que l’OTAN n’avancerait pas dans le futur jusqu’aux frontières de son pays. L’Ukraine dans l’OTAN, cela signifie une longue frontière Russie-OTAN. L’Allemagne et la France soutiennent la position de POUTINE. »

Hélène CARRERE d’ENCAUSSE évoque également l’hypothèse, formulée par les Américains, d’une livraison d’armes à l’Ukraine, « ce qui serait infiniment dangereux et improductif. »

Il appartient à l’Europe, aujourd’hui comme cela aurait toujours dû être, de forger sa propre politique, certainement pas sous la dictée ou le diktat des Etats-Unis.

1. Le Figaro, 6 février 2015

33. « Evolutionnaire » – 12 février 2015

Un mot que je ne connaissais pas, découvert dans une phrase de Jean JAURES à propos d’Alexandre MILLERAND :

« Il a toujours été évolutionnaire en ce sens qu’il a toujours répudié l’emploi des moyens violents. » (1)

Plus beau et plus précis que « évolutionniste » parce que plus proche de « révolutionnaire ».

S’il fallait résumer d’un mot le livre « doléances », c’est sans doute celui que je choisirais. « Evolutionnaire », donc vivant.

1. Les grandes biographies de Max GALLO - Jules VALLES-Jean JAURES, p. 761 -
Robert Laffont 2011

34. Réserve parlementaire – 15 février 2015

La Cour des Comptes a rendu public (1) un référé sur « les subventions pour travaux divers d’intérêt local », c’est-à-dire, pour la plus grande partie, les sommes qui constituent la réserve parlementaire. (2)

La Cour a étudié « plus de 6.000 subventions » attribuées de 2006 à 2012 « d’un montant total dépassant le milliard d’euros ». Elle montre, en termes élégants et mesurés, que « les nombreuses difficultés et le coût de gestion justifieraient une réforme profonde. »

En conclusion, la Cour souligne que « le maintien en l’état de la procédure des subventions pour travaux divers d’intérêt local, redondante avec des dispositifs mieux encadrés poursuivant des objectifs similaires, sinon identiques, n’apparaît pas compatible avec l’objectif d’un bon emploi des deniers publics. »

Si le Premier Président de la Cour des Comptes pouvait parler sans langue de bois, il dirait simplement que l’argent du peuple est gaspillé par les parlementaires. Au moins a-t-il le mérite de parler, avec sa façon très respectueuse, et de demander des réponses aux ministres concernés.

Ces derniers, ceux de l’Intérieur et des Finances, se défaussent du problème. Ils assurent que « l’évolution de ce dispositif ne peut être envisagée qu’en associant pleinement les deux assemblées » et qu’une « discussion doit donc être engagée entre les différents acteurs sur l’avenir de ce dispositif. »

La France n’est-elle pas un pays merveilleux ? On peut d’ores et déjà parier qu’à la fin du monde, les réformes, même évidentes et nécessaires, y seront toujours à l’état d’étude et de recommandations. Rien n’aura été fait et tout restera à faire.

On tourne en rond comme au manège. Les parlementaires s’octroient des crédits, ce qui est en soi une aberration. La Cour des Comptes constate qu’ils sont mal employés. Les ministres responsables clament qu’ils ont bien fait leur travail et renvoient le problème aux assemblées… qui ne feront rien. C’est fantastique et Alice vit toujours au pays des merveilles ! Pas un mot, nulle part, sur la suppression pure et simple de cette réserve parlementaire !

1. Le 12 février 2015 - Site internet de la Cour des Comptes
2. Cf. Doléances, chapitre 27

35. Bruno MASURE et le CSA – 19 février 2015

Il est intéressant de lire le billet (1) de Bruno MASURE, présentateur du journal télévisé lors de l’attentat à la station du RER Saint-Michel en 1995, également lors de la première guerre du golfe en 1991 et lors de la mort de la princesse Diana en 1997.

Il compare ces événements anciens avec ceux qui ont endeuillé la France en janvier dernier, et constate que « les mêmes dérapages » ont été commis par les journalistes ou, plus exactement, par les présentateurs des journaux télévisés en continu, car ce ne sont plus des journalistes.

Quels sont ces « dérapages » ? Interroger « des témoins qui n’avaient rien vu », faire parler des « reporters qui, bien que sur place, n’avaient strictement aucune info fiable à apporter », faire du « remplissage ad nauseam » pour « préserver les parts de marché », « un impitoyable bavardage avec tous les risques d’approximation », des chaînes qui moulinent « dans le vide » en disant « conneries sur conneries », « supputations diverses et avariées (sic). »

Le résultat de ces « dérapages irresponsables, voire criminels » : « une ambiance totalement anxiogène » répandue par les médias, « un jeu pervers et dangereux quitte à gêner le travail des enquêteurs ou des policiers… et surtout à mettre des vies en péril. »

La conclusion de Bruno MASURE n’est pas à l’honneur des présentateurs : « J’affirme que si la parole est d’argent (surtout pour les actionnaires des médias privés !), le silence est d’or… Pour se défendre, les responsables (!) des médias invoquent, sans rire, le devoir d’informer. Devoir ! Mon cul ! En réalité, une volonté délibérée de gonfler ses parts de marché en scotchant la ménagère devant son téléviseur des heures entières, en agitant, à grands renforts de pseudo « experts », supputations, peurs et fantasmes. Une télé dont bavardage et remplissage sont les deux mamelles… »

Bruno MASURE interroge et tente une réponse : « Y aura-t-il des plaintes et des procès afin… d’éviter de refaire les mêmes erreurs à l’avenir ? J’en doute, en observant que le CSA, en coma dépassé depuis longtemps, a renoncé à un véritable debriefing. »

Et pourtant, Olivier SCHRAMEK, président du CSA, a finalement réagi (2), indiquant que le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait notifié « 36 manquements, dont 15 ont donné lieu à une mise en garde et 21, jugés plus graves, ont justifié des mises en demeure » pour atteinte au respect de la dignité de la personne humaine et non-respect de la préservation de l’ordre public.

Enfin, on apprend (3) que les radios et chaînes de télévision considèrent que le CSA est allé trop loin et qu’elles envisagent un recours devant le Conseil d’Etat.

Ces participations au débat montrent clairement les difficultés qui existent en France pour résoudre les problèmes. Ces derniers, constatés une nouvelle fois en 2015, étaient déjà connus en 1995. Vingt ans et rien n’a été fait pour mettre en œuvre des solutions.

La liberté d’expression est belle, mais elle ne saurait vivre sans responsabilité. Elle est trop belle pour la laisser entière, sans garde-fous, aux seuls présentateurs et patrons des médias. Les Français ont droit à une information libre et responsable. Il leur faudra attendre encore.

1. Rue 89, 19 janvier 2015
2. Le Figaro, 13 février 2015
3. Le Figaro, 17 février 2015

 

36. Jean-Philippe MAGNEN – 24 mars 2015

Conseiller municipal de Nantes en 2001, adjoint au maire en 2008, vice-président du Conseil général des Pays de Loire en 2010, porte-parole d’Europe-Ecologie-Les Verts en 2012 et 2013, Jean-Philippe MAGNEN, âgé de 47 ans, ne se présentera pas aux élections régionales de décembre prochain et mettra ainsi un terme à sa vie politique.

Dans un portrait fait par le journal La Croix (1), il explique que la politique devrait représenter une tranche de vie plutôt qu’une carrière. « Exercer un mandat est très prenant et très usant. Quand cela dure trop longtemps, on perd non seulement en créativité et en efficacité, mais on a tendance à s’installer dans un confort qui ne favorise pas le lien avec la société. »

Jean JAURES le disait déjà avec d’autres mots : « Notre parti devrait imposer à ses élus, de loin en loin, une retraite où ils pourraient renouveler leur énergie, rejoindre le mouvement des idées. » (2)

Bien rares aujourd’hui sont les élus qui s’imposent une telle retraite et qui renouvellent leur énergie, préoccupés qu’ils sont par leurs réélections et leur cumul de mandats.

Jean-Philippe MAGNEN indique également : « Dans quelques mois, je n’aurai plus d’indemnités d’élu et pas d’allocations chômage. » Faut-il comprendre que nos élus se sont exonérés du versement des cotisations à l’assurance chômage pendant leurs mandats ? Ce serait un scandale de plus les concernant. Les élus doivent pouvoir bénéficier, le cas échéant, comme tous les Français, de l’allocation chômage, mais ils doivent bien entendu, comme tous les Français, cotiser pendant leurs activités d’élus. Les choses les plus simples et les plus évidentes seront-elles mises en place dans ce foutu pays avant qu’il ne devienne un pays foutu ?

Merci, Jean-Philippe MAGNEN, de l’exemple que vous donnez en vous mettant en retrait de la « politique politicienne » que vous refusez à très juste titre. Un piège, adoré par ces chefs partisans qui encombrent les plateaux de télévision et qu’il va vous falloir, s’il vous plaît, d’une façon ou d’une autre, continuer à combattre.

1. La Croix, 9 février 2015
2. Les grandes biographies de Max GALLO - Jules VALLES-Jean JAURES, p. 716 -
Robert LAFFONT 2011

 

37. Pour une grande coalition – 26 mars 2015

La campagne électorale pour les élections départementales est terminée. Il ne s’agissait pas d’élections nationales, mais la majorité et les oppositions n’ont pas voulu le comprendre.

Uniquement préoccupés de leur course effrénée aux suffrages, les partis d’opposition comme ceux de la majorité n’ont proposé que des projets partisans.

Le Premier Ministre a préféré les tréteaux électoraux à son bureau de l’hôtel Matignon. A croire qu’il n’a plus rien à y faire !

Dans une interview (1), François de CLOSETS indique la seule solution encore possible : « il faut apprendre à gouverner autrement » et offrir « une politique cohérente fondée sur une alliance programmatique », une grande coalition comme celles qui « se sont formées en Allemagne, en Autriche, en Hollande et en Suède. »

1. Figaro Magazine, 20 mars 2015

38. Alexandra DAVID-NEEL – 11 avril 2015

Dans les premiers temples qu’elle a visités à son arrivée à Ceylan, Alexandra DAVID-NEEL a été surprise par les statues de Bouddha qui lui semblaient ne pas refléter suffisamment la profondeur de son enseignement.

Elle imagine que le Sage répond à son étonnement : « A quoi bon t’agiter, te révolter, vouloir régenter, réformer ? susurrait-il au visiteur. Rien n’en vaut la peine… Regarde-moi, j’ai prêché jadis, j’ai tenté de réveiller ceux qui dormaient, plongés dans la torpeur de l’ignorance, et maintenant, de moi et des vérités que je leur ai montrées, ils ont fait ce fétiche inerte ! » (1)

J’ai tenté de réveiller ceux qui dormaient… Un beau programme…

1. Alexandra DAVID-NEEL, L'Inde où j'ai vécu, p. 22 - Plon 1951

39. Albert CAMUS et René CHAR – 18 avril 2015

Dans une lettre adressée à René CHAR, Albert CAMUS écrivait : « Oui, il y a la beauté et les humiliés. Quelles que soient les difficultés de l’entreprise, je voudrais n’être jamais infidèle ni à l’une ni aux autres. » (1)

Albert CAMUS et René CHAR : deux géants qu’il ne faut jamais oublier.

1. Lettre d'Albert CAMUS à René CHAR, citée par Jean-Claude GUILLEBAUD,
La Vie, 2 avril 2015

 

40. Sondages : HOLLANDE et SARKOZY – 6 juin 2015

Interrogés dans deux récents sondages (1), 77% des Français se déclarent opposés à une candidature de l’actuel président de la République, François HOLLANDE, à la prochaine élection présidentielle, tandis que 72% sont tout autant opposés à une candidature de l’ancien président de la République, Nicolas SARKOZY, à la même échéance électorale.

Sans doute les deux intéressés feront-ils tout pour apparaître comme des candidats neufs et innovants. Leur soif du pouvoir est telle qu’ils sont devenus aveugles. Ils sont usés et éculés et la grande majorité des Français ne veut plus de ces deux-là à la présidence de la République.

Comme rien ne dit qu’ils retrouveront la vue, il serait souhaitable que les deux tiers des Français n’oublient pas, en 2017, de ne voter ni pour l’un, ni pour l’autre, et ne sortent les vieilles badernes, c’est-à-dire ceux qui ont déjà occupé la fonction, ni du magasin d’antiquités ni du musée Grévin.

1. Sondages Odoxa pour Le Parisien/I Télé - Mai 2015

41. MOSCOVICI et SAPIN – 25 juin 2015

« Moscovici, qui exerce désormais ses talents à Bruxelles, c’est le braconnier devenu garde-chasse. La façon qu’il a de distiller ses recommandations à l’effort, en absolvant le gouvernement Ayrault et en persistant à évoquer l’héritage de Sarkozy, est le comble de l’impudence. Le pire est que la presse écoute Moscovici et Sapin donner des leçons sur ce que devrait faire la Grèce, alors que le non-respect des objectifs budgétaires, l’augmentation des dépenses publiques et l’absence de réformes de structures sont notre lot commun. Nous sommes, pour l’heure, les passagers clandestins de l’Europe, espérant une traversée sans encombre, tapis en fond de cale, pendant que les autres travaillent. Cette posture n’est rien moins qu’une imposture. Elle est scandaleuse. » (1)

Nos deux extraordinaires marioles, Moscovici et Sapin, font vraiment partie du grand cirque. Le premier, incapable de faire quoi que ce soit alors qu’il était ministre des finances, a été promu et bazardé à Bruxelles « commissaire européen aux affaires économiques et financières, à la fiscalité et à l’union douanière »! Le second, tout autant incapable de se réformer et de réformer la France, ne cesse de sourire et de discourir, assurant qu’il maîtrise parfaitement les solutions aux problèmes des autres!

L’un et l’autre n’ont rien à proposer pour résoudre les difficultés de la France puisque, selon eux, la France ne connaît ni problème, ni difficulté…

1. Interview d'Irène INCHAUSPE, Le Figaro Magazine, 9 mai 2015

42. « Le monde politique est à bout de souffle » – 15 septembre 2015

Je relève non seulement le titre, mais également quelques-unes des phrases d’un bloc-notes d’Yvan RIOUPOL (1) :

« Le monde politique n’est pas à la hauteur »… « La colère populaire contre la futilité des dirigeants est profonde, générale, violente »… « La société civile a gardé la raison et le bon sens qui ont déserté les rangs du pouvoir, gagné par l’infantilisme et l’aveuglement. La dissonance entre la gravité des enjeux nationaux et la vacuité des discours est stupéfiante »… « L’esprit de résistance a quitté la puissance publique, si mal nommée »… « le président et son premier ministre instaurent le défaitisme d’Etat »… « Le mensonge est l’ultime refuge » (de la France officielle)… « Les incompétents doivent céder la place, avant que la rue ne s’en charge »…

Il peut être réconfortant de voir certains journalistes sortir parfois des sentiers battus et éculés de leurs confrères. Il est de plus en plus désolant de constater que la classe politique persévère dans son incapacité à se réformer profondément.

1. Le Figaro, 4 septembre 2015

43. Michel COMBES : La honte – 15 septembre 2015

Il n’y a vraiment pas de quoi être fier !

Michel COMBES, ancien dirigeant d’Alcatel-Lucent, renonce, dit-on, à près de la moitié de son « bonus » : au lieu de 14 millions d’euros, il ne recevrait plus qu’un peu moins de 8 millions. Honte à lui et à tous les membres du conseil d’administration d’Alcatel-Lucent !

Le Haut Comité de gouvernement d’entreprise (HCGE), créé par le MEDEF, indique que les pratiques françaises sont plus rigoureuses que la pratique internationale. Les patrons, semble-t-il, sont satisfaits de la « capacité d’autodiscipline des grands groupes français et de leurs dirigeants ». Honte à eux !

Le gouvernement est silencieux. Seul son porte-parole, Stéphane LE FOLL, suggère que Michel COMBES devrait faire « un nouvel effort ». Honte au président de la République, à son Premier Ministre et à tous les membres du Gouvernement !

Evidemment ils n’ont rien fait et ne feront rien pour arrêter cet accaparement, absolument injustifié à un tel niveau, de la richesse nationale au profit de quelques-uns. La raison en est simple. Etant incapables de montrer l’exemple en supprimant leurs propres abus (cumul des mandats, cumul des salaires et des pensions…), ils sont dans l’incapacité absolue de dire ce qui devrait être et de faire en sorte que cela soit.

La pays part à la dérive. Michel COMBES s’en moque. On dit déjà qu’il a reçu un paquet de stock-options pour son arrivée à Numericable-SFR. La honte continue !

 

44. « Borgen » et les « Spin doctors » – 10 octobre 2015

J’ai aimé la série télévisée danoise « Borgen, une femme au pouvoir ». J’aime beaucoup Birgitte Nyborg, Premier Ministre. J’aime moins les « spin doctors » qui l’entourent.

Ces conseillers en communication ne sont pas nouveau dans le paysage politique. Ce qui est nouveau, c’est l’importance démesurée qu’ils ont prise… On critique souvent et à juste titre les technocrates de Bruxelles ou d’ailleurs qui ne connaissent pas la réalité. On entend beaucoup moins de remarques sur les « spin doctors », sans doute parce que beaucoup viennent du monde de la presse.

Le Président Jacques CHIRAC avait nommé sa fille Claude comme conseillère communication. Son omniprésence et sa toute puissance sortaient de l’ordinaire. Ce n’était plus « papa m’a dit » comme on avait surnommé Jean-Christophe MITTERRAND, c’était plutôt « j’ai dit à papa ».

Depuis, en France, on a fait un pas supplémentaire vers l’abandon de la démocratie. Manuel VALLS, qui était conseiller communication de Lionel JOSPIN à Matignon, est devenu Premier Ministre. Les « spin doctors » chez nous ont pris tout simplement le pouvoir. Ils savent très bien parler pour ne rien dire et avoir réponse à tout. Pour le moment, avec les « spin doctors », que les Canadiens ont bien raison d’appeler « doreurs d’images », la France ne se porte pas mieux !