Chronique : AU GRÉ DES JOURS 2018 – 2020

2018
5 janvier : Ecarts de rémunération
20 février : Promotion interne et expérience
25 avril : Emmanuel MACRON - Donald TRUMP
25 août : SOLJENITSYNE
1er septembre : Suppression de l'ENA
20 septembre : Albert CAMUS
21 octobre : Interview de Charles GAVE
17 novembre : "Gilets jaunes"
23 novembre : Carlos GHOSN, Gilets jaunes et Présidence de la République
5 décembre : Hommage à une femme anonyme
7 décembre : "Dingues de pognon"
18 décembre : Agnès VERDIER-MOLINIE
28 décembre : Interview du Général Pierre de VILLIERS
31 décembre : Réponses de l'Elysée à "Doléances"

2019 
12 janvier : "Stars" et "politiques"
21 janvier : Transformation des dirigeants
1er février : Immigration
2 février : Immigration (suite)
3 février : Immigration (suite) - Asile politique
4 février : Immigration (suite et fin) - Asile économique
6 mars : Eloge de CAMUS par SARTRE
14 mars : CAMUS et les journalistes
16 mars : Gilets jaunes
21 mars : Cardinal Robert SARAH - Afrique et Europe
23 mars : Tennis - "Coaching"
24 mars : Albert CAMUS (encore et toujours)
26 mars : L'antisoviétisme et Albert CAMUS
27 mars : Le temps et Albert CAMUS
28 mars : Albert CAMUS - Tentation de fuir et réputation
30 mars : Mauvaise tête ne crève jamais
31 mars : Xavier BERTRAND se réveille avec des évidences ! 
1er avril : CAMUS et les journalistes
3 avril : Encore CAMUS sur la liberté et l'honnêteté
4 avril : Venezuela
5 avril : "Doléances " et Elysée
6 avril : "Doléances" et Matignon
8 avril : "Doléances" et Quai d'Orsay
16 avril : Incendie à Notre-Dame de Paris
26 avril : "De GAULLE, 1969. L'autre révolution"
3 mai : Les gilets jaunes et le Président !
5 juin : 75ème anniversaire du débarquement de Normandie
5 juin : Frédérique VIDAL et les "grande écoles"
9 juin : "Roger FEDERER, entretien avec une légende"
7 juillet : Inégalités salariales
18 août : Russie
6 septembre : Atelier de Louis Vuitton à Beaulieu-sur-Layon
25 octobre : La fin de l'empire américain
31 octobre : Déclin des valeurs
3 novembre : Hubert VEDRINE : Relations avec la Russie
17 novembre : les "Comités Théodule"
18 novembre : 30ème anniversaire de la révolution de velours
22 novembre : l'Académie française
24 novembre : Echec des politiques et des journalistes
30 novembre : "Palabras para Julia"
7 décembre : Cabinets ministériels pléthoriques
10 décembre : Les réformes nécessaires et l'intérêt du pays
12 décembre : La poesia es un arma cargada de futuro
22 décembre : Dette publique

2020
1er janvier : Voeux du Président
29 janvier : Soi-disant "plan de paix" américain pour le Moyen-Orient
1er février : Le Premier Ministre candidat à la mairie du Havre
2 février : "A la Maison Blanche"
28 février : Guerre civile - Partition - Petits-enfants
6 mars : Immigration (encore !)
27 mars : "La trahison des conseillers"
2 avril : Coronavirus - Directeur général de la santé
7 avril : La "Tenue" du Général de GAULLE
27 avril : Covid 19
1er mai : "Eloge de la décence ordinaire"
3 mai : Notre-Dame et le déconfinement !
7 mai : "L'ultime chance de transformer la France"
9 mai : Place de la langue anglaise dans l'Union européenne
11 mai : Les "deux cents familles"
15 mai : "Urgence CAMUS"
16 mai : "L'éclaireur des temps obscurs"
17 mai : Albert CAMUS et la morale
18 mai : Albert CAMUS, journaliste
28 mai : LE ou LA covid 19 ?
5 juin : Maxime TANDONNET : la fracture démocratique
9 juin : Cumul ! Gérald DARMANIN et Edouard PHILIPPE !
15 juin : "Allocution solennelle" d'Emmanuel MACRON
21 juin : Dette - Ces incapables qui nous gouvernent !
8 juillet : Un nouveau gouvernement !
6 août : Mais quand arrêterez-vous de vous moquer du monde ?
15 octobre : Plaidoyer de Franck FERRAND
23 octobre : Assassinat de Samuel PATY, professeur
1er novembre : Série "House of cards"
27 novembre : Black Friday - Vendredi fou

5 janvier 2018 : Ecarts de rémunération

Une étude (1) faite par deux centres de réflexion – le High Pay Centre et le Chartered Institute of Personnel and Development (CIPD) – montre que « trois jours après le réveillon, les patrons des cent plus grandes entreprises britanniques ont en moyenne déjà gagné l’équivalent du salaire annuel médian du pays ».

Au 3 janvier, leur rémunération moyenne a atteint 28.758 livres (environ 32.320 euros) ! Le directeur du High Pay Center, Stefan STERN, dénonce « des écarts de rémunération prodigieusement excessifs et injustifiables ». Les revenus de ces nantis sont 120 fois plus importants que ceux des employés britanniques.

Le gouvernement conservateur de Teresa MAY prépare un projet de loi qui obligerait les grandes sociétés à publier chaque année l’écart de rémunération entre leur directeur général et la paie moyenne des employés.

C’est vraiment l’art de faire semblant de faire quelque chose sans rien changer ! Il doit y avoir aussi des énarques en Grande-Bretagne !

1. Le Figaro - 5 janvier 2018

20 février 2018 : Promotion interne et expérience

« Dans les fonctions publiques, les corps, les statuts, les concours règnent en maîtres, corsetant les carrières du début à la fin. Dans le secteur privé, la France se distingue par une autre aberration : l’apprentissage y régresse, contre tout bon sens. Quant aux dirigeants de ses grandes entreprises, au lieu d’être issus de la firme par promotion interne comme en Allemagne à 66% ou comme en Grande-Bretagne à 51%, dans l’Hexagone ils viennent de l’extérieur à 79%. A l’étranger, on privilégie l’expérience, dans notre pays on se prosterne devant des diplômes. Trop souvent dans l’Hexagone la vie est écrite à vingt-cinq ans au lieu de se construire en un demi-siècle. » (1)

J’ai, bien sûr été heureux de lire ces lignes, mais quand on occupe depuis si longtemps, comme vous M. DUHAMEL, une place éminente – et, à mon sens, tout à fait justifiée – dans les media les plus influents du pays, on regrette que vous n’ayez pas mis davantage de hargne à faire changer ces « aberrations ».

1. Alain DUHAMEL - Les pathologies politiques françaises, p. 85-86 -
Plon 2016

25 avril 2018 : Emmanuel MACRON – Donald TRUMP

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique… Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort. Apparemment… Oui, ils sont très durs, les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde… Une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment, et pourtant une guerre à mort. » (1)

Avant sa visite d’Etat aux Etats-Unis, Emmanuel MACRON aurait dû relire ces phrases attribuées à François MITTERRAND. Cela lui aurait peut-être évité tous ces ridicules mamours avec Donald TRUMP.

Le même Emmanuel MACRON aurait par la même occasion relu l’opinion de François MITTERRAND sur Edouard BALLADUR qui « ne cesse de se ridiculiser avec la politique étrangère. Tous ces voyages où il ne ramène rien ». (1)

1. Georges-Marc BENAMOU - Le dernier Mitterrand, p. 52-53 - Plon 1996

25 août 2018 : SOLJENITSYNE

Au hasard de la lecture d’un article sur Alexandre SOLJENITSYNE (1), je découvre que l’écrivain n’avait pas été « tendre pour la culture occidentale dans son fameux discours de Harvard en 1978, dénonçant « un déclin du courage », « le triomphe de la médiocrité » et le culte « d’une liberté irresponsable et destructrice ».

Quarante années déjà ! Rien n’est donc changé, ni le « déclin du courage », ni le « triomphe de la médiocrité », ni le « culte d’une liberté irresponsable et destructrice » !

1. Le Figaro - 27 juillet 2018

1er septembre 2018 : Suppression de l’ENA

J’ai toujours pensé qu’il était instructif de lire les « nouvelles » avec du retard. Quand j’étais en poste à l’étranger il y a déjà longtemps, seule la valise diplomatique nous apportait une fois par semaine quelques « nouvelles ». Si nous n’étions pas dans l’actualité – devenue « immédiateté » aujourd’hui -, nous pouvions au moins voir si tel ou tel journaliste avait vu juste. Et cela m’est resté. J’aime feuilleter les vieux journaux ou magazines.

Je tombe sur un article du Monde (1) d’il y a deux ans : Bruno LEMAIRE veut supprimer l’ENA : « Il est temps de supprimer l’ENA. Elle a rempli son office pendant des années, formé des fonctionnaires de grande qualité. Mais nous entrons dans un monde nouveau… »

Il voyait juste : l’utilité de l’ENA à la fin de la seconde guerre mondiale et son inutilité maintenant sont évidentes.

Il est temps de vous demander, M. LEMAIRE : « Qu’avez-vous fait depuis deux ans pour que l’ENA soit supprimée et remplacée par une formation continue pour tous ceux qui ont (dé)montré, dans les premières années de leur vie professionnelle, que, quelle que soit leur origine, ils ont un tel sens de l’Etat qu’il serait stupide de ne pas profiter de leurs connaissances, de leur honnêteté et de leur dévouement.

Mais bien sûr, M. LEMAIRE, on constate que vous poursuivez votre carrière, sans rien faire évoluer et sans rien transformer. L’ENA est toujours là, inutile pour la France.

1. Le Monde, 1er septembre 2016

20 septembre 2018 : Albert CAMUS

Albert CAMUS a toujours été – pour moi – un très grand maître. Même s’il n’était pas, dans les années 60, considéré comme un philosophe dans les universités acquises au pauvre Jean-Paul SARTRE, il était pour moi le plus grand des moralistes.

En lisant le livre que Herbert R. LOTTMAN lui a consacré (1), j’ai redécouvert cette magnifique citation mise en exergue du chapitre 12 :

« La politique et le sort des hommes sont formés par des hommes sans idéal et sans grandeur. Ceux qui ont une grandeur en eux ne font pas de politique ». (2)

80 années plus tard, c’est encore tellement vrai ! Mais ne faudrait-il pas ajouter que nos hommes politiques actuels n’ont pas d’honneur ?

1. Herbert R. LOTTMANN - Albert CAMUS, p. 161 - Seuil 1978
2. Albert CAMUS - Carnets I (décembre 1937)

21 octobre 2018 : Interview de Charles GAVE

Ces quelques lignes découvertes dans une interview de Charles GAVE, Président de l’Institut des Libertés. Simplement pour réfléchir (1) :

« Nous avons un état qui souffre d’obésité… La grande tâche de tout gouvernement qui arrive serait de réformer l’Etat, notamment notre système fiscal et de retraite… Le gouvernement actuel tape sur les petites gens…, tape sur les retraités, mais il laisse les aristocrates de l’Etat bien à l’abri… »

« Nous avons deux catégories de citoyens : ceux qui sont à l’intérieur de l’Etat et qui sont protégés, et ceux qui ne sont pas à l’intérieur de l’Etat et qui sont massacrés… »

« Nous sommes gouvernés par toute une série de gens qui ont fait des études très profondes, mais qui sont idiots… Ils sont idiots, parce qu’ils ne sont jamais en prise avec la réalité… Tous ces gens qui cherchent la rente, ils cherchent à se mettre dans une position où, par leurs études, ils pourront gagner de l’argent sans prendre de risques… Ils vont tous dans l’Etat et ils cherchent à préserver leur rente au détriment des autres. La France est mal gouvernée parce qu’elle a un mauvais système de sélection de ses élites… »

« Les médias sont contrôlés par trois ou quatre grands groupes financiers, ou par l’Etat directement, et ces grands groupes sont directement ou indirectement dans les mains de l’Etat français. Aujourd’hui, dans la grande majorité des médias, c’est la voix de leur maître que vous entendez… S’imaginer qu’il y a une liberté de la presse en France relève de la plaisanterie… »

« Il ne faut pas faire ce qu’on fait les Anglais avec le Brexit, mais il faut faire le Bruxit : c’est-à-dire sortir Bruxelles de l’Europe… Cette idée imbécile d’avoir des gens compétents au sommet parce qu’ils ont fait les meilleurs études – on voit ce que cela donne en France – est une erreur. Il faut renvoyer le pouvoir vers le peuple… »

Rien à ajouter à toutes ces évidences !

1. La Baule +, N° 175 - Octobre 2018

17 novembre 2018 : « Gilets jaunes »

Au lieu de parler – ce qui le conduit à ressembler de plus en plus à ses prédécesseurs, tant en impopularité qu’en inutilité – le Président de la République ferait mieux de travailler, ce qu’il n’a, semble-t-il, appris ni à l’ENA, ni à la banque Rothschild.

Pauvre Président qui déclarait il y a quelques jours qu’il n’avait pas « réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants ». C’est la résurrection de Monsieur de La Palice : se contenter d’énoncer des évidences. C’est aux dirigeants de se réconcilier avec le peuple, et non l’inverse !

C’était, nous a-t-on dit il y a un an et demi, la première chose à faire. D’où la loi dite de « moralisation de la vie publique » imaginée par François BAYROU. Que de la poudre aux yeux ! Comment un homme comme François BAYROU qui a passé sa vie publique à ne rien faire d’autre que s’occuper de sa petite personne aurait-il pu porter un tel projet ?

Le Président veut, ne cesse-t-il de dire, faire les réformes dont la France a besoin. C’est pourquoi il ne faut cesser de lui répéter que la toute première réforme à faire, avant toutes les autres, c’est celle de la classe politique. Aussi longtemps que rien n’est fait – et rien n’a été fait – on constatera que « la colère des gilets jaunes vise, au fond, tous les partis » politiques. (1)

Où en est la réduction, au moins de moitié, du nombre de parlementaires ? Où en est la réforme concernant la fusion du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental ? Où en est la formation d’un gouvernement resserré, sans aucun secrétaire d’Etat ?

Quand le Président de la République donnera-t-il l’exemple en divisant par deux son salaire car il n’a rien à dépenser à l’Elysée ? Quand la classe politique cessera-t-elle tout cumul dans les emplois, les salaires et les retraites ? Quand cesseront les augmentations scandaleuses et les primes indécentes dans les cabinets ministériels ? (2)

Où en sont les économies de l’Etat à faire avant toute nouvelle dépense ? Quand seront-elles rendues publiques ?

Aussi longtemps que ces réformes fondamentales ne seront pas faites, il est inutile d’espérer arrêter la colère des gilets jaunes, ni celle des bonnets rouges…

Et certainement pas la mienne ! Monsieur le Président, (re)lisez le livre « Doléances » !

1. Editorial du Figaro - 18 novembre 2018
2. Interview de René Dosière - Site francetvinfo.fr

23 novembre 2018 : Carlos GHOSN, Gilets jaunes et Présidence de la République

L’arrestation au Japon de Carlos GHOSN, le PDG de Renault aux salaires mirobolants, et les fins de mois difficiles des Français ordinaires qui manifestent avec les Gilets jaunes, m’ont décidé à envoyer le message suivant à l’Elysée, à l’attention du Président de la République :

« Il y a plusieurs années, j’avais adressé au Président François HOLLANDE le blog que j’avais pris la peine de faire pour mettre en évidence les réformes urgentes et indispensables qui devaient être faites. Bien entendu, rien n’a été fait, mais depuis je n’ai pas changé une ligne de mes « Doléances ». Ce ne sont pas tellement les miennes, mais celles dont la mise en œuvre est indispensable au redressement de la France préconisé par le Président. Il faut, pour commencer, faire une réforme de la classe politique qui puisse être approuvée par tous. Après, et après seulement, vous pourrez faire les autres réformes.

Alors, regardez le blog « www.doleancesblog.com » et tout spécialement le livre appelé « Doléances » qui attend depuis plusieurs années sa mise en œuvre. Le reste, tout le reste, n’est que littérature, mais vous êtes en passe de perdre votre pari de réformes pour la seule raison que vous ne vous réformez pas vous-même. C’est la première chose à faire. J’attends. »

5 décembre 2018 : Hommage à une femme anonyme

Les « gilets jaunes » continuent leur mouvement pendant que les gouvernants parlent sans écouter ceux et celles qui mériteraient de l’être.

Parmi les innombrables interviews de « gilets jaunes » qui passent sur les chaînes d’information, je souhaite de tout cœur rendre un hommage très particulier à une femme, jeune encore, complètement anonyme… Elle a un travail, un petit salaire et après avoir payé tout ce qu’elle doit régler chaque mois, toutes ses diverses factures, il ne lui reste pas grand chose pour vivre.

Avec une grande dignité, elle a indiqué que pour économiser sur sa facture d’électricité, elle éteignait les lumières quand elle était seule chez elle et vivait dans le noir.

Quelle noblesse, Madame ! Elle disait cela sans forfanterie, sans acrimonie, sans haine. Simplement, je fais ce que je peux pour survivre… Alors, bien sûr, parmi les gilets jaunes, il doit y avoir des gens qui dépensent trop par rapport à leurs revenus. Mais pour moi, l’image de cette sainte femme va rester à tout jamais. Admirable dame avec toute sa noblesse ! Tellement plus grande et plus noble que tous ceux et celles qui encombrent les palais de la République !

7 décembre 2018 : « Dingues de pognon »

Je lis seulement aujourd’hui le bel éditorial de Natacha TATU dans le Nouvel Obs du 22 novembre dernier. Je trouve souvent que les journalistes sont indignes de leur belle profession. Aussi m’est-il particulièrement agréable de citer quelques phrases de Natacha TATU qui a été frappée, comme moi-même, par la convergence de l’arrestation de Carlos GHOSN au Japon et de la « déferlante » des gilets jaunes en France :

« L’un des patrons français les mieux payés avec une quinzaine de millions d’euros de revenus au total en 2017… Le choc des symboles est violent… D’un côté ceux qui coûtent, selon MACRON, « un pognon de dingue ». De l’autre, un dingue de pognon… L’emblème du dirigeant arrogant et surpayé… Les sanctions contre nos patrons en faute sont rares. Et leurs rémunérations, le plus souvent en total décalage avec leurs performances. Depuis Nicolas SARKOZY, les promesses d’encadrement ont été nombreuses, répétées… et vaines… Carlos Ghosn n’est pas le seul goinfre à table, tant s’en faut. Tandis que la progression du pouvoir d’achat des Français n’a pas dépassé les 2% l’an dernier, que les salaires stagnent, que les inégalités se creusent, les patrons du CAC, eux, ont vu leur rémunération grimper de 14% pour atteindre en moyenne un peu plus de 5 millions par an… L’argent règne en maître. »

Un très grand merci à vous, Madame. Et s’il vous plaît, continuez à dénoncer ces injustices scandaleuses !

18 décembre 2018 : Agnès VERDIER-MOLINIE

Je relis aujourd’hui seulement un entretien du mois de mai dernier avec Agnès VERDIER-MOLINIE, directrice générale de l’iFRAP (1). Six mois plus tard, avec les gilets jaunes, on comprend mieux et on se demande pourquoi elle n’est pas écoutée davantage… Mais, n’est-ce pas, nos hommes politiques savent tout et n’ont besoin de personne (sauf de valets) ! Ecoutons-la car nous, nous ne sommes pas des partisans :

« Certains choix du gouvernement sont positifs, il faudrait aller plus loin et surtout plus vite. Les réformes se feront car elles sont inéluctables… Aujourd’hui chacun se pose la question de savoir si l’argent public est correctement géré. L’opinion publique a cessé d’être dupe… Elle est plus lucide que par le passé et réclame davantage de transparence mais aussi de rigueur dans la gestion publique… L’exigence de cohérence, notamment dans la gestion publique exemplaire, l’emporte sur tout le reste… »

Je pense tout à coup aux dépenses somptuaires engagées par le couple MACRON : une piscine pour le fort de Brégançon, un service en porcelaine (alors que les collections qui se trouvent déjà à l’Elysée sont magnifiques et suffisantes)… Etant connu l’état du pays et celui des habitants de ce pays, il est simplement scandaleux de décider de telles dépenses somptuaires… Mais ces évidences ne peuvent apparaître comme telles quand elles sont vues par un énarque, ancien banquier !

1. Le Figaro Magazine - 1er juin 2018

28 décembre 2018 : Interview du Général Pierre de VILLIERS

« La première qualité d’un chef – elle n’est pas suffisante mais elle est indispensable – c’est l’exemplarité. Car on ne suit pas quelqu’un qui ne fait pas ce qu’il dit ou, pire, qui fait le contraire de ce qu’il demande aux autres de faire… Cette question de l’exemplarité du chef est l’une des raisons de la perte de confiance à l’œuvre dans la société française… Le chef est toujours menacé par l’abus de pouvoir, qui détruit l’autorité… L’Etat n’est plus au service de la Nation… » (1)

Général, votre voix est écoutée. S’il vous plaît, continuez à parler le plus souvent possible ! Nos chefs politiques sont devenus n’importe quoi, mais certainement pas exemplaires (sauf exception rarissime).

1. Le Figaro Magazine - 28 décembre 2018

31 décembre 2018 : Réponses de l’Elysée à « Doléances »

J’ai reçu ce matin une réponse du service du courrier de la Présidence de la République à l’envoi que j’avais fait – pour Emmanuel MACRON – de mon livre « Doléances ».

Je me suis alors rappelé que je n’avais pas publié la réponse que j’avais reçue, du même service du courrier, lorsque j’avais adressé « Doléances » à François HOLLANDE à la fin de décembre 2014.

Je donne donc aujourd’hui ces deux réponses de présidents de la République :

  1. François HOLLANDE :

« Le Président de la République

Je tiens à vous remercier très chaleureusement des souhaits que vous m’avez adressés à l’occasion de cette nouvelle année.

Dans un monde aux équilibres fragiles, il nous faut garder confiance en nos forces et nos atouts, nous rassembler et faire vivre l’unité nationale pour construire une société plus juste, plus sûre et plus sereine.

C’est le sens des vœux que je vous adresse, auxquels je joins mes souhaits de bonheur et de santé pour vous et tous ceux qui vous sont proches.

Bien fidèlement,

Signé : François HOLLANDE »

2. Emmanuel MACRON :

« Le Président de la République

Paris, le 31 décembre 2018

Monsieur,

Vous m’avez adressé un courrier dans lequel vous me faites part de votre situation, mais aussi d’un sentiment de colère.

Je vous remercie d’avoir pris malgré tout la peine de m’écrire. Je crois en effet aux vertus du dialogue et je veux que vous sachiez que je respecte profondément votre point de vue. Plus encore, je comprends votre démarche, et votre sentiment de devoir toujours fournir plus d’efforts sans toujours en voir les résultats.

La réalité, c’est que nous devons mener de front trois grandes transformations. D’abord le redressement économique de notre pays, afin que le travail paie mieux – car il n’y a rien de plus insupportable à mes yeux que la situation de celles et ceux qui, alors qu’ils travaillent, n’en tirent pas un revenu suffisamment important pour vivre dignement. Ensuite, la réconciliation sociale entre les Français qui ont à juste titre le sentiment de subir leur vie et ceux qui donnent l’impression que tout leur réussit. Et enfin, la transition écologique sans laquelle notre avenir collectif est en péril.

Permettez-moi de prendre un instant pour vous expliquer ce qu’il s’est passé concrètement ces dernières semaines : nous venons de vivre une période agitée par des blocages et des violences inadmissibles. Mais je n’oublie pas qu’au début de tout cela il y a une colère légitime, la vôtre. Ce mouvement a été déclenché par l’augmentation du prix à la pompe (due à la hausse de la taxe sur l’essence et le diesel et à l’augmentation des prix mondiaux du carburant). Mais ce malaise est plus profond : c’est le sentiment de ne plus vous en sortir et de subir des décisions sur lesquelles vous n’avez pas de prise.

Les tensions de ces dernières semaines ont conduit à une forme de blocage du pays, ce qui est tout l’inverse de ce pour quoi je me suis engagé en politique : aucune taxe ne mérite que la Nation se déchire. Le gouvernement a donc annoncé l’annulation de l’augmentation de la taxe sur le carburant, et il n’y aura pas de hausse des tarifs du gaz et de l’électricité, qui devaient initialement augmenter début janvier, pendant la durée du débat que mènera le gouvernement.

Au-delà des taxes, je sais que les changements opérés depuis 18 mois ne sont pas encore perceptibles dans votre quotidien. J’ai donc décidé d’accélérer, en décrétant un état d’urgence économique et social :

° Annulation en 2019 de la hausse de la CSG subie cette année par les retraités entre 1200 et 2000 euros par mois;

° En 2019, les heures supplémentaires seront versées sans impôts ni charges;

° Les employeurs pourront verser une prime de fin d’année qui n’aura à acquitter ni impôt ni charge;

° Le revenu d’un travailleur vivant du SMIC augmentera au total de 100 euros par mois, sans qu’il en coûte un euro de plus à l’employeur, et cela dès 2019.

Ces transformations rapides et concrètes n’auront lieu qu’avec vous. Un grand débat national sera donc organisé partout en France. Je’ souhaite qu’il soit le plus utile possible, et je vous invite d’ailleurs à y participer. J’en préciserai les termes et le cadre début janvier. Car ce qu’il s’est passé ces dernières semaines ne change rien aux défis que nous devons relever collectivement, et aux trois transformations économique, sociale et écologique dont je vous parlais.

Je ne sais pas si je vous ai convaincu. J’espère que vous conviendrez malgré tout que notre pays, notre nation, sont à un moment de bascule. Et qu’il est de la responsabilité de tous de transformer les colères en solutions pour chacun.

Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.

Signé : Emmanuel MACRON

Référence à rappeler PDR/SCP/BCP/BR/B1126005

   3. Mes commentaires sur ces deux réponses :

I. L’envoi venant du service du courrier de François HOLLANDE est tout simplement la carte de vœux envoyée à des milliers d’exemplaires au moment des fêtes de fin d’année. Faites l’essai ! Vous écrivez n’importe quoi – intéressant ou inintéressant – et vous recevez de l’Elysée un mot vide, creux, inutile.

Non seulement ce que vous avez fait ne sert à rien, mais ces gens, installés dans le néant de leur suffisance, continuent à faire semblant d’être utile à quelque chose, tout en ne faisant absolument rien. Les réformes ne sont jamais pour eux et le quinquennat inutile de François HOLLANDE en est la preuve.

II. La lettre d’Emmanuel MACRON fait deux pages, mais elle ne répond en rien à mes « Doléances ». D’où ces quelques remarques simples :

° Il serait important de mettre au service du courrier des gens qui savent lire !

° A combien de personnes cette lettre-type a-t-elle été adressée avant de me parvenir ?

° J’ai noté dans le livre « Doléances » la différence importante entre « servir » et « se servir », entre les serviteurs de l’Etat – y en a-t-il encore ? – et les profiteurs. De même je constate que dans sa lettre le Président semble ne pas connaître la différence entre « écouter » et « s’écouter ». Il s’écoute lui-même à longueur de paragraphes, ressassant ses derniers discours, mais incapable d’écouter une autre chanson que la sienne.

° Le Président parle de « transformations », mais il n’emploie pas une seule fois le mot « réformes » (mot semble-t-il absent des dictionnaires utilisés à l’ENA !). Je peux accepter le mot « transformations », mais ce qui manque dans la lettre que j’ai reçue, c’est le projet présidentiel pour la transformation de la caste politique, objet principal et raison de mes « Doléances ». Je suis donc obligé de redire que sans cette réforme profonde et primordiale, les transformations qui sont annoncées ne se feront pas. C’est la mère de toutes les réformes, car l’exemple doit être donné par les dirigeants et l’arrêt du gaspillage et des privilèges doit commencer avec eux et être constaté par tous.

° Je ne trouve dans cette missive aucune indication sur les économies que l’Etat aurait dû déjà faire. Il faut arrêter ces créations continuelles de taxes et d’impôts. Un euro de dépense nouvelle devrait correspondre à deux euros d’économies.

Monsieur le Président, Albert CAMUS n’est plus là pour vous aider et nous aider à trouver plus de justice. Ce mot n’est pas écrit non plus dans votre lettre et il manque terriblement à votre analyse. Je doute que la justice soit enseignée à l’ENA ou dans les banques !

Non, Monsieur le Président, vous ne m’avez pas (encore) convaincu. Mais je peux l’être si enfin des décisions justes et concrètes commencent à être prises, transformant en profondeur la classe politique.

12 janvier 2019 : « Stars » et « politiques »

« Evoluant dans un monde d’illusions, la star est environnée de faux amis qui tissent des relations fondées sur le mensonge et la flatterie. C’est pour cela que les vedettes se sentent si bien sur scène, le seul endroit où elles peuvent régner. » (1)

Cette citation me rappelle la comparaison – à laquelle je réfléchis depuis longtemps – entre les « stars » et les hommes et femmes politiques. Les « stars » ne veulent sans doute pas devenir des « politiques » – même si l’on sait depuis Coluche que la frontière n’existe plus – , mais les « politiques » font tout – et de plus en plus – pour devenir des « stars ».

Rappelez-vous la campagne électorale du président actuel, pendant laquelle Emmanuel MACRON n’avait de cesse de paraître avec sa femme à la première page des magazines « people ». Je me demandais si cette volonté de paillettes venait de son éducation chez les jésuites ou bien de l’ENA !

Regardez Roseline BACHELOT ! Elle bat tous les records… Quelle épouvantable tristesse ! Après avoir voulu faire croire qu’elle était une « politique » – et pour le malheur de la France elle a même été ministre – la voilà maintenant présente dans n’importe quelle émission de télévision, parlant comme lorsqu’elle était ministre à tort et à travers. Elle est devenue non pas la caricature, mais la triste réalité de nos « politiques ».

Regardez encore, pour n’en citer qu’un autre, Jean-Louis DEBRE. On aurait pu espérer plus de retenue d’un homme ayant été non seulement ministre, mais aussi président du Conseil constitutionnel. En fait il a été clown toute sa vie, et il retrouve enfin dans ses vieux jours sa réalité de pitre, dans une émission de télévision qui se veut drôle !

Mais relisez encore : ils tissent des « relations fondées sur le mensonge et la flatterie », les stars autant que les politiques… Par pitié, ne croyez pas ces derniers une seconde… Ce sont des flatteurs, et donc des menteurs…

1. Christian MORISE - "Claude François intime" - L'archipel - Cité dans
Le Figaro du 12 janvier 2019

NOTE de janvier 2021 : La malheureuse Roseline BACHELOT est redevenue ministre en 2020,
affublée cette fois du portefeuille de la culture !

Parmi les envois de « Doléances » que j’ai effectués, celui adressé à Jean-Yves LE DRIAN, Ministre des Affaires étrangères, me tenait particulièrement à cœur. J’ai donné au « Département » une grande partie de ma vie et de nombreuses réformes me paraissaient, depuis longtemps, urgentes, dans ce département ministériel comme dans tous les autres. De plus, j’avais rencontré M. LE DRIAN, alors jeune député, quand il était venu en mission à Panama, pays qui était mon premier poste en ambassade. Sa simplicité et son honnêteté m’avaient frappé et je l’ai toujours considéré comme un véritable serviteur de l’Etat.

Je fais donc part avec tristesse de la réponse que j’ai reçue :

« Ministère de l’Europe et des Affaire étrangères
Le Chef de cabinet
 
Paris, le 28.01.19 000324 CM
 
Monsieur,
 
Par courrier du 5 janvier dernier, vous avez souhaité faire part au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de vos réflexions sur la politique et l’administration de la France.
 
Le ministre a pris connaissance de vos observations et vous en remercie.
 
Je vous prie de croire, Monsieur, à l’expression de mes salutations les meilleures.
 
Signé : Fanny DEMASSIEUX »
 
On ne peut faire plus nul !
 

16 avril 2019 : Incendie à Notre-Dame de Paris

En regardant hier les images et reportages sur l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, j’ai pensé à la dernière visite que j’y avais faite.

Au Protocole du Quai d’Orsay, j’avais été chargé de préparer la première visite officielle en France d’un Président de Mongolie, du 17 au 21 avril 1996. C’était également la première fois que M. Punsalmaagiyn Ochirbat et son épouse venaient à Paris. Leur soif et leur joie de découvrir faisaient vraiment plaisir à partager. Je suis honoré d’avoir passé ces quelques jours avec eux.

A l’école en Mongolie, ils avaient étudié l’œuvre de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, et avaient donc demandé à visiter la cathédrale de Paris. Nous avons pu y aller un matin, sans aucune annonce. C’était la fin d’une cérémonie religieuse et le cardinal Jean-Marie LUSTIGER rejoignait la sacristie. Lorsqu’il est arrivé à notre hauteur, je lui ai demandé de s’arrêter quelques instants et lui ai présenté le président de Mongolie et son épouse. Ils ont pu ainsi échanger quelques mots.

Je n’ai oublié ni cette rencontre, ni la joie de ces deux habitants de Mongolie – le Président et son épouse – en train de réaliser un de leurs rêves : visiter Notre-Dame de Paris.

26 avril 2019 : « De GAULLE, 1969. L’autre révolution »

Interview (1) d’Arnaud TEYSSIER au sujet de son livre « De Gaulle, 1969. L’autre révolution ».  (2)

Ecoutons ces paroles que notre monde actuel ne veut plus entendre :

« Point d’affaire qui dure sans une incessante rénovation. » (Ecrit par de Gaulle en 1934)

« Le mal du siècle… est aussi un malaise des âmes ». De Gaulle redoute, dit Arnaud TEYSSIER, que « l’émancipation de l’individu, si manifeste en ces années 1960, ne soit un leurre et une simple étape vers de nouvelles formes d’asservissement. »

Malaise des âmes, mais aussi, selon les termes du général de Gaulle, « infirmité morale » du capitalisme qui devrait être corrigée par « la participation des salariés à la gestion, et même au capital de l’entreprise ».

En revenant au pouvoir en 1958, le général de Gaulle avait de suite mis en œuvre un train impressionnant de réformes. Après son départ en 1969 et pendant des décennies, les partis politiques n’ont pas mis en œuvre les grandes réformes demandées par chaque période de l’histoire. Ces soi-disant grands partis politiques ont oublié que gouverner est un devoir, non pas pour se perpétuer dans le pouvoir, mais pour résoudre à temps les problèmes qui se posent. La France n’a pas besoin de rois fainéants. Elle a besoin d’une politique au service de la population. Et elle ne l’a pas !

1. Le Figaro Magazine - 26 avril 2019
2. Editeur Perrin

3 mai 2019 : Les gilets jaunes et le Président !

L’éditorial de Guillaume ROQUETTE (1) est inquiétant : les gilets jaunes, « finalement, c’est comme si rien ne s’était passé : le président de la République s’est remis au travail comme avant, les ministres expliquent que tout va bien ». On croit rêver et pourtant nous sommes en plein cauchemar !

« Qui peut croire, écrit l’éditorialiste, que la conférence de presse présidentielle a apaisé la colère du peuple des oubliés ?… Une partie de la France se sent abandonnée ». Non ! Une partie de la France EST abandonnée, délibérément abandonnée par les parleurs et les causeurs qui se moquent totalement des oubliés de la République…

La dernière phrase de l’éditorial est limpide : « Si les actes (du Président) ne suivent pas (ses paroles), la colère reviendra ». Mais le président vient de l’ENA, comme son prédécesseur, et donc il est déjà certain que ses actes ne suivront pas ses paroles. Donc la colère reviendra et le peuple aura enfin le dernier mot.

1. Le Figaro Magazine - 3 mai 2019

5 juin 2019 : 75ème anniversaire du débarquement de Normandie

J’ai regardé la belle cérémonie organisée en Grande-Bretagne pour commémorer l’anniversaire du débarquement.

J’ai constaté avec stupeur que les Russes n’avaient pas été invités ! Quelle erreur ! Quelle scandale !

Il s’agissait de rendre gloire aux peuples qui ont souffert et péri pour la liberté. Il ne s’agissait pas de glorifier un régime, car si tel était le cas, celui instauré par Donald TRUMP aux Etats-Unis n’aurait pas été invité ! Comment peut-on être assez stupide pour ne pas reconnaître la part immense prise par les Russes – à l’époque les Soviets –  dans l’ensemble de la seconde guerre mondiale ? Comment peut-on insulter davantage les millions de morts russes qui ont droit, comme les Américains, les Canadiens, les Britanniques et tous les autres, à notre éternelle reconnaissance ?

En n’invitant pas les Russes à cette commémoration, nos dirigeants occidentaux insultent l’histoire, mais aussi le présent et l’avenir. Ils oublient, probablement pour de bas motifs électoraux, que rien de grand ne peut se faire – jamais – sans respect !

5 juin 2019 : Frédérique VIDAL et les « grandes écoles »

Qui connaît Frédérique VIDAL ? Pratiquement personne à part elle-même ! Elle est, semble-t-il, ministre de l’enseignement supérieur ! Mais qu’a-t-elle fait depuis sa nomination à ce poste ? Soudain, elle déclare (1) qu’il y a « urgence » à réformer l’accès aux grandes écoles !

Madame, vous êtes certainement bardée de ces diplômes venant de « grandes écoles », mais je constate que vous n’avez rien compris ! Ce n’est pas l’accès aux grandes écoles qui doit être réformé. Ces dernières doivent, non pas permettre à une soi-disant élite de passer toute sa vie comme « ancien élève » de quelque chose, mais rendre possible la formation nécessaire de tous ceux qui ont commencé leur carrière comme ils ont pu, mais ont montré qu’ils étaient aptes, non pas à passer des concours, mais à progresser dans leur vie professionnelle. Ce qui est important, c’est l’accès à la formation continue, tout au long de la vie, mais certainement pas l’accès à quelques grandes écoles qui déterminent toute une vie.

Si vous ne pouvez faire cette réforme, dont sans doute vous ne comprenez ni l’urgence, ni la nécessité, alors démissionnez puisque vos réformes sont inutiles !

1. Le Monde, 5 juin 2019

9 juin 2019 : « Roger FEDERER, entretien avec une légende »

Je ne suis pas du tout fanatique de Canal + que je ne regarde que par hasard, lorsque la chaîne est diffusée en clair.

Ce fut le cas aujourd’hui et je suis tombé sur l’interview « Roger Federer, entretien avec une légende ». (1) Le journaliste, Mouloud ACHOUR, que je ne connaissais pas, m’a surpris par le respect qu’il témoignait au champion de tennis et la qualité de ses questions.

Très intéressant aussi la part consacrée à la Fondation Roger Federer pour l’éducation des jeunes dans le sud de l’Afrique, partie du monde dont vient la mère de Roger Federer.

J’aimerais beaucoup voir d’autres émissions de ce niveau et connaître, par exemple, les différentes fondations ou actions bénévoles créées ou faites par les grands sportifs français, ceux qui ont eu la chance, grâce à leurs talents, de gagner des fortunes sur les terrains de sport… Je vais sans doute devoir attendre longtemps !

Merci et bravo, autant pour Roger Federer que pour Mouloud ACHOUR.

1. Canal + - Clique Dimanche

7 juillet 2019 : Inégalités salariales

Etude de l’Organisation internationale du Travail (OIT) concernant les inégalités salariales dans 189 pays du monde en 2017. (1)

10% des travailleurs les mieux payés disposent de 48,9% du montant total des rémunérations mondiales, tandis que les 50% les moins bien rémunérés n’en touchent que 6,4%.

A l’échelle mondiale, les 10% les plus pauvres devraient travailler plus de trois siècles pour gagner autant que les 10% les plus riches en un an !

J’ai déjà parlé de ce scandale dans « Doléances » (2). Nos gouvernants n’ont rien fait et continuent à ne rien faire. Evidemment puisqu’ils appartiennent à la caste des nantis ! Comme disait un jour en souriant un de mes amis jésuites, « les bourgeois n’avancent qu’à coups de pied au cul ».

Qui leur bottera l’arrière-train avant que la révolte – ou la révolution – n’éclate ? Il y a urgence !

1. Le Figaro - 6-7 juillet 2019
2. Pierre PETIT - "Doléances", chap. 11 Parachutes dorés et salaire maximum
"www.doleancesblog.com" et "Au gré des jours (2018-2020)" : 5 janvier 2018 :
Ecarts de rémunération

18 août 2019 : RUSSIE

« Négociez pour trouver la meilleure solution, même provisoire, mais n’imposez en aucun cas vos velléités par des diktats ou des sanctions. Il n’existera pas d’avenir serein et pacifié sans une coopération solide avec la Russie. Quant à la politique des sanctions, elle est vaine, inutile, dégradante et indigne ! » (1)

Ces évidences ont été écrites à l’automne 2014, il y a déjà cinq années. Cinq années perdues donc, dans ce domaine comme dans les autres, par une classe politique toujours aussi incompétente et infatuée d’elle-même.

Je suis donc content de lire l’interview d’Hubert VEDRINE (2), certainement l’un des meilleurs depuis longtemps quand il s’agit de politique étrangère. Il a eu, je pense, raison de ne pas courir après une élection et de garder sa liberté de réfléchir et de penser. Maintenant, il faut qu’il soit écouté :

« Nous avons des rapports plus mauvais avec la Russie d’aujourd’hui qu’avec l’URSS pendant les trois dernières décennies de son existence ! Ce n’est pas dans notre intérêt… »

« Le G7 était devenu G8, mais la Russie en a été exclue en 2017, à la suite de l’annexion de la Crimée. Tout cela aurait pu être géré autrement. La volonté américaine d’élargir l’OTAN à l’Ukraine était malencontreuse… »

« L’Occident a été pris d’une telle arrogance depuis trente ans, d’une telle hubris dans l’imposition de ses valeurs au reste du monde, qu’il faut réexpliquer le b.a.-ba des relations internationales : rencontrer, ce n’est pas approuver; discuter, ce n’est pas légitimer; entretenir des relations avec un pays, ce n’est pas être « amis ». C’est juste gérer ses intérêts. Il faut évidemment que la France entretienne des relations avec les dirigeants de toutes les puissances… »

(Vladimir POUTINE)  » Durant ses deux premiers mandats, il avait tendu la main aux Occidentaux, qui ont eu le tort de ne pas répondre vraiment… Nous ne changerons pas la Russie, elle évoluera d’elle-même, à son propre rythme et selon sa manière. Nous nous sommes beaucoup trompés: il est temps de revenir à une politique plus réaliste… Mais pour cela, il faut qu’il y ait un dialogue régulier… »

« L’objectif… est de « réarrimer la Russie à l’Europe » et donc de corriger la politique occidentale inconséquente des dernières années qui ont poussé la Russie vers la Chine. Notre relation doit être exigeante et vigilante sans être vindicative et prosélyte. Il faut établir, ou rétablir, de bons rapports de force dans les domaines militaire conventionnel, nucléaire, spatial et numérique. Mais aussi redevenir pragmatiques car nous aurons toujours à gérer des relations de voisinage avec la Russie. Et donc parler, discuter, négocier, faire des propositions… »

1. Pierre PETIT - Doléances, chap. 34 Politique européenne -
"doleancesblog.com"
2. Le Figaro - 17-18 août 2019

6 septembre 2019 : Atelier de Louis VUITTON  à Beaulieu-sur-Layon

Dans l’atelier de Louis Vuitton à Beaulieu-sur-Layon (Maine-et-Loire) ouvert en janvier dernier, les salariés, en très grande majorité des femmes, sont au nombre de 135 et seront 300 à la fin de 2020.

Dans Le Figaro du 5 septembre 2019, la journaliste Cécile CROUZEL, précise : « Pour intégrer l’atelier, les candidats passent des entretiens, des tests logiques et pratiques où sont évaluées leur coordination, leur dextérité et leur vision en 3D… Les heureux élus enchaînent six à huit semaines de formation sur le site, avec de plus anciennes dans le métier, leurs « marraines », avant de passer à la production… »

La journaliste relève « les possibilités d’évolution offertes, la polyvalence et un intéressement de plusieurs mois de salaire. »

Le Ministre de l’Education nationale, Jean-Michel BLANQUER, et la Ministre du Travail, Muriel PENICAUD, essaient de redonner à l’apprentissage les lettres de noblesse qu’il n’aurait jamais dû perdre.

Les réussites telles que cet atelier de Beaulieu-sur-Layon sont certainement à prendre et à montrer en exemple. Bravo pour la formation, la polyvalence, l’intéressement… Pourquoi ne pas y ajouter la participation – dont la modalité est encore à définir – des travailleurs à la marche de leur entreprise. C’est, me semble-t-il, la seule façon de faire pour que chacun connaisse les progrès et les échecs de sa « maison » et comprenne – le jour venu – les évolutions nécessaires.

25 octobre 2019 : LA FIN DE L’EMPIRE AMERICAIN

Je découvre (1) d’intéressantes idées présentées par Hubert VEDRINE, ancien ministre des Affaires étrangères, et Gérard ARAUD, ancien ambassadeur aux Etats-Unis. Je n’ai pas connu le second, mais j’ai travaillé régulièrement, au Protocole, pour le premier que j’apprécie tout particulièrement.

L’article s’intitule « La fin de l’empire américain ? ». Personnellement, j’ai depuis des années supprimé le point d’interrogation ! L’empire (l’emprise) absolu des Etats-Unis est heureusement terminé et nous vivons les derniers soubresauts de cet empire devenu hégémonique, tyrannique, despotique, égoïste, violent… et donc stupide et dépassé, puisque compte seulement pour les politiciens américains la persistance au poste de maître du monde, sans tenir aucun compte de la nécessité d’une coopération internationale et d’une aide renforcée pour aider les plus faibles. C’est à crier de rage presque tous les jours…

H. VEDRINE : « … profonde crise de la démocratie représentative. Il existe un désir de démocratie dans les pays dans lesquels elle n’existe pas mais, là où elle est installée, elle est en crise…. Les Occidentaux ont perdu le monopole de la puissance, qu’ils exerçaient depuis trois ou quatre siècles. Même en restant très puissants, riches et influents, ils n’ont plus le monopole ! D’autres puissances émergent. Donc nous vivons, en Occident, une traumatisante remise en cause multiple : stratégique, historique, géopolitique, démocratique… Il est compliqué et angoissant pour les Etats-Unis, si ce n’est impossible, de s’adapter à l’idée qu’ils n’ont gardé qu’un leadership relatif, contesté et défié par la Chine… »

G. ARAUD : « Les gens négligent trop souvent les continuités entre Obama et Trump. En réalité, Obama avait déjà initié le retrait – que Trump a plus ou moins continué – des Etats-Unis des affaires internationales. Les Américains… ne peuvent pas se retirer du monde, mais ils opèrent un retrait relatif. Ils ne feront que défendre leurs intérêts directs quand ceux-ci seront en jeu. »

H. VEDRINE : « Notre monde ultra-informé et connecté n’a plus rien à voir avec celui dans lequel la démocratie représentative a été inventée… »

1. Le Figaro Magazine - 25 octobre 2019

31 octobre 2019 – Déclin des valeurs

Au fil des lectures d’actualité, j’apprécie de trouver des idées qui me semblent importantes, qui rejoignent en grande partie mes préoccupations et qui sont présentées par des personnalités que je peux ne pas connaître du tout.

Ainsi cette citation tirée d’une interview de David ENGELS (1) : « Bien que je ne nierai nullement le problème fondamental de l’immigration de masse, le déclin des valeurs sociales, familiales et religieuses est au moins aussi grave, particulièrement en France, et cette crise identitaire et psychologique est nettement plus difficile à affronter que les défis venant de l’extérieur. Autant, avec quelques textes de loi, vous pouvez fermer les frontières, autant il est difficile de transformer le comportement de toute une civilisation pour la ramener à la raison, et notamment à l’amour de ses propres traditions. En tant qu’historien, ce qui me frappe le plus, c’est cette désolidarisation de la plupart des Européens occidentaux par rapport à leur propre histoire. »

1. La Baule + - Octobre 2019

3 novembre 2019 – Hubert VEDRINE : Relations avec la Russie

Des remarques faites dans une interview (1) par l’ancien ministre des Affaires étrangères à l’occasion du 30ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, je relève les points suivants :

« Après la fin de l’URSS, la relation avec la Russie n’a pas été gérée intelligemment par l’Occident, qui pensait avoir gagné. Les Etats-Unis impériaux… ont considéré que la Russie, devenue secondaire, n’avait d’autre choix que se normaliser, alors que Poutine, au début, était assez ouvert. Les Européens ont été ingénus. Au début, les torts ont été du côté occidental. L’élargissement de l’OTAN, l’intention proclamée d’y inclure l’Ukraine, l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine conçu de façon clivante ont entraîné la réaction russe en Crimée en 2014… »

A la question de savoir si l’élargissement de l’UE a été réalisé trop rapidement, Hubert VEDRINE répond : « On a sous-estimé qu’à l’époque, pour les pays d’Europe de l’Est, le plus important, c’était l’adhésion à l’OTAN, pas à l’UE. On peut les comprendre : sitôt libres, ces pays se sont précipités au commissariat du coin, c’est-à-dire l’OTAN. Pour eux, l’UE n’était que le complément économique de l’OTAN. La France a essayé de dire qu’il fallait approfondir avant d’élargir… »

Question : « L’élargissement de l’OTAN, dites-vous, fut l’une des principales erreurs commises par l’Occident… »

H. VEDRINE : « C’est plus compliqué. Le fait que les membres de l’OTAN  veuillent conserver l’Alliance ne signifiait pas qu’elle devait s’élargir partout. Bush et Baker avaient laissé espérer à Gorbatchev que l’OTAN n’irait pas trop loin. Mais cela a été vite oublié. Le mandat de Bill Clinton fut celui du triomphalisme, de l’hyperpuissance. C’est alors que la machine à élargir s’est mise en place. Les Baltes, les Polonais et les autres étaient demandeurs. La pensée dominante à l’époque était que la Russie était hors jeu, que les Occidentaux étaient les maîtres du monde, que la démocratie triompherait partout… Henry Kissinger a estimé plus tard qu’aucun effort sérieux n’avait été fait entre 1990 et 2014 pour intégrer la Russie dans un système européen de sécurité. »

Question : « 2014, l’annexion de la Crimée et la guerre dans le Donbass… »

H. VEDRINE : « Même le politologue américain d’origine polonaise Zbigniew Brzezinski, qui considérait que retirer l’Ukraine à l’URSS était le moyen décisif pour détruire l’Union soviétique, a dit sur le tard qu’il aurait fallu promouvoir, pour l’Ukraine, non l’appartenance à l’OTAN, mais un statut de neutralité. Il fallait choisir : soit on agissait en empire victorieux qui ignore les réticences russes et on assumait l’entrée dans l’OTAN en envoyant des forces énormes en Ukraine, soit on négociait à l’avance avec Moscou sur Sébastopol. Ou on réalisait que cette solution n’était pas tenable et on proposait un statut de neutralité pour l’Ukraine, garanti à la fois par l’OTAN et par la Russie. En réalité, on n’a parlé que d’élargissement, et finalement ce sont Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui ont bloqué le processus concernant l’Ukraine et la Géorgie. Cette affaire a été très mal gérée. On aurait pu éviter l’engrenage. »

Question : « Le bilan de l’après-guerre froide n’est-il que négatif ? »

H. VEDRINE : « Il y a eu des occasions manquées avec la Russie. On aurait pu s’y prendre mieux. Mais c’est rattrapable… Le vrai problème réside… dans l’opposition entre les élites et les populations. Les classes populaires et moyennes ne pensent plus que la mondialisation soit favorable. C’est ça le « populisme ». Il faut un compromis historique entre les élites et les peuples… »

Question : « Que faire avec la Russie ? »

H. VEDRINE : « Tenter de relancer un processus et de recréer un cadre pour la relation Europe-Russie. Il faut souhaiter que la Russie ne se soit pas enfermée du fait des sanctions dans un anti-occidentalisme définitif… L’Occident est divisé et ne pourra plus dominer le monde comme avant. Les émergents sont incapables de prendre la relève… La France doit devenir plus réaliste, moins prétentieuse et moins chimérique… »

1. Le Figaro - 2-3 novembre 2019. Propos recueillis par Isabelle LASSERRE

17 novembre 2019 – LES « COMITES THEODULE »

Incroyable ! Le Premier Ministre, Edouard PHILIPPE, se réveille ! Il a présidé le 4ème Comité interministériel de la transformation publique (1). Il a annoncé la suppression de « 90 commissions consultatives, dont 63 d’ici la fin de l’année », sur les 394 qui existent actuellement.

Incroyable ! Ses études à l’ENA n’avaient pas permis à notre Premier Ministre de comprendre qu’il était inutile de doublonner les fonctionnaires des différentes administrations par des « comités Théodule » pléthoriques, inutiles et coûteux. Il aura fallu à Edouard PHILIPPE trois « comités interministériels de la transformation publique » avant de commencer à comprendre que les réformes – dans ce domaine comme dans tant d’autres – étaient urgentes !

Incroyable ! Le Premier Ministre n’a en fait rien supprimé. C’est toujours pareil. On annonce des effets d’annonce, mais surtout on ne change rien ! Je suis prêt à parier que rien ne sera fait, ni d’ici la fin de cette année, ni plus tard, et si 63 « commissions consultatives sont supprimées, je reconnaîtrai avec joie cette réussite.

Mais le Premier Ministre aurait dû apprendre et comprendre depuis longtemps que ne servent à rien des communications quand elles sont vides : sa communication comme celle du Président de la République et de tous les ministres, députés et sénateurs.

Que la classe politique fasse son travail. Qu’elle prépare puis prenne ses décisions en respectant toute la constitution et qu’ensuite seulement elle explique au peuple les décisions prises.

Que les journalistes fassent également leur travail d’information et de formation, avec des décisions concrètes et pas avec du vent. Et qu’ils rappellent au Premier Ministre, à la fin de cette année, sa promesse de supprimer enfin, les comités Théodule inutiles, c’est-à-dire quasiment tous.

1. Le Figaro - 16-17 novembre 2019

18 novembre 2019 – 30ème ANNIVERSAIRE DE LA REVOLUTION DE VELOURS

Par hasard, je suis tombé sur un reportage de quelques minutes au sujet de la révolution de velours en Tchécoslovaquie il y a trente ans. (1)

A Prague, les manifestants demandent la démission de leur Premier Ministre et la fin de la corruption en République tchèque. L’un d’entre eux déclare : « Il y a trente ans, je n’aurais jamais pensé que ce serait nécessaire de revenir dans la rue aujourd’hui. C’est le résultat d’une classe politique qui s’est éloignée de la morale. Et nous n’avons pas su préserver la démocratie. Il nous faut à nouveau manifester… »

A Bratislava, les Slovaques réclament également la fin des vieilles pratiques, la corruption en tête, dans tout l’ancien bloc de l’est. Milan KNIAZKO, ancien ministre de la culture de Slovaquie, est particulièrement précis : « Ce machin qui nous gouverne, cette bande de criminels pour le dire de façon claire, est là depuis treize ans dans une eau stagnante, c’est une fosse septique. Les hommes politiques ont adapté la démocratie à leurs besoins propres. Il faut dire que les Slovaques, mais aussi les politiques tchèques, hongrois ou encore polonais, ont beaucoup de talent pour détourner la loi à leur profit. Tout cela est pourri et il va falloir prendre des mesures exceptionnelles si jamais les élections ne se passent pas bien, car ça commence à devenir dangereux. »

Inouï, n’est-ce pas ! Et pourtant ! Les politiques slovaques, tchèques, hongrois ou polonais ne sont pas les seuls à « tourner la loi à leur profit ». En France aussi la pourriture est partout.

Merci, Monsieur Milan KNIAZKO. Vous avez certainement connu Vaclav HAVEL et travaillé avec lui. Il manque à votre pays et à l’Europe. Merci de votre franchise et de votre dignité.

1. France 24 - 18 novembre 2019

22 novembre 2019 – L’ACADEMIE FRANCAISE

L’Académie française se déclare « gravement préoccupée par le développement du franglais… Les violations répétées de la loi Toubon, qui a posé les règles de l’emploi du français dans la sphère publique, dénaturent notre langue, autant par l’invasion de termes anglo-saxons que par la détérioration qu’ils entraînent de sa syntaxe. L’Académie alerte solennellement les pouvoirs publics et les invite en premier lieu à respecter eux-mêmes la loi. Si ceux-ci ne réagissent pas vigoureusement, si l’opinion ne prend pas la mesure du danger qui le menace, le français cessera d’être la langue vivante et populaire que nous aimons. » (1)

Il est extraordinaire de constater de plus en plus la déliquescence des pouvoirs : celui de l’Académie française qui parle temps en temps, mais qui ne peut concrétiser ses remarques évidentes et intelligentes; celui des politiciens qui ont fait de leur communication leur principale – et de plus en plus unique – activité !

Emmanuel MACRON en est actuellement le meilleur exemple. Il passe et repasse chaque jour son grand oral de l’ENA devant des auditoires choisis par lui : le baratin érigé en seule action et, au bout du compte, le néant existentiel.

Pour la défense et l’illustration de la langue française et son déclin actuellement irréversible, les académiciens devraient envoyer d’urgence une mission au Canada (2), afin de voir comment les Canadiens français font pour maintenir leur langue et de mettre en action des décisions applicables dans tout le monde francophone et accompagnées de sanctions exemplaires, aussi bien à l’encontre des politiciens que des journalistes, des présentateurs et des publicitaires.

1. Le Figaro - 22 novembre 2019
2. Cf. Pierre PETIT "Doleancesblog.com" : "Souvenirs, souvenirs..."-Thaïlande. 
Article "Langue française - Université de Chiang Mai".

24 novembre 2019 – ECHEC DES POLITIQUES ET DES JOURNALISTES

L’échec du sauvetage de l’entreprise Whirlpool, reconnu par Emmanuel MACRON en visite à Amiens, est le « symbole de quelque chose qui ne tourne plus tout à fait rond dans ce quinquennat… L’engagement initial était de changer la France et les usages de la politique. A mi-mandat, l’impression est davantage au piétinement et à l’indécision. »

En fait, c’est une grande partie de l’éditorial (1) que je veux citer. Pour une fois que les choses sont claires !

« Les « gilets jaunes » reprennent le pavé, les agriculteurs sont vent debout, les étudiants pas contents, les personnels hospitaliers en colère, les policiers irrités… Le gouvernement est en proie au doute. Et tétanisé à l’idée de révéler enfin les contours exacts de sa réforme des retraites. Ses zigzags, allers-retours et hésitations ne font qu’ajouter à la défiance des Français, qui craignent tous, ou presque, de faire les frais de l’opération. Les incertitudes sont grandes et vives sont les inquiétudes. »

« Pour tenter d’apaiser les esprits – autant peut-être que pour se rassurer lui-même, le chef de l’Etat multiplie les interventions publiques. Lui qui voulait avoir la parole rare, renouer avec la posture gaullienne, s’exprime désormais tous les jours. Mais pour lancer quelques idées générales qui ne font ni illusion ni sensation. Si les mots s’accumulent, ils « n’impriment » plus. Et, surtout, les actes ne suivent pas. A quoi bon agiter les thèmes de l’immigration, de la laïcité, des violences urbaines, de l’exécution des peines, de la décentralisation si les discours ne s’accompagnent d’aucune décision précise ? « 

Et la conclusion de ce brillant éditorial : « L’expression n’est pas l’action. »

Yves THREARD, vous avez raison de dire que « l’expression n’est pas l’action », surtout bien sûr pour les politiques. Mais tout en reprochant autant que vous la « communication » continuelle de nos dirigeants, qui est, selon eux, censée remplacer toute « action », je n’admets pas davantage l’inaction des journalistes qui se contentent de « communiquer ».

Yves THREARD, j’ai eu l’occasion d’écouter des émissions de télévision dans lesquelles vous intervenez et de lire certains de vos articles. Comme je respecte quelques-unes de vos prises de position, j’ai pensé pouvoir vous adresser mon recueil de « Doléances ». Si vous l’aviez ouvert, vous auriez vu que j’attends, comme une majorité de Français, que les journalistes se réforment eux-mêmes en abolissant les privilèges indus qu’ils ont accumulés.

Or, depuis mon envoi, je n’ai rien reçu de vous, pas même un accusé de réception creux et vide comme ceux qui me sont arrivés de l’Elysée, de Matignon et du Quai d’Orsay. Alors, par pitié, cessez de faire uniquement de la « com » et changer les façons de faire de votre profession. A l’avance, je vous en remercie.

Par ailleurs, vous écrivez qu’Emmanuel MACRON voulait renouer avec la posture gaullienne. En arrivant au pouvoir en 1958, le passé du Général de GAULLE était garant de son honnêteté et il avait préparé  un important programme de réformes qu’il a réalisé en grande partie en tant que dernier Président du Conseil de la IVème République, avant même d’être élu premier Président de la Vème.

Emmanuel MACRON, lui, n’avait aucun passé digne d’entraîner la confiance des Français et son seul plan était de prendre le pouvoir. Alors, ses soi-disant réformes se sont transformées, se transforment et se transformeront en réformettes et en « com ».  Cette dernière, continuellement présente et destinée à asphyxier tous ceux qui tentent encore de réfléchir, me fait penser à ce refrain que je redis pour tous nos bavards :

« Ah! Si tu pouvais fermer ta gueule, Ca nous ferait des vacances

Ah! Si tu pouvais fermer ta gueule, Ca ferait du bien à la France ! »

1. Le Figaro - 23-24 novembre 2019

30 novembre 2019 – « PALABRAS PARA JULIA »

Les « paroles » qui suivent, écrites par le poète catalan José Agustin GOYTISOLO (1928-1999), je les ai souvent écoutées, chantées par Paco IBANEZ. Je pensais alors qu’elles étaient destinées à Laurence et à Pascal, mais elles le sont tout autant maintenant à Alice, à Paul, à Camille, à Lucie et à tant d’autres.

Tu no puedes volver atras – Porque la vida ya te empuja
Como un aullido interminable – Interminable
Te sentiras acorralada – Te sentiras perdida, sola
Tal vez querras no haber nacido – No haber nacido

          Tu ne peux revenir en arrière – Parce que la vie te pousse
          Comme une plainte interminable – Interminable
          Tu te sentiras enfermée – Tu te sentiras perdue, seule
Peut-être voudras-tu ne pas être née – Ne pas être née

Pero tu siempre acuerdate – De lo que un dia yo escribi
Pensando en ti, pensando en ti – Como ahora pienso

Mais toi toujours souviens-toi – De ce qu’un jour moi j’ai écrit
Pensant à toi, pensant à toi – Comme je pense à toi maintenant

La vida es bella, ya veras – Como a pesar de los pesares
Tendras amigos, tendras amor – Tendras amigos
Un hombre solo, una mujer – Asi tomados de uno a uno
Son como polvo, no son nada – No son nada

         La vie est belle, tu verras – Comment, en dépit des peines
         Tu auras des amis, de l’amour – Tu auras des amis
         Un homme seul, une femme – Ainsi pris un à un
Sont comme poussière, ne sont rien – Ne sont rien

Entonces siempre acuerdate – De lo que un dia yo escribi
Pensando en ti, pensando en ti – Como ahora pienso

Alors toujours souviens-toi – De ce qu’un jour moi j’ai écrit
Pensant à toi, pensant à toi – Comme je pense à toi maintenant

Otros esperan que resistas – Que les ayude tu alegria
Que les ayude tu cancion – Entre sus canciones
Nunca te entregues ni te apartes – Junto al camino nunca diga
No puedo mas y aqui me quedo – Y aqui me quedo

Les autres espèrent que tu résistes – Que les aide ta joie
Que les aide ta chanson – Parmi leurs chansons
Jamais ne te rends ni ne t’écarte – A côté du chemin, ne dis jamais
         Je n’en peux plus et ici je reste – Et ici je reste

Entonces siempre acuerdate – De lo que un dia yo escribi
Pensando en ti, pensando en ti – Como ahora pienso

Alors toujours souviens-toi – De ce qu’un jour moi j’ai écrit
Pensant à toi, pensant à toi – Comme je pense à toi maintenant

La vida es bella, ya veras – Como a pesar de los pesares
Tendras amigos, tendras amor – Tendras amigos
No se decirte nada mas – Pero tu debes comprender
Que yo aun estoy en el camino – En el camino

La vie est belle, tu verras – Comment en dépit des peines
Tu auras des amis, de l’amour – Tu auras des amis
Je ne sais te dire rien de plus – Mais toi tu dois comprendre
Que je suis encore en chemin – En chemin

Pero tu siempre acuerdate – De lo que un dia yo escribi
Pensando en ti, pendanso en ti – Como ahora pienso

Mais toi toujours, souviens-toi – De ce qu’un jour moi j’ai écrit
Pensant à toi, pensant à toi – Comme je pense à toi maintenant.

7 décembre 2019 – Cabinets ministériels pléthoriques

Philippe DECHARTRE, nommé Secrétaire d’Etat au logement en 1968, est reçu par le Général de GAULLE pour un entretien. A la fin de cet échange, le Président de la République lui donne un conseil :

« N’ayez pas un cabinet pléthorique. Vous avez des fonctionnaires. Ils sont remarquables. Seulement il faut les faire travailler, il faut les commander. Alors, commandez-les. » (1)

Le Général pourrait revenir ! Il constaterait que, plus de cinquante ans après son départ, le problème des cabinets ministériels pléthoriques et des fonctionnaires sous-employés existent toujours. Avec la conséquence évidente que l’administration tourne de plus en plus mal, comme chaque fois que la responsabilité est retirée à ceux qui devraient en recevoir au moins une partie.

1. Michel TAURIAC - Vivre avec de Gaulle - Plon 2008, page 139

10 décembre 2019 – Les réformes nécessaires et l’intérêt du pays

Encore un témoignage – celui d’Antoine DUPONT-FAUVILLE, Chargé de mission au cabinet du Général de GAULLE dès le 24 juin 1958 – qui explique le succès des réformes entreprises par le Général de GAULLE dès son retour au pouvoir en mai-juin 1958 et avant même le référendum sur la nouvelle constitution :

« Nous sommes tous conscients que le Général peut remettre la France d’aplomb. Et nous sommes également persuadés que si cette restauration ne se fait pas de son temps, elle ne se fera plus. Il ne faut donc pas perdre une heure, parce que cette heure perdue, on ne la retrouvera plus. Il faut se précipiter derrière le Général parce que chaque minute nous est comptée. Petits et grands, tous ceux qui sont auprès de lui ne pensent pas à leur avancement, comme c’était le passe-temps des fonctionnaires à l’époque des présidents du Conseil à répétition. Seul l’intérêt du pays les passionne… » (1)

C’était pourtant simple : ne pas perdre une heure, ne pas penser à son avancement… Seule la passion de l’intérêt du pays ! Plus de cinquante années plus tard, cette passion a disparu et l’intérêt du pays n’est évoqué que lors de discours insipides qui ne cachent même plus la priorité absolue des intérêts personnels…

1. Cité dans "Vivre avec de Gaulle" - Michel TAURIAC - Plon 2008, p. 39

12 décembre 2019 – La poesia es un arma cargada de futuro

Comme régulièrement, j’ai écouté encore et encore, chanté par Paco IBANEZ, ce magnifique poème de Gabriel CELAYA (1911 – 1991). Et je me suis demandé une fois de plus pourquoi je n’ai jamais eu l’occasion d’en parler avec Antoine EMAZ. Je ne sais pas s’il connaissait cette poésie, mais je suis sûr qu’il aurait aimé, comme il aimait René CHAR et Albert CAMUS.

Cuando ya nada se espera personalmente exaltante,
Mas se palpita y se sigue mas aca de la conciencia,
Fieramente existiendo, ciegamente afirmado,
Como un pulso que golpea las tinieblas,
Que golpea las tinieblas.

Quand on n’attend plus rien qui nous exalte à nous-mêmes
Mais que palpite et s’affirme en-deçà de la conscience
La sauvage existence et l’aveugle présence
Comme un pouls qui martèle les ténèbres
Qui martèle les ténèbres

Cuando se miran de frente
Los vertiginosos ojos claros de la muerte,
Se dicen las verdades,
Las barbaras, terribles, amorosas crueldades,
Amorosas crueldades.

Quand on regarde en face
Le vertigineux regard pâle de la mort
Les vérités s’avancent
Les cruautés de l’amour, barbares, terribles
Cruautés de l’amour

Poesia para el pobre, poesia necesaria
Como el pan de cada dia,
Como el aire que exigimos trece veces por minuto,
Para ser y en tanto somos, dar un si que glorifica.

Poésie pour les pauvres, poésie nécessaire
Comme le pain de chaque jour
Comme l’air que nous exigeons treize fois par minute
Pour être et puisque nous sommes, dire un oui et donner un oui qui glorifie

Porque vivimos a golpes,
Porque apenas si nos dejan
Decir que somos quien somos,
Nuestros cantares no pueden ser sin pecado un adorno
Estamos tocando el fondo, estamos tocando el fondo.

Parce que nous vivons par à-coups
Parce que c’est à peine s’ils nous laissent
Dire que nous sommes ce que nous sommes
Nos chants ne peuvent être un beau décor sans salissure
Nous touchons le fond, nous touchons le fond

Maldigo la poesia concebida como un lujo,
Cultural por los neutrales, que lavandose las manos
Se desentienden y evaden.
Maldigo la poesia de quien no toma partido,
Partido hasta mancharse.

Je maudis la poésie conçue comme un luxe,
Culturelle pour les indifférents, qui s’en lavent les mains,
Se détournent et fuient
Je maudis la poésie qui ne prend pas parti
Jusqu’à se compromettre

Hago mia las faltas
Siento en mi a cuantos sufren
Y canto respirando.
Canto y canto y cantando
Mas alla de mis penas
De mis penas personales, me ensancho
Me ensancho.

Je fais miennes les fautes
Je ressens en moi les souffrances
Et je chante comme je respire
Je chante et je chante et en chantant
Au-delà de mes peines
De mes peines personnelles, je grandis,
Je grandis

Quiero daros vida, provocar nuevos actos,
Y calculo por eso con technica que puedo
Me siento un ingeniero del verso y un obrero
Que trabaja con otros a Espana,
A Espana en sus aceros

Je veux vous donner vie, provoquer des actions nouvelles
Et je calcule pour cela avec la technique que je peux utiliser
Je me sens un ingénieur du vers et un ouvrier
Qui travaille avec d’autres pour l’Espagne,

A l’Espagne et à ses épées

No es una poesia gota a gota pensada,
No es un bello producto, no es un fruto perfecto.
Es lo mas necesario : lo que no tiene nombre,
Son gritos en el cielo, y en la tierra son actos.

Ce n’est pas une poésie pensée goutte à goutte
Ce n’est pas un beau produit, ce n’est pas un fruit parfait.
C’est le plus nécessaire : ce qui n’a pas de nom
Ce sont des cris vers le ciel et sur terre ce sont des actes

Porque vivimos a golpes,
Porque apenas si nos dejan
Decir que somos quien somos,
Nuestros cantares no pueden ser sin pecado un adorno
Estamos tocando el fondo, estamos tocando el fondo.

Parce que nous vivons par à-coups,
Parce que c’est à peine s’ils nous laissent
Dire que nous sommes ce que nous sommes
Nos chants ne peuvent être un beau décor sans salissure
Nous touchons le fond, nous touchons le fond.

22 décembre 2019 – Dette publique

A fin septembre, notre dette s’élevait à 2.414 milliards d’euros, soit 100,4% du produit intérieur brut.

Un échec de plus pour le Président de la République, qui avait annoncé et promis qu’il serait « le Président du désendettement de la France ».

Certes, il n’est pas seul responsable. Un triste graphique (1) rappelle que notre dette se montait à :

  • 936,9 milliards d’euros au 2ème trimestre 2002, sous Jacques CHIRAC (59,9% du PIB),
  • 1.263 milliards d’euros au 2ème trimestre 2007, sous Nicolas SARKOZY,
  •  1.899,8 milliards d’euros au 2ème trimestre 2012, sous François HOLLANDE.

Mais Emmanuel MACRON gère encore plus mal que ses prédécesseurs, puisque les taux d’intérêt bas dont il bénéficie diminuent la charge de la dette. L’Etat continue à ne s’occuper de rien d’autre que de ses dépenses courantes et est incapable de réaliser des économies.

Il faut de toute urgence mettre à la porte ces incapables inutiles qui ruinent la France, mais ne se ruinent pas pour elle.

1er Janvier 2020 – Voeux du Président

Hier soir, je me suis forcé et efforcé… J’ai écouté les « vœux » du Président, expert en fabrique de vent et de poudre aux yeux… Rien, rien que du vent, le baratin creux des mauvais élèves de l’ENA.

Qui peut encore croire à la moindre promesse de ce Président ? Les réformes qu’il a, selon ses dires, entreprises et menées à leur terme, ne sont en fait que des balbutiements, à peine commencées et certainement pas réalisées comme elles auraient dû l’être.

Prenons un exemple : l’ENA est-elle enfin supprimée et, à sa place, a-t-on sérieusement cherché comment repérer et faire progresser les meilleurs des serviteurs de l’Etat, ceux qui n’ont jamais été parachutés ? Ici comme partout ailleurs, tout reste à faire…

Un autre exemple m’a beaucoup frappé. L’été dernier, avant le début des manifestations « gilets jaunes », le Président de la République et Mme Emmanuel MACRON ont montré leur ignorance des priorités du pays et leur avidité à profiter de leur place au sommet de l’Etat. Parfaitement inconscients de la difficulté de vivre de la grande majorité des Français, ils ont décidé de construire une piscine pour faire trempette au fort de Brégançon. Ils ont également  fait changer la moquette de la salle des fêtes du Palais de l’Elysée. On peut imaginer que celle que j’ai connue était usée jusqu’à la corde ? Mais surtout, totalement inconscients, ils ont eu l’audace de commander un nouveau service en porcelaine de Sèvres pour les réceptions. Il se trouve que je connais tous les services historiques qui se trouvent à l’Elysée et je sais qu’il n’y avait aucune urgence à faire ce genre de dépenses somptuaires, sinon par gloriole. Je tire de cela la certitude que le Président et son épouse ressemblent, dans l’insouciance, à Louis XVI et Marie-Antoinette à la veille de la Révolution.

Et qu’en est-il des retraites ? On veut continuer à nous faire croire que ce Président et son gouvernement poursuivent les réformes nécessaires. Plusieurs semaines de grève déjà et on multiplie les régimes spéciaux qui s’ajouteront, sans les remplacer, aux anciens régimes spéciaux ! Cherchez l’erreur ! Elle est simple. Ici comme ailleurs la première réforme à faire est celle de la classe politique. Or on apprend, presque par hasard, qu’un certain Emmanuel MACRON, actuellement Président de la République, a décidé, pour calmer les émeutiers, de renoncer pour lui-même – et seulement pour lui-même – aux indemnités versées aux anciens présidents de la République.

Mais le problème n’est pas de régler le problème d’une des retraites de ce malheureux MACRON. Où en est le projet promis de moralisation de la vie publique qui avait été promis et qui, de BAYROU à DELEVOYE, ne cesse de montrer que tout reste à faire. La réforme des retraites, nécessaire et indispensable, n’est pas faite et ne le sera pas – sinon un malheureux succédané -. Avant de demander des efforts à l’ensemble des Français, il aurait été indispensable de réformer l’ensemble de la classe politique. Or cette réforme promise dès le début a rejoint le néant.

Le nombre des députés et des sénateurs n’a pas changé; un gouvernement restreint d’une quinzaine de ministres, sans secrétaires d’Etat, n’existe toujours pas; la fusion du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental n’est même pas commencée; la réforme des systèmes de retraites de cette classe politique pléthorique et cumularde est à peine entamée, alors que, d’évidence, elle aurait dû être le modèle à présenter aux Français…

Que devient, en 2020, la fin des privilèges volés au peuple par les politiques ? Tout le reste, comme les voeux d’hier soir, n’est que baratin et grand oral d’enarque !

29 janvier 2020 – Soi-disant « plan de paix » américain pour le Moyen-Orient

Au Protocole, j’ai travaillé plusieurs fois pour Bill CLINTON, à l’époque Président des Etats-Unis, pour Ezer WEIZMAN, Président de l’Etat d’Israël, et pour Shimon PERES, en ce temps-là Premier Ministre. Je suis content de l’avoir fait, même si les équipes de sécurité entourant ces personnalités étaient bien souvent insupportables !

En voyant à la télévision la mascarade organisée par le Président américain Donald TRUMP et le Premier Ministre israélien Benyamin NETANYAHOU, j’ai de suite compris que ce qu’ils appellent leur « plan de paix » était déjà un échec. Peut-on être plus bête ou plus stupide ? Ces deux hommes politiques parlent de paix alors que les Palestiniens ne sont même pas présents !

J’ai travaillé plusieurs fois pour Yasser ARAFAT lors de ses visites en France et je regrette ce temps où la recherche d’un dialogue existait encore. Aujourd’hui, les riches et les puissants décident en dictateurs que la paix sera semblable à leurs propres intérêts (judiciaires et électoraux dans l’immédiat).

MM. TRUMP et NETANYAHOU, je ne peux avoir pour vous que mépris et dégoût. Et si l’on me demandait ces jours-ci de travailler pour vous, je le refuserais.

1er février 2020 – Le Premier Ministre candidat à la mairie du Havre.

J’ai entendu hier que le Premier Ministre, Edouard PHILIPPE, avait déclaré sa candidature pour les prochaines élections municipales au Havre, en précisant que s’il était élu maire, il continuerait ses fonctions de Premier Ministre à Matignon.

On croit rêver ! Comment peut-on à ce point se moquer des Français ? Le poste de Premier Ministre est considéré comme secondaire par ce monsieur qui veut être élu au Havre ! Ne lui est-il jamais venu à l’esprit que le poste de Premier Ministre exigeait un engagement total ? S’il ne le pensait pas, il devrait démissionner de suite et courir après ses hochets !

On croit rêver ! Comment peut-on à ce point ignorer ce qui s’est passé en 1995 avec Alain JUPPE, mentor d’Edouard PHILIPPE ! J’avais travaillé pour Alain JUPPE alors qu’il était ministre des Affaires étrangères et j’appréciais sa puissance de travail et sa brillante intelligence. Puis il fut nommé Premier Ministre en mai 1995 après l’élection de Jacques CHIRAC à la Présidence de la République.

Au lieu de s’atteler immédiatement à son travail de Premier Ministre, qui était de réformer la France, il a choisi de participer d’abord à la campagne des municipales car il voulait remporter la mairie de Bordeaux pour lui-même. J’ai alors pensé en ce mois de juin 1995 qu’il faisait une erreur colossale car quand on est chargé des affaires de la France, on ne perd pas son temps à des peccadilles…

Il gagna la mairie de Bordeaux, mais quand il voulut, à l’automne suivant, entreprendre les réformes dont le pays avaient – déjà – grandement besoin, il était trop tard. Le temps perdu à la recherche de sa gloriole avait consumé l’état de grâce – certes très court – qui suit une élection présidentielle.

Comme chacun sait, les réformes nécessaires n’ont pas abouti, Alain JUPPE a perdu son poste de Premier Ministre, et nous payons encore aujourd’hui ces erreurs ! Le Premier Ministre actuel recommence la même chose. Au lieu de s’occuper à plein temps des affaires de la France, il préfère privilégier ses petits problèmes personnels !

La honte ! Ce n’est pas étonnant : il est énarque ! Mais que tous ces gens venus au gouvernement pour réformer la France cessent de mentir et démissionnent. Leurs seules préoccupations, ce sont leurs carrières… Du peuple de France et de la France elle-même, ils n’ont rien à faire, absolument rien !

2 février 2020 – « A la Maison Blanche »

J’aime bien la série télévisée « A la Maison Blanche ». Même si je ne suis en rien du tout fanatique de l’hégémonisme affiché et imposé dans le monde entier par les dirigeants américains, j’essaie de comprendre leur arrogance et leur morgue, et cette série est en cela bénéfique.

Profitant de l’hiver pour la regarder une nouvelle fois, j’ai été content de trouver le dialogue ci-dessous dans la 7ème partie de la série 1, intitulée « un dîner d’Etat ».

Le Président des Etats-Unis reçoit le Président d’Indonésie et, dans les coulisses du dîner, les conseillers des deux Présidents discutent d’une façon qui semble courtoise, au moins au début, car le conseiller américain a une faveur à demander à l’Indonésien. Ce pauvre américain est bien entendu persuadé que cette faveur va lui être accordée puisque ce sont les Etats-Unis qui la demandent !

Leur dialogue :

  • L’Indonésien : Nous avons eu droit tout à l’heure à cet humiliant discours que votre Président a prononcé et je sais que c’est vous qui l’avez écrit.
  •  L’Américain : Pouvez-vous admettre qu’avec toutes les personnalités présentes et tous les média couvrant la soirée, il était important pour nous de faire savoir que les Etats-Unis, dans leur attachement aux droits de l’homme…
  • L’Indonésien (interrompant son collègue) : Ne trouvez-vous pas légèrement hypocrite qu’un peuple qui, systématiquement, a, un siècle durant, éliminé la nation amérindienne puisse faire la leçon au reste du monde sur les droits de l’homme ?
  • L’Américain : Oui, en effet.
  • L’Indonésien : Vous avez humilié mon Président ce soir sans autre but que de faire de l’esbrouffe… Allez au diable !

Je trouve assez spécial – et très rare – que le conseiller américain reconnaisse l’hypocrisie des Etats-Unis sur les droits de l’homme… Un peu partout dans le monde, là où j’ai travaillé, il m’a été donné de constater l’étalage des certitudes américaines qui en fait sont imposées aux plus faibles, sans même que les diplomates et les ressortissants américains se rendent compte de leur dictature !

Je pense souvent à cette forme de néo-colonialisme que l’on retrouve également – plus souvent qu’on ne le souhaiterait – chez certains représentants de la Grande-Bretagne et de la France !

28 février 2020 – Guerre civile – Partition – Petits-enfants

« La France est vouée à la guerre civile au pire, à la partition au mieux. Il a peur pour ses petits-enfants. »

Ecrit au sujet de la présentation effectuée par Pierre BROCHAND, Ambassadeur de France, devant Res Publica, fondation dirigée par Jean-Pierre CHEVENEMENT. (1)

Je souscris totalement à la peur pour mes petits-enfants et je pense à la guerre civile plutôt qu’à la partition.

1. Cité par Eric ZEMMOUR, Le Figaro Magazine - 28 février 2020

6 mars 2020 : Immigration (encore !)

La France et l’Europe sont vraiment championnes mondiales du faire-semblant d’avoir cerné les problèmes, de les avoir étudiés dans des commissions et des sous-commissions, d’avoir écouté les différents lobbies, d’avoir laissé déblatérer tous les élus et les représentants, d’avoir même voté des lois de moins en moins appliquées…

On s’en moque puisque tous ceux qui ont fait semblant de participer « démocratiquement » à l’aventure ont été payés largement pendant des mois ou des années. Mais comme aucune décision n’a été mise en pratique, on pourra reprendre le problème un peu plus tard et recommencer le même chemin ruineux vers notre sous-développement…

Ainsi en est-il de l’immigration ! Je relève donc avec tristesse le constat renouvelé et réitéré de Guillaume ROQUETTE (1) :

« En ouvrant massivement ses frontières en 2015, l’Europe a créé un appel d’air qui masse aujourd’hui à sa périphérie… des millions de travailleurs rêvant d’entrer sur le Vieux Continent pour connaître une vie meilleure… Trop de pays européens, et la France au premier chef, ne se sont pas montrés assez fermes pour expulser l’immense majorité des immigrés clandestins qui ne sont pas éligibles au droit d’asile. Rien de surprenant à ce que des centaines de milliers d’autres veuillent eux aussi tenter leur chance… »

« L’Europe doit changer ses règles. Plus personne ne devrait pouvoir y pénétrer sans y avoir été légalement autorisé, ce qui suppose la multiplication des camps d’accueil aux frontières pour pouvoir refouler tous les déboutés du droit d’asile… Nous n’avons guère le choix si nous voulons reprendre le contrôle de notre destin… »

Monsieur l’éditorialiste, vous devriez compléter vos paragraphes avec quelques rappels évidents (2), sauf pour nos politiques et journalistes aveugles :

  • Aucune régularisation de sans-papiers sur le territoire français. La France ne peut accepter que des violeurs de la loi, arrivés en France illégalement, y restent légalement ! Les demandes d’asile doivent être faites auprès de nos ambassades ou des agences de l’ONU.
  •  Bien sûr, nous devons – car c’est un devoir – accueillir tous ceux que nous pouvons, ou que nous voulons, ou dont nous avons besoin… Mais tous ceux qui sont accueillis – enfin légalement – doivent être intégralement pris en charge, d’une façon ou d’une autre, jusqu’à leur intégration.
    1.  Le Figaro Magazine - 6 mars 2020
    2.  Cf. "Au gré des jours" - 1er, 2, 3 et 4 février 2020

27 mars 2020 – « La trahison des conseillers »

Je trouve naturellement – compte tenu de ce que j’ai déjà écrit fans mon livre « Doléances » – très intéressantes ces réflexions de Philippe JUVIN, chef du service des urgences de l’hôpital Pompidou (1) :

« La vraie révolution qu’il faudra mener sera celle des conseillers (des hommes politiques). Ils doutent rarement, imposent leur vision monochrome, rédigent des rapports souvent identiques. Cette classe ne se remet jamais en cause, n’est jamais sanctionnée, bénéficie d’une totale impunité. »

Pour que cesse cette constatation « On critique beaucoup les élus, mais on ne fait jamais la critique de l’entourage des hommes d’action », il faut de toute urgence virer ces « conseillers » inutiles et dangereux, supprimer l’ENA dont ils sont quasiment tous issus, et le faire toute affaire cessante pour tenter d’enrayer cette épidémie française…

Si quelque chose se passe enfin en ce sens après la pandémie du coronavirus, je saluerai cette avancée, mais la France étant la France, c’est-à-dire abandonnée à une élite qui se croit certaine depuis des années, je parierai davantage qu’il ne se passera rien et que les bourreaux continueront leur œuvre de destruction !

 1. Le Figaro Magazine, 27 mars 2020

2 avril 2020 – Coronavirus – Directeur général de la santé

J’ai souvent entendu dire « Gouverner, c’est prévoir ». Mais nos politiques sont incapables de prévisions. Ils ne connaissent que l’impréparation puisqu’ils passent leur temps à courir après les élections et donc à chercher des invitations sur les stations de radio ou de télévision pour conditionner les populations.

Cette impréparation gouvernementale s’étale – une fois de plus – au grand jour à l’occasion de la triste épidémie de coronavirus. Comme je l’ai déjà indiqué (1), il est évident depuis longtemps que les secrétaires d’Etat sont inutiles et que le soi-disant porte-parole du gouvernement devrait être supprimé. Ces perroquets ne servent à rien d’autre qu’à tromper le peuple en récitant les litanies gouvernementales.

Quant au Président de la République, il recommence dès qu’il en a – ou en prend – l’occasion, son grand oral de l’ENA en pensant qu’il sera une fois encore reçu à son examen. Il ferait mieux de prendre du temps pour réfléchir et faire les bons choix. Puisqu’il dit que « nous sommes en guerre », comment se fait-il qu’étant chef des armées, il ne réquisitionne pas davantage nos troupes ? Il mobilise des trains, des bateaux, des avions pour transporter des malades, et c’est certainement très bien. Mais comment les militaires ont-ils été capables de ne construire qu’un seul hôpital de campagne ? Est-ce parce que nos armées n’en ont pas d’autres ? Et pourquoi, prenant exemple sur certains de nos voisins, n’a-t-on pas été capable de transformer en hôpitaux des gymnases et autres équipements, actuellement inoccupés et inemployés pour cause de confinement ? Et encore, pourquoi, profitant de cette pandémie, n’a-t-on pas appelé l’armée pour remettre la République présente dans tous les coins de France où les « forces de l’ordre » et les pompiers n’ont plus le droit d’aller et où les mesures prises pour lutter contre l’épidémie ne sont pas respectées ?

Dans toute cette tristesse, je trouve un point positif : pour une fois sont mises en avant les compétences des directeurs d’administration. Le meilleur exemple en est Jérôme SALOMON, Directeur général de la santé au Ministère des Solidarités et de la Santé, qui jour après jour, mérite notre respect pour ses présentations de l’évolution de la pandémie avec compétence, vérité et clarté. Il conviendrait d’ailleurs de trouver un autre terme que « point de presse », puisque, en fait et enfin, il s’agit d’informer la population.

Bien sûr, ni Jérôme SALOMON, ni personne n’est parfait… Bien sûr, même les directeurs généraux peuvent recevoir des ordres des politiques… En tout cas, je préfère écouter ces hommes de l’art plutôt que les politiciens. 

1. Cf. Doléances, chapitre 29 : Gouvernement
Note de 2021 : Même si ce n'est pas parfait, c'est cette voie qu'il faut creuser
et développer.

7 avril 2020 : La « Tenue » du Général de GAULLE

Chacun a pu éprouver, de temps en temps, la concordance évidente entre sa propre pensée et quelques lignes découvertes dans un livre. Pas un mot n’a besoin d’être modifié. L’idée et l’écriture coïncident.

C’est ce que j’ai ressenti en lisant un extrait du « Dictionnaire amoureux du Général », écrit par Denis TILLINAC : « De la tenue avant toute chose » (1) :

« Nos éminences politiques sont démonétisées parce qu’elles ne savent pas se tenir. Elles n’ont pas ce mélange de pudeur, de roideur, de hauteur exigible pour que le chef soit respecté. Elles se répandent au moindre fait divers – et les modes de communication du temps présent (info en continu, réseaux sociaux, etc.) aggravent les effets de leur incontinence… Nos « élites » en général, nos gouvernants en particulier ne savent pas se tenir. Le moindre secrétaire d’Etat aux « choux farcis », formule de Chirac, pond un livre pour attester ses « convictions », sa compassion pour les déshérités, son amour pour son épouse, ses enfants, son labrador, les roses de son jardin. Il étale au tout-venant son « misérable petit tas de secrets », formule de Malraux, esclave de l’illusion que la « proximité » lui vaudra les faveurs de l’opinion. Au contraire, elle le prive de cette aura sans laquelle le chef est astreint à la clownerie mimétique… Il ne sait pas se tenir. Entre le Général et le peuple français, il y eut des connivences, jamais de la « proximité ».

« Le Général savait se tenir… Il n’a jamais manqué de tenue. D’où le respect qu’il a imposé. On peut aimer, admirer ou plaindre celui qui se débonde. On ne le respecte pas… »

« Il n’existe pas de doctrine gaulliste mais une morale exigible pour quiconque prétend être un chef : la tenue… »

1. Le Figaro Magazine, 28 février 2020.
Dictionnaire amoureux du Général, de Denis Tillinac - Plon

27 avril 2020 : Covid 19

Je ne connais pratiquement rien à la médecine et je fais donc naturellement confiance à mes médecins, mais en ces temps de pandémie, j’essaie de comprendre un peu en écoutant des professeurs illustres et hélas parfois des logorrhées de journalistes qui se pensent omniscients !

Dans les différents postes consulaires que j’ai occupés, c’est certainement à Bangkok que j’ai rencontré, de 1987 à 1990, le plus de problèmes avec les touristes : accidents, arrestations, vols, maladies… Nous avions un médecin coopérant à l’ambassade – parfois excellent comme le Dr Yves CAER, parfois nocif et nuisible comme …,  qui s’occupait plus spécialement des prisonniers. Nous avions également un médecin thaï accrédité, qui avait fait des études en France et parlait très bien français. Il s’occupait de la santé des Français de passage.

Je repense à lui en ces temps de COVID 19 où les débats sur l’efficacité  – ou l’inefficacité – de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine font rage. A la fin des années 80, beaucoup de touristes pensaient que le paludisme était présent partout en Thaïlande – ce qui était complètement faux – et ils prenaient un traitement antipaludéen, à base de nivaquine, qui leur avait été recommandé par leur médecin traitant avant leur départ de France.

Notre médecin thaï m’a raconté un jour qu’ils ne comprenaient pas ses collègues français. Il disait que lui-même n’avait pas eu l’occasion de soigner un touriste français du paludisme, par contre il devait sans cesse s’occuper pour les Français des conséquences néfastes de la prise « préventive » de Nivaquine.

Dans la lutte actuelle contre le COVID 19, il serait évidemment important de trouver le plus vite possible le meilleur médicament, puis le meilleur vaccin, mais en attendant il me semble urgent de ne pas se précipiter sans connaître les résultats prouvée et les inconvénients de telle ou telle piste de recherche.

1er mai 2020 : « Eloge de la décence ordinaire »

Dans une chronique intitulée « Eloge nécessaire de la décence ordinaire » (1), Michel ONFRAY écrit ces lignes qui m’ont fait sourire et crier, tant leur vérité est aveuglante :

« Dans Elle, une certaine Brigitte TROGNEUX (2) a confié… tout le mal qu’elle avait à vivre son propre confinement ! Il est vrai que vivre dans le palais de l’Elysée avec tous les services attenants, dont les cuisiniers et les sommeliers, la blanchisserie et la garde-robe, les salons de coiffure ou de maquillage, le tout aux frais du contribuable, puis la possibilité de faire une ballade dans un parc d’un hectare et demi en plein Paris, tout cela est effectivement pénible… Je plains ces gens-là dont le quotidien est fait d’indécence ordinaire. Que dis-je : le quotidien ? Leur vie tout entière est indécence ordinaire. »

Au contraire de cette « indécence ordinaire », « l’épidémie qui met la France à genoux a fait ressortir (la décence ordinaire) très précisément chez ceux qu’ont méprisés Emmanuel MACRON et les siens… Car la France ne tient le coup qu’avec des paysans et des maraîchers qui produisent, des routiers qui livrent de quoi nourrir le pays, des magasiniers qui approvisionnent, des employés et des ouvriers qui travaillent, des caissiers et des caissières qui encaissent des pièces et des billets souillés et contaminés avec le virus, des videurs de poubelles, des comptables discrets, des femmes de ménage, des hommes d’entretien, des infirmières, des aides-soignantes, des fonctionnaires – les petits salaires français… »

« Je n’oublie pas non plus ceux qui fabriquent des masques dans leurs cuisines avec des chutes de tissu, qui constituent des paniers de légumes livrés à domicile pour éviter la faillite des paysans, qui offrent des repas aux personnels soignants. »

« Pour déplacer ceux qui travaillent, ajoutons aussi les chauffeurs de bus, de métro, de tramway, de train. N’oublions pas la police, la gendarmerie, les pompiers. Et que dire des forçats de l’hôpital : de l’aide-soignante au professeur qui dirige le service en passant par les infirmières et tout le personnel qui permet à ces cathédrales de la douleur de fonctionner nuit et jour pour faire au mieux avec les rogatons consentis par le capital. L’Etat a failli, on l’a vu; la grandeur de la nation est dans ce petit peuple, on le voit. »

Oui, la décence ordinaire se trouve dans ces cathédrales de la douleur… Certainement pas chez les journalistes, ni chez les hommes et femmes politiques… Ils ont failli et ils faillissent…

1. Le Figaro Magazine - 1er mai 2020
2. Brigitte TROGNEUX, épouse MACRON

3 mai 2020 : Notre-Dame et le déconfinement !

Vous vous rappelez : la cathédrale Notre-Dame brûle ! Peu importe ! Notre pauvre président Emmanuel MACRON, riche de son seul passage à l’ENA et dans sa banque préférée, décide qu’en cinq années la restauration sera terminée ! Sans avoir aucune raison d’annoncer quoi que ce soit de définitif, il ressemble étrangement à ce crétin de Jupiter qui pensait diriger et régir le monde…

Voulez-vous un autre exemple ? Puisque ce malheureux président ne connaît rien à la réalité, puisqu’il ne connaît que les dossiers qui lui ont été « pré-mâchés », il a annoncé – en fait décrété – que le 11 mai serait la date du déconfinement.

Jusqu’à quand faudra-t-il croire qu’en parlant notre président fait quelque chose d’autre que préparer sa possible réélection ? Le reste, ni le peuple, ni la réalité… Il n’en a rien à faire !

7 mai 2020 : « L’ultime chance de transformer la France »

J’aime lire les études de Nicolas BAVEREZ et le titre d’un de ses derniers articles – l’ultime chance de transformer la France – (1) m’a naturellement attiré.

L’essayiste indique que « nous vivons un tournant de l’histoire » avec, en particulier, les achèvements du « monopole de l’Occident sur l’histoire du monde » et du « leadership des Etats-Unis lié à l’ordre de 1945 ».

Nicolas BAVEREZ constate la disparition des Etats-Unis de la scène internationale. « Ils subissent la crise sanitaire sans pouvoir peser sur elle, contrairement à la Chine… Au sein des démocraties, la débâcle américaine contraste avec la remarquable gestion de l’épidémie par la Corée du Sud, Taïwan, l’Allemagne ou la Suède, toutes nations qui ont en commun de bénéficier d’institutions politiques légitimes, de finances publiques saines, d’une industrie puissante, d’un investissement élevé dans les nouvelles technologies et d’une forte cohésion sociale ».

Je n’avais pas pensé, en écrivant « Doléances », que l’affaiblissement de la France viendrait d’une crise sanitaire, même si j’étais persuadé que le sous-développement atteindrait bientôt sérieusement mon pays. Mais écoutons plutôt Nicolas BAVEREZ :

« L’épidémie a frappée (la France) dans un état d’extrême faiblesse, succédant aux attentats djihadistes, au mouvement des « gilets jaunes » puis aux grèves contre la réforme des retraites. Notre pays sortira exsangue de ce nouveau choc, avec une récession d’au moins 10% du PIB en 2020, une croissance potentielle amputée par les défauts d’entreprise et le chômage de masse, un déficit et une dette publique qui vont cumuler autour de 110 et 120% du PIB, de très fortes tensions sociales et politiques. La France d’après le Covid-19 sera une grosse Italie, à la merci des marchés financiers sur lesquels elle devra lever 700 à 800 milliards d’euros. »

« La période de reprise sera décisive. » Permettra-t-elle ou non de « maintenir la France dans les dix premières puissances mondiales au cours de la décennie 2020 » ? « Rien ne serait pire que de laisser s’installer l’illusion que les revenus peuvent être durablement déconnectés du travail et garantis par l’Etat ou encore que l’argent public est illimité et gratuit… La prochaine décennie sera surplombée par les contraintes de la dette et de son financement… Le rôle (de l’Etat) mérite d’être profondément repensé en tirant les leçons de cette épidémie qui a vu un contraste total entre l’engagement admirable des soignants, qui ont rivalisé de travail et d’ingéniosité pour permettre aux hôpitaux de faire face à l’afflux des malades, et la faillite de la politique de santé publique… »

« L’épidémie de Covid-19 nous offre ainsi la dernière chance de transformer la France pour l’adapter au monde du XXIème. En l’absence de changements majeurs, l’alliance de la stagnation, du chômage structurel et du surendettement voue notre pays, à l’horizon de la décennie 2020, à un déclassement définitif et à un défaut financier qui fera basculer de très nombreux Français dans la grande pauvreté. »

Je voudrais seulement rappeler l’évidence première si l’on voulait enfin ne pas organiser le déclin de la France : réformer d’abord et avant tout l’ensemble de la classe politique (2). C’est la mère de toutes les réformes car sans elle il n’y a aucune raison que les autres soient acceptées par tous ceux qui supportent et souffrent depuis trop longtemps.

1. Le Figaro Magazine, 1er mai 2020
2. Revoir tous les chapitres de Doléances

9 mai 2020 : Place de la langue anglaise dans l’Union européenne

Les Britanniques ont choisi de quitter l’Union européenne. En fait, comme le pensait le général de GAULLE, ils n’auraient jamais dû en faire partie, puisqu’ils n’en voulaient que les avantages…

Mais, depuis leur départ, je suis surpris de constater que les dirigeants européens – Mme Ursula von der LEYEN, Présidente de la Commission européenne, est la dernière que j’ai entendue – font leurs déclarations et conférences de presse en anglais ! Et pourquoi donc ? Ne serait-il pas enfin temps de redonner leurs places aux autres langues officielles qui ont été délaissées pendant des années au profit de l’anglais ?

Il s’agirait là d’un signe fort d’indépendance et de diversité qui devrait être rappelé aussi à un grand nombre de nos dirigeants politiques qui s’expriment bien trop souvent en anglais dans leurs actes officiels… Quand défendront-ils la francophonie autrement qu’en creux verbiage ? Et, Mme von der LEYEN, défendez l’allemand… Vous nous aiderez et vous aiderez toute l’Europe !

11 mai 2020 : Les « deux cents familles »

On ne peut faire revivre le mythe des deux cents familles, mais il n’en demeure pas moins que nous connaissons des histoires de piston montrant l’importance du nom de certains !

Ce n’est pas ce que je souhaite faire et je ne raconterai pas certaines histoires que je connais. Mais, parfois, pour mieux comprendre, il est intéressant de relier un nom à un autre pour apercevoir les filières et les dynasties.

Je viens, par hasard et en un seul jour, d’en (re)trouver trois :

  • Agnès BUZIN, Ministre de la santé de 2017 à 2020, puis candidate à la Mairie de Paris. Elle a été mariée en premières noces à Pierre-François VEIL, fils de Simone VEIL. (1)
  •  Jean-Pierre JOUYET, Secrétaire d’Etat aux affaires européennes (2007-2008), Secrétaire général de l’Elysée (2014-2017), Ambassadeur en Grande-Bretagne (2017-2019), puis Ambassadeur, Représentant permanent auprès de l’OCDE, marié en secondes noces depuis 2006 avec Brigitte TAITTINGER.
  • Xavier NIEL, fondateur d’Iliad, groupe de télécommunications (Free), copropriétaire du groupe LE MONDE, marié avec Delphine ARNAULT, Directrice générale adjointe de Louis Vuitton, fille de Bernard ARNAULT, PDG de LVMH.

Peut-être aurai-je un jour l’occasion de compléter cette liste ?

1. Note de janvier 2021 : Comme ces personnages ne sont jamais abandonnés, Mme
BUZIN a été nommée à l'Organisation mondiale de la santé, après sa défaite à la mairie
de Paris... Ce qui me rappelle la nomination comme secrétaire général adjoint des
Nations Unies de Philippe DOUSTE-BLAZY, qui avait été auparavant ministre des Affaires
étrangères, poste dans lequel il était surnommé "Doux bla-bla"...

15 mai 2020 : « Urgence CAMUS »

C’est le titre de l’éditorial d’Anne PONCE dans « La Croix L’Hebdo » (1) où je suis heureux de trouver ces lignes car je sais qu’aujourd’hui encore Albert CAMUS est présent :

Les œuvres des grands auteurs « nous servent d’inspiration ou de déclaration de résistance… On cite Camus pour se battre contre les injustices, et se battre avec un supplément d’âme… On cite Camus pour apprendre son « métier d’homme ». C’est toujours l’heure ».

Anne PONCE rappelle le titre du journal Combat à la mort de CAMUS : « Une conscience contre le chaos ».

1. La Croix L'Hebdo - 9-10 mai 2020

16 mai 2020 : « L’éclaireur des temps obscurs »

En préambule des pages qu’il consacre à Albert CAMUS (1), Jean-Claude RASPIENGERS rapproche l’actuel pandémie de la covid19 de « La Peste ».

« Du repli individualiste à l’engagement collectif, de la peur à la solidarité, un roman de 1947, criant de justesse et de vérité dans l’évocation d’une soudaine épidémie. Face au scandale répété de la mort, le docteur Rieux accomplit, obstiné comme Sisyphe, « le métier d’homme ». Renforcer la fraternité par temps de malheur. Albert Camus nous apparaît plus actuel que jamais… Camus, l’intranquille, le philosophe de l’absurde, devenu l’éclaireur de notre présent tourmenté. »

1. La Croix L'Hebdo - 9-10 mai 2020

17 mai 2020 : Albert CAMUS et la « morale »

Paroles de René CHAR lors du décès de son ami Albert CAMUS : « Avec celui que nous pleurons, nous avons cessé de parler, mais ce n’est pas le silence ». (1)

« La disparition fulgurante d’Albert Camus ne fut pas seulement celle d’un homme, mais aussi celle d’un possible qu’il représentait, l’existence d’un fait moral dans un monde dépouillé de sens. » (2)

Ce « fait moral dans un monde dépouillé de sens » : « Il lui avait fallu apprendre seul, grandir seul, en force, en puissance, trouver seul sa morale et sa vérité. » (3)

« Trouver seul »… Imaginons la force qu’il lui a fallu pour résister aux beaux parleurs de Saint-Germain-des-Prés qui se permettaient de s’arroger une suprématie d’universitaires, alors que Camus aimait à dire que les stades de football et les théâtres avaient été ses seules universités !

Les titres, les diplômes, les connaissances intellectuelles sont certes bons, mais vides si la vie ne les accompagnent pas, « la vie qui est la vertu que j’honore le plus dans ce monde », comme il écrira.

On comprend mieux le vide abyssal dont la classe politique actuelle est remplie (!), ainsi que les échecs retentissants dont elle est entourée ! C’est simple : elle n’a plus de morale depuis longtemps !

1. Cité par Jean-Claude RASPIENGEAS - La Croix L'Hebdo 9-10 mai 2020
2. Vincent DUCLERT - Camus, des pays de liberté - Stock. Cité par Jean-Claude
RASPIENGEAS - La Croix L'Hebdo 9-10 mai 2020
3. Cf. Le Premier Homme - Cité par Jean-Claude RASPIENGEAS - La Croix L'Hebdo
9-10 mai 2020

18 mai 2020 : Albert CAMUS, journaliste

A 25 ans, « son Manifeste pour un journaliste libre, qui sera censuré, pose les quatre commandements d’un digne exercice de ce métier : la lucidité, le refus, l’ironie, l’obstination. Il recommande déjà de « ne rien publier qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir ». Des années plus tard, il quittera Combat, que son engagement et ses articles avaient hissé au plus haut niveau, en invoquant l’incompatibilité entre l’argent et l’indépendance. « Les capitaux ne vont jamais sans servitude. » (1)

C’est tellement clair ! Nos journalistes actuels devraient (re)lire CAMUS et le mettre en pratique pour que nous puissions être mieux informés !

1. Jean-Claude RASPIENGEAS - La Croix L'Hebdo - 9-10 mai 2020, page 26

 28 mai 2020 : LE ou LA covid 19 ?

En écoutant le journal de Radio Canada, retransmis chaque matin à 7 heures par TV 5 Monde, j’ai constaté que les différents intervenants parlaient tous de « LA covid-19 ».

En France, au contraire, les journalistes et les commentateurs, dans leur immense majorité, emploient le masculin et parlent « DU » covid-19.

Je pensais bien que nos excellents Canadiens, infiniment plus forts et plus décidés que nous-mêmes pour la défense de la langue française, avaient raison. Je suis allé faire un tour sur le site de l’académie française (1). Je le recommande car la clarté de l’explication donnée ne laisse aucun doute… Il faut bien dire « LA » covid-19, et il serait encore meilleur de dire « LA coviM-19 » (puisque le « D » représente « Desease » et devrait donc apparaître en « M » pour « Maladie »).

De même pour le mot « cluster ». L’académie recommande vivement, à la place de cet anglicisme entendu tous les jours, « agrégat », « foyer », « bouquet »…

Celui qui n’utilise pas sa langue fait mourir sa culture et son histoire…

1. www.academie-francaise.fr

5 juin 2020 : Maxime TANDONNET : la fracture démocratique

Ancien conseiller de Nicolas SARKOZY à l’Elysée, je n’avais pas de raison particulière de connaître Maxime TANDONNET et éventuellement de l’apprécier, mais j’ai lu une interview (1) dont certaines parties ont retenu mon attention :

« En 2000, l’OMS estimait que le système de santé français était « le meilleur du monde ». En 2020, la France se range parmi les cinq pires bilans planétaires face à l’épidémie de Covid-19″.

« Le lien de confiance entre les Français et leurs dirigeants politiques s’est brisé depuis fort longtemps avec des cotes de popularité qui oscillent entre 20 et 40%… A cet interminable naufrage du pays correspond le sentiment d’une déconnexion croissante de sa classe dirigeante… L’impression diffuse que les hauts responsables nationaux privilégient leurs satisfactions de vanité sur le destin du pays… »

« Après les « gilets jaunes », nous avons atteint, pendant la crise du Covid-19, un nouveau sommet de la fracture démocratique. Les deux France, celle des élites dirigeantes et celle du peuple, ne se comprennent plus et ne se supportent plus… »

« Le malaise tient davantage à la personnalité des dirigeants et à leur comportement qu’aux institutions politiques… La Vème République n’a aucun rapport avec l’esprit de la Constitution de 1958, fondé sur un chef de l’Etat au-dessus de la mêlée, fixant un cap au pays, un parlement souverain et un gouvernement en charge de la politique nationale… La Vème République, dans sa forme actuelle, dénaturée par le quinquennat, est devenue un authentique boulet pour le pays… « 

Alors, où va-t-on ? « Après le désastre sanitaire et des milliers de morts, une gigantesque crise économique s’apprête à déferler sur le pays… Aujourd’hui, faute de sauveur providentiel, c’est avant tout d’hommes d’Etat dont la France a besoin, c’est-à-dire de personnalités refusant la logique de la politique spectacle et de l’esbroufe médiatique pour placer au service de la France, pour la durée nécessaire, leur désintéressement personnel, leur sens de l’histoire et leur force de caractère, déterminés à travailler sérieusement au redressement du pays. »

1. Le Figaro Magazine - 5 juin 2020 - Propos recueillis par Alexandre DEVECCHIO

9 juin 2020 : Cumul ! Gérald DARMANIN et Edouard PHILIPPE !

J’ai déjà écrit (1) tout mon dégoût de constater que le Premier Ministre Edouard PHILIPPE, non content sans doute de n’être « que » Premier Ministre alors que la crise économique s’ajoute à la crise sanitaire, s’était porté candidat à la mairie du Havre.

Ce très mauvais exemple donné par le chef du gouvernement a été suivi par Gérald DARMANIN, qui a voulu être candidat à la mairie de Tourcoing, non content d’être « uniquement » ministre du budget et des comptes publics. Faut-il donc croire que ce ministre DARMANIN n’a plus rien à faire, que le budget est en équilibre et sera bientôt en excédent, que les comptes publics n’ont plus besoin d’être améliorés ?

Invité récemment de l’émission « Grand Jury – RTL », ce Gérald DARMANIN a expliqué son choix de garder à la fois son poste de ministre et son mandat de maire en précisant qu’il a demandé et obtenu, du Président de la République et du Premier Ministre, l’autorisation de cumuler ces fonctions. Il a ajouté, sans craindre le ridicule, qu’il n’a pas voté la loi contre le cumul des mandats, ce qui lui donne, si on comprend bien, l’autorisation de ne pas en respecter la lettre.

Je n’ai pas entendu beaucoup de journalistes s’élever avec force contre cette nouvelle preuve de la dictature grandissante de la classe politique. Heureusement, Mouloud ACHOUR, dans son émission « Clique » sur Canal +, aidé par le journaliste Clément VIKTOROVICH, a permis de mieux comprendre le baratin de nos politicards, avec la séquence intitulée : « Gérald DARMANIN : celui qui ne respectait pas les règles ». (3) Il a été rappelé qu’en septembre 2019, Edouard PHILIPPE avait déclaré qu’on ne pouvait cumuler sa fonction de ministre avec aucune autre… En fait, il ne faisait que répéter la règle édictée par Lionel JOSPIN en 1988 et réaffirmée par Emmanuel MACRON au début de son mandat…

Ahurissant et incroyable ! Ce DARMANIN se dit républicain et démocrate. Il n’est ni l’un ni l’autre puisque la république et la démocratie sont choses du peuple et pour le peuple, et certainement pas propriétés de la caste dévoyée dont il fait partie…

Il est évident qu’un ministère, comme la mairie d’une ville, est une fonction qui devrait occuper à plein temps. M. DARMANIN a-t-il fini de réformer les impôts ? La réponse est non. A-t-il rétabli l’équilibre des comptes publics ? La réponse est non, puisque les déficits ne cessent de croître. A-t-il réduit drastiquement les dépenses de l’Etat, et d’abord celles de la Présidence de la République, de l’hôtel Matignon, de tous les ministères ? La réponse est non… Ce DARMANIN n’a donc terminé aucune des tâches dont il a été chargé… Il n’est pas énarque, mais pour progresser dans sa carrière, il a copié tous leurs travers et tous leurs défauts, en particulier celui d’être un beau parleur qui passe chaque jour son grand oral, employant son verbe à son unique avantage…

Vous pouvez, M. DARMANIN être sûr d’une chose : je voterai toujours contre vous, comme je voterai contre MM. MACRON et PHILIPPE. Personne ne peut faire confiance à des gens qui ne respectent ni la République, ni la démocratie. Les deux derniers nommés se sont écrasés lamentablement et honteusement devant vos exigences dictées par votre seul égoïsme.

Il y avait eu un tout petit espoir au début du quinquennat de l’actuel Président de la République… L’espoir ne venait pas de son programme, que personne ne connaissait vraiment, ni même de sa propre histoire, présentée comme un roman-photo par la presse « people ». Non, cet espoir venait d’une certitude partagée par la majorité des Français : ne plus vouloir de l’ancienne classe politique…

Mais M. MACRON étant énarque ne connaissait ni la valeur du mot « réforme », ni que cette dernière impliquait une révolution dans la classe politique. En fait, il ne voulait que le pouvoir ! L’apprenti président a cru bon de se séparer du chef des armées, le général de VILLIERS, dont les états de service étaient évidemment bien supérieurs aux siens, lui qui avait seulement traversé en empereur solitaire la cour du Louvre. Ridicule image d’un ridicule personnage !

Et pour faire semblant de faire quelque chose, cet Emmanuel MACRON a choisi un certain François BAYROU pour réformer la classe politique. Ce faisant, il a montré sa méconnaissance de l’histoire de M. BAYROU qui, accompagné de son inséparable Marielle de SARNEZ, a passé sa vie à ne rien faire d’autre que faire mousser son petit ego… Qui se souvient, par exemple, de la moindre réforme faite par ce monsieur qui fut ministre de l’éducation nationale !

D’échec en échec, on découvrit un peu plus tard, avec l’affaire BENALLA, que ce Président avait choisi pour sa garde rapprochée des gens dont la seule ambition était de faire croire qu’en étant à l’Elysée près du bon dieu, tout était possible pour développer leur sens inné de la « carrière ». BENALLA a finalement été viré, mais le directeur de cabinet, responsable de la gestion du personnel de l’Elysée, est toujours en place, même après sa déplorable prestation devant la commission des affaires juridiques du Sénat…

Ainsi, la réforme de la classe politique n’a-t-elle pas été faite ! Il y a pire ! Voyant sa majorité se dissoudre en groupuscules, le Président et son Premier Ministre acceptent tout et n’importe quoi et ne cessent de faire marche arrière. Après seulement une moitié de quinquennat, on revient à ce que nous avions sous les quinquennats de HOLLANDE et de SARKOZY. La France continue sa descente vers le sous-développement, vers la 4ème République des combinaisons et des magouilles !

1. Cf. Au gré des jours… 1er février 2020 : Le Premier Ministre candidat à la mairie
du Havre 2. Cf. Au gré des jours 2 juin 2019 : Roger Federer, entretien avec une légende 3.
"Clique" - Canal + - 26 mai 2020

 

15 juin 2020 : « Allocution solennelle » d’Emmanuel MACRON

Dans notre pays, les annonces et la communication tiennent maintenant toute la place. La réalité n’a plus d’importance ! Parler et annoncer suffit ! Nous en avons une nouvelle preuve avec « l’allocution solennelle » du Président de la République.

La qualification de « solennelle » est ridicule. Les allocutions télévisées du Président de la République sont par définition toutes solennelles et il est inutile de le clamer pendant des jours et des jours. A quand une allocution « urbi et orbi » avec une bénédiction !

Pour ma part, je n’ai quasiment rien appris. Le verbe se déploie pour « faire de la com », c’est-à-dire du vent, des alizés, des orages… et annoncer qu’une nouvelle allocution solennelle aura lieu prochainement, en juillet !

En écoutant, j’ai repensé aux vœux présentés par le Président François HOLLANDE à la fin de 2013 pendant lesquels il avait annoncé qu’il prendrait, dès le printemps suivant, des initiatives avec l’Allemagne « pour donner plus de force à notre Union »…

Je ne résiste pas au plaisir de recopier ce que j’écrivais alors (1) :

« Le type même du baratin inutile. Si vous avez quelque chose de concret à dire, dites-le. Les Français vous écoutent. S’il s’agit une fois de plus de faire croire que vous êtes en train de préparer quelque chose, taisez-vous et travaillez. Quand vous serez prêt, vous pourrez alors présenter et expliquer aux Français vos « initiatives »…

« En attendant, par pitié, taisez-vous. Les Français n’ont pas de temps à perdre à rêver à la lune. Et vous, vous avez du travail. Cessez de parler pour dire que vous allez faire… Faites ! »

Six ans plus tard, nous en sommes au même point ! Nos Présidents se noient dans le « néant existentiel » de leur communication…

 

21 juin 2020 : Dette – Ces incapables qui nous gouvernent !

Les chiffres de la dette (1) parlent d’eux-mêmes :

Mi 2007, fin du mandat de Jacques CHIRAC : dette à 66% du PIB, soit 1.263 milliards d’euros

Mi 2012, fin du mandat de Nicolas SARKOZY : dette à 91,6% du PIB, soit 1.900 milliards d’euros

Mi 2017, fin du mandat de François HOLLANDE : dette à 99,7% du PIB, soit 2.271 milliards d’euros

Fin mars 2020, sous Emmanuel MACRON : dette à 101,2% du PIB, soit 2.438 milliards d’euros

Regardons les promesses faites pendant les campagnes électorales :

Nicolas SARKOZY s’était engagé pour un niveau d’endettement de 60% du PIB,

François HOLLANDE, lui, parlait de 80,2% du PIB,

Emmanuel MACRON avançait le chiffre de 93% du PIB !

Mettons n’importe qui à la place de ces incapables ! N’importe qui pourrait au moins se taire au lieu de promettre n’importe quoi !

Bien sûr, il y a eu des problèmes inattendus. Il y en a toujours. Mais a-t-on jamais vu un de nos présidents faire d’abord des économies dans ses propres dépenses et dans celles de la classe politique ? Même le scooter de François HOLLANDE servant à ses petites promenades a dû être payé par les Français ! Même la piscine commandée par Emmanuel MACRON pour le fort de Brégançon afin d’y faire trempette !

Et cette classe politique qui ne se prive jamais de rien annonce que le niveau de la dette atteindra 120,9% à la fin de cette année. Je pourrais parier que ce sera encore plus élevé puisque nos pauvres énarques ont appris à faire avaler au peuple des doses homéopathiques successives !

1. Le Figaro - 20-21 juin 2020

8 juillet 2020 : Un nouveau gouvernement !

Quelques notes à la volée sur le nouveau gouvernement… Seulement pour prendre date!

Jean CASTEX, il me semble, parle beaucoup trop. Bientôt, il n’aura plus le temps de réfléchir, ni celui de travailler. La « com » va le tuer, car il ne faut vraiment l’utiliser que lorsque l’on a quelque chose à dire…

Le nouveau Premier Ministre est allé faire un tour au « Ségur » de la santé, avec un milliard d’euros pour payer son entrée dans la danse. La valse des chiffres est telle que l’on peut se demander pourquoi on n’a pas sorti plus tôt la planche à billets pour répondre à des demandes souvent très justifiées, et résoudre ainsi tous les problèmes, par exemple ceux des gilets jaunes !

Il y a donc trente ministres et ministres délégués… Et il va falloir subir les nominations, en plus, de secrétaires d’Etat inutiles… Les records de nomination vont être battus ! Et le résultat, déjà certain, est l’incurie ! Il faut relire ce que j’écrivais déjà le 2 avril 2014 lors d’un nouveau gouvernement de François HOLLANDE (1) : « Je relève un point provisoirement intéressant : seize ministres. C’est largement suffisant… Mais le pire est à venir prochainement avec la nomination d’un lot de secrétaires d’Etat qui seront aussi inutiles que dispendieux… »

Gérald DARMANIN est nommé ministre de l’intérieur… Et personne ne parle de son cumul de mandat avec la mairie de Tourcoing… Par contre, les journalistes s’en donnent à coeur joie avec la réouverture d’une procédure judiciaire à son encontre concernant une affaire de viol. En d’autre temps, lorsqu’il y avait encore un peu de morale, l’intéressé se serait volontairement placé en retrait pour régler d’abord ses problèmes judiciaires avant de s’occuper des affaires publiques… Mais il s’agit, n’est-ce pas, d’un autre temps… Hélas !

Et puis pour parfaire le retour au temps d’avant, Roselyne BACHELOT est de nouveau ministre… La folle du roi est de nouveau dans les ors de la République après avoir passé plusieurs années comme pitre sur les plateaux de télévision. (2)

En ce qui concerne la nomination d’Eric DUPOND-MORETTI comme ministre de la justice, je ne me renie pas et je fais confiance à la société civile. On verra bien lorsqu’il y aura des résultats!

1. Cf. Au gré des jours 2013-2015 - Chapitre 7
2. Cf. Au gré des jours - 12 janvier 2019 : "Stars" et "politiques" 

6 août 2020 : Mais quand arrêterez-vous de vous moquer du monde ?

Le Président MACRON est allé faire un tour à Beyrouth après la terrible explosion qui a ravagé le port et une partie de la ville.

Le journal La Croix (1) indique qu’il « a apporté son appui à ceux qui appellent depuis des mois à des réformes politiques profondes au Liban. Il s’est ostensiblement immiscé dans les affaires intérieures de ce pays ami. »

Le Président français, incapable depuis plus de deux ans de réformer la France et les Français, va donner des leçons aux Libanais ! M. le Président, changez ce qui doit l’être dans notre pays avant d’aller prêcher votre parole au monde !

Le journaliste Jean-Christophe PLOQUIN (1) continue : « Le Président français a lancé… une offensive diplomatique qui vise une renaissance du Liban grâce à la reconstruction politique fondée sur les principes de citoyenneté, de démocratie, de saine gouvernance ».

M. le Président, vous pourriez être crédible si les principes que vous appelez de vos voeux pour le Liban, vous aviez été capable de les faire (re)vivre en France. Lorsqu’un homme vous interpelle dans le quartier de Gemmayzeh en vous disant : « Aidez-nous à nous débarrasser de cette classe politique ! » (1), n’entendez-vous pas l’écho de certaines revendications des Gilets jaunes auxquelles vous avez été incapable de donner un début de réponse en réformant profondément la classe politique de votre pays !

1. La Croix 7 août 2020

15 octobre 2020 : Plaidoyer de Franck FERRAND

J’ai écouté avec beaucoup d’intérêt sur « You Tube » le long – 42 minutes – « plaidoyer pour une France souveraine » de Franck FERRAND.

J’ai aimé la façon de procéder : pas de présentateur occupant l’espace et le temps et s’écoutant parler. Les questions sont écrites sur l’écran et l’invité a tout son temps pour répondre comme il le souhaite, sans être perpétuellement coupé et interrompu.

L’invité : Franck FERRAND, bien connu pour ses émissions d’histoire et ses commentaires sur le patrimoine traversé à l’occasion des étapes du Tour de France cycliste.

Franck FERRAND présente donc son dernier livre, un « conte politique » : « L’année de Jeanne ».

Je ne veux pas résister au plaisir de vous donner quelques extraits de la présentation faite par Franck FERRAND. Mais surtout allez vite écouter la totalité de ce moment de notre présent éclairé par l’histoire.

SUR L’IMPORTANCE DEMESUREE PRISE PAR LA COMMUNICATION :

« La communication est devenue absolument décisive, depuis longtemps déjà… Tout cela nous vient des Etats-Unis bien sûr. La communication a pris le pas peu à peu sur la décision, mais tous ces grands hommes politiques que nous admirons (Richelieu, Clémenceau, Churchill, de Gaulle)… ne pourraient plus aujourd’hui gouverner comme ils l’ont fait… Tous ces gens-là avaient un caractère énorme, une vision et essayaient dans la mesure du possible de faire avancer leur pays dans le sens de leur vision… Aujourd’hui, il faut faire le moins de scandale possible, il faut plaire au plus grand nombre, il faut analyser les différentes tranches de l’opinion et tenir le discours qui va séduire le plus grand nombre pour être le mieux placé dans les élections à venir. On est dans un exercice de communication… Ceux qui deviennent aujourd’hui les gouvernants sont ceux qui sont les mieux placés dans le domaine de la communication… »

SUR LES CHAINES D’INFO EN CONTINU :

« Une chaîne d’info en continu peut être quelque chose de merveilleux quand on organise des débats, quand on fait un édito, quand on donne la parole à des gens qui ont des points de vue et qui peuvent développer des arguments. S’il s’agit de ressasser du matin au soir un élément de l’actualité qu’on a tiré du reste et dont on essaie de faire une mayonnaise qu’il faut constamment faire monter, là je crois que c’est très dangereux… »

SUR LA SOUVERAINETE DU PEUPLE :

« Est-ce que oui ou non le peuple décide ? Est-ce que oui ou non le peuple est maître de ses décisions ? Ceux qui mettent cette question avant toutes les autres… devraient un jour arriver à se réunir au-delà des anciens clivages droite-gauche qui eux n’ont plus vraiment de raison d’être… »

SUR L’UNION EUROPEENNE :

« … savoir s’il faut mettre un terme à notre participation à l’Union européenne… Oui, j’en suis convaincu… Non pas pour sortir de l’Europe… Je voudrais simplement que l’on fasse une vraie Europe… Ce ne sera pas ce truc technocratique complètement étouffant qui nous empêche de mener des politiques. Il faut maintenir les solidarités nationales et les faire coopérer en petit nombre… »

SUR LA CIVILISATION OCCIDENTALE :

« Comme Michel ONFRAY, je pense que malheureusement notre civilisation est en train de donner ses derniers feux, mais je pense qu’elle n’a pas livré tout ce qu’elle peut livrer. Je crois que dans ce feu d’artifice extraordinaire qu’a été la civilisation occidentale, avec quelques retombées néfastes et évidemment de très mauvais côtés… mais dans ce feu d’artifice que nous avons offert au monde depuis quelques siècles, nous n’avons pas encore donné le bouquet final… Encore faut-il le vouloir, faut-il donner à la France le moyen de le faire. Je crois que nous prenons exactement la voie inverse… Nous prenons la voie de l’étouffoir pour ne pas dire de l’étouffement. Nous sommes en train tranquillement et sans nous en rendre compte de mourir à petit feu… »

SUR LA GENEALOGIE ET LE PAYS D’ACCUEIL :

« Je sais d’où ils viennent (mes ancêtres, tous d’origine hexagonale), je sais que ce sont eux qui ont cultivé ces terres, forgé ces paysages, construit ces villes, développé ce commerce, inventé ces institutions, cet esprit français que le monde entier il y a peu de temps encore nous enviait, cet art de vivre et cette cuisine, cette joie de vivre que l’on venait il y a encore peu de temps chercher en France… Je me dis que par rapport à tous ces ancêtres, je me dois d’essayer de faire quelque chose pour cette France pour laquelle ils ont sué sang et eau. Ca ne veut pas dire que je ne veux pas accueillir de nouveaux Français. Au contraire : s’il y a des gens qui veulent participer à l’aventure, s’il y a des gens qui étant maintenant sur le territoire et notamment tous ceux qui sont nés en France – ils sont Français même s’ils le refusent culturellement – moi, je leur dis : vous voulez vous attacher à vos racines, je le comprends très très bien. Ca ne vous empêche pas d’admirer la culture de votre pays d’origine. Au contraire… Mais essayez aussi de faire vôtre la culture de votre pays d’accueil, car maintenant c’est votre pays. Vos enfants, vos petits-enfants, vos arrière-petits-enfants, ils seront Français… »

SUR LES RESISTANTS :

« Il y en a (des hommes) qui acceptent, se résignent et essaient de se couler dans le mouvement. Et il y en a qui n’acceptant pas les choses telles qu’elles sont, essaient de leur résister et de créer autre chose. Je préfère participer à la deuxième mouvance et, plutôt que réactionnaire, je préfèrerais qu’on me dise un peu résistant à l’époque… Les résistants de 1942-43 couraient des périls immenses, ils étaient menacés de torture et de mort. Pour le moment ce n’est pas notre cas quand nous résistons à toutes les dérives de notre époque actuelle. Après tout, ce pourrait le devenir et la grande question sera de savoir quels sont les caractères capables, quoi qu’il arrive et quoi qu’il en coûte, de maintenir le cap… »

LUCIDITE ET FRANCHISE :

« Ne pas mentir et ne pas se mentir… Je pense qu’il faut être honnête avec soi-même et il faut être honnête aussi avec les autres… »

« Vous menez votre existence privilégiée, un peu dorée, dans un cadre idéal et vous vous dites : je ne suis d’accord quasiment avec aucune des grandes décisions qui sont prises, je suis révulsé par le tour que prennent les choses, je n’ai plus rien à voir avec ce monde qui est en train de se construire et je vais continuer, parce que les circonstances m’autorisent à le faire, à mener ma petite vie tranquille… Ce que je peux donner, c’est, me semble-t-il, une certaine lucidité, une certaine franchise sur les choses et sur les événements. Si je peux aider quelques-uns à ouvrir les yeux, si je peux réveiller quelques personnes, j’ai l’impression que je n’aurai pas perdu mon temps… Le jour où je viendrai à rendre l’âme, ce jour-là je ne me dirai pas « je savais, je n’ai rien dit et maintenant nous en sommes là ». Je savais, nous en serons peut-être au même point, mais en tout cas, j’aurais dit ce que je pensais, j’aurais averti les gens. J’ai vu qu’il y avait le feu, j’ai crié « au feu ! ». Après, ceux qui veulent regarder ailleurs, c’est leur responsabilité. »

Ce rôle de sentinelle, de vigie, choisi par Franck FERRAND en cette année 2020 me fait penser à celui de « gardien de phare » qu’avait attribué Hervé RENAUDIN, il y a déjà plus de cinquante années, au héros de son livre.

Hervé mourut peu de temps après avoir été nommé évêque de Nanterre. A-t-il considéré un seul instant que le « gardien de phare » qu’il avait essayé d’être, avait réussi à prévenir et réveiller les populations. J’en doute puisque la situation a empiré et que tout reste à faire. Hervé était mon ami.

23 octobre 2020 : Assassinat de Samuel PATY, professeur

En janvier 2015, au lendemain des attentats contre Charly Hebdo, j’écrivais ces remarques : « Les mesures que le gouvernement entend prendre devront être sévères contre tous ceux qui bafouent les lois de la République. Elles devront aussi rappeler de manière forte que la laïcité entraîne le respect de toutes les religions. Les évolutions nécessaires de ces dernières ne s’obtiendront ni par le blasphème, ni par l’anathème. » (1)

Peu de temps après (2), le Pape François indiquait, en écho aux attentats ayant frappé la France : « La liberté d’expression est un droit fondamental… On ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres… Avec la liberté d’expression, il y a des limites ».

Depuis plus de cinq années, comme il fallait s’y attendre, rien n’a été fait. Les horreurs s’ajoutent aux horreurs et les assassinats aux assassinats. C’est maintenant un professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine qui a été égorgé parce qu’il avait fait un cours sur la liberté d’expression, en illustrant ses propos de caricatures de Mahomet.

Rien n’a été fait, ni par les journalistes, ni par les politiques… Ni par les ministres de l’Education nationale, Najat VALLAUD-BELKACEM et Jean-Michel BLANQUER. Ils savent ajouter les minutes de silence aux marches blanches, mais sont incapables de prendre et de mettre en oeuvre une décision constructive.

Cette fois-ci, Bruno FRAPPAT est – à ma connaissance – le seul journaliste à avoir eu le courage d’indiquer la route à suivre : « La liberté d’expression n’est pas un absolu car elle bute forcément sur l’existence des autres et le respect qu’on leur doit. » (3)

Un de mes professeurs de philosophie avait donné comme titre à l’un de ses cours : « du « vous » du respect au « tu » de l’amour et de l’amitié ». De nos jours, la disparition progressive du respect est à l’oeuvre, avec l’emploi de plus en plus généralisé du tutoiement, spécialement chez les jeunes ou dans les médias lors des interviews.

Evidemment, je suis libre de penser que l’interdiction des représentations du prophète date d’un autre âge, mais si, pour mon interlocuteur, cette interdiction fait partie de sa croyance, je dois la respecter pour garder la possibilité du dialogue, condition de l’évolution.

Le christianisme a fait quelques progrès depuis l’Inquisition, les bûchers et les croisades. Je souhaite qu’il en soit de même, prochainement, pour l’islam. J’aimerais voir avancer le dialogue des religions sur ces sujets meurtriers, et aussi, bien évidemment, voir la grande majorité des musulmans de France s’exprimer plus souvent et plus fortement, sans peur, contre la haine et la guerre dite sainte qui sont propagées par certains de leurs coreligionnaires.

1. Voir "Au gré des jours 2015-2018" à la date du 12 janvier 2015
2. Cf "Au gré des jours 2015-2018" à la date du 15 janvier 2015
3. La Croix - 23 octobre 2020

1er novembre 2020 : Série « House of cards »

Trouvé par hasard sur internet en recherchant des informations sur la série « House of cards »…

Je cite textuellement la « fiche technique » de cette rubrique :

« Titre original et français : House of cards

Titre québécois : Le château de cartes »

J’en conclus donc que l’américain et le français ne sont plus qu’une seule et même langue. En fait, le français a disparu dans l’américain ! Pour résister à cette mise à mort de la langue française (bien réelle), il ne reste maintenant, une nouvelle fois, que le Canada français.

Dans mon malheur, j’ai la possibilité de dire : « Je parle québécois » !

27 novembre 2020 : Black Friday – Vendredi Fou

Traditionnellement, aux Etats-Unis, le « Black Friday » a lieu le lendemain de la fête de « Thanksgiving », soit le quatrième vendredi du mois de novembre. Il marque le coup d’envoi de la période des achats des fêtes de fin d’année.

Cette frénésie d’achats, amplifiée par des remises importantes, est passée au Canada où nos cousins ont trouvé dans la langue française les termes appropriés. « Black Friday » est devenu « Vendredi Fou » et « Thanksgiving » « Action de Grâce ». La langue française sait vivre au Canada français.

En France, au contraire, chacun le sait, la langue meurt. Nous suivons et nous copions, en tout et même pour la langue, les Etats-Unis avec quelques années de retard !

Notre malheureux ministre des finances, Bruno LEMAIRE, nous parle de « Black Friday », sans jamais avoir l’humilité de regarder du côté canadien. Il ressemble ainsi, de plus en plus, à la Présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, qui ne sait que parler anglais et qui délaisse sa langue maternelle.

Une fois de plus, il faut constater le déclin de la langue française qui entraîne inéluctablement le sous-développement de la France, et l’Union européenne ne fait rien – je dis rien – pour enrayer ce déclin généralisé.