CHRONIQUE « Au gré des jours » Année 2024

Introduction du 3 décembre 2024

En cette fin d’année 2024, je présente, à ceux qui n’auraient pu le lire au fil des jours, le quatrième « Au gré des jours », après ceux de 2013-2015, 2018-2020 et 2021-2023.

Pourquoi tant de choses à dire en une seule année ? Sûrement parce que j’ai eu l’opportunité de lire certains très grands livres, c’est-à-dire ceux qui font réfléchir leurs lecteurs et qui, souvent, n’ont pas le succès qu’ils mériteraient, non pas tant pour le nombre des lecteurs qu’à cause du rejet donné par les classes dirigeantes qui ressemblent, de plus en plus et partout dans le monde, à la noblesse et au haut clergé d’avant la Révolution de 1789.

Je pense par exemple à des livres comme « les audaces de la vérité » de Claude ALLEGRE (sans doute est-ce la plus grande erreur politique de Lionel JOSPIN de ne pas avoir voulu réaliser les réformes – évidentes pourtant – souhaitées par son ami ?); « Perestroïka » de Mikhaïl GORBATCHEV (j’ai souvent regretté que le général de GAULLE ne soit pas allé en Chine pour rencontrer MAO Tse Toung et CHOU En Lai; je regrette également qu’il n’ait pas pu travailler avec Mikhaïl GORBATCHEV – l’Europe des nations de l’Atlantique à l’Oural aurait sans doute pu voir le jour -; « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle » de Jean d’ORMESSON, surtout pour les dernières pages…

Il n’y a pas eu que des livres pour réfléchir, mais aussi certains acteurs : Lino VENTURA « porteur d’étendard » ou Alain DELON « Une journée ordinaire »…

En cette année 2024, il y eu également la course de la France vers son naufrage. On se croirait à bord du Titanic avec un commandant faisant croire – comme il a toujours fait – qu’il savait tout et que cette omniscience lui permettait de donner des leçons à la terre entière – ce dont la terre entière se fout de plus en plus !

Pensez au chemin parcouru par cet énergumène qui est censé gouverner la France. Marchant seul dans la cour carrée du Louvre en 2017… Pour faire semblant d’être le chef suprême, il a poussé le général Pierre de VILLIERS à démissionner, tout en cajolant Joe BIDEN et Vladimir POUTINE avec ses mains baladeuses – même le Pape y passera et on se demande jusqu’où ces mains iront se promener !

Mais il est clair que le chemin qu’a voulu imposer le soi-disant président n’a jamais croisé le peuple de France puisqu’il n’est pas là pour le servir, mais pour l’asservir. Même son épouse ne semble jamais avoir essayé de le faire réfléchir sur l’évidence. Ni elle, ni lui ne sont intéressés par la France; ni elle, ni lui ne s’intéressent aux Français. Alors pourquoi ne partent-ils pas puisqu’ils sont inutiles et néfastes ? Ils auraient dû le faire depuis longtemps.

La France s’enfonce dans la boue, dans la fange et ce sont la plupart de nos politiciens qui souhaitent ce déclin car ils sont dans leur milieu naturel. Les entreprises licencient quand elles ne font pas faillite, les agriculteurs manifestent et meurent, l’éducation et l’enseignement ne cessent de décliner, les budgets ne sont pas maîtrisés, et je ne parle même pas des provocateurs qui devraient commencer par apprendre la valeur du travail avant de déblatérer et de demander des privilèges supplémentaires.

Oublions les Jeux Olympiques car ils n’ont pas été « olympiques », certains pays n’ayant pas été invités et aucune trêve n’ayant été tentée. On peut oublier aussi la cérémonie d’ouverture où ceux qui nous dirigent ont cru bon de mettre leur patte en revisitant l’art et l’histoire. En fait, ils ne méritent que de tomber dans la poubelle de l’histoire.

Un peu plus tard, il y a eu le recours à des législatives qui ont donné lieu à des alliances contre nature pour garder le pouvoir « quoi qu’il en coûte »… On est ainsi revenu aux apparentements de la IVème République, inventés pour empêcher le succès du parti du général de GAULLE.

L’élu final, pour le poste de Premier Ministre, fut Michel BARNIER. J’ai un peu rêvé en entendant son nom sortir du chapeau, voulant espérer un possible miracle. Il est vite apparu que MACRON continue à diriger et que c’est BARNIER qui a perdu son âme. Il ne reste rien, ni en politique étrangère, ni en politique intérieure. Mais MACRON continue à faire semblant de diriger le vaisseau fantôme dont les vrais maîtres sont Bruxelles, Washington et l’OTAN.

Michel BARNIER peut démissionner ou se faire virer. Quand remboursera-t-il à l’Etat les cumuls de retraites et de salaires amassés sans vergogne ? Quand publiera-t-il sa « feuille de fric » qui indiquerait clairement à chacun ce qu’il perçoit d’argent d’Etat ? Ensuite, et ensuite seulement, il pourra envisager des économies plus substantielles venant de l’ensemble de la classe politique.

Ce n’est pas en faisant semblant que l’on avance. Je ne vois aucune décision prise pour arrêter la décrépitude. Même de la part de Bruno RETAILLEAU, nous avons droit à des paroles (certes intéressantes), mais qui restent des mots. Au mieux, les discours sont déclamés et proclamés au futur et au futur proche, mais pour le présent, il n’y a rien.

Continuez à souffrir avec les Français qui souffrent, tant que vous supporterez le malheur ou l’accepterez.

Peut-on encore, en France, souhaiter une « bonne et heureuse année » ? J’en doute,. /.

Pierre PETIT

LISTE DES TITRES

  • 1er janvier 2024 : Immigration
  • 28 janvier 2024 : « Lettres à un ami allemand »
  • 30 janvier 2024 : Claude ALLEGRE : « l’énarchisation » et le mépris du peuple
  • 3 février 2024 : Claude ALLEGRE : réforme et courage
  • 4 février 2024 : Cumul et cumulards !
  • 5 février 2024 : Impôts – Participation de tous avec justice
  • 18 février 2024 : Les « deux cents familles » (suite)
  • 20 février 2024 : Une leçon de Pierre MENDES-FRANCE
  • 25 février 2024 : Le général de GAULLE et l’Europe
  • 28 février 2024 : Entrer au Quai d’Orsay, ou en sortir ?
  • 3 mars 2024 : MACRON a-t-il perdu la tête ?
  • 16 mars 2024 : Pour la paix et contre la guerre
  • 22 mars 2024 : Egalité et démocratie
  • 23 mars 2024 : « Aristocratie » et peuple
  • 24 mars 2024 : Jouissance, avenir et réforme
  • 25 mars 2024 : La débâcle de l’enseignement
  • 26 mars 2024 : Députés et sénateurs… Aveugles ? Pourris ?
  • 3 mai 2024 : Salaires… de un à vingt
  • 7 mai 2024 : Visite d’Etat en France du Président XI Jinping
  • 9 mai 2024 : Perestroïka et honnêteté
  • 14 mai 2024 : Force d’âme et nécessité d’une perestroïka française
  • 17 mai 2024 : De la stupidité des sanctions (une fois encore…)
  • 18 mai 2024 : « Propagande » et « jeu verbal » = Mort de la démocratie
  • 21 mai 2024 : Diktats, pressions et sanctions
  • 23 mai 2024 : Sécurité et défense
  • 24 mai 2024 : Le complexe militaro-industriel
  • 25 mai 2024 : L’empire militaro-industriel (suite)
  • 26 mai 2024 : La vérité et la vie
  • 27 mai 2024 : Sous-développement et développement… Equité et justice
  • 30 mai 2024 : L’extraordinaire « ras-le-bol » des nations latino-américaines envers les dirigeants des Etats-Unis
  • 3 juin 2024 : Mikhaïl GORBATCHEV à Paris (1985) et François MITTERRAND à Moscou (1986)
  • 7 juin 2024 : « Notre maison commune »
  • 8 juin 2024 : L’Europe, notre « maison commune »
  • 9 juin 2024 : Défense et culture des nations européennes
  • 10 juin 2024 : Les Etats-Unis et leur propagande
  • 11 juin 2024 : Les « déclarations » des « grands » de ce monde et les faits
  • 12 juin 2024 : Un grand homme d’Etat – Respect
  • 13 juin 2024 : Françoise HARDY
  • 17 juin 2024 : Confiture d’oranges
  • 21 juin 2024 : Cuba – Les Etats-Unis et l’Union soviétique (puis la Russie)
  • 19 juin 2024 : Puissance du lobby militaro-industriel
  • 24 juin 2024 : Les cupressus
  • 25 juin 2024 : La « force » des « mots »
  • 27 juin 2024 : « Journalistes »
  • 1er juillet 2024 : Elections législatives en France
  • 9 juillet 2024 : Elections (suite) : Pluralité de nationalité
  • 10 juillet 2024 : Elections : Désistements, magouillages et tripatouillages
  • 11 juillet 2024 : « Trissotiner » – Dissolution
  • 12 juillet 2024 : Yves MONTAND et l’URSS
  • 16 juillet 2024 : Une lettre reçue
  • 16 juillet 2024 : Grande sagesse « populaire »
  • 28 juillet 2024 : Encore un peu de « sagesse populaire »
  • 4 septembre 2024 : Histoire – Les causes politiques de la guerre en Ukraine
  • 12 septembre 2024 : Michel BARNIER, Premier Ministre
  • 18 septembre 2024 : « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle »
  • 12 octobre 2024 : « Une journée ordinaire »
  • 13 octobre 2024 : « Espérer sauver durablement nos finances »
  • 20 octobre 2024 : Réformes ou révolution ?
  • 23 octobre 2024 : Lino VENTURA en « brandisseur d’étendard »
  • 6 novembre 2024 : Election présidentielle américaine – Donald TRUMP
  • 8 novembre 2024 : « Non ministrari, sed ministrare »
  • 9 novembre 2024 : La poutre et la paille – Commission des Etats-Unis pour la liberté religieuse internationale (USCIRF)
  • 10 novembre 2024 : La « communauté internationale » et l’Occident « nombriliste »
  • 11 novembre 2024 : « Les Américains ont dit « trop c’est trop » au progressisme »
  • 14 novembre 2024 : Philippe de VILLIERS et Sonia MABROUK
  • 16 novembre 2024 : Propositions de réforme de la constitution
  • 17 novembre 2024 : La parité en politique
  • 18 novembre 2024 : Paralysie ou disparition de l’Etat
  • 19 novembre 2024 : Jean-François COPE
  • 20 novembre 2024 : Réformes et entubage
  • 21 novembre 2024 : Galerie de portraits dans les salons de l’Elysée
  • 26 novembre 2024 : Un monde idéal ?
  • 2 décembre 2024 : Eveil et réveil

1er janvier 2024 : Immigration

La classe politique continue chaque jour à se ridiculiser, puisque sa seule préoccupation ne concerne ni la France, ni les Français, mais uniquement sa réélection lors de prochaines élections…

Je ne retire pas une seule ligne de ce que j’ai déjà écrit sur l’immigration (1), mais en décembre 2023 est revenue l’éventualité d’un référendum sur le sujet. Et nos discoureurs – politicards et journaleux – pérorent dans la basse-cour. Je n’ai entendu personne parler de la question qui pourrait être posée. Donc tous ces gens payés à la parlote occupent le vide. La question venant du Président de la République, on peut faire confiance à MACRON pour poser une question tordue, sortie de ses études d’énarque, à laquelle il pourra être possible de répondre oui ou non « en même temps » !

Je ne crois pas, dans l’état actuel des choses, à l’organisation d’un référendum. Mais je suis sûr qu’il en faudrait un avec les vraies questions, simples et compréhensibles par chaque Français :

  • Etes-vous d’accord pour que plus jamais aucune régularisation de sans-papiers, immigrants illégaux… ne soit faite en France ?
  • Etes-vous d’accord pour qu’aucune demande d’asile politique ne soit faite en France, toute demande d’asile devant être faite à l’étranger auprès d’une ambassade de France, d’un consulat de France ou d’une agence spécialisée de l’ONU ?
  • Etes-vous d’accord pour qu’aucune entrée irrégulière en France ne soit tolérée, puis un jour régularisée ? On ne peut accepter ceux qui commencent leur séjour en France sans respecter les lois françaises.
  • Etes-vous d’accord pour que toute personne en situation irrégulière soit immédiatement renvoyée dans son pays (où elle pourra oeuvrer au développement), ou – si des accords existent – envoyée dans un pays tiers, ou mise en prison ?
  • Etes-vous d’accord pour que tout chef d’entreprise qui embaucherait des travailleurs « au noir » reçoive immédiatement des peines et des amendes très sévères ? A charge pour le gouvernement de recruter officiellement à l’étranger le personnel nécessaire, si aucune solution française n’existe.
  • Etes-vous d’accord pour que la France reprenne la totalité de son pouvoir pour tout ce qui concerne l’immigration, et donc qu’elle sorte à tout jamais de tous les traités et accords, européens et autres, qui pourraient la contraindre à perdre sa souveraineté ?

Ce ne sont que quelques exemples, mais il faudra éviter absolument toute question vague et générale. Mon choix se porte donc sur un référendum à plusieurs questions qui permettrait au gouvernement de connaître les grandes lignes qu’il ne pourrait transgresser en aucun cas. Une sorte de mandat impératif qui, non respecté, entraînerait la mise en accusation du Président de la République (le « coup d’Etat » du malheureux SARKOZY ne pourrait plus jamais être recommencé).

Vous comprenez pourquoi toutes les discussions sur les « quotas » me semblent stupides et tordues, puisqu’il s’agit, pour l’actuel gouvernement de bras et de jambes cassés, de faire accepter au « bon peuple » et à ses représentants les quotas déjà prévus par les eurocrates de Bruxelles.

1. Cf. "Au gré des jours" 2018-2020 - 1er, 2, 3 et 4 février 2019

28 janvier 2024 : « Lettres à un ami allemand »

Il est bon de relire, une fois encore, Albert CAMUS qui manque cruellement à la France d’aujourd’hui et qui demeure pourtant si actuel.

Ainsi en est-il, pour moi, de ces lignes sur la morale et la justice, tirées des « Lettres à un ami allemand », publiées en 1948 :

« Vous avez supposé qu’en l’absence de toute morale humaine ou divine, les seules valeurs étaient celles qui régissaient le monde animal, c’est-à-dire la violence et la ruse. Vous en avez conclu que l’homme n’était rien et qu’on pouvait tuer son âme, que dans la plus insensée des histoires la tâche d’un individu ne pouvait être que l’aventure et la puissance, et sa morale, le réalisme des conquêtes… Je ne voyais guère d’argument à vous opposer, sinon un goût violent de la justice…

« Vous acceptez légèrement de désespérer et je n’y ai jamais consenti… Il m’apparaissait… que l’homme devait affirmer la justice pour lutter contre l’injustice éternelle, créer du bonheur pour protester contre l’univers du malheur…

« J’ai choisi la justice… pour rester fidèle à la terre. Je continue à croire que ce monde n’a pas de sens supérieur. Mais je sais que quelque chose en lui a du sens et c’est l’homme, parce qu’il est le seul à exiger d’en avoir…

 » Qu’est-ce que sauver l’homme ? Je vous le crie de tout moi-même, c’est ne pas le mutiler et c’est donner ses chances à la justice qu’il est le seul à concevoir. » (1)

Ma prière, si je pouvais en faire une qui puisse être exaucée, serait que les dirigeants, tous les dirigeants – pas seulement les politiques, mais aussi les « médiatiques » et les entrepreneurs -, pas seulement en France, mais dans le monde entier, que tous les dirigeants « affirment la justice pour lutter contre l’injustice éternelle »… Il faudrait, enfin, commencer à « donner ses chances à la justice » que « l’homme est le seul à concevoir ».

1. Albert CAMUS - Lettres à un ami allemand - Folio 2226, pages 69 à 72 - 4ème lettre - Juillet 1944

29 janvier 2024 : Agriculteurs et agriculture en péril de mort

Dans le magnifique village de Saint-Hilaire-du-Bois, dans le sud du Maine-et-Loire, où j’ai eu tellement de chance de passer des vacances chez mon grand-père, menuisier-ébéniste, entrepreneur de battages et, pendant longtemps, adjoint au maire de sa commune, j’ai souvent eu l’occasion d’entendre des discussions sur l’agriculture et ses problèmes. Je n’ai jamais oublié, sans me rappeler de date exacte, la fois où les eurocrates ont annoncé que l’Europe allait financer les paysans pour qu’ils mettent des terres en « sommeil ».

Quand des paysans venaient chez mon grand-père ou quand nous allions dans leurs fermes, sur leurs terres, ils ne comprenaient qu’une seule chose, que ces décideurs de Bruxelles, déjà à l’époque, ne comprenaient rien à leur beau métier, à leur amour de la terre, de leur travail, de leurs connaissances…

Rien n’a changé, sinon que les agriculteurs ont été menés à la faillite, au suicide, à la mort.

Quel a été le déclencheur de la révolte actuelle ? Sans doute une conjugaison de facteurs : sûrement les décisions stupides de Bruxelles, l’absence de travail de nos Présidents de la République, de nos Premiers Ministres, des ministres de l’agriculture, la multiplication des traités de libre-échange et l’incapacité de contrôler leurs excès, la folie des normes avec laquelle la France semble vouloir gagner des records du monde pour satisfaire les écologistes extrémistes et montrer aux eurocrates que si elle est incapable de réduire ses déficits abyssaux, elle peut au moins imposer à son peuple des normes et des impôts que personne au monde n’impose !

Revenons à ce mois de janvier. Un premier barrage a été établi et pour tenter de calmer dans l’oeuf l’incendie, le nouveau Premier Ministre Gabriel ATTAL a été porté « la bonne parole » du gouvernement dans une exploitation agricole de Haute-Garonne, à Montastruc-de-Salies.

Je n’ai pas écouté le discours, mais j’ai vu quelques photos de « l’événement » qu’ont voulu créer les « communicants » avec une botte de paille… François MITTERRAND avait choisi comme fond d’image pour une campagne présidentielle un village français avec son église… Maintenant ils choisissent une botte de paille et bientôt ce sera un tas de fumier… Et pendant ce temps, les « élus du peuple », députés et sénateurs, sans aucune vergogne, se votent des augmentations indécentes de leurs indemnités, alors que chaque jour démontre qu’ils servent de moins en moins à quelque chose puisque leur seul travail est d’accepter et de faire accepter la politique décidée à Bruxelles.

J’aurais surtout aimé, plutôt que la liste des mesurettes annoncées par le Premier Ministre – indispensables, mais insuffisantes car elles ne règlent pas le problème – des décisions et des mesures concernant l’Union européenne. Le Premier Ministre dit que « la France a toujours été contre un accord de libre-échange avec le Mercosur »; il devrait dire que « la France n’acceptera jamais un accord de libre-échange imposé par les eurocrates ». Que personne ne dise que c’est impossible. Et si l’on vient chanter qu’il faut la règle de la majorité en Europe, alors que la France quitte tout ce qui l’empêche de garder sa souveraineté.

Au Protocole, nous intervenions dans la préparation des voyages présidentiels à l’étranger. Je ne suis intervenu que rarement dans des déplacements concernant la politique intérieure. Mais aujourd’hui, dans ce cas précis, j’aurais aimé être au premier rang des coulisses pour voir comment, pourquoi et avec quelles contreparties le village de « Montastruc-de-Salies » a été choisi pour le déplacement de Gabriel ATTAL. Pourquoi avoir donné une place si spéciale à Jérôme BAYLE, éleveur local qui était tellement montré et interviewé que sa mise sur le pavois posait question ! Et, comme par hasard, le pot aux roses a été dévoilé à la fin lorsque cet éleveur a déclaré qu’il lèverait « son » barrage puisqu’il avait obtenu satisfaction sur ses propres revendications.

Jérôme BAYLE va, je pense, disparaître dans l’oubli puisque « son » barrage est le seul au sujet duquel le baratin énarque a fonctionné… Les conseillers qui ont préparé le déplacement de Gabriel ATTAL et du malheureux ministre de l’agriculture, inexistant depuis sa nomination, devraient être virés puisqu’ils sont inutiles. Gabriel ATTAL ferait bien, avant qu’il ne soit trop tard, de prendre un conseiller qui lui indique comment quitter tout ce qui, dans l’Europe telle qu’elle est actuellement, empêche la France d’être souveraine. Encore faudrait-il le vouloir !

J’attendrai un peu avant de « condamner » Gabriel ATTAL. Mais qu’il arrête de finasser ! Il ne suffit pas de dire aux agriculteurs « Le gouvernement vous a compris »; il doit promettre de ne plus jamais accepter une perte de souveraineté de la France. Ensuite, son devoir sera de réaliser cette promesse.

En résumé, il doit dire à son patron MACRON de cesser de faire du SARKOZY en ne respectant pas la volonté du peuple.

30 janvier 2024 : Claude ALLEGRE, « l’énarchisation » et le mépris du peuple

Je n’ai pas connu personnellement Claude ALLEGRE, mais j’ai toujours aimé écouter son franc-parler basé sur ses vastes connaissances et l’urgente nécessité des réformes.

Aussi ai-je (re)lu avec grand intérêt son livre « Les audaces de la vérité », paru en 2001. On y trouve des évidences, mais il est bon de les rappeler aussi clairement :

« D’un côté l’énarchisation transforme la politique en un exercice de gestion administrative; mais de l’autre elle politise l’administration; cette dernière devient en effet un marchepied pour faire de la politique. Les hauts fonctionnaires sont aujourd’hui classés à droite ou à gauche. Selon les aléas de l’alternance politique, ils avancent plus ou moins vite. Certains sont, comme on dit, « mis au placard » en attendant que leur parti gagne. Je condamne cette dérive. L’administration, la justice, l’éducation même, doivent être exemplaires sur le plan de la neutralité, de l’objectivité. L’Etat doit être laïque, l’administration apolitique. Il est urgent d’interdire aux hauts fonctionnaires de faire de la politique tout en se maintenant dans leurs fonctions. S’ils veulent faire de la politique, ils doivent démissionner de la fonction publique. Cette règle existe aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique, en Grande-Bretagne, en Allemagne fédérale et, depuis peu, en Italie… La France, pays des droits de l’homme et de la démocratie, est en retard ! » (1)

Après plus de vingt ans, Claude ALLEGRE devrait être beaucoup plus sévère :

  • « L’énarchisation » a transformé et transforme la politique en néantisation du peuple et du pays
  • La « dérive » signalée par Claude ALLEGRE n’est pas seulement à condamner. Cela aurait dû être la grandeur du politique de l’empêcher et de l’interdire, mais les détenteurs du pouvoir sont énarques ou polytechniciens. Donc ils n’ont rien fait et ne feront rien contre leurs intérêts…
  • « L’exemplarité » de l’administration, de la justice, de l’enseignement, en matière de « neutralité et d’objectivité ». Sans surprise, nous sommes bien loin du Conseil National de la Résistance et des espoirs qu’il avait fait naître.
  • « Interdire » le cumul des fonctions… C’était urgent il y a vingt ans et rien n’a été fait

En résumé, la France n’est plus le « pays des droits de l’homme », ni celui de la « démocratie ». Une toute petite partie de l’autoproclamée « élite » intellectuelle a installé la tyrannie des nantis intellectuels contre le peuple. Intelligence pervertie luttant contre le coeur du peuple…

1. Claude ALLEGRE - Les audaces de la vérité - Robert Laffont 2001 - Page 21

3 février 2024 : Claude ALLEGRE : réforme et courage !

Ceux qui m’ont fait et me font l’amabilité de me lire de temps en temps savent que je ne suis pas un révolutionnaire. J’ai aimé et j’aime la non-violence (Gandhi, Martin Luther King, le bouddhisme, les béatitudes…), mais elle appelle impérativement des réformes pour repousser la révolution.

Relisons donc ces lignes de Claude ALLEGRE :

Réformer… « Cela demande une qualité peu répandue dans les gouvernements actuels : le courage. Il faut avoir le courage d’affronter tous les corporatismes. La réforme juridique se heurtera à l’inertie du Conseil d’Etat. La réforme financière à celle de l’Inspection des finances. La déconcentration mobilisera toutes les administrations centrales qui y verront une perte de leur pouvoir ! Quant à la démocratisation et à la gestion des personnels, les mentalités sont encore celles de l’Ancien Régime : élitisme du diplôme, carrières fixées dès l’âge de vingt-cinq ans ! La promotion continue n’y existe qu’à dose homéopathique. Dans tous les domaines, l’Etat est archaïque… L’Etat a vingt ans de retard dans ses équipements, ses techniques de gestion et ses mentalités. » (1)

Chacun se rappelle que Claude ALLEGRE n’a pas réussi à réformer comme il le souhaitait l’Education nationale dont il était le ministre. Depuis son époque – il y a environ 25 ans – les choses n’ont fait qu’empirer. Les politiciens baratinent et parlent tous de réformes nécessaires. Mais ils ne font aucune réforme sérieuse… Après SARKOZY et HOLLANDE, c’est au tour de MACRON, champion, comme ses prédécesseurs de « l’emberlificotage ». Pour se faire élire, on promet tout en même temps, et pas seulement la lune. Une fois élu, on fait semblant de faire une grande réforme – des retraites, de l’immigration… – et au bout du compte, après des heures et des jours de palabres – gouvernement, assemblée nationale, sénat (tous ces élus sont payés au baratin) -, une petite virgule a été changée de place et il n’y a aucune réforme.

Le courage ! Vous ne pouvez l’avoir que si vous n’avez jamais été « acheté » et si vous ne vous êtes jamais « vendu ». Dès que vous commencez à pactiser sur l’honnêteté, « ils » vous tiennent car leur « mafia » a ses règles !

A l’Elysée, comme dans tous les postes que j’ai occupés, il est arrivé un moment où, connaissant bien le fonctionnement de la « machine », je pouvais faire des propositions de réformes. J’eus un long entretien avec le directeur de cabinet qui m’avoua que mes propositions de réformes protocolaires (simples et évidentes) étaient bonnes, qu’il faudrait les faire, mais qu’il ne les ferait pas car il valait mieux ne rien changer pour ne rien perturber.

J’ai pensé alors à ces lignes magnifiques de René CHAR « Celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience » (2)

Mais ce directeur de cabinet souhaitait me voir continuer « l’exercice de mes fonctions » (je crois modestement que tout le monde ou à peu près souhaitait la même chose) et il me demanda la somme que je voudrais recevoir chaque mois pour rester à mon poste !

Même si j’aurais aimé recevoir une promotion pour avoir un peu plus chaque mois. Avec une famille de deux adolescents, les fins de mois étaient difficiles avec le salaire « ordinaire » d’un fonctionnaire « ordinaire ». J’ai répondu à « M. le Préfet, directeur de cabinet du Président de la République » : je ne veux pas d’argent, je veux des réformes, car elles sont indispensables… « Nous en reparlerons », fut la dernière réponse que j’entendis de ce préfet. Et je n’ai pas été étonné de constater qu’il ne m’a jamais rappelé pour que nous en reparlions. J’ai donc quitté l’Elysée, avec une grande tristesse… Mais je ne suis ni à vendre, ni à acheter…

1. Claude ALLEGRE - Les audaces de la vérité - Robert Laffont 2001 - Page 99
2. René CHAR - Fureur et mystère

4 février 2024 : Cumul et cumulards !

Il faut lire tranquillement… Pratiquement tout est dit en quelques lignes : l’évidence comme la nécessité :

« Représenter les autres est un honneur et non un métier. La rotation dans les responsabilités est à mes yeux un signe démocratique. Certes, lors de chaque changement, il y a perte de compétences. Les nouveaux élus doivent apprendre, se mettre au courant des problèmes. Toutefois cette perte de compétences est compensée par l’enthousiasme et le dynamisme des nouveaux. C’est en effet tellement reconnu que, dans les grandes entreprises, on change systématiquement de poste les responsables tous les trois ou quatre ans en cherchant à les « dépayser » professionnellement. Et puis les élus non-cumulards rempliraient leur charge à plein-temps et non à mi-temps ou tiers de temps, comme c’est le cas aujourd’hui. A qui fera-t-on croire qu’on peut être à la fois député à l’Assemblée nationale et maire d’une grande ville ? C’est une provocation. Comment voulez-vous que les citoyens aient du respect pour quelqu’un qui s’occupent d’eux à mi-temps ? Fondamentalement, je crois qu’il faut rompre avec cette idée que la politique est un métier pour la vie. La politique doit être une activité intense, passionnante, mais pour un temps. » (1)

Tout est clair : l’honneur et le respect viennent du service rendu à tous, à plein temps. Le cumul est toujours à interdire.

Je pense à André SANTINI, maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980, mais qui a été « cumulard » avec des fonctions de député et de ministre. Lors d’une émission de télévision consacrée à la présentation d’un livre écrit en collaboration avec Mireille DUMAS, il a regretté de ne plus être « député-maire » au prétexte qu’il défendait mieux les dossiers de sa ville en étant aussi député… Quelques minutes plus tard, nous prenant pour des débiles, il affirmait que son travail de maire l’occupait 7 jours sur 7 et souvent de six heures à minuit. Et au sujet des plus de quarante années passées comme maire, je pense comme Claude ALLEGRE que la politique ne saurait être un métier, mais un service pour les autres, à plein temps mais pour un temps seulement.

J’ai déjà indiqué, dans « Doléances », mon choix personnel : un mandat et un seul, de dix ans pour les maires, ce qui leur donnerait le temps de concrétiser leur programme et de préparer un successeur. La démocratie implique des changements réguliers pour éviter la tyrannie, les copinages, les magouilles…

Toujours à propos du non-cumul, je pense à tous ceux qui cumulent la politique, le journalisme et le cirque.

Quelques exemples : Roselyne BACHELOT, qui au lieu de travailler, était présente dans les émissions de variétés, d’une façon ridicule… Samuel ETIENNE, présentateur de « Questions pour un champion » depuis 2016 et en même temps pendant six ans, journaliste dans la matinale de France-Info… Jean-Louis DEBRE, ancien député, ancien ministre, ancien président du Conseil constitutionnel, qui a cru bon devoir cumuler ses différentes retraites avec une émission qui se voulait burlesque ou drôle, mais qui a vite été arrêtée… Laurent RUQUIER, déjà animateur de trop d’émissions de variétés, et depuis peu présentateur d’un journal à 20 heures sur BFMTV (qu’il a assez vite arrêté devant l’insuccès)…

Je pense aussi à Bernard TAPIE qui s’est vraiment révélé au théâtre et au cinéma : Oscar, par exemple, et Commissaire Valence. Il est pour moi une image réussie du mélange, dans la vie, de comédie et de tragédie. Dans lequel trichait-il (jouait-il) le moins ?

Les pitres sont très utiles quand ils excellent. Mais en politique, il devrait s’agir d’organiser au mieux la vie du peuple et non pas d’entuber les plus pauvres.

1. Claude ALLEGRE - Les audaces de la vérité - Robert Laffont 2001 - Page 119

5 février 2024 : Impôts – Participation de tous avec justice

Il faudra bien, un jour, revenir, dans tous les domaines, à des choses simples qui pourront donc être comprises par tout le monde. Un exemple avec les impôts, car personne ne devrait avoir besoin d’un recours à des experts pour comprendre :

« Je crois que tout le monde doit payer l’impôt. C’est un acte républicain. Tout citoyen qui bénéficie des services de l’Etat doit contribuer à l’impôt… Pour les très bas salaires, l’impôt doit être symbolique bien sûr, mais non nul… Et puis, bien en-dehors des très bas salaires, il y a de nombreuses exemptions – sans parler des territoires d’outre-mer ou des fonctionnaires, des organismes internationaux et des agriculteurs qui paient très peu d’impôts – il faut un impôt plus juste ». (1)

Payer l’impôt ne me semble pas être un acte « républicain ». Tout Etat doit prélever des impôts, et pas seulement les républiques. Mais pour tous, l’impôt doit être juste.

Tous doivent contribuer, et pas uniquement les salariés. Tous ceux qui bénéficient d’aides, de subventions ou d’indemnités, doivent être imposés puisque, bien sûr, ils bénéficient tous des services de l’Etat.

Oui, il faut que l’impôt soit juste, et aucune exemption ne devrait exister pour éviter cette occupation (principale ?) de nos élus qui consiste à ajouter des exemptions nouvelles pour eux-mêmes en premier lieu, puis pour leurs électeurs ou leurs pourvoyeurs de fonds.

Pour qu’il y ait justice, il faut la transparence. La classe politique doit abattre les privilèges et, en tout premier lieu, ceux qu’elle s’est octroyés. Si cette honnêteté n’est pas établie très clairement, alors il faudra, le plus tôt possible, remplacée cette classe corrompue. Oui, il faut un nouveau Conseil national de la Résistance, mais certainement pas dirigé par l’actuel Président MACRON, qui ne cesse de promettre sans jamais tenir. A force de ne faire que du vent, il finira au musée des éoliennes pourries.

1. Claude ALLEGRE - Les audaces de la vérité - Robert Laffont 2001 - Pages 202-203

18 février 2024 : Les « deux cents familles » (suite)

J’ai déjà parlé un peu de ce sujet (1) et je citais les noms d’Agnès BUZIN, mariée en premières noces avec Pierre-François VEIL, fils de Simone VEIL; Jean-Pierre JOUYET, marié en secondes noces avec Brigitte TAITTINGER; Xavier NIEL, marié avec Delphine ARNAULT, fille de Bernard ARNAULT.

L’actualité me donne l’occasion de continuer cette liste de familles dont le poids dans la politique, le journalisme, les affaires ne leur apporte pas la moindre notion de décence… La pieuvre mafieuse n’étend pas uniquement ses tentacules en Italie, mais partout où la volonté de puissance et l’orgueil l’emportent sur le respect et la morale.

Quelques exemples pour préciser le tableau de la pourriture :

  • Alain DUHAMEL, journaliste, aussi âgé que Michel DRUCKER dans le « show-biz », et que j’ai pu écouter à Vienne, en Autriche, lors d’une conférence qu’il était venu donner. Il m’avait beaucoup plu par son aisance, ses facilités, ses connaissances. Intéressant donc, même si à force de le voir sur les plateaux de télévision, je connaîtrai bientôt tout son sempiternel discours, qui manque d’indépendance vis-à-vis du pouvoir en place. Me gêne aussi ce petit sourire supérieur qu’il présente à ceux qui ne pensent pas comme lui.

Hélas, il y a aussi son frère, Patrice DUHAMEL, ancien directeur-général de France Télévisions, marié avec Nathalie SAINT-CRICQ, éditorialiste à Europe 1, La Cinq, France 2, et leur fils, Benjamin DUHAMEL, journaliste à BFM TV.

Hélas encore, Alain DUHAMEL a une soeur, Dominique CASTERA, qui est la mère d’Amélie OUDEA-CASTERA, épouse de l’ancien PDG de la Société Générale (pourquoi pas ?), et aussi ministre des sports puis/et ministre de l’éducation nationale, cette dernière fonction pendant seulement un mois en 2024…

Encore un peu et on se croirait dans une dynastie en Corée du Nord ! Ou alors, chez les Bush, père, fils et saint-esprit !

  • La famille d’Alain DUHAMEL n’a aucun lien de parenté avec Olivier DUHAMEL, fils de Jacques DUHAMEL, ancien ministre de Georges POMPIDOU.

Olivier DUHAMEL, agrégé de droit public, professeur « émérite » des universités, président de la Fondation nationale des sciences politiques, a finalement reconnu en 2021 des viols et agressions sexuelles sur son beau-fils…

Marié à Leila MURAT, cousine de la princesse Salomé MURAT, descendante du maréchal MURAT et de Caroline BONAPARTE, puis remarié avec Evelyne PISIER, mariée elle-même une première fois avec Bernard KOUCHNER.

Quel beau monde ! « L’entre-soi », comme ils disent et le mépris éternel du peuple !

Par simple décence, ces familles devraient consacrer tout ce qu’elles ont accumulé à investir pour créer des emplois, d’une façon ou d’une autre, pour les moins favorisés qu’eux.

Mais la rue de Rivoli, comme le boulevard Saint-Germain, est un ghetto qui ne se partage ni avec les manants, ni avec les mécréants.

1. Cf. "Au gré des jours" 2018-2020 - 11 mai 2020 : les "deux cents familles"

20 février 2024 : Une leçon de Pierre MENDES-FRANCE

« Vous vous préparez, une fois de plus, à dépenser quinze cents francs alors que vous n’en avez que mille. Dans tous les budgets, ces opérations ont pour conclusion la faillite. Dans le budget d’un pays, la faillite s’appelle l’inflation. Au lieu de voter de nouveaux impôts, faites des économies. » (1)

Françoise HARDY commente cette très belle citation de Pierre MENDES-FRANCE (qui devrait permettre de virer pour incompétence les hommes politiques qui ne la mettent pas en oeuvre) :

« N’est-il pas confondant de constater à quel point ce conseil d’un homme de gauche respecté pour sa rigueur et son intégrité reste plus que jamais d’actualité et s’appliquerait au gouvernement de François Hollande ?

« Mendès était d’une génération où le crédit n’existait pas. Moi aussi d’ailleurs, et -comme ce grand homme probablement – j’ai reçu une éducation qui attachait la plus grande importance au fait de gagner sa vie, de ne pas vivre au-dessus de ses moyens, de ne rien demander, de ne rien devoir à personne sur le plan financier. Ces sains principes se sont gravés en moi… » (2)

J’aime bien les chansons de Françoise HARDY, que j’ai eu la chance de voir sur scène : « Tous les garçons et les filles », qui lui a permis de devenir une vedette et d’être aimée des Français en l’espace d’une nuit; « Mon amie la rose »; « La maison où j’ai grandi »; « L’amitié »… J’aime cette poésie simple et vraie, accessible à tous.

J’ai été surpris en lisant « Avis non autorisés… », ce livre paru en 2015 où elle se présente, beaucoup plus qu’une « simple » chanteuse à succès, comme une « grande » personne réfléchissant et faisant part de ses idées, de ses réflexions sur un certain nombre de problèmes de la vie de tous les jours.

Françoise, pour moi, vous êtes et resterez une « grande dame ».

1. Discours de Pierre MENDES-FRANCE à l'Assemblée nationale, fin 1951
2. Françoise HARDY - Avis non autorisés... - Equateurs 2015 - Pages 76-77

25 février 2024 : Le général de GAULLE et l’Europe

Quelques lignes écrites par le diplomate Jacques BAEYENS : « Pour l’Europe, (le général de GAULLE) est partisan du Marché commun, mais désire renforcer l’entité politique sans aller jusqu’à l’intégration qui aboutirait à une perte de notre indépendance. » (1)

En quelques mots, on aperçoit ce qui ne marche pas aujourd’hui. Il ne faut pas d’intégration imposée car elle sera fatalement rejetée; il faut garder absolument l’indépendance.

Or le président qui dit « gouverner » actuellement la France souhaite imposer de force l’intégration et est prêt pour ce faire à abandonner l’indépendance. Sans doute parce qu’il se rêve en « empereur européen » et qu’il est prêt pour réaliser son délire à faire fi du peuple : en faire des esclaves pour tenir la totalité des pouvoirs… Ce qu’il appelle la « démocratie » camouflée en dictature.

MACRON, ce sera sans moi, car je n’aime ni votre orgueil démesuré, ni votre incompétence crasse, puisque l’un et l’autre ne respectent ni le peuple, ni l’histoire, ni la réalité…

1. Jacques BAEYENS - Au bout du Quai-Souvenirs irrespectueux d'un diplomate - Fayard 1975 - Page 288

28 février 2024 : Entrer au Quai d’Orsay, ou en sortir ?

A la fin de son livre, Jacques BAEYENS écrit : « Je ne conseillerai à aucun jeune ambitieux, intelligent et plein de qualités d’y entrer (au Quai d’Orsay)… La Maison garde à peine la façade du Département que j’ai connu et servi… » (1)

Lorsque ce livre est paru, en 1975, je quittais la Thaïlande après un séjour de sept années dédiées à la coopération. Jacques BAEYENS quittait, lui, sa Maison. Je ne savais pas que trois ans plus tard j’y entrerai, par la « petite porte », mais ce sont celles que je préfère.

Aujourd’hui, près de 50 ans plus tard, le démantèlement de la Maison est « en marche », mais on a gardé tous les postes d’ambassadeurs et de consuls généraux pour y caser les énarques , copains ou coquins, qui ne font pratiquement plus rien, ni pour la diplomatie française, ni pour l’indépendance française, ni pour la coopération française, mais qui sont en fait payés pour faire semblant. La « façade » aurait besoin d’un ravalement intégral, et surtout du changement de tous ceux qui la dirigent, au Quai et, surtout, à l’Elysée. A-t-on jamais vu Jupiter faire de la diplomatie ?

Après avoir fait main basse, comme le font les tyrans et les dictateurs, sur les pouvoirs, après avoir perdu la grandeur et l’indépendance du pays, il ne reste à notre actuel président qu’à continuer à se vendre à l’Europe, aux-Etats-Unis et à l’OTAN pour croire à sa propre existence de maître entouré d’esclaves et vendre ce qui reste de la France « quoi qu’il en coûte » !

« Et pourtant » comme disait déjà Galilée devant ses juges, il y a encore des personnes magnifiques au Quai d’Orsay. Mais elles ne sont pas dans les hauteurs car le haut de l’échelle est réservée – ironie du sort – aux parachutés. N’est-il pas trop tard pour enfin promouvoir des gens de valeur qui l’ont prouvé et qui le prouvent aux quatre coins du monde.

Il n’est pas trop tard pour entrer au Quai d’Orsay, mais il faut vouloir changer le monde et la France, et tenir, coûte que coûte, dans la tempête.

« Debout, dans le vent ».

1. Jacques BAEYENS - Au bout du Quai-Souvenirs irrespectueux d'un diplomate - Fayard 1975 - Page 329

3 mars 2024 : MACRON a-t-il perdu la tête ?

Ces derniers jours, l’actuel Président de la République ne cesse d’appuyer sur l’accélérateur pour faire semblant de croire et de faire croire qu’il est maître de son destin, de celui de son peuple, de l’Union européenne et même du monde.

Non seulement il affiche sans vergogne son incapacité à arrêter le déclin – qu’il semble souhaiter – de la France et des Français, mais en plus il s’affiche, toujours sans vergogne, come le sauveur du monde, prétendant incarner un messie omniscient, mais surtout inconscient des positions et décisions qu’il annonce sans peur… Il doit brûler chaque jour un cierge à la sainte « communication » à laquelle il a vendu depuis longtemps non seulement son âme, mais son honnêteté intellectuelle.

Les exemples en sont tellement multiples… J’en prends quelques-uns :

  • Les sondages peuvent être manipulés, mais pas sur tous les sujets qui montrent l’inquiétude des Français, disons à plus de 70% : l’insécurité, l’immigration, les impôts, les gaspillages, l’éducation, l’agriculture… Or on peut être certain que sur chacun de ces sujets, le « MACRON » parlera et annoncera qu’il va s’en occuper (toujours le futur ou le futur proche, car dans le présent il n’y a rien) et trouver une solution… En fait il ne cherche qu’à endormir les populations. Dormez, braves gens, je ne changerai rien car la route que je veux imposer est la bonne pour tous les péquenots, bouseux, incultes que vous êtes !
  • On voit ces jours-ci Bruno LEMAIRE, énarque donc inutile, mais ministre de l’économie depuis plus de six ans. Il déclare benoîtement qu’il va falloir commencer à faire des économies car les choses vont mal. Au lieu de passer son temps dans sa baignoire et d’écrire ses livres, ce ministre aurait dû démissionner par honnêteté, au lieu de pavaner et de tenter de cacher l’évidence : la faillite ! Que propose-t-il ? Une dizaine de milliards d’économies, alors qu’elles devraient être faites par centaines.
  • Et ces députés et ces sénateurs ! Les Français les plus pauvres souffrent de plus en plus et les avertissements ont été de plus en plus clairs : bonnets rouges de Bretagne, gilets jaunes dans toute la France, et maintenant nos chers paysans… La seule réponse faite par le pouvoir consiste en de longs discours destinés à cacher l’ampleur des problèmes dont une bonne partie vient de décisions ineptes de Bruxelles, là où la démocratie n’existe plus, pas davantage que le réel.

Et dans ce bourbier, nos députés et nos sénateurs font passer, presque en catimini, une augmentation de leurs indemnités. En avez-vous entendu un seul dire l’ampleur de ce scandale ? Quand il s’agit d’augmenter son portefeuille, tous les partis sont d’accord : de droite, de gauche, du centre… Tous pourris, pendant que meurent les pauvres…

  • Le Président Emmanuel MACRON a, une fois de plus, réussi à se mettre à dos une bonne partie du monde, puisqu’il dit comme d’habitude tout et son contraire. Les Français ont commencé à comprendre (il est temps) qu’il n’est plus crédible, alors il essaie encore de faire un déplacement à l’étranger (là où il est encore accepté) pour faire sa « com » et se montrer.

Il est donc allé récemment en Suède où la monarchie a bien voulu l’accueillir. Dans un de ses discours, il a indiqué, en gros, que la dissuasion nucléaire de la France pourrait être utilisée pour protéger l’Europe. On en conclut qu’il s’arroge le droit de dire n’importe quoi sans réfléchir, ou pire après avoir réfléchi ! Y a-t-il un seul conseiller à l’Elysée ou au Quai d’Orsay pour être au courant de ce qu’il mijote dans sa petite cuisine ? Il semble que non ou bien ce(s) conseiller(s) n’ose(nt) ni parler, ni démissionner… Emmanuel MACRON soliloque et nous livre ses rêves et ses fantasmes. Imbu de lui-même, il ne se fera pas soigner pour calmer son hubris. Il faut donc qu’il soit viré et le plus tôt sera le mieux.

  • Cet énergumène, formé ou plutôt déformé par l’ENA, la banque Rothschild et François HOLLANDE, poursuit ses chimères et reçoit le Président ukrainien à l’Elysée et signe avec lui un traité de coopération militaire… La représentation nationale a-t-elle été prévenue avant cette signature ? Les diplomates et les militaires ont-ils été associés ?

Le président poursuit son délire, refusant de voir la réalité pour établir de force, comme un dictateur, ses rêves d’Europe qui ne correspondent pas à la réalité et dont les Français (et d’autres) ne veulent pas. La Russie est européenne, en partie certes, mais profondément européenne par son histoire, sa culture, sa civilisation.

Sur les chaînes de la TNT, je ne vois guère que CNews où je trouve encore des informations qui permettent de réfléchir. Je pense à Christine KELLY et à ses chroniqueurs, je pense aussi aux excellentes réflexions de Philippe de VILLIERS un soir par semaine… Je sauve aussi du marasme de la propagande Sud Radio (Ecoutez par exemple l’interview par André BERCOFF du général André COUSTOU qui a reçu des menaces de mort pour avoir osé dire ce qu’il pensait…).

Je suggère à ceux qui voudraient cesser d’écouter la propagande déversée par presque toutes les télévisions officielles d’aller chercher sur « You Tube » les analyses de journalistes beaucoup plus sérieux que ceux payés à prix d’or et dont les journaux sont subventionnés par le pouvoir, les conférences et les interviews de chercheurs ou d’hommes honnêtes et de bonne volonté… Il faut y aller sans attendre car je pense que la censure officielle va s’attaquer un de ces jours à ces « télévisions libres » qui ont réussi à être créées et dont les audiences ne cessent d’augmenter. Je cite, presque au hasard car il y a beaucoup à apprendre et découvrir : Alain JUILLET, Jacques BAUD, Caroline GALACTEROS…

Je pense aussi à TV Libertés. Vous pourriez choisir d’écouter Nicolas VIDAL présentant son livre « Lettre aux autruches et aux tubes digestifs », critique de la classe moyenne aisée qui s’est exclue de la réflexion et qui se moque de tout puisqu’elle a réussi à s’en sortir. Ecoutez aussi l’émission « Chaos du monde » du colonel Jacques HOGARD : 30 minutes pour comprendre presque tout sur la situation et les mensonges de la politique en France.

Ensuite, et ensuite seulement, chacun pourra commencer à comprendre et se fera sa propre idée.

  • Ce sinistre président continue ses bavardages en déclarant mine de rien qu’il faut envoyer des troupes en Ukraine. Le délire devient paranoïa. Habitué à dire tout et le contraire de tout, autant que rien et le contraire de rien, il ne semble même plus se donner la peine de réfléchir. Pour faire le « buzz » à tout prix et quoi qu’il en coûte, il est déterminé à s’écouter parler de lui-même et de continuer à se présenter comme le maître des horloges, de l’Europe et du monde.

En constatant une fois de plus cette succession de bourdes qui font désespérer de la démocratie et de la République, il m’est venu quelques idées :

  • Son ancien professeur devenue Brigitte MACRON devrait de temps en temps ouvrir les yeux sur les stupidités produites par son élève et lui dire de mettre son bonnet d’âne et d’aller au coin pour méditer sur les morts qu’entraînent ses bêtises, en France comme à l’étranger.
  • Emmanuel MACRON voit les élections européennes approcher et sait que ses séides sont bien partis pour perdre, ce qui ne peut étonner personne puisque le chef ne sait que fanfaronner et faire croire aux Français que, puisqu’il est le meilleur, ils n’ont qu’à se taire et voter pour lui. Mais le subterfuge ne marche plus, ni en France, ni en Europe (sauf avec la VON DER LEYEN qui fait comme lui), ni dans le monde.
  • Après les gilets jaunes, auxquels il ne reste que leurs yeux pour pleurer « malgré » le déluge de baratin et de promesses faites par le président pour les endormir, les agriculteurs crient leur détresse, non seulement parce qu’ils meurent quand ils ne se suicident pas, mais parce qu’ils ont compris que ce que leur imposent les eurocrates de Bruxelles et les politicards français ne peut les mener qu’à leur ruine avec celle de la France.

Je souhaite tellement que les 70 à 80% des Français qui ont (enfin, pour certains) compris que leur bonne foi et leur confiance avaient, elles aussi, été trahies par nos gouvernements, ceux-là, tous ceux-là, devraient décider de ne plus jamais voter pour cette « majorité » qui fabrique la « dictature » française.

Ce triste épisode de notre actuelle histoire me fait penser aux généraux qui avaient saisi le pouvoir en Argentine. Devant la multiplication des problèmes du pays pour lesquels ils n’avaient pas la moindre idée de ce qui était faisable pour diminuer la pauvreté, ils inventèrent la nécessité de détourner l’attention de leurs concitoyens en imaginant et en décidant de faire une guerre à la Grande-Bretagne pour reconquérir les îles Malouines.

Le subterfuge n’a pas fonctionné, mais c’est le fait de détourner l’attention du peuple par la création de problèmes extérieurs qui m’intéresse. C’est pareil chez nous. Nos gouvernants disent qu’ils ne sont responsables de rien, ne reconnaissent même pas que des problèmes viennent de Bruxelles, et accusent la Russie, devenu le « grand méchant loup », qu’ils courtisaient il y a peu. Pendant ce temps, aucun problème n’est vraiment résolu, ni l’école, ni la sécurité, ni le déficit, ni l’agriculture, ni l’industrie, ni la justice…

Les mensonges fomentés par le pouvoir pleuvent sur (presque) toutes les chaînes d’information, dites à tort « publiques ». Je conseille une nouvelle fois, à ceux qui cherchent une information honnête pour un début de réflexion personnelle, en dehors des « pinocchios » à la solde du gouvernement, d’aller chercher sur You Tube puisque ce n’est pas encore interdit.

Vous pourrez connaître un peu l’histoire de l’Ukraine, de l’OTAN et de la manipulation orchestrée par les Etats-Unis depuis la fin de la seconde guerre mondiale et surtout depuis la chute du mur de Berlin.

Il faut revenir d’urgence à une Europe des nations.

16 mars 2024 : Pour la paix et contre la guerre

J’entends que le Président turc, Recep Tayyip ERDOGAN, s’est déclaré prêt à accueillir un sommet Ukraine-Russie pour la paix. On peut rappeler que ce même Président turc, peu de temps après le début de cette stupide guerre fomentée par les Etats-Unis, avait déjà réuni des émissaires ukrainiens et russes qui avaient préparé un règlement des problèmes. Ce document avait reçu l’accord des deux parties en guerre. On sait maintenant qu’à l’issue de ces négociations, le Premier Ministre britannique, Boris JOHNSON, s’est rendu à Kiev pour demander au Président Volodymyr ZELENSKI de ne pas accepter cet accord et pour le « contraindre » de poursuivre la guerre pour laquelle il recevrait l’accord et l’aide des Etats-Unis, de l’OTAN et de l’Europe (c’est devenu un pléonasme d’accoler ces deux mots !).

Alors, à qui la responsabilité de ces années supplémentaires de guerre, de tous ces morts inutiles, de toutes ces sanctions inutiles… ? Il faudrait souhaiter que le suppôt des Américains puisse avoir, ce jour-là, marquer la dernière fois où les Occidentaux aient choisi d’étaler aux yeux du monde leur hubris, leur orgueil, leur démesure…

De son côté, le Pape François (mes amis savent que je ne peux dire beaucoup de bien de cet homme) s’est, miracle !, réveillé et a déclaré sur une radio suisse qu’il fallait « avoir le courage de lever le drapeau blanc et de négocier pour mettre un terme à la guerre avant que les choses ne s’aggravent… »

En écoutant cela, j’ai relevé le courage du Pape, me souvenant d’Albert CAMUS qui, en découvrant les horreurs du régime soviétique, avait eu le courage – quasiment seul de tous les intellectuels de l’époque – de réfléchir et de changer d’avis sur les « bienfaits » du socialisme et de la démocratie à la mode soviétique. Le Pape François aurait dû, depuis toujours prendre le parti de la paix et de la négociation… Mieux vaut tard que jamais ! Merci, le Pape, mais ne vous contentez pas d’un sermon !

Je regrette immensément et je suis infiniment dégoûté de constater que nos présidents, depuis Nicolas SARKOZY, ont fait de la diplomatie française un paillasson des Etats-Unis, de l’OTAN et de l’Europe.

C’était la vocation de la France de chercher la paix sur le continent européen (et dans le monde entier), plutôt que prendre le parti des complexes militaro-industriels. Emmanuel MACRON, pire que les deux précédents présidents, devrait se faire soigner (juger) car il a même vendu ce qui restait à la France de plus précieux : sa neutralité et sa non-ingérence dans les conflits en cours pour garder son indépendance et le droit de chercher la paix. Mais MACRON est vendu depuis longtemps à Rothschild, à l’OTAN, à l’Europe, aux Etats-Unis (pléonasmes)…

Et je souhaite, Saint-Père, que vous teniez bon pour la paix, même si à la suite de votre première déclaration, vous êtes traité de « traître » (les traitres ce sont ceux qui ne veulent pas de la paix). Je souhaite aussi que la prochaine fois que vous rencontrerez MACRON, celui qui vous tutoie pour se faire exister, vous aurez le courage de lui dire : « Ferme ta gueule, bavard, et travaille pour la paix » !

22 mars 2024 : Egalité et démocratie

Je suis heureux de penser à Albert CAMUS en regardant la série « La Peste » (diffusée récemment sur France 2). L’étude de la société qu’elle présente, avec ses misères et ses faiblesses, implique la nécessité de réformes urgentes, non faites par ceux qui se sont arrogés le pouvoir pour eux-mêmes sans améliorer aucunement le sort du peuple.

De la même manière, j’aime trouver au détour d’un livre ancien des réflexions valables pour aujourd’hui. C’est le cas de ces lignes sur la démocratie, écrites par Alexis de TOCQUEVILLE (1) :

« J’ai pensé que beaucoup se chargeraient d’annoncer les biens nouveaux que l’égalité promet aux hommes, mais que peu oseraient signaler de loin les périls dont elle les menacent. C’est donc principalement vers ces périls que j’ai dirigé mes regards, et, ayant cru les découvrir clairement, je n’ai pas eu la lâcheté de les taire. »

C’est clair ! Alexis de TOCQUEVILLE était un homme honnête et un honnête homme. De nos jours nous entendons les sérénades et les envoûtements de nos dirigeants qui ne signalent jamais les périls – sauf quand ils les inventent pour en profiter électoralement – , mais ont toujours la lâcheté de les taire pour la même raison, et aussi parce qu’ils sont incapables de se mettre au travail pour résoudre les problèmes, quoi qu’il leur en coûte !

1. Alexis de TOCQUEVILLE - De la démocratie en Amérique, Tome II - Folio histoire 1961, page 8

23 mars 2024 : « Aristocratie » et peuple

Alexis de TOCQUEVILLE : « Toute aristocratie qui se met entièrement à part du peuple devient impuissante. Cela est vrai dans les lettres aussi bien qu’en politique. » (1)

En France, aujourd’hui, la caste qui se prétend être l’aristocratie s’est mise, effectivement, « entièrement à part du peuple ». Elle est la seule à ne pas comprendre pourquoi elle est de plus en plus « impuissante » et de plus en plus rejetée.

1. Alexis de TOCQUEVILLE - De la démocratie en Amérique, Tome II - Folio histoire 1961, page 86

24 mars 2024 : Jouissance, avenir et réforme !

Arrivé à la fin de la lecture de la grande étude sur « la démocratie en Amérique », j’ai trouvé ces lignes admirables qui font, lues aujourd’hui, l’effet d’une prédiction en train de se réaliser sous nos yeux :

« Je tremble, je le confesse, qu’ils (les hommes) ne se laissent… si bien posséder par un lâche amour des jouissances présentes, que l’intérêt de leur propre avenir et de celui de leurs descendants disparaisse et qu’ils aiment mieux vivre mollement le cours de leur destinée que de faire au besoin un soudain et énergique effort pour le redresser. » (1)

Les jouissances de vivre mollement plutôt qu’un énergique effort pour l’avenir de nos petits-enfants… « L’effort » : titre, hélas oublié par beaucoup de ceux qui se réclament souvent de lui, du deuxième tome des Mémoires d’espoir du général de GAULLE.

1. Alexis de TOCQUEVILLE - De la démocratie en Amérique, Tome II - Folio histoire 1961, page 361

25 mars 2024 : La débâcle de l’enseignement

Je ne sais ni dessiner ni peindre. Je le regrette, mais il me semble que je n’ai jamais eu de cours de dessin ou de peinture. J’ai quand même été intéressé par ce paragraphe, écrit par Paul GUTH il y a déjà quarante ans (1) :

« La débâcle de notre enseignement se manifeste aussi par l’écroulement du dessin. Le dessin fait plus qu’initier à la peinture, il forme l’attention, muscle l’esprit. Les êtres ne diffèrent que par leur pouvoir d’attention. Le génie concentre toute son attention à un moment donné sur un point précis. Dieu, le Grand Attentif, concentre toute son attention pendant l’éternité sur tous les points de l’univers. La dissolution actuelle de la personnalité est due à notre incapacité d’attention. En étranglant le latin et le dessin, instruments de l’attention, en amputant l’histoire de la chronologie, en démantelant la géographie, l’école forme non seulement des illettrés mais des débiles mentaux. Châtré de tout pouvoir d’attention, le débile mental perd la conscience du temps et de l’espace. Il flotte dans les limbes de notre siècle d’amibes… »

C’était il y a quarante ans. Depuis, est-ce que l’éducation dite nationale (l’est-elle encore ?) a fait des progrès pour tenter de remédier à sa propre débâcle. Poser la question est déjà connaître la réponse, pour le malheur de tous les jeunes que certains souhaiteraient, semble-t-il, « illettrés » et « débiles mentaux ».

1. Paul GUTH - Une enfance pour la vie - France loisirs 1984 - Page 129

26 mars 2024 : Députés et sénateurs… Aveugles ? Pourris ?

En France, les paysans meurent, les finances sont au plus mal, les élèves se font tuer à la sortie de leurs établissements scolaires, la drogue est partout…

Mais rassurez-vous, braves gens : la classe politique travaille, c’est-à-dire qu’elle continue, sans vergogne, à se servir, malgré la faillite générale de son système. Députés et sénateurs se sont ainsi voté une augmentation de leurs frais de mandat : 300 euros pour les députés et 700 euros pour les sénateurs.

En avez-vous entendu un seul se lever pour crier ce scandale supplémentaire destiné à ces seuls nantis ? Puisqu’il s’agit de leur portefeuille, ils sont tous d’abord ! Par contre, personne n’est d’accord avec personne quand il s’agit de redresser la France !

Ils faut les virer puisqu’ils sont inutiles et qu’ils représentent le néant existentiel !

3 mai 2024 : Salaires… De un à vingt

Le constat, connu, est répété – ce qui n’est pas étonnant puisqu’il est refusé par les nantis – : « Des rémunérations qui atteignent parfois les huit chiffres (plus de 10 millions d’euros)… Il y a un siècle, l’Américain John Pierpont Morgan, fondateur de la banque du même nom, estimait qu’on ne pouvait plus faire confiance à un patron qui gagnerait plus de 20 fois le salaire de son employé le plus mal payé. Chez les dirigeants du CAC 40, le ratio est aujourd’hui de 1 à 100. Et il est encore plus élevé aux Etats-Unis…

« On peut juger indécent que le salaire d’un grand patron puisse être à ce point hors de proportion avec celui d’un professeur ou d’une infirmière, dont l’utilité est au moins égale pour la société…

« Quand s’arrêtera-t-elle (l’inflation des rémunérations) ? Quand ces revenus seront jugés incompatibles avec la cohésion sociale du pays… » (1)

J’ai été content de lire ces lignes qui m’ont rappelé ce que j’avais écrit dans « Doléances » il y a déjà près de dix années, en décembre 2014 (2). Mais ce n’est pas « on peut juger indécent, mais « il est indécent » qu’il faut écrire.

Content certes, car je vois que le sujet n’est pas totalement oublié. Mais aussi triste, car le Figaro parle et écrit, mais ne fait rien de concret pour que les choses changent. C’est exactement comme François HOLLANDE en 2014 et Emmanuel MACRON maintenant. Au plus haut sommet de l’Etat comme chez les journalistes, on baratine, on fait du vent et on est en fait ravi que rien ne change.

J’ajoute seulement que j’ai adressé mon livre « Doléances » à un journaliste du Figaro qui m’avait semblé honnête. Je n’ai même pas eu l’honneur d’un accusé de réception.

Je suggère au Figaro de donner l’exemple en publiant sans mentir ni tricher les salaires et avantages de tous les employés, journalistes et directeurs… et en prenant l’engagement de la faire chaque année. J’attends !

1. Le Figaro Magazine - 19 avril 2024 - Editorial de Guillaume ROQUETTE
2. Cf. Doléances - Chap. 11 : Parachutes dorés et salaire maximum

7 mai 2024 : Visite d’Etat en France du Président XI Jinping

J’ai été choqué de voir quelques photos d’un entretien du Président de la République, un certain Emmanuel MACRON, avec le Président de la République populaire de Chine, XI Jinping.

Choqué car il s’agissait d’une visite bilatérale : la Chine est reçue en France, par la France, et certainement pas par une quelconque autre « puissance ».

Or, autour de la table dressée pour l’occasion se tenaient non seulement les deux Présidents, chinois et français, mais aussi une troisième personne, Ursula von der LEYEN.

Choqué car, après l’avoir emmenée avec lui lors de sa dernière visite en Chine, MACRON continue à imposer ses fantasmes européens, comme lors de son second discours à la Sorbonne.

Si ce Président a déjà décidé et commencé la « vente » de la France à l’Union européenne, il aurait dû d’abord avoir le courage de démissionner puisque, jusqu’à nouvel ordre, il a été élu Président de la République française et rien d’autre !

Certains parlent de forfaiture !

9 mai 2024 : Perestroïka et honnêteté

« Nombreux sont ceux qui souhaitent comprendre ce qui se passe vraiment en Union soviétique, en particulier dans la mesure où les journaux et la télévision, à l’Ouest, continuent sporadiquement à faire preuve de malveillance à l’égard de mon pays. » (1)

Ces lignes ont été écrites il y a plus de trente-cinq ans. Mais remplacez « Union soviétique » par « Russie » et vous verrez leur actualité !

Dès le début de la lecture du livre de Mikhaïl GORBATCHEV « Perestroïka », écrit en 1987, il m’a semblé qu’enfin je côtoyais un homme politique honnête et sincère, qui n’avait donc rien à voir avec les hommes politiques occidentaux sévissant, sans foi ni loi, depuis au moins deux décennies, au plus haut sommet des états, mais aussi dans les médias, les universités, les banques…

« Nous voulons coopérer sur un pied d’égalité, dans la compréhension mutuelle et dans la réciprocité. Nous nous sentons parfois déçus et éprouvons des doutes sérieux, lorsque, aux Etats-Unis, notre pays est traité en agresseur, en « empire du mal ». On y répand sur nous toutes sortes d’histoires invraisemblables et mensongères; on fait preuve de méfiance et d’hostilité envers notre peuple; on impose toutes sortes de limitations et, simplement, on nous traite de façon fort peu civilisée. Il s’agit là d’une impardonnable myopie…

« C’est aujourd’hui que nous avons besoin d’un dialogue à la fois constructif et le plus ouvert possible… Nous ne disposons d’aucune solution universelle, mais nous sommes prêts à coopérer en toute sincérité et honnêtement avec les Etats-Unis et les autres pays, en vue de chercher des réponses à tous les problèmes, même les plus ardus. » (2)

Je n’ai travaillé ni en Union soviétique, ni en Russie et je n’ai connu qu’une seule escale, pour un plein de carburant, en Sibérie. C’était en été, il faisait chaud et les moustiques étaient féroces… Mais je suis toujours intéressé par la découverte et je le suis dans le cas de la Russie, tellement imprégnée d’histoire et de culture européenne.

« Coopérer sur un pied d’égalité, dans la compréhension mutuelle et dans la réciprocité »… Rappelez-vous les trois mots du général de GAULLE : détente, entente et coopération… Rappelez-vous ici la conférence de l’ambassadeur de Singapour en Birmanie ! (3)

Que d’occasions manquées, uniquement à cause de l’ubris et de l’arrogance des Etats-Unis, de la France et de l’Europe…

1. MikhaIl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 8
2. Ibid. p. 13-14
3. Cf. "Souvenirs... Souvenirs..."-Birmanie 2002-2006 - Chapitre "Asie du Sud-est et Europe

14 mai 2024 : Force d’âme et nécessité d’une perestroïka française

Encore une page à lire attentivement !

« Quiconque est dénué de force d’âme et de foi abandonnera devant les difficultés et se laissera submerger par elles. Mais si quelqu’un a de solides convictions, des connaissances sérieuses, une morale à toute épreuve, on ne peut le briser, il saura affronter les tempêtes…

« Aujourd’hui, notre tâche principale est d’aider spirituellement les individus, dans le respect de leur monde intérieur, et de leur donner une force morale. Nous cherchons à mettre en marche tout le potentiel intellectuel de notre société, toutes les potentialités de la culture afin de créer un individu socialement actif, spirituellement riche, juste, consciencieux. Un être doit savoir et sentir que l’on a besoin de sa contribution, que l’on ne méprise pas sa dignité, qu’il est traité avec confiance et respect. S’il le constate, il sera capable d’accomplir beaucoup.

« … La perestroïka touche chacun d’une manière ou d’une autre; elle en arrache beaucoup à la calme satisfaction habituée que leur procure leur mode de vie actuel… (Le) degré élevé de protection sociale de notre société… a tendance à transformer certains en parasites.

« … Nos fonds sociaux distribuent d’énormes sommes d’argent en assistance financière… Nous constatons que des gens malhonnêtes tentent d’exploiter ces avantages du socialisme; ils ne connaissent que leurs droits, et ne veulent rien savoir de leurs devoirs. Ils travaillent mal, pratiquent l’absentéisme, s’adonnent à la boisson. Trop se servent des lois existantes et des coutumes pour satisfaire leurs seuls intérêts égoïstes. Ils donnent peu à la société, mais s’arrangent néanmoins pour obtenir d’elle tout ce qui est possible et même quelquefois ce qui semble impossible, ils vivent sur des revenus qu’ils n’ont pas gagnés. » (1)

En lisant ces lignes, j’ai regretté que, dans les années 1980-1990, aucun dirigeant français n’y ait vu la description de notre pays. La perestroïka était également à faire en France. Il y avait largement matière à une coopération avec l’URSS pour chercher des solutions à des problèmes communs : droits et devoirs – protection sociale et parasites – respect et mépris – honnêteté et malhonnêteté – justice et égoïsme… Recherche d’une « force morale » pour servir et non se servir…

Comme partout, les meilleurs ont été écartés et les magouilleurs ont pris la place. Au hasard : Churchill, de Gaulle, et même Chaban-Delmas, Barre, Rocard, et aussi, peut-être, Villepin au moins en politique étrangère.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 38-39

17 mai 2024 : De la stupidité des sanctions (une fois encore…)

L’histoire se répète… L’ensemble des sanctions, boycotts, embargos, interdictions, restrictions, intimidations… a affaibli provisoirement l’URSS, qui a su trouver les ressources pour réagir et se relever, comme le montre également la Russie depuis une dizaine d’années, contrairement aux nations européennes qui ne cessent de s’affaiblir car elles choisissent d’obéir aux diktats américains. Lisez plutôt :

« Que s’est-il passé ? … On a assisté à une série de boycotts, d’embargos, d’interdictions, de restrictions, d’intimidations de la part de ceux qui commercent avec nous…

« Nous avons entrepris les indispensables recherches et développé la production de ce que nous nous proposions autrefois d’acheter; si bien qu’en fin de compte, ce sont les entreprises occidentales qui sont perdantes. Incidemment, je pense que tout ce tapage fait autour des interdictions et des restrictions n’est pas seulement dirigé contre l’URSS, mais également, dans une large mesure, contre des entreprises rivales non américaines…

« Nous avons tiré la leçon des décisions prises par les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux de ne pas vendre à l’Union soviétique les produits de la technologie avancée. C’est peut-être à cela que nous devons maintenant de connaître une croissance sans précédent dans le domaine des sciences de l’information, de la technologie des ordinateurs, et autres champs de la science et de la technique.

« Nous avons décidé de mettre un terme à ce que nos dirigeants économiques appellent le « fléau des importations ». Dans ce but, nous avons mis en mouvement le vaste potentiel de notre science et de notre savoir-faire. » (1)

Aujourd’hui, et donc une fois de plus, les Occidentaux ont tout faux et n’ont rien appris de l’histoire.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 138

18 mai 2024 : « Propagande » et « jeu verbal » = Mort de la démocratie

En lisant les lignes suivantes, je me suis souvenu d’un épisode vécu en Chine. Mais lisez d’abord :

« Les responsables de la propagande occidentale… sont très forts au jeu verbal de la démocratie. Mais nous croirons à la nature démocratique des sociétés occidentales quand leurs travailleurs, ouvriers et employés de bureau, éliront les responsables des usines et les présidents de banque, quand leurs médias soumettront les entreprises, les banques et leurs patrons au feu roulant d’une critique régulière et discuteront des véritables processus inhérents aux pays occidentaux, au lieu de se lancer dans d’interminables et inutiles controverses avec les politiciens…

« Nos adversaires sont prêts à se servir de n’importe quel argument pour arriver à leurs fins… » (1)

A Pékin, j’ai un jour pensé que le coffre-fort de mon bureau serait mieux placé et plus facile d’accès si je le changeais de place. Je fis donc appel à une équipe chinoise car la lourdeur démesurée de l’engin, datant d’avant la seconde guerre mondiale, nécessitait une véritable équipe de spécialistes.

Avec nos amis chinois, aucun problème : tout était possible. Une équipe arriva donc un beau matin dans mon bureau. Ils regardèrent chacun le monstre, me demandèrent de leur expliquer ce que je souhaitais, puis s’assirent par terre et commencèrent à dialoguer. J’étais intrigué car je n’avais jamais vu une telle « démocratie » : la parole de chacun était écoutée et chacun s’exprimait sur un tel pied d’égalité que je ne savais pas où étais le chef !

Finalement, ils prirent ensemble une décision et personne ne protesta. L’opération fut alors effectuée en moins de cinq minutes.

Je n’ai jamais oublié que les Chinois m’avait donné ce jour-là une belle leçon de démocratie.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 191

21 mai 2024 : Diktats, pressions et sanctions

Il faudra bien qu’un jour l’histoire juge les dirigeants – occidentaux, car ils étaient occidentaux – qui ont préféré à la paix et à la coopération, les « diktats militaires », les « pressions » et les sanctions.

« Dans notre monde complexe et agité, il est impossible de tout mesurer à une seule aune, la sienne. Les tentatives de diktat militaire, aussi bien que les pressions morales, politiques et économiques sont aujourd’hui passées de mode. Qui plus est, ces tentatives sont dangereuses; elles irritent les peuples du monde et, par conséquent, retardent les progrès vers la paix et la coopération. » (1)

Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir les « peuples du monde » de plus en plus « irrités », à très juste titre.

Ce que peut-être Mikhaïl GORBATCHEV n’avait pu prévoir, c’est que les empires pourrissent souvent de l’intérieur, par arrogance, orgueil, démesure… et tous les maux qui ressemblent à ces mots.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 198

23 mai 2024 : Sécurité et défense

Au lieu de prendre des postures de va-t-en-guerre, notre président actuel ferait certainement mieux de réfléchir et de mettre en oeuvre les lignes qui suivent : sécurité pour tous, et non pour soi seul, et doctrine de défense, et non d’attaque…

« Un axiome simple : la sécurité est indivisible. C’est une sécurité égale pour tous ou pas de sécurité du tout. Le seul fondement solide pour la sécurité est la reconnaissance des intérêts de tous les peuples et de tous les pays, et de leur égalité dans les affaires internationales. La sécurité de chaque nation devrait aller de pair avec la sécurité pour tous les membres de la communauté internationale… Les adversaires doivent devenir partenaires et se mettre à rechercher, en commun, le moyen de parvenir à la sécurité universelle.

« Nous pouvons voir les premiers signes de cette pensée nouvelle dans bien des pays et dans bien des couches de la société. Et ce n’est que naturel car c’est la voie vers des accords mutuellement bénéfiques et des compromis réciproques sur la base de l’intérêt commun suprême : prévenir une catastrophe nucléaire. En conséquence, il ne devrait pas y avoir d’effort vers la sécurité pour soi aux dépens des autres…

« Les doctrines militaires devraient être strictement des doctrines de défense. » (1)

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 214-215

24 mai 2024 : Le complexe militaro-industriel

On dit qu’avant de quitter la présidence des Etats-Unis le général EISENHOWER – qui fut pour moi l’Américain qui comprit et accepta l’indépendance voulue pour la France par le général de GAULLE – fit un discours d’adieu dans lequel il recommanda aux Américains de se méfier du complexe militaro-industriel. C’était à la fin des années 50 et j’aimerais retrouver ce discours qui préfigurait l’avenir et la prise du pouvoir par les marchands de canons.

Relisons les lignes que consacre Mikhaïl GORBATCHEV à ce problème, qui est de plus en plus sur le devant de la scène.

« Nous voyons bien la force des positions de la fraction agressive et militariste parmi les dirigeants des grands pays capitalistes. Leur principal soutien vient du puissant complexe militaro-industriel… qui tire d’énormes profits, aux dépens du contribuable, de la production d’armes. Et pour faire croire que tout cet argent n’est pas dépensé en vain, ils doivent eux-mêmes se convaincre de l’existence d’un « ennemi extérieur » qui menacerait de s’en prendre à leur bien être et à leurs « intérêts nationaux » en général. D’où cette politique de la force, aussi effrénée qu’irresponsable. Comment cette confiance totale en la force est-elle possible en notre ère nucléaire où les stocks d’armes existants sont si énormes que même une partie infime de ceux-ci pourrait sans peine annihiler l’humanité ? … Cette mentalité (de la guerre froide) reste manifeste dans les intérêts économiques des entreprises d’armement, tout comme dans l’influence qu’exercent sur la politique l’armée qui refuse de renoncer à sa position privilégiée et la machinerie bureaucratique au service du militarisme. » (1)

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs Classiques - Flammarion 2019 - P. 224

25 mai 2024 : L’empire – militaro-industriel (suite)

« Bien des choses dépendent de la position des Etats-Unis et de l’Occident dans son ensemble… Si nous réussissons à édifier de nouvelles relations fondées sur l’égalité et un respect scrupuleux des intérêts de chacun, pourquoi aurions-nous besoin de la machine militaire actuelle qui a été conçue comme un instrument de politique étrangère expansionniste ?

« … Nous avons approché le point où nous devons absolument la détruire, car des milliards d’Asiatiques, d’Africains et de Latino-Américains veulent désormais vivre comme des êtres humains…

« Nous en appelons au gouvernement américain pour qu’il nous donne la main afin de rechercher ensemble des solutions aux problèmes du tiers-monde. Il y a d’autres voies que la force pour ce faire… Les Etats-Unis devraient trouver un moyen de distraire leur puissance, leur capital – tout ce qui est aujourd’hui mobilisé dans les buts militaires – pour répondre à d’autres exigences, résoudre les problèmes économiques et sociaux du monde moderne… Les Etats-Unis pourraient s’adjoindre le concours d’autres pays occidentaux… Tous ne pourraient qu’y gagner. »

Extraordinaire cette remarque : « des milliards » d’habitants sur la terre « veulent désormais vivre comme des êtres humains ». Reconnaître cette volonté aurait dû être, depuis longtemps, l’honneur de tous ces Occidentaux qui prônent des droits de l’homme de plus en plus extravagants pour eux-mêmes, en oubliant qu’ils refusent à « des milliards d’Asiatiques, d’Africains et de Latino-Américains » les véritables droits de l’homme prônés à l’époque des Lumières.

Les Etats-Unis veulent à tout prix imposer par la force leur vision du monde, au mépris de la liberté et de la démocratie qu’ils ont dévoyées. Il ne reste guère que les demeurés, comme le président français, pour s’aligner sur eux, pensant survivre ainsi un peu avant de disparaître de l’histoire comme inutiles et néfastes.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 290-291

26 mai 2024 : La vérité et la vie

En visite en Tchécoslovaquie, Mikhaïl GORBATCHEV écoute un jeune qui lui résume ce qu’il a compris : « Dire la vérité, aimer la vérité et souhaiter aux autres la vérité ». Le dirigeant soviétique ajoute alors : « Agir en accord avec la vérité. C’est la science la plus difficile… La vie est plus dure que n’importe quelle école; on n’obtient rien facilement… » (1)

En lisant ces lignes, j’ai pensé à un de mes élèves thaïlandais, Thanong, qui me rappelait un jour ce qu’il m’avait souvent entendu dire en classe : « La vie est difficile ». Je l’avais pour ma part oublié, mais la vie le lui avait fait comprendre…

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 257

27 mai 2024 : Sous-développement et développement… Equité et justice

A force de vouloir croire et faire croire que la force pouvait leur assurer en tous temps et en tous lieux une domination indiscutée, les Occidentaux se sont mis dans un vrai pétrin.

Mikhaïl GORBATCHEV avait vu juste :

« Il est grand temps de reconnaître aux nations du tiers-monde le droit d’être leurs propres maîtres. Elles ont gagné leur indépendance politique après de longues années de lutte difficile. De même, elles veulent obtenir leur indépendance économique. Les dirigeants de ces pays… veulent pour leur pays une indépendance authentique et une coopération avec les pays tiers sur un plan d’égalité… Les Etats développés exploitent ces nations dont les ressources viennent gonfler leur revenu national selon un canal d’échange non équitable. Les pays en voie de développement ne tolèreront plus longtemps encore cette situation.

« Telle est la réalité contemporaine que certains en Occident n’ont pas envie de prendre en considération, même s’ils la connaissent parfaitement…

« Le Mouvement des non-alignés incarne le désir des nations récemment libérées de coopérer avec les autres sur une base égalitaire et de bannir des relations internationales diktats et tentatives hégémonistes… » (1)

L’émergence des BRICS et des BRICS + montre bien le sens de l’histoire. Je souhaite que les prochains maîtres du monde ne soient plus entourés d’esclaves, mais soient épris de sagesse, de respect et de justice pour les plus démunis.

J’espère, en fait, un monde meilleur pour tous les petits-enfants, mais je ne crois pas qu’il leur sera donné par les Occidentaux.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 272-274

30 mai 2024 : L’extraordinaire « ras-le-bol » des nations latino-américaines envers les dirigeants des Etats-Unis

Paroles de Mikhaïl GORBATCHEV au Président Ronald REAGAN : « Cela fait des décennies que vous considérez l’Amérique latine comme si elle était le palier de votre porte, et que vous vous comportez en conséquence. Les nations en ont assez. Qu’elles concrétisent leurs aspirations par des moyens pacifiques ou militaires est leur affaire. C’est vous qui avez posé une bombe en Amérique latine sous la forme de cette dette extérieure monstre. Vous feriez bien d’y réfléchir. »

GORBATCHEV poursuit sa réflexion : « Peut-être que les milieux américains comprennent effectivement ce discours, mais ils ne l’admettront jamais, car il leur faudrait alors changer leur politique…

« Nous sympathisons entièrement avec les pays d’Amérique latine dans leurs efforts pour consolider leur indépendance dans tous les domaines et rompre toutes les entraves néocolonialistes… Nos sympathies iront toujours vers les nations qui luttent pour la liberté et l’indépendance… » (1)

Le comportement des Etats-Unis vis-à-vis de l’ensemble du monde ressemble de plus en plus à leur comportement vis-à-vis des esclaves qu’ils ont fait venir d’Afrique… Un jour ou l’autre, tout doit exploser car l’injustice est insupportable… Ce fut le cas à l’intérieur des Etats-Unis; c’est et ce sera le cas non seulement avec l’Amérique latine mais aussi avec l’ensemble des pays « non-alignés » ou en voie de développement d’Afrique et d’Asie.

L’extraordinaire, c’est que les pays européens ont choisi de suivre les Etats-Unis pour tenter, comme ces derniers, de conserver leur main mise sur le monde. Les Européens n’ont pas voulu comprendre que les Etats-Unis n’étaient plus les « défenseurs du monde libre » comme dans leurs meilleures années. Ils sont devenus les défenseurs de leur seule richesse et les Européens font de même, ne comprenant pas que les Etats-Unis, pour se protéger, veulent aussi faire main basse sur les richesses de l’Europe.

Je repense au voyage triomphal du général de GAULLE en Amérique latine et à celui effectué par le Président Jacques CHIRAC au Brésil, en Uruguay, en Bolivie, au Paraguay et en Argentine. J’ai participé à ce voyage qui fut un grand succès.

Quel dommage, alors que tous les pays souhaitaient davantage de coopération avec la France et l’Europe que le suivi nécessaire de ces acclamations et de ce qu’elles révélaient ne fut pas à la hauteur.

L’Amérique latine est « latine » et n’a aucune raison d’être à la solde des Etats-Unis.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 288-289

3 juin 2024 : Mikhaïl GORBATCHEV à Paris (1985) et François MITTERRAND à Moscou (1986)

« François MITTERRAND a exprimé ce qui m’a semblé une idée importante à l’époque : « Pourquoi ne pas envisager la possibilité, m’a-t-il dit, de progrès graduels vers une politique européenne plus vaste ? ». Un an plus tard, à Moscou, il disait : « Il est indispensable que l’Europe redevienne réellement le protagoniste de sa propre histoire, afin qu’elle puisse jouer dans sa pleine mesure son rôle de facteur d’équilibre et de stabilité dans les affaires internationales ». Mes idées allaient dans le même sens…

« Les Etats d’Europe occidentale s’intéressent… au développement des relations avec l’Union soviétique. Notre pays tient une place marquante dans leur politique étrangère. » (1)

Que comprendre ? Que les héritiers de François MITTERRAND, qui font pourtant tellement de bruit, ont complètement abandonné cette part de l’héritage qui, pourtant et bien évidemment, est porteuse de l’indépendance de l’Europe et prometteuse d’équilibre et de stabilité pour le monde.

Les nations ne veulent pas d’une Europe américaine et reprocheront, aussi longtemps qu’elles seront encore un peu libres, l’hégémonie américaine… L’Europe ressemble actuellement aux pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, asservis par les Etats-Unis, mais ces pays réagissent alors que ceux d’Europe se sont rendus et vendus à l’impérialisme.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 293-294 

7 juin 2024 : « Notre maison commune »

Le malheureux président Emmanuel MACRON pense qu’en allant à la Sorbonne il sera écouté comme le maître absolu des horloges, annonçant de tout son égoïsme l’avenir de l’Europe sans même connaître l’histoire des peuples qui la composent.

Plutôt que vouloir faire du passé table rase, il aurait dû réfléchir (mot qui lui semble inconnu) et méditer (autre mot inconnu) ces lignes de Mikhaïl GORBATCHEV qui était, lui, un grand Européen, parce qu’il était russe :

L’Europe « a eu plus que sa part de guerre et de larmes. Il y en a eu bien assez. Balayant le panorama de cette terre qui a tant souffert et songeant aux racines communes de cette civilisation européenne, à la fois protéiforme et une dans son essence, j’en suis venu à ressentir avec une acuité grandissante le caractère artificiel et temporaire de la confrontation entre blocs et la nature archaïque du « rideau de fer ». C’est sans doute ainsi qu’a surgi dans mon esprit cette notion de « L’Europe notre maison commune »…

« L’Europe est en effet une maison commune où la géographie et l’histoire ont étroitement tissé les destinées de dizaines de pays et de nations. Bien sûr, chacune d’entre elles a ses problèmes propres, chacune veut vivre sa propre vie, suivre ses propres traditions…

« La maison est commune, certes, mais chaque famille y a son propre appartement, et de plus, il existe plusieurs entrées. Mais ce n’est qu’ensemble, collectivement, et en suivant les normes sensées de la coexistence que les Européens pourront sauver leur maison, la protéger d’une conflagration et d’autres calamités, l’améliorer et la rendre plus sûre, et la maintenir en bon ordre…

« Si le monde a besoin de relations nouvelles, l’Europe en a besoin par-dessus tout. On peut dire que les nations d’Europe les ont forgées dans la souffrance, et qu’elles le méritent bien. » (1)

L’Europe appartient à toutes les nations qui la composent et c’est à elles qu’il appartient de construire leur « maison commune », sans que d’autres, venus de tous les ailleurs, viennent imposer leurs souhaits qui ne correspondent ni à l’histoire, ni à la civilisation, ni à l’Europe.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 300-301

8 juin 2024 : L’Europe, notre « maison commune »

Mikhaïl GORBATCHEV a présenté une vision précise de l’Europe, « de l’Atlantique à l’Oural » (et non de Washington à Paris, en passant par Londres et Kiev). Le général de GAULLE voulait ainsi montrer « l’identité historico-culturelle » des nations européennes. Il faut lire les lignes suivantes où tout est dit :

« La tradition politique européenne en ce qui concerne la conduite des affaires internationales est la plus riche du monde…

« Le potentiel économique, scientifique et technique de l’Europe est formidable. Il est encore dispersé, et les forces de répulsion entre l’Est et l’Ouest du continent sont plus fortes que les forces d’attraction. Cependant, l’état actuel des affaires économiques, tant à l’Ouest qu’à l’Est, et leurs perspectives tangibles permettent d’espérer une solution par le biais d’une combinaison des processus économiques engagés de part et d’autre, et pour le bénéfice de tous.

« Telle est la seule voie raisonnable pour faire progresser matériellement la civilisation européenne.

« L’Europe « de l’Atlantique à l’Oural » est une entité historico-culturelle soudée par l’héritage commun de la Renaissance et des Lumières, ainsi que par les grands enseignements philosophiques et sociaux des XIXe et XXe siècles. Il existe des aimants puissants pour aider les décideurs politiques dans leur quête des modalités d’entente et de coopération mutuelle à l’échelle des relations inter-Etats.

« L’héritage culturel de l’Europe constitue un formidable potentiel pour une politique de paix et de bon voisinage…

« J’admets franchement notre satisfaction de constater que l’idée d’une « maison commune européenne » a trouvé un écho favorable parmi les personnalités publiques et politiques de premier plan non seulement en Europe orientale, mais également à l’Ouest… La conscience de la communauté culturelle de l’Europe, de l’interconnexion et l’interdépendance des destins de tous les pays du continent, et de la nécessité vitale de leur coopération, ne se sont pas encore perdues.

« Il est toutefois des idéologues et des politiciens qui persistent à semer la défiance à l’égard de l’Union soviétique. La majorité des pays d’Europe occidentale, suivant en cela le sillage des Etats-Unis, publie en ce sens un grand nombre d’articles tonitruants, mais, comme toujours, c’est la presse française de droite qui se montre la plus zélée : elle est tout bonnement horrifiée par la seule perspective d’une situation meilleure en Europe. Prenez, par exemple, l’hebdomadaire L’Express. Le 6 mars 1987, il nous attribuait le désir d’établir notre domination sur l’Europe. Un article… reprenait le schéma du Petit chaperon rouge et du Grand méchant loup.

« Je me suis dit : se peut-il que les lecteurs européens, que les nations de l’Europe soient crédules au point de croire de tels barbouillages de papier ? Nous avons confiance dans le bon sens des Européens et savons bien que tôt ou tard ils sauront faire la part de vérité et des mensonges… » (1)

De l’Atlantique à l’Oural, avec l’histoire et la culture de toutes les nations présentes…

Notre drame actuel, en France, vient de ce que nos dirigeants, et en tout premier lieu notre président, ne veulent pas d’autre histoire que celle qu’ils se sont forgés et qu’ils veulent imposer, en déclarant par exemple qu’il n’y a pas de culture française…

La réponse à faire à ce président qui semble n’avoir jamais travaillé que pour des intérêts étrangers, est évidente : votre « Europe » n’est que l’imposition forcée de votre propagande… Vous êtes de la lignée des grands propagandistes totalitaires, mais certainement pas des grands hommes d’Etat.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Pérestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 304-305-306 

9 juin 2024 : Défense et culture des nations européennes

« Il est regrettable que les gouvernements des pays de l’OTAN, y compris ceux qui, en parole, se dissocient des dangereux extrêmes de la politique américaine, finissent par céder à la pression, assumant ainsi une responsabilité de la course aux armements et de la tension internationale.

« En voici un exemple. En avril 1986, des appareils militaires américains bombardaient Tripoli, Benghazi et d’autres établissements en territoire libyen. Le prétexte à cet acte d’agression directe est absolument indéfendable face aux critères d’une société civilisée. Les avions de guerre américains ont décollé de bases en Grande-Bretagne et traversé l’espace aérien de l’Europe occidentale. Et qu’a dit celle-ci ? Rien ! Les gouvernements des pays de l’OTAN ont observé en silence la situation sans oser s’opposer aux agissements des Etats-Unis…

« Il existe dans la mythologie grecque une vieille légende sur l’enlèvement d’Europe. Or, ce sujet de fable est soudain devenu d’actualité aujourd’hui… Parfois on a l’impression que les politiques indépendantes des nations d’Europe occidentale ont elles aussi subi un rapt, qu’on les a emportées de l’autre côté de l’océan; que les intérêts nationaux ont été mis en gérance sous le prétexte de protéger la sécurité.

« Une menace sérieuse plane également sur la culture européenne. Cette menace émane d’un assaut de la « culture de masse » venue de l’autre côté de l’Atlantique. Nous comprenons parfaitement l’inquiétude des intellectuels d’Europe occidentale. Assurément, on ne peut que s’étonner qu’une culture européenne profondément intelligente et par essence pétrie d’humanisme, batte en retraite devant un déferlement incontrôlé de violence et de pornographie, un flot de sentiments de bas étage et de viles pensées.

« Quand nous insistons sur l’importance d’une position indépendante de l’Europe, on nous accuse fréquemment de vouloir braquer celle-ci contre les Etats-Unis. Nous n’avons jamais eu, et nous n’avons pas plus aujourd’hui la moindre intention de cet ordre… L’objectif essentiel de notre politique étrangère… est de promouvoir une paix durable et stable bâtie sur la confiance réciproque et la coopération entre les nations…

« L’Europe ne doit pas esquiver sa participation au règlement de problèmes comme ceux de la faim, de la dette et du sous-développement, de sa contribution à l’élimination des conflits armés…

« Tous les peuples d’Europe sans exception sont en faveur de l’instauration d’un climat de confiance et de bon voisinage, de coexistence et de coopération sur le continent… » (1)

En lisant ces lignes, je me suis pris à rêver de ce qu’aurait pu créer la rencontre du général de GAULLE et de Mikhaïl GORBATCHEV : des nations européennes développant leur civilisation sans aucune ingérence étrangère, d’où qu’elle vienne et quelle que soit sa puissance.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 320-321-322

10 juin 2024 : Les Etats-Unis et leur propagande

« L’Amérique est une grande nation. Qui discutera l’importance de la Révolution américaine dans le progrès social de l’humanité, ou le génie scientifico-technologique de l’Amérique, ses réussites dans la littérature, l’architecture, les arts ! … Mais l’Amérique d’aujourd’hui, c’est également quantité de problèmes aigus, sociaux ou autres, auxquels non seulement la société américaine n’a pas trouvé de réponse mais, pis encore, pour lesquels elle cherche des réponses telles que ce seront les autres qui risquent d’en payer le prix.

« Les Etats-Unis ont un potentiel productif immense, une énorme richesse matérielle, mais dans le même temps, des millions de malheureux – cela donne à réfléchir; une passion quasiment missionnaire pour prêcher les droits de l’homme et la liberté, et le dédain pour l’application de ces mêmes droits élémentaires chez eux – voilà aussi qui fait penser; de perpétuels discours sur la liberté de l’homme et, d’un autre côté, des tentatives pour imposer aux autres leur mode de vie, une vaste propagande pour le culte de la force et de la violence… Une puissance arrogante en particulier dans le domaine militaire, un accroissement constant des dépenses d’armements et des trous dans le budget, une dette intérieure et maintenant également, extérieure : pourquoi ?

« Comme tous les pays, l’Amérique a en réalité ses zones d’ombre et de lumière…

« La direction soviétique… distingue nettement toutes les facettes de la société américaine : les millions de travailleurs… qui sont généralement favorables à la paix; les hommes politiques à l’esprit réaliste; les conservateurs influents avec, près d’eux, les groupes réactionnaires liés au complexe militaro-industriel et qui profitent de la fabrication d’armes…

« Nous ne pourrons rien faire pour assurer la paix sans les Etats-Unis, et, sans nous, les Etats-Unis n’accomplissent rien non plus. Plus question pour l’un de se passer de l’autre. Contacts et dialogues sont nécessaires. » (1)

On peut justement se demander pourquoi, plusieurs dizaines d’années après ce juste diagnostic, les « choses » n’ont fait qu’empirer : OTAN, Etats-Unis, Europe, Ukraine…

Je voudrais apporter une remarque. Mikhaïl GORBATCHEV écrit que « l’Amérique a une grande histoire ». C’est sans doute vrai car tous les peuples du monde ont une grande histoire, mais les Américains des Etats-Unis n’ont pas suffisamment réfléchi. Leur histoire a commencé avec leur lutte contre les Britanniques pour leur indépendance et leur liberté (avec l’aide de la France). Mais ces dernières acquises, ils se sont transformés peu à peu en despotes, en tyrans, en oppresseurs – l’esclavage d’abord avec des Africains, puis ensuite avec la totalité du continent américain, et plus tard, finalement, avec le monde entier, prétextant, comme les dictateurs, que leur vision du monde et de la liberté était la seule valable et acceptable, et que la force devait donc l’imposer, ce qui permettait de favoriser, grâce à l’argent des armes, le développement (des seuls Etats-Unis).

S’ils avaient réfléchi un peu, les Américains des Etats-Unis comprendraient aisément que l’histoire de leur lutte contre la Grande-Bretagne, à la glorieuse époque de leur indépendance, se répète… Les peuples qu’ils ont voulu asservir les rejettent comme ils ont rejeté les Britanniques dominateurs qui leur volaient la liberté.

Quelle immense tristesse de constater qu’ils ont perdu cette jeunesse de liberté pour vieillir dans l’amoncellement des dollars gagnés souvent dans des conditions douteuses… Ils vont mourir pourris de l’intérieur…

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 333-334-335

11 juin 2024 : Les « déclarations » des « grands » de ce monde et les faits

« Il faut juger quelqu’un sur sa politique concrète plutôt que sur ses déclarations. Non seulement le gouvernement américain avait abandonné la détente, mais il semblait s’effaroucher de toute manifestation de dégel. Je devais dire honnêtement au peuple soviétique quels intérêts servait une telle politique. Assurément, ce n’était pas le peuple américain qui désirait voir s’accroître la menace militaire, n’est-ce pas ? Il fallait bien alors évoquer le complexe militaro-industriel américain qui, tel le Moloch antique, non seulement dévore les immenses ressources de l’Amérique et des autres peuples, mais aussi les fruits des efforts accomplis pour éliminer la menace de guerre nucléaire…

« Nous voulons dire à l’Occident, aux Etats-Unis et à l’OTAN, qu’en aucun cas nous n’abandonnerons notre politique de paix, même si nous étions lucides sur la véritable politique occidentale. Nous n’implorerions pas la paix. Nous avions plus d’une fois répondu aux défis et nous étions prêts à recommencer.

« Il semblait que les Etats-Unis auraient dû répondre à nos initiatives et à nos gestes… en faisant la moitié du chemin et en répondant aux aspirations manifestées. Mais tel n’a pas été le cas. L’équipe dirigeante a placé ses intérêts égoïstes au-dessus de ceux de l’humanité et de son propre peuple… Manière brutale et provocatrice de le faire, au mépris total de l’opinion politique mondiale…

« Les espoirs soulevés partout, y compris dans la société américaine… ont bientôt laissé la place à la désillusion, car tout, dans la politique réelle des Etats-Unis, était resté tel qu’auparavant… » (1)

J’ai choisi, pour ma part, de ne plus écouter les discours interminables et creux d’Emmanuel MACRON (en fait sa logorrhée). Je cherche les résultats de sa politique et je constate que rien de grand, ni de durable, n’a été fait pour la France, ni pour les Français. Il a donc été élu à tort à cause de sa propagande.

Si l’on devait dire la vérité aux Français, il faudrait leur expliquer que l’indépendance et la souveraineté de la France ont été abandonnées aux Américains depuis au moins une décennie, en fait depuis le retour de la France dans l’OTAN, opéré par Nicolas SARKOZY, lui qui adorait George W. BUSH, lui-même dans les mains du complexe militaro-industriel avec Donald RUMSFELD et Condoleezza RICE, clique qui n’a jamais été jugée pour crimes de guerre.

Comment les Etats-Unis peuvent-ils se présenter comme porteurs de la civilisation « phare » du monde et être incapables d’agir autrement que par la force pour imposer leur bon vouloir. C’est ainsi que l’on retrouve la politique du temps de l’esclavage appliquée à l’ensemble du monde… Vous obéissez de suite ou vous allez voir comment vous allez être forcés d’obéir…

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 363 et 365

12 juin 2024 : Un grand homme d’Etat – Respect

En finissant la lecture de « Perestroïka », je garde l’impression d’un véritable homme d’Etat qui a essayé de faire progresser son pays et le monde vers la paix et la prospérité. Mais Mikhaïl GORBATCHEV ne pouvait – pas plus que quiconque – faire la paix seul :

« Nous ne tolérerons jamais une supériorité du camp adverse ou des atteintes à notre sécurité… Nous attachons la plus grande importance à l’instauration d’un climat normal dans lequel il serait enfin possible de progresser vers un accord. Mais le camp américain ne cesse de trébucher. Pis encore, chaque fois que nous faisons un pas dans la direction de Washington, les forces contraires font tout pour compliquer la question et bloquer le mouvement en intensifiant leur activité. » (1)

Je m’aperçois que j’ai eu l’extraordinaire chance de vivre entouré – parfois, pas toujours – de personnes honnêtes et respectueuses des autres. Ce fut le cas dans ma famille et dans ma vie professionnelle… Mais j’ai aussi constaté que ces personnes honnêtes et respectueuses, qui étaient largement majoritaires dans le village de mes grands-parents, ont petit à petit été remplacées par des gens ayant de moins en moins de valeurs, pour lesquels seules la force et la réussite matérielle comptaient. Les buts qu’ils chérissaient étaient simples : ceux qui leur permettaient d’écraser les autres ou de passer avant eux… Ce qui est arrivé dans les familles, puis dans les communes, les villes, les pays, s’est aussi étendu au monde entier… Les forts écrasent les faibles et les plus forts sont gagnants à ce jeu du non-respect et de la malhonnêteté. C’est ainsi que les Etats-Unis et les Occidentaux ne croient plus qu’en la force – la leur – et qu’ils ont abandonné toute idée de respect et d’honnêteté.

L’avenir du monde, et surtout des plus délaissés, est sombre et seul un sursaut de valeurs acceptées par le monde entier fera bouger les lignes pour que les enfants du monde reçoivent une vie plus digne… de la vie. Les premières valeurs à respecter : le respect et l’honnêteté.

Un très grand merci à Mikhaïl GORBATCHEV. Quel dommage ! Ce très grand homme d’Etat n’a pas été contemporain du général de GAULLE. L’Europe de l’Atlantique à l’Oural aurait pu prendre forme avec les peuples et les nations qui la composent.

1. Mikhaïl GORBATCHEV - Perestroïka - Champs classiques - Flammarion 2019 - P. 390-391

13 juin 2024 : Françoise HARDY

Françoise HARDY nous a quittés. C’est une nouvelle part de ma vie qui s’en va, avant moi-même.

J’aime toujours certaines de ses chansons : « Tous les garçons et les filles » (à la grande époque de Richard ANTHONY et de « J’entends siffler le train »), « La maison où j’ai grandi », « L’amitié », « Mon amie la rose »…

J’avais eu la chance de la voir une ou deux fois sur scène. J’aimais sa simplicité tranquille et sa détermination qui lui a permis de faire souvent ce qu’elle avait envie de faire et qu’elle faisait bien.

Au revoir, Françoise, et à bientôt !

17 juin 2024 : Confiture d’oranges

Mon frère Antoine, connu sous le nom d’Antoine EMAZ, était poète et aimait aussi se mettre aux fourneaux. Dans un de ses livres, « Cuisine », il fait vivre en bonne entente cuisine et poésie. Il donne, par exemple, la recette de la confiture d’oranges de « Tata », la soeur de notre mère. J’ai découvert la « perfection » de cette recette grâce à ma nièce Sabine, fille d’Antoine, et à sa mère Anne-Sophie.

Je recopie cette recette, à la mémoire d’Antoine, mais aussi en souvenir de « Tata Mouche » et de « grand-mère Marie », cette dernière grande experte en confitures de ses jardins. Elle en faisait à chaque récolte importante et rangeait les pots dans un placard du premier étage, appelé simplement « placard aux confitures ». Nous avions le droit d’y aller, à chaque goûter, pour choisir le pot que nous finissions généralement le jour même.

« Pour 2,2 kgs d’orange et 3 ou 4 citrons. Couper les fruits en tranches fines. Ajouter un litre d’eau par livre de fruits. Couvrir et laisser reposer 36 heures.

« Faire bouillir jusqu’à ce que la pulpe soit bien tendre, 30 minutes, et laisser refroidir.

« Peser; ajouter le même poids de sucre. Faire cuire doucement, à peu près 1 h 30, jusqu’à ce que le sirop fige lorsqu’on le dépose sur une assiette froide.

« Mettre en pots… »

J’ai utilisé cette recette pour donner envie, aux générations nouvelles, de connaître, avec un tout petit peu de travail, la perfection de la cuisine de la campagne il y a des dizaines d’années. J’apporte seulement une petite précision : couper en lamelles très fines l’écorce des oranges…

Bonne dégustation !

1. Cuisine - Antoine EMAZ - Publie Papier 2012 - P. 41

19 juin 2024 : Puissance du lobby militaro-industriel

J’ai retrouvé (1) une partie du discours d’adieu prononcé par le général EISENHOWER au terme de son mandat de Président des Etats-Unis. C’était le 17 janvier 1961. Lisez :

« La présence simultanée d’un énorme secteur militaire et d’une vaste industrie de l’armement est un fait nouveau dans notre histoire. Nous devons comprendre ce qu’elle implique, car ses conséquences sont extrêmement graves. Notre travail, nos ressources, nos moyens d’existence sont en jeux et jusqu’à la structure même de notre société. Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales. Nous nous trouvons devant un risque mortel pour l’avenir, qu’une concentration désastreuse de pouvoirs en des mains dangereuses, aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoir mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Seul un peuple informé et vigilant réussira à obtenir que l’immense machine industrielle et militaire qu’est notre secteur de la Défense s’ajuste à nos objectifs pacifiques. » (2)

Lorsque je « feuillette » You Tube, j’écoute une rencontre, une conférence… En fait tout ce qu’il est encore possible de trouver ailleurs que sur l’immense majorité des chaînes de la TNT, celles possédées et dirigées par la propagande d’Etat et son fric (ce dernier venant d’ailleurs, souvent, des impôts des Français !)

Allez sur You Tube et cherchez tout ce qui se rapporte à Alain JUILLET. Il est pour moi, de par son immense expérience, un de ceux qu’il faut écouter pour réfléchir ensuite par soi-même. Vous trouverez une émission où Alain JUILLET reçoit Eric BRANCA, auteur de « L’ami américain »… Et vous comprendrez l’histoire revisitée : non pas celle distillée depuis la fin de la seconde guerre mondiale par le bourrage de crâne officiel et à l’oeuvre lors de la commémoration du débarquement ces jours-ci… Un immense affront fait à l’histoire et à la France par Emmanuel MACRON, puisqu’il a remplacé l’invité russe – et l’honneur des 20 millions de morts russes – par le soi-disant président de l’Ukraine dont certains compatriotes faisaient à l’époque partie des rangs SS !

Il faut impérativement, pour ne pas mourir idiot, écouter cet entretien entre Alain JUILLET et Eric BRANCA. Peut-être puis-je le résumer par ces répliques après la lecture du discours d’EISENHOWER :

Eric BRANCA : « Qu’est-ce qu’il y a à dire 60 ans après ? »

Alain JUILLET : « Tout est dit »

1. Cf. "Au gré des jours" 2024... - 24 mai 2024 : Le complexe militaro-industriel
2. You Tube - Alain JUILLET reçoit Eric BRANCA pour son livre "L'ami américain"

21 juin 2024 : Cuba – Les Etats-Unis et l’Union soviétique (puis la Russie)

En 1962, chacun s’en souvient, l’URSS et les Etats-Unis se sont retrouvés au bord d’une nouvelle guerre, lors de l’installation d’armes soviétiques à Cuba, à quelques encablures des côtes américaines.

La détermination du Président KENNEDY, auquel le général de GAULLE – allié, mais jamais vassal – avait apporté son soutien, permit d’éviter un affrontement nucléaire.

Les Etats-Unis avaient à l’époque très bien compris que des fusées soviétiques à leurs portes n’étaient pas tolérables. Alors pourquoi ne pourraient-ils pas comprendre que l’installation, depuis des années et des années, de matériel militaire de toute nature aux frontières de la Russie, par l’OTAN c’est-à-dire par eux-mêmes, ne sera pas toléré par les héritiers des tsars et des soviets ?

La réponse est simple : les Etats-Unis s’arrogent de plus en plus tous les droits que détiennent les tyrans lorsqu’ils considèrent que leurs adversaires sont des faibles.

Mais ce ne devrait pas être une raison suffisante pour voir les dénommées démocraties européennes (vassales et non alliées) suivre les Etats-Unis.

Et peut-on ajouter que le premier « suiveur » est le malheureux Emmanuel MACRON ?

24 juin 2024 : Les cupressus

« Les cupressus immenses et leur imposant volume de vert; ces arbres sont peut-être la mémoire la plus longue d’ici » (1), c’est-à-dire à Pornichet.

Bien sûr, il y a des pins en grand nombre, et c’est tant mieux, sur la presqu’île guérandaise. Je les aime, surtout les anciens. Les variétés modernes sont moins vénérables.

Mais mes arbres préférés sont les cupressus dont parle Antoine. Quel dommage que la mairie ne fasse pas d’efforts pour en replanter régulièrement et sérieusement.

Heureusement, la propriété où j’ai trouvé refuge a encore, dans son parc, ces « cupressus immenses » avec « leur imposant volume de vert »… J’aime les regarder chaque jour avec leur mémoire plus longue que celle de chacune de nos vies.

1. Antoine EMAZ - Cuisine - Publie papier 2012 - P. 96

25 juin 2024 : La « force » des « mots »

J’ai trouvé les lignes suivantes, écrites par mon frère Antoine, le poète Antoine EMAZ :

« N’écrire que des mots avec lesquels tout le monde a vécu (les mots aussi bien que les choses qu’ils désignent) et puis les manier de façon à ce qu’ils puissent imposer ce vécu, le ramener sur le devant de la tête. Bref, ne pas sortir de l’expérience commune, mais y entrer par les voies les plus variées possibles… » (1)

Le poids des mots, la force des mots, ceux qui sont accessibles à tous.

Je pensais à cette histoire concernant de GAULLE et ADENAUER. Une étude de leurs discours publics montrait que l’un et l’autre n’employaient pas plus de 900 mots pour être sûrs d’être compris par tous.

C’était l’époque du « Français fondamental » et de ses deux niveaux de base que j’employais pour être compris de mes élèves et étudiants : le premier niveau d’abord, sans jamais en sortir, sous peine de perdre les auditeurs…

Et je n’ai jamais oublié cet exemple tiré, de mémoire, d’un discours du général de GAULLE qui avait un don pour soulever les foules : Boulogne, hier port de pêche (applaudissements), Boulogne, aujourd’hui port de pêche (applaudissements), et qui entend demain rester port de pêche (longs applaudissements)…

1. Antoine EMAZ - Cuisine - Publie papier 2012 - P. 30

27 juin 2024 : « Journalistes »

Cette remarque d’Antoine :

« Ridicule planétaire de ces funérailles de M. JACKSON. Tout le JT est sur ce sujet… Je ne comprends toujours pas comment des « journalistes » d’une chaîne publique peuvent accepter (je n’ose croire qu’ils décident) de travailler ainsi… C’est dire où nous en sommes. » (1)

Mon cher Antoine, nous n’en avons jamais parlé, mais je pense que tu n’as jamais eu l’immense honneur de côtoyer de vrais journalistes. J’ai eu cet honneur, en Chine et en Thaïlande en particulier… Si tu revenais parmi nous, je te raconterais comment certains « journalistes » (tu écrivais avec des guillemets) reçoivent maintenant des primes quand ils « informent » sur les sujets vers lesquels leurs propriétaires ou patrons souhaitent emmener la « populace » (puisqu’il y a déjà longtemps que le peuple a été endormi).

Antoine, non, ce n’est plus « où nous en sommes ». Nous sommes bien plus bas que tout ce que tu as connu…

Paix à toi, qui étais honnête !

1. Antoine EMAZ - Cuisine - Publie papier 2012 - P. 30-31

1er juillet 2024 : Elections législatives en France

Il arrive que certains m’interrogent devant l’évolution actuelle de la politique en France. Pourquoi ne rien écrire ? C’est simple : j’ai déjà dit toutes les évidences et donc les changements nécessaires dans « Doléances » et dans les « Au gré des jours » qui ont suivi ». Alors pourquoi parler encore puisque rien n’a été fait par les présidents et les gouvernements successifs, au moins ceux de Nicolas SARKOZY, de François HOLLANDE et d’Emmanuel MACRON. Le « rien » a engendré le « néant ». Le but de nos politiciens n’est, clairement, ni le service de la France, ni celui des Français.

Je vais toutefois essayer de faire un peu de neuf avec du vieux.

Pour chaque élection – du Président, des députés, des sénateurs, des maires… – un programme précis devrait être obligatoirement présenté par le candidat, avec le mode de financement de toute dépense nouvelle (pour un euro de dépense nouvelle, deux euros d’économies). Ce programme, qui permettrait enfin d’arrêter les promesses inconsidérées et ensuite non tenues, devrait être approuvé par la Cour des comptes. Le candidat, s’il est élu, devrait l’appliquer avec un mandat impératif. Le citoyen vote pour la réalisation d’un programme, et pour rien d’autre (certainement pas pour la « lune »).

Chaque candidat devrait présenter un curriculum vitae très détaillé qui préciserait les différentes réalisations qu’il a effectuées avant de solliciter les suffrages. Le passé ne doit pas comporter uniquement une liste de diplômes qui ne transforment pas la réalité et montrent, pour certains, l’art de baratiner. Il convient de voir des créations – d’emplois, d’usines, d’écoles… – ou un temps de participation au développement de la France et au service des Français, par exemple, des années d’enseignement (comme Jean JAURES) ou de médecine, mais certainement pas uniquement des stages d’énarques suivis d’entrées dans des cabinets ministériels

Chaque candidat devrait aussi s’engager à rendre à la France sa souveraineté dans tous les domaines où l’Europe la lui a volée. L’Europe des nations doit redevenir une coopération pouvant se développer avec des partenaires ayant entre eux des accords (au besoin acceptés par les peuples concernés). Rien, en aucun cas, ne doit être imposé par les bureaucrates, les eurocrates ou les technocrates…

9 juillet 2024 : Elections (suite) : Pluralité de nationalités

Il faut, d’urgence extrême, établir une nouvelle loi sur la nationalité française et cette loi doit être claire et précise pour être comprise par tous, assortie de sanctions immédiates si elle n’est pas respectée.

La double ou triple nationalité ne me gêne pas du tout, mais il y a des conditions de respect et d’honnêteté à observer impérativement.

Si, titulaire de plusieurs nationalités, je vis dans un pays dont je possède la nationalité, je dois me considérer comme n’ayant qu’une seule nationalité, celle de mon pays actuel de résidence. S’il s’agit de la France, je suis 100% Français et uniquement Français. Pour aucune raison, pour aucun motif, je ne peux me targuer d’avoir une ou plusieurs autres nationalités pour obtenir tel ou tel avantage.

De même que ma religion est personnelle, de même mes autres nationalités ne peuvent s’exprimer en public, mais uniquement dans ma sphère personnelle : ni drapeaux, ni signes ostentatoires d’habillement. Rien en cela ne devrait être toléré. En France, je suis Français et uniquement Français.

Lorsqu’un Français, binational, choisit de se présenter en public, en France, avec son autre nationalité, il devrait être arrêté, jugé et envoyé dans le pays de ses amours. De temps en temps, il faut choisir !

Maintenant, si cette même personne se rend dans le pays de sa seconde nationalité, elle doit, par respect et honnêteté, se présenter aux autorités, dès son arrivée, avec le passeport de cette nationalité. Pour aucune raison, pour aucun motif, elle ne pourra se targuer d’avoir une ou plusieurs autres nationalités pour obtenir tel ou tel avantage, sous peine d’être arrêté, jugé et condamné. De temps en temps, il faut choisir et la nationalité ne se marchande pas !

Si ce binational se rend dans un pays tiers, alors il peut choisir de se présenter avec tel ou tel passeport, mais une fois accueilli dans ce pays, il doit respecter son choix et ce qui en découle pour ce troisième pays.

10 juillet 2024 : Elections : Désistements, magouillages et tripatouillages

Au sujet des élections législatives qui viennent de se terminer en France, on peut tout dire et ceux qui se croient commentateurs éclairés disent tout et le contraire de tout, ajoutant des « clartés obscures » aux trop nombreux et trop éculés « en même temps » d’Emmanuel MACRON.

Je pense de plus en plus que le mandat impératif doit retrouver sa place, chaque fois que possible, car c’est celui qui respecte le mieux la volonté du citoyen et qui empêche qu’à peine déposé dans l’urne, son vote devienne l’objet du marchandage des partis.

Ainsi, tout candidat devrait, dans son programme, annoncer clairement son intention pour un éventuel second tour en disant s’il se désisterait et pour qui ou pour quel parti. Cette annonce permettrait au moins de supprimer quelques magouillages et tripatouillages des partis politiques, mais aussi, comme on vient de le voir, ceux, assortis de menaces, de certains syndicats.

La souveraineté… C’est le peuple qui est souverain, soit le plus directement possible grâce au référendum, soit par l’intermédiaire de ses représentants, auxquels le peuple délègue son pouvoir à l’aide du mandat impératif.

En fait, lors des Etats-généraux de 1789, les délégués reçurent un mandat impératif présenté dans les cahiers de doléances (d’illustre mémoire).

On pense au mouvement des Gilets jaunes qui avaient bien compris, dans leur grande sagesse populaire (ce qui pour moi est d’une grande valeur), que leur pouvoir était volé.

Les représentants du peuple ont perdu leur honneur en accaparant pour eux-mêmes le pouvoir qui leur était confié, en remplaçant le mandat impératif (c’était leur honneur de l’avoir reçu) par le mandat représentatif grâce auquel ils ont fait main basse sur la volonté du peuple.

La Constitution de 1958, dans son article 27, indique que « tout mandat impératif est nul ». Cet article devra donc un jour être modifié, ce qui n’aurait pas dû être nécessaire si les candidats et les élus avaient été honnêtes et avaient respecté leurs électeurs. Or chacun sait que ce n’est plus le cas.

Depuis bien longtemps (1969 ?), tout a été fait par les politiques pour retrouver les « délices » de la 4ème République, c’est-à-dire le jeu des partis sans le peuple.

11 juillet 2024 : « Trissotiner » – Dissolution

J’ai déjà dit combien je souris presque chaque fois en lisant le billet d’humeur (et d’humour) de Dominique LABARRIERE.

Je cite quelques lignes de celui de ce mois-ci :

« Au fil du temps, je me suis quelque peu lassé d’entendre l’orateur (Emmanuel MACRON) trissotiner en long, en large et en travers, au cours de prises de parole, de déclarations, de conférences de presse (davantage conférence à la presse que « de » presse, d’ailleurs), et autres interventions d’une durée excédant toujours ou presque mes facultés d’attention et de résistance à l’ennui. Oui, j’ose le mot trissotiner… J’explique : Trissotiner, de Trissotin, vous savez ce pédant dans les Femmes savantes à propos de qui Molière fait dire à un autre personnage, de bon sens celui-là : «  »On cherche ce qu’il a dit après qu’il a parlé ». Révérence gardée, c’est aussi ce que je me suis souvent répété après avoir patiemment écouté les propos présidentiels, égaré que j’étais dans les méandres d’une rhétorique de premier de la classe remastérisée grand oral de l’ENA.

« Donc, ce soir d’élections, …, je me trompai du tout au tout, pensant que, une fois encore, il s’agissait de nous vendre dix solutions… aussi géniales qu’inefficaces pour, comme d’habitude, sauver le pays, l’Europe, l’humanité entière et, chemin faisant, la fin de mois du Français moyen. Que non pas ! Le grand chef élyséen, maître des horloges à défaut de l’être de l’humeur des gens, s’offrait le bravache plaisir de balancer un grand coup de pied dans la fourmilière parlementaire. Dissolution. Le peuple a déplu.

« Faute de pouvoir dissoudre le peuple…, on dissout sa représentation… « Il faut écouter beaucoup et parler peu pour bien agir au gouvernement d’un pays », peut-on lire dans les Maximes d’Etat que nous a laissées le cardinal de Richelieu… En clair, agir plutôt que gloser… » (1)

J’avais rapidement découvert l’extrême faiblesse d’Emmanuel MACRON, en le découvrant, lors de sa première élection en 2017, traverser seul la cour du Louvre. Je pensais déjà à sa marche vers sa catastrophe, entraînant avec lui la France. Il a, depuis, fait des « progrès » : il ne marche plus d’un pas altier, il court, échevelé et éperdu…

1. Le billet de Dominique LABARRIERE - La Baule + - Juillet 2024 - Page 22

12 juillet 2024 : Yves MONTAND et l’URSS

Pendant le voyage qu’il effectua en URSS en pleine guerre froide, Yves MONTAND eut l’occasion d’ouvrir (enfin) les yeux sur les misères du peuple russe, tout en participant aux nombreuses manifestations somptueuses organisées par le parti communiste, comme le réveillon du 31 décembre au Palais du Kremlin. Yves MONTAND écrit finalement cette remarque sur les dirigeants soviets :

« A défaut d’avoir réalisé le communisme pour le peuple, ils l’avaient fait pour le comité central ».

Je pense que l’on peut dire la même chose de la France actuelle : à défaut d’avoir réalisé la démocratie pour le peuple, nos dirigeants l’ont faite pour le boulevard Saint-Germain, la Rue de Rivoli et le faubourg Saint-Honoré !

16 juillet 2024 : Une lettre reçue

J’ai déjà recopié dans « Au gré des jours » les réponses – ineptes et inutiles – que j’ai reçues après avoir fait parvenir « Doléances » à deux présidents de la République (François HOLLANDE et Emmanuel MACRON), à un premier ministre et à un ministre des affaires étrangères.

Ces gens, et leurs différents cabinets, m’ont ainsi montré, une fois de plus, ce que je savais. Ils sont incapables de réfléchir avec des idées simples et évidentes venant de gens simples, qui leur permettraient d’améliorer simplement la sort du peuple. Non, ils préfèrent inventer, puis imposer des tas de trucs venant de leurs cerveaux malades en se présentant comme seuls détenteurs de la vérité, de la liberté, de la justice, de la démocratie… Ce sont en fait des menteurs et ils le savent.

A l’opposé de ces gens inutiles, il m’arrive de recevoir une simple lettre, un simple mot de quelqu’un qui a passé sa vie à travailler simplement, en aidant des gens simples à progresser, à s’améliorer…

Je recopie quelques lignes :

« Un grand merci pour ton enthousiasme communicatif pour rétablir la vérité, pour lutter contre l’injustice, pour encourager la liberté de chacun et pour nous connecter encore et encore au monde entier ».

En lisant ce message, j’ai repensé, une fois de plus, à mon ami Hervé RENAUDIN, qui fut pendant peu de temps évêque de Nanterre, avant de mourir beaucoup trop tôt. Lui avait la foi et, dans sa jeunesse, il avait écrit un livre qu’il m’a donné à lire et dont le titre expliquait (un peu ?) sa vocation : « Gardien de phare ».

Est-ce, ou n’est-ce pas, la seule place qui reste dans cette France en voie de pourriture accélérée, pour les dernières personnes qui ont choisi de ne pas se vendre et de rester, dans la dignité oubliée, honnêtes et respectueux !

16 juillet 2024 : Grande sagesse « populaire »

Ceux qui regardent et feuillettent « Au gré des jours » savent que j’aime les grands livres pour y trouver des idées qui me semblent indispensables pour vivre dans le monde d’aujourd’hui.

Ce qui se sait généralement moins, c’est que j’aime aussi lire des livres plus « faciles », plus « populaires » qui ressemblent plus à des chansons et qui portent, comme elles, les idées et les sentiments « populaires ».

Ainsi en est-il des romans de Jean FAILLER, né en 1940, qui vit et écrit à l’Ile-Tudy dans le Finistère. Un de mes frères, Bruno, est un de ses admirateurs. Je viens de finir le Tome 1 du « Château des âmes perdues ». (1)

Au fil des pages, j’ai relevé, dans l’intrigue, plusieurs piques ironiques qui montre la sagesse du peuple et une compréhension du monde bien meilleure que la propagande rabâchée par les politiciens et les journalistes. Quelques exemples :

  • « Ce genre d’individus… ont une très haute opinion d’eux-mêmes, ce qui les amène à mépriser ostensiblement ceux qui pensent différemment. « Ils n’ont pas voté pour moi ? C’est parce qu’ils n’ont pas compris ce que je leur ai expliqué, donc qu’ils sont bêtes! » (page 76)

Il s’agit dans le roman d’un professeur de mathématiques à la retraite, candidat à une élection municipale, mais la remarque peut s’appliquer à nos énarques et autres polytechniciens qui se mêlent de politique !

  • « Tréguier ne sera donc pas épargné par l’ensauvagement général. On manquera peut-être de gaz et d’électricité, mais pas de délinquance, de trafic de drogue, de règlements de compte à la kalachnikov. » (page 82)

Le pourrissement, récemment encore réservé à certaines banlieues de grandes villes, s’étend maintenant, lentement mais sûrement, comme la lèpre, même dans les villes moyennes et petites. La France d’aujourd’hui dirigée par les nuls !

  • « La télé, la radio, la presse ? Tout cela appartient à des milliardaires qui dictent leurs ordres au pouvoir ! Aux mains de ces rapaces, le président de la République n’est qu’un pantin ! » (page 103)

Les milliardaires ET le pouvoir, c’est dire l’importance de la propagande pour se débarrasser du peuple.

  • « Forfaiture ! (Il faut garder) les grands mots pour les vrais grands maux ! Quand il y aura des ministres à juger par exemple. Et ça ne manquera pas. Il n’est plus temps de faire perdre leur force aux mots, d’édulcorer ses propos, mais d’appeler un chat un chat ! …

« La quête du pouvoir pousse souvent à d’inavouables extrémités qui, si elles ne valent pas la prison à leur instigateur, le mènent parfois au plus haut sommet de l’Etat. » (page 147)

Pour vous détendre en vous instruisant, lisez Jean FAILLER. Vous trouverez, au fil des pages, ce genre de vérités simples et évidentes.

  • « Et si vous aviez été condamné ? Je veux dire la ville… – Tss… on aurait fait appel ! – Ca n’aurait fait que retarder le verdict – Peut-être, mais nous aurions gagné du temps, on aurait mis l’affaire au grand jour sur la place publique. Appel… contre appel, cour de cassation et, si ça ne suffisait pas, Cour européenne des droits de l’homme… Dans vingt ans, on y serait encore… » (page 185)

On attend toujours les verdicts définitifs pour les turpitudes et autres magouillages de nos (grands) dirigeants : de cour en cour, ils sont assurés de mourir avant la fin de leur(s) procès. Et de toute façon, pour les frais de justice, c’est le contribuable qui les offre ! Qu’avez-vous fait, Eric DUPONT-MORETTI, Garde des sceaux, Ministre de la justice, pour que la justice de notre pays rende ses verdicts « au nom du peuple français » et pas au nom des castes de dirigeants ? La réponse st simple : Rien, puisque, vous le savez, la justice est trop souvent rendu « contre » le peuple français.

  • … »Un temps où les hommes avaient encore de l’honneur… Une époque où l’intérêt a largement pris le pas sur l’honneur… » (page 189)

Chacun remarquera la différence entre le passé et le présent… Et il choisira : l’honneur ou l’intérêt !

A suivre… Peut-être ?

1. Jean FAILLER - Le château des âmes perdues - Tome 1 Tréguier - Editions du Palémon 2023

28 juillet 2024 : Encore un peu de « sagesse populaire » (1)

  • « Mary, quant à elle, se méfiait comme de la peste de cette élite autoproclamée qui, sans la moindre vergogne, se livrait à des promesses inconsidérées et parfaitement fallacieuses pour abuser les électeurs. » (Page 9)

Il faut très vite, je l’ai déjà écrit, redonner à la démocratie sa valeur populaire en empêchant cette « élite autoproclamée » de promettre sans « vergogne » n’importe quoi. Toute promesse électorale doit être gagée : pour un euro de dépense nouvelle, deux euros d’économies. Pour tout manquement aux « promesses », l’élu devrait être responsable sur ses propres deniers et se voir interdire toute nouvelle candidature pour parjure.

  •  » – J’ai toujours voté blanc. – Tu es un grand courageux, tu ne te mouilles pas ! … – J’ai jamais pu lire leurs papelards. Quel baratin ! Pour enfumer le monde, ils savent s’y prendre. – Tu veux dire leurs professions de foi ? … – J’sais pas c’que la foi vient foutre là-dedans, mais ça m’a l’air d’être une profession qui rapporte… – Pourquoi se battraient-ils comme des chiens pour avoir la place ? Avant les élections, ils te promettent la lune, et après… – Et après, que dalle ! A tous les coups, le bon populo l’a dans le baba… » (Page 11)

La sagesse populaire pourra peut-être, un jour, interdire à tous les élus « voleurs du peuple » d’être de nouveau candidats… Le non-respect du peuple devrait être le nouveau crime de lèse-majesté.

  • « Ma pov’dam’, à not’ époque, quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend, c’est pas étonnant de penser ce qu’on pense ! » (Page 97)

Le monde étant « ce que nous savons », comme disait le général de GAULLE, le peuple est obligé de trimer pour survivre tant bien que mal, mais il a bien raison de « penser ce qu’il pense ».

  • « C’est fou ! On aspire à prendre sa retraite et, quand on y est depuis six mois, on se rend soudain compte que le bon temps, c’est celui où on était en activité. » (Page 135)

A méditer très sérieusement !

  • « Elle veut faire illusion. Quand cette sorte d’individu en arrive à un tel degré de suffisance, l’opinion des gens du commun lui est indifférente. Elle vit dans sa splendeur passée et seul le regard des gens de sa condition compte à ses yeux. Etre ou paraître, il faut choisir. N’étant plus rien, elle essaye de survivre en paraissant… – Tu as fait psycho, toi ? – Ouais, mais pas à la fac, dans la rue, en prise directe avec les vrais gens, ceux dont une prétendue élite ignore jusqu’à l’existence… » (Page 186)

Il est clair que la France, à cause de ses actuels dirigeants politiques, a déjà perdu son « être ». Il ne lui reste plus qu’à « paraître ». Jusqu’à quand ?

1. Jean FAILLER - Le château des âmes perdues - Tome 2 Pontrieux - Editions du Palémon 2023

4 septembre 2024 : Histoire – Les causes politiques de la guerre en Ukraine.

J’ai lu avec intérêt une interview d’André LARANE, historien et journaliste, fondateur du site « Herodote.net ». Avec intérêt car il est indispensable de sortir de la propagande (abrutissement voulue des populations) déversée quotidiennement par les médias officiels, de lire ou d’écouter des indépendants afin de commencer à se faire soi-même une idée plus large de la situation.

André LARANE rappelle que le conflit russo-ukrainien n’a pas commencée en 2022, mais au moins depuis 2014 et les prémices sont même observées en 2008 au moment de la rupture entre Moscou et l’Occident.

Un peu d’histoire : en 2001, Vladimir POUTINE est ovationné par les députés allemands au Bundestag et il exprime son « souhait de développer la coopération entre l’Europe et la Russie sans pour autant altérer les bonnes relations entre l’Europe et les Etats-Unis ». Les Allemands voient les bénéfices qu’ils peuvent recevoir et une décennie heureuse s’installe.

Mais les Etats-Unis ne sont jamais loin ! Des conseillers, comme BREZINSKI, craignent la Russie « à tort ou à raison ». Ils souhaitent « vassaliser l’Europe » et « briser ls reins de la Russie en la détachant de sa petite soeur l’Ukraine. Lorsque les Etats-Unis commencent à exploiter le gaz de schiste, ils décident de « briser la relation privilégiée qui s’est installée entre la Russie et l’Europe, plus particulièrement l’Allemagne ».

Depuis les Jeux de Pékin en 2008, « la Chine se révèle dans toute sa grandeur et sa puissance ». Les Etats-Unis « se préparent à une confrontation avec la Chine ». Pour eux, « il est temps de neutraliser l’Europe, afin qu’elle soit bien alignée sur Washington, en brisant cette alliance avec la Russie ».

En 2008, « l’Ukraine et la Géorgie sont invités à rejoindre l’OTAN » … Comment quelqu’un de sensé pouvait-il espérer que Vladimir POUTINE accepterait en silence cette provocation ? C’était oublier l’histoire des installations militaires soviétiques à Cuba en 1962 ! Aurait-il été acceptable que la Chine et le Mexique concluent « un accord par lequel le Mexique aurait offert à la Chine une base militaire sur le Rio Grande »…

La réalité actuelle, selon André LARANE, c’est qu’il y a « trois perdants : l’Europe, l’Ukraine et la Russie ». Le grand perdant de ce drame sera l’Ukraine et « les seuls qui s’en sortiront, ce sont les Etats-Unis, parce qu’ils ont la chance d’avoir des océans qui les séparent des affres du monde ».

Un souhait : « qu’il y ait de fortes personnalités en Europe pour proposer un cessez-le-feu sur la base des accords de Minsk ou des accords de Turquie de mars 2022. Ce serait la seule solution qui permettrait à chacun de sortir la tête haute de ce conflit ! »

Je constate que l’Europe n’a aucune « forte personnalité » puisque les Etats-Unis ont « vassalisé » les élites européennes. Y aura-t-il une possibilité (mais j’en doute) de voir le nouveau Premier ministre britannique, le travailliste Keir STARMER, tenter de réparer le désastre créé par l’ancien Premier ministre conservateur Boris JOHNSON en 2022 lorsqu’il s’est rendu à Kiev pour obliger (sur ordre de Washington ?!) le Premier ministre ukrainien à ne pas accepter les accords préparés avec la Turquie.

Que l’Europe se dépêche de retrouver son indépendance pour ne pas sortir de l’histoire !

12 septembre 2024 : Michel BARNIER, Premier Ministre

Enfin, après une cinquantaine de jours sans gouvernement officiel, comme au temps de la IVème République, le Président a nommé Michel BARNIER à Matignon.

Je me permets quelques remarques :

  • Je reproche au Président d’avoir perdu près de deux mois pour réfléchir en profitant de la « trêve olympique », selon ses dires. Mais je ne lui reproche pas d’avoir finalement choisi puisque c’est à lui de choisir.

Quand la majorité sort clairement des urnes, ce n’est pas difficile. Mais quand la majorité n’existe pas, c’est au Président de choisir sans être obligé d’obéir aux nombreux diktats de ceux qui disent être arrivés en tête alors qu’ils n’ont atteint cette position (dans le nombre de députés) qu’en trompant le peuple avec des désistements organisés à la hâte avant le second tour entre l’ensemble hétéroclite de la gauche et le parti de MACRON…

  • Il se trouve que j’ai eu la chance (ou l’honneur) de pouvoir parler pendant un petit quart d’heure avec Michel BARNIER, alors ministre des affaires européennes, pendant le voyage (magnifique) de Jacques CHIRAC en Amérique latine.

C’était à Montevideo, en Uruguay. J’étais descendu tôt dans le hall de l’hôtel pour vérifier que tout était prêt pour le départ du Président. Michel BARNIER, arrivé de Paris pendant la nuit, attendait lui aussi le Président, car il n’avait pu participer à la première partie du voyage, au Brésil. Il m’a raconté qu’au petit matin, il était allé faire une partie de golf (l’hôtel était près d’un très beau terrain) et nous avons continué la conversation puisque rien de plus urgent ne nous attendait.

Je me souviens lui avoir demandé s’il n’était pas difficile de faire face à un agenda très rempli, et comment il y parvenait. Sa réponse, que j’aurais dû noter de suite, se référait à l’honnêteté (croire à ce que l’on fait et être honnête avec soi-même).

J’avais gardé cela en mémoire et je n’ai pas été surpris par le beau discours qu’il a fait dans la cour de Matignon, en réponse au bavard Gabriel ATTAL qui ne cessait de raconter (trop longuement) tout ce qu’il avait déjà fait en seulement huit mois et que ce qui n’avait pas été terminé se trouvait sur le bureau, prêt à être signé. Quel culot faut-il avoir pour faire ainsi de la « com » jusqu’à la dernière minute !

  • Des archives ont été ressorties dans lesquelles Michel BARNIER, alors candidat aux primaires de la droite, présentait un programme sur l’immigration, en particulier la nécessité d’un moratoire pour stopper le phénomène qui n’est plus maîtrisé, la nécessité de retrouver la souveraineté de la France et donc ne plus obéir aux diktats de l’Union européenne… Toute personne raisonnable ne saurait dire le contraire.
  • Des souvenirs de la grande carrière de Michel BARNIER me sont revenus : député, ministre, commissaire européen, négociateur du Brexit… Alors on imagine les retraites cumulées qui lui ont été attribuées. Sa seule retraite de l’Union européenne devrait faire facilement vivre plusieurs familles…

Si on ajoute son salaire de Premier Ministre et les avantages et privilèges de Matignon, on arrive à de l’indécence !

Pour voir à l’oeuvre « l’honnêteté » du Premier Ministre et le « respect » qu’il dit avoir envers le peuple, je lui suggère d’avoir le courage de montrer l’exemple :

  1. Il annoncerait clairement que le cumul salaires-retraites (lorsqu’ils sont payés par l’Etat) est désormais impossible, qu’il serait le premier à accepter ce non-cumul. Il reverserait toutes les retraites qu’il perçoit au ministère français des finances pour commencer, modestement, à rembourser la dette de la France.
  2. Son exemple sera suivi (avec obligation si nécessaire) par toute la classe politique, y compris les anciens présidents de la République : aucun cumul lorsqu’il s’agit d’argent de l’Etat, donc du peuple. Cette première réforme ne pourra jamais être remise en cause ou détournée. Elle montrera (enfin) une certaine honnêteté de nos dirigeants.
  3. Il préparerait un référendum sur l’immigration qui pourrait en fait être « pluriel », avec plusieurs questions et donc plusieurs réponses : pour retrouver la primauté des lois et des juridictions françaises; pour interdire définitivement toute demande d’asile politique par des personnes entrées illégalement en France. La demande doit être déposée dans le pays d’origine auprès d’une ambassade française ou d’une agence des Nations-Unies. Si le Président de la République oppose un refus à ce référendum, alors le Premier Ministre devra avoir le courage d’exposer ses propositions aux Français et d’expliquer le refus du Président de donner (enfin) la parole au peuple souverain.
  4. Les privilèges dont bénéficient à tort les journalistes, en particulier les réductions d’impôts, devraient être supprimés. Ce n’est pas le rôle de l’Etat de caresser les journalistes en leur faisant des cadeaux. Les subventions aux journaux devraient être supprimées puisque ce sont les organes de presse qui doivent trouver leurs lecteurs ou leurs auditeurs.

Si – et seulement si – ces très simples économies étaient, en tout premier lieu, réalisées, le Premier Ministre pourrait alors expliquer aux Français qu’eux-mêmes allaient devoir accepter des sacrifices pour que cesse le déficit de la France qui ressemble de plus en plus à un pays en voie de sous-développement.

Encore faudrait-il que le Premier Ministre soit vraiment libre et honnête !

La première décision dont j’ai entendu parler a été la nomination de son directeur de cabinet, élément clé et cheville ouvrière des décisions prises à Matignon. Est-ce un choix (comme cela a été dit) ou une imposition (par l’Elysée) ? Qui va aider ou contrôler le Premier Ministre ? La réponse est claire : a été nommé à ce poste capital le directeur de cabinet de Bruno LEMAIRE à Bercy.

On peut redouter de voir la marge de manoeuvre de Michel BARNIER ressembler à la situation acceptée par Catherine COLONNA lors de sa nomination comme ministre des affaires étrangères. Elle n’a finalement rien pu faire et Michel BARNIER ne pourra sans doute pas faire mieux.

On verra et j’espère qu’on ne le regrettera pas amèrement.

18 septembre 2024 : « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle »

Je n’avais pas lu grand chose de Jean d’ORMESSON et je ne l’avais aperçu qu’une fois sur le quai de la gare de La Baule alors qu’il attendait le train qui devait le ramener à Paris. J’avais bien aimé le film « les saveurs du palais » où il tient le rôle d’un président de la République grand amateur de très bonne cuisine.

J’ai lu un peu par hasard « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle », un gros livre de 450 pages que j’ai bien aimé et qui se lit facilement. Mes chapitres préférés sont les deux derniers qui permettent de réfléchir sur la fin de la vie et sur l’au-delà. (1)

J’ai noté quelques lignes qui me semblent, plus particulièrement, aptes à porter la réflexion.

  • (vers 1933, à Munich) « Je comprends entre six et huit ans que le monde, si calme et si rassurant entre mes deux parents… est délicieux et tragique. » (Page 39)
  • (en 1939) La guerre « était le fruit amer et nécessaire de tout ce qui s’était passé de médiocre et de gigantesque depuis ce jour fatal de l’été 1914 où un archiduc autrichien est assassiné à Sarajevo… Une bonne centaine de millions de morts allaient surgir, en trente ans, de ce coup de feu qui déclenche l’engrenage mécanique de tant de folies et de stupidités. S’ouvrait devant l’Europe en train de creuser sa tombe le temps des assassins. » (Page 97)

La seconde guerre mondiale est terminée, mais les conséquences se voient encore aujourd’hui : « l’Europe en train de creuser sa tombe » et « le temps des assassins ».

  • (1943) « Il n’était pas question de s’amuser, de se distraire, de partir en week-end. Je travaillais le samedi comme tout le monde et le dimanche autant et plus que les autres jours. Nous vivions dans l’angoisse et, sinon dans la pauvreté, du moins sans le moindre luxe et sans la moindre distraction. Nous n’étions pas malheureux : nous vivions aussi dans l’espérance. Nous croyions dur comme fer à la victoire de la France libre… » (page 144)

Aujourd’hui, en France, beaucoup vivent, sinon dans la pauvreté, dans l’angoisse, mais ils n’ont plus d’espérance.

  • (1968) « Vingt-cinq ans plus tard, le surprenant psychodrame connu sous le nom bénin des « événements de mai 1968″ devait me laisser au bord de l’hostilité et, en tout cas, en plein scepticisme pour une raison toute simple : l’attachement à mes maîtres. Lorsque j’appris qu’une poubelle d’ordures avait été déversée à Nanterre sur la tête du doyen Ricoeur, l’indignation me prit. L’hostilité, non seulement à de Gaulle, mais aux maîtres, c’était trop. » (Page 144)

Il se trouve que j’étais à l’université de Nanterre en 1968 et que Paul RICOEUR était un de mes professeurs de philosophie. J’avais déjà décidé de partir au service de la coopération puisque l’enseignement trop généralisé du néant de Jean-Paul SARTRE ne m’intéressait pas, mais Paul RICOEUR me semblait le meilleur des professeurs. En écoutant son cours sur Hegel, j’ai eu parfois l’impression que même les murs comprenaient. J’ai également été indigné par la poubelle renversée sur la tête du plus grand… Le coup de feu de Sarajevo et la poubelle de Nanterre… Et les changements du monde !

  • (à l’UNESCO) « Hampate Ba, l’auteur de la formule fameuse : « Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». (Page 221)

Avant de partir moi-même, je fait le plus possible pour remplir la bibliothèque que j’aurais dû commencer à écrire beaucoup plus tôt et que je veux léguer aux petits-enfants du monde qui pourront lire quand ils seront grands.

  • « Que s’est-il passé chez nous tout au long de la seconde moitié du XXème siècle, pendant que le communisme triomphait et déclinait, pendant que la Chine ressuscitait d’un long sommeil historique, pendant que l’Eglise catholique s’affaiblissait chez nous en attendant Jean-Paul II ? Presque rien. Deux choses seulement, mais décisives : grâce au général de Gaulle, la France vaincue a fini par rejoindre le camp des vainqueurs et, dans le même mouvement irrésistible de l’histoire, elle a perdu la presque totalité des territoires extérieurs qui composaient son empire. Tout le reste n’est qu’une écume plus ou moins honorable qui ne laisse aucun souvenir dans la mémoire des hommes. Personne ne se souviendra des trois ou quatre cents ans de la suite des présidents et de leurs gouvernements, de leurs minces ambitions et de leurs vastes intrigues, de leurs contradictions et de leur continuité, et d’une sorte d’endormissement à la limite du déclin… » (Page 261)

Presque dix années après la sortie du livre de Jean d’ORMESSON, le déclin se poursuit dans l’endormissement imposé au peuple par nos dirigeants. Pourtant on peut ne pas oublier que la Chine s’est, elle, réveillée !

  • « Avec leur air triste, les ânes… ont toujours été pour moi des modèles de sagesse et de résignation à notre destin inexorable… » (Page 399)

Comment ne pas penser à ce film magnifique de Robert BRESSON « Au hasard Balthazar ». Réalisée en 1966, cette histoire d’un âne m’a toujours paru être une image de la sainteté.

  • « Notre sentiment intérieur de la durée n’a presque rien à voir avec cette mobilisation spatiale et mécanique du temps. Les sabliers, les clepsydres, les montres, les pendules, les cartels, les horloges nous livrent un temps aseptisé, homogène, embaumé. La durée intérieure est un oiseau sauvage. Le temps de l’ennui passe beaucoup plus lentement que le temps de la joie. Le temps de l’amour est une flèche; le temps du chagrin, un escargot. » (Page 412)
  • « Qu’est-ce qui est éternel ? Nous le savons très bien. L’éternité, c’est ce qui nous attend. Nous sommes destinés à l’éternité parce que nous sommes nés et que nous mourrons. La vie n’est que le vestibule et la préface de la mort. Naître n’est rien d’autre que commencer à mourir. Les choses sérieuses commencent avec la mort. Nous vivons peu de temps et nous serons morts pour toujours. Que nous croyions ou non à quelque chose après la mort, nous entrerons tous dans l’éternité au moment même où nous sortirons du temps – c’est-à-dire à l’instant de notre mort. La seule question est de savoir si cette éternité est vide ou si elle est pleine d’une espérance obscure capable de lui donner une sorte de signification. » (Page 423)

Chaque mot, chaque ligne sont importants et si proches – du moins je le crois – de la réalité. Moi-même, je suis persuadé que l’éternité donnera, rendra justice à chaque être humain. La justice sera indispensable, après son absence cruelle et inacceptable sur la terre.

  • « Je suis tombé comme de la lune dans un vieux pays qui vient de loin, chargé de gloire et de souvenirs, couvert de plaies et de bosses, perclus de querelles et de divisions, sûr de lui et de son charme, au bord de la suffisance, et déjà sur son déclin. Il a été pendant des siècles le plus fort, le plus riche, le plus séduisant. On le retrouve appauvri et bougon. Tout semble se déglinguer de partout. Sa langue surtout, son bien le plus précieux, qui brillait de mille feux et régnait sur l’Europe qui régnait sur le monde, se défait de jour en jour. Confucius le savait déjà à l’époque de Platon et de Sophocle : il faut prendre garde aux mots. Une langue qui faiblit, c’est un pays qui vacille.

« Nous nous imaginons toujours être le centre du monde. Mais la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud… L’histoire se détourne de la terre des grands rois et des grands capitaines, de tant de peintres et de poètes, aux confiseurs de génie et aux femmes de légende. La fête est finie. On ferme. Les salons, les jardins, les calembours, la gaieté, la puissance et l’élégance, la hauteur et la grandeur sont tombés dans l’oubli. Il n’y a plus que l’argent pour faire encore le malin et tenir le haut du pavé. La crainte de l’avenir a remplacé l’insouciance et un air de chagrin se respire dans les rues. » (Pages 447-448)

La France « sur son déclin », « appauvrie », « bougonne » et « déglinguée »… La langue française qui « se défait »… Le constat est, me semble-t-il, insuffisant. La France n’est pas un « pays qui vacille », mais un pays en train de disparaître. « La fête est finie ».

J’ai eu la chance immense, avec le service de la coopération, puis le ministère des affaires étrangères, de découvrir, plus tôt peut-être que beaucoup de mes contemporains et même de ma propre famille, les grandeurs de l’histoire chinoise, indienne, sud-américaine, thaïlandaise, la beauté du bouddhisme, et donc la nécessité absolue de lutter contre les « prétentions » occidentales… Ce sont ces prétentions abusives, dépassées, obsolètes, portées par des dirigeants – énarques pour la plupart – qui se croient et se prétendent les meilleurs du monde, sans voir ni comprendre que leur monde, déjà, n’existe plus.

  • « Je ne crois pas à un hasard qui aurait organisé, avec une rigueur et un génie surprenant, le monde autour de moi, et moi-même par-dessus le marché. Malgré tous mes doutes, je mets mon espérance dans une nécessité obscure et dans une puissance inconnue où je vois la source de cette vérité, de cette justice et de cette beauté dont nous ne connaissons que les reflets et qu’il est convenu d’appeler Dieu.

« Il n’est pas sûr que Dieu soit mort ni que le monde soit absurde. Je penche plutôt pour un secret, une énigme, un mystère qui ne dépendent pas de moi, qui renvoient à autre chose et qui me restent obscurs.

« Il n’y a, en fin de compte, qu’une seule chose certaine : je vais mourir. La vie a été pour moi une aventure plutôt plaisante. J’attends, avec impatience, une autre espèce d’aventure, aussi banale et aussi excitante que mon arrivée sur les planches de cet illustre théâtre : l’heure de ma retraite et de mes adieux à la scène… Et je me désole de mon absence à mes propres funérailles. Un peu de gaieté fera défaut…

« Quand je me trouverai devant Dieu, il n’y aura peut-être plus rien du tout. Je ne serai plus là pour comprendre qu’il n’y a rien. Et il n’y aura peut-être pas de Dieu.

« Je ne sais pas si Dieu existe. Dieu, ou la nature, m’a refusé le don de la foi. Qui suis-je pour répondre à une question qui nous dépasse ? Dieu, ou la nature, ne m’a pas permis de décider d’un secret ou d’un mystère si loin au-dessus de moi. Dans le doute qui me harcèle et souvent m’envahit brille pourtant l’espérance… Oui, je crois à Dieu. Parce que j’espère qu’il existe. » (Pages 450-451)

Les dernières pages du livre de Jean d’ORMESSON sont vraiment belles. Puis-je seulement ajouter que l’espérance d’un Dieu qui existe est rendue souvent certaine par l’absolue nécessité de recevoir la justice et de comprendre enfin pourquoi les choses sont ce qu’elles sont sur la terre, avec ces pressions et ces oppressions faites sur tous les peuples du monde, depuis la nuit des temps. Pourquoi ? Et de quel droit ?

Recevoir enfin la justice. But ultime ?

1. Jean d'ORMESSON - Je dirai malgré tout que cette vie fut belle - Gallimard 2016

12 octobre 2024 : « Une journée ordinaire »

Alain DELON nous a quittés il y a peu de temps. Je ne connais pas tous ses films, mais j’ai eu la chance de découvrir la pièce de théâtre qu’il avait commandée à Eric ASSOUS et jouée avec sa fille Anouchka DELON, en 2011.

Les rapports sont toujours particuliers entre un père et sa fille. J’ai regardé plusieurs fois la pièce – sur You Tube que je remercie – et j’ai aimé les quatre acteurs. Je souhaite laisser en souvenir ces quelques phrases prononcées par le père, Alain DELON, lorsque, finalement, il a accepté, à contrecoeur, le départ de sa fille, Anouchka, avec celui qu’elle aime, Julien DEREIMS (j’ai bien aimé la scène où pour la première fois, ce dernier rend visite à son beau-père et où il est terrorisé, malgré l’aide et la présence d’Anouchka).

Quelques citations, donc, extraites de la fin de la pièce :

« C’est le grand jour, le premier d’une aventure… On part, la fleur au fusil, on croit connaître le dénouement, alors que rien n’est moins sûr.

« C’est une des choses les plus difficiles, la vie à deux. Les statistiques sont têtues là-dessus. Oh, je ne dis pas ça pour vous faire peur. Vous, votre principale force, c’est la confiance. Je sens que vous en débordez, de confiance.

« Vous savez, quand on s’aime, on croit qu’on peut tout régler, que ça suffit pour tout régler. C’est faux. Méfiez-vous, le quotidien est sournois. Il tue la passion. Il montre des revers qu’on ne soupçonnait pas chez l’autre et chez nous-même…

« Je plaisante, bien sûr ! » (1)

J’ai noté aussi cette réponse d’Alain DELON à sa fille qui l’interroge au sujet de Carine, cette amie qu’il a récemment quittée : « Je n’étais pas un homme pour elle. Je crois que je ne suis un homme pour personne ». Est-ce cela la solitude des grands fauves ?

Pour finir, je rappelle cette remarque faite par Alain DELON lors d’une interview à la télévision suisse, en réponse à une question sur son départ, très jeune, afin de servir dans l’armée française en Indochine : « Je voulais être seul, vivre par moi-même. »

Vivre par soi-même… Il ne fut pas le seul à vouloir le faire et ce sont ces jeunes qu’il faut aider bien davantage, car ils représentent l’avenir…

1. Une journée ordinaire, pèce de Eric ASSOUS - 2011

13 octobre 2024 : « Espérer sauver durablement nos finances »

Je me contente généralement de feuilleter les journaux car le manque d’indépendance et de « liberté » me fait de plus en plus douter des écrits des journalistes.

Je suis donc tombé un peu par hasard sur un éditorial du Figaro (1). Après avoir rappelé les pistes étudiées par l’actuel gouvernement de Michel BARNIER pour enrayer « la folle dérive de nos déficits », « l’assistanat à gogo » et « le laxisme », le journaliste indique que la seule véritable option est de « réduire la dépense publique ».

Est-ce bien nécessaire d’être éditorialiste au Figaro pour énoncer de tels truismes ? Certes, il sera nécessaire « d’imposer des mesures vitales pour notre pays mais largement impopulaires ». Mais je ne cesse de me demander pourquoi ni les politiciens, ni les journalistes ne font jamais allusion à des mesures qui seraient largement populaires, attendues par l’immense majorité des Français, immédiatement vérifiables et qui les concerneraient au premier chef.

Pour les politiciens : aucun cumul d’argent public venant de salaire(s) et/ou de retraite(s). Le Premier Ministre, par exemple, recevant son salaire de l’argent public – c’est-à-dire des impôts des Français – ne devrait en aucun cas toucher ses nombreuses retraites, ni françaises, ni européennes puisqu’elles viennent toutes d’argent public. Est-ce le cas ?

Les sommes récupérées devraient être versées sur un compte pour le remboursement du capital de la dette et publiées clairement et nominativement pour que chacun sache ce que coûte un cumulard.

Dès que l’exemple sera montré par un Premier Ministre honnête, on pourra continuer avec les anciens présidents de la république, puis l’ensemble des politiciens. Et au lieu de geler les retraites, on ferait mieux de réduire et de geler les salaires de tous les politiciens. Les dernières augmentations que se sont octroyées les députés et les sénateurs sont particulièrement scandaleuses et injurieuses. Elles devraient être entièrement et immédiatement remboursées.

Pour les journalistes, c’est tout aussi simple : suppression des exonérations fiscales qui leur sont accordées et suppression des subventions versées aux médias qui doivent par eux-mêmes s’améliorer et diminuer leurs coûts, comme toutes les entreprises.

1. Le Figaro - Editorial de Jacques-Olivier MARTIN - 4 octobre 2024

20 octobre 2024 : Réformes ou révolution ?

Je le dis d’emblée. J’attendais beaucoup de la lecture du livre « L’équilibre est un courage » du général Pierre de VILLIERS. J’ai été déçu car j’attendais plus (de courage ?).

J’ai du respect pour cet homme qui a su, le premier, dire à Emmanuel MACRON, dès sa première élection, ce qu’il pensait nécessaire d’obtenir pour l’armée française. Je me souviens encore de la réponse du jeune et inexpérimenté président : c’est moi, votre chef… Je me souviens de la démission du général chef d’état-major des armées.

J’ai été déçu car j’espérais des décisions plus tranchées, celles qui montrent la route ou qui condamnent les errements et divagations… Le frère du général, Philippe de VILLIERS, fait tout cela très bien chaque vendredi soir de 19 à 20 heures sur CNews.

Oui, le général de VILLIERS appartient à la « grande muette », mais un de ses illustres prédécesseurs, le général de GAULLE, a choisi, bien souvent, de ne pas se taire et de parler très clairement.

Pierre de VILLIERS donne un livre ressemblant à un devoir d’un étudiant d’une grande école, mais qui, chose rare, a connu la vie. Livre magnifique, donc, en ce qui concerne la réalité des problèmes de la France, des problèmes qui assaillent les Français qui souffrent. Très franchement, j’offrirai volontiers la chaire de Saint Pierre de Rome au général de VILLIERS. Il a raison, de la première à la dernière page, mais il prêche (ce qui est utile, mais insuffisant).

Or la France est sinistrée, son armée est sinistrée, sa diplomatie est sinistrée, son éducation est sinistrée, ses industries sont sinistrées, son agriculture est sinistrée… Et malgré ce délabrement général, je n’ai pas trouvé un chapitre pour aider à résoudre, avec des propositions concrètes ne serait-ce qu’un seul des nombreux problèmes. Seulement des voeux pieux, magnifiques encore une fois, mais insuffisants pour tous ceux qui souffrent et meurent chaque jour.

Alors, dans ce beau livre, je n’ai pu que me contenter de relever quelques belles phrases. En voici quelques-unes :

  • « Albert Einstein : « Le monde est dangereux à vivre non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire ». (1)

Je me suis battu toute ma vie, c’est-à-dire pas assez et pas brillamment, mais au moins je me suis battu et je reconnais que le monde est dangereux à cause de ceux qui regardent et laissent faire. J’ai constaté cette vérité lorsque je suis rentré en France après avoir vécu de nombreuses années à l’étranger.

  • « Seul le pragmatisme doit être de rigueur : « ensemble, moins cher, mieux » pourrait être une bonne devise pour nos projets européens. » (2)

« Nos projets européens » ! Une aberration car ils ne sont pas « nos » projets, mais ceux d’eurocrates qui ignorent le « pragmatisme » et la « rigueur ». « Ensemble », ils ne savent pas faire car ce sont des dictateurs. « Moins cher », ils en sont incapables puisqu’ils profitent du système sans jamais payer. Le résultat est évident : on ne peut avoir « mieux », mais seulement aller de pire en pire.

Laissons donc les entreprises qui le souhaitent et qui ont des projets, travailler ensemble, sans aucune intervention de l’oligarchie bruxelloise, ni des lobbies qui les chaperonnent.

  • L’Europe « meurt parce qu’elle a voulu faire mourir les nations et ignorer les demandes légitimes des peuples qui la composent… Le réveil des peuples est à craindre, se considérant victimes expiatoires d’une élite coupée de la réalité et imposant sa technostructure au quotidien. Une sorte de sentiment de dépossession habite désormais une grande partie du peuple français… » (3)

Mon général, vous pourriez être moins « diplomate » car, quand il le faut, les diplomates parlent sans ambages. « Le réveil des peuples est à craindre ». Non, ce réveil est à souhaiter. A la fin des fins, la soi-disant élite, auto-proclamée, doit être virée et remplacée par des hommes de terrain. Vous le dites vous-même : elle est « coupée de la réalité » et elle « impose ». C’est la définition des dictatures. Enfin, ce n’est pas « une sorte de sentiment de dépossession », mais la dépossession elle-même. Je n’ai jamais oublié la réaction et le regard des paysans rencontrés dans le village de mon grand-père (Saint-Hilaire du Bois, Maine-et-Loire), auxquels les « ânes » de Bruxelles demandaient d’arrêter de produire dans leurs champs et que des aides financières leur seraient ainsi attribuées. Ces mal élevés de Bruxelles ne pouvaient même pas comprendre l’amour d’un paysan pour sa terre. Ils demandaient la même trahison que celle accepter par Judas l’Iscariote. Avec trente deniers, on leur donnait le désespoir et le suicide. Et ces incapables – parce qu’ils ne regardent pas l’âme – continuent de sévir !

  • « Ce livre est un appel au calme… Il est temps de réformer ce qui le mérite, restaurer ce qui est abîmé, transformer ce qui est immobile, recoudre ce qui est déchiré. Il est temps de réparer tout simplement. » (4)

Tout cela est vrai, bien évidemment. Mais je ne peux m’empêcher d’exprimer mes regrets en terminant ce beau livre, car il est incomplet. Où sont les solutions concrètes au-delà de l’exposé des problèmes ?

Où se trouve la sainte colère nécessaire pour chasser les marchands du temple ? Les réformes ne pourront être acceptées par le peuple que si elles concernent d’abord l’ensemble des classes politique et journalistique. Bientôt il ne sera plus temps – certains disent déjà qu’il est trop tard – et les réformes non faites laisseront la place à une révolution.

1. Général d'armée Pierre de VILLIERS - L'équilibre est un courage - Fayard 2020 - Page 222
2. Ibid. page 232
3. Ibid. page 235
4. Ibid. page 323

23 octobre 2024 : Lino VENTURA en « brandisseur d’étendards »

Je me demande souvent pourquoi la francophonie – puisque la France seule ne sait plus rien faire sans une décision de Bruxelles, de Washington ou de l’OTAN – n’a pas créé une chaîne de télévision regroupant d’importantes archives de tous les pays francophones concernant la culture, la politique… C’est actuellement You Tube qui remédie, en partie et avec trop de publicité, à cette carence qui s’apparente à la mort d’une civilisation et d’une culture.

J’ai donc retrouvé une interview de Lino VENTURA, diffusée sur You Tube, venant des archives de la télévision suisse et datant de 1982. Il y a donc plus de 40 ans, Lino VENTURA disait ceci :

« Mon regard (sur la société) n’est pas celui d’un optimiste… Je suis un peu désabusé… J’ai l’impression que l’on vit sur un volcan et certaines valeurs humaines, tout au moins à mes yeux, ont disparu. J’ai à l’esprit une phrase de Soljenitsyne qui disait « la politique avilit l’homme »… J’ai l’impression, que ce soit d’un côté ou de l’autre, que les mots ne signifient pas la même chose… Il y a une très grande hypocrisie… Et tout ça me fait très peur…

« J’ai très peur pour l’homme, pour son avenir, parce que tout le monde s’évertue à parler de liberté… mot employé à tort et à travers et j’ai l’impression que la liberté de l’homme est de plus en plus menacée… Et je ne peux supporter que l’on puisse porter atteinte à la dignité de l’homme…

« Je suis un homme de principes… Cela a l’air aujourd’hui une chose absolument désuète, et nuisible sans doute, mais on ne se refait pas… J’ai reçu l’éducation de la vie… Je me suis retrouvé face à la vie tout seul, tout jeune… Je sais que j’ai eu une sauvegarde extraordinaire qui a été le sport… La rue… terrible école, mais école merveilleuse, une école d’indépendance…

« Moralement, je crois que je serai encore capable de brandir des étendards… J’ai été un peu, disons, un brandisseur d’étendards… pas de pancartes… des étendards pour défendre des causes perdues. »

Et cette phrase sur la réputation de Lino VENTURA d’être un ours qui intimide et qui n’est pas facile : « De passer pour un ours, ça arrange très très bien les choses… On vous fout la paix et c’est fini. »

Comment ne pas aimer le « parler franc » de Lino VENTURA ? Un vrai philosophe, un grand connaisseur de l’université de la rue, qui, pour moi, rejoint mon ami Hervé RENAUDIN, le « gardien de phare » dont j’ai déjà parlé plusieurs fois.

Alors « gardien de phare » ou « brandisseur d’étendards », que choisissez-vous ? Car il faut choisir entre cette possibilité et rien !

6 novembre 2024 : Election présidentielle américaine – Donald TRUMP

Récemment, des amis m’ont interrogé pour savoir pour qui je voterais si j’étais citoyen américain. Je leur ai répondu – ce qui était vrai – que je ne m’étais pas posé la question, n’étant pas citoyen américain et n’ayant en France à ma disposition que l’immense majorité des médias d’Etat ou subventionnés par lui (c’est-à-dire par nos impôts !) pour me désinformer et m’inculquer sa propagande. J’avais en fait répondu clairement que le baratin, des candidats comme des journalistes, ne m’intéressait pas davantage que les publicités de lessive qui, depuis Coluche, prétendent laver plus blanc que blanc ! (d’où ma certitude qu’il faut revenir au mandat impératif pour ne plus être berné à chaque élection).

Je suis désolé de voir que, dans cet immense pays que sont les Etats-Unis, c’est le fric et les gros budgets qui font la campagne électorale, avec un nouveau record d’ailleurs, comme chez nous avec Nicolas SARKOZY dépassant son budget de campagne sans même s’en rendre compte ! Le fric et l’irresponsabilité…

J’ai appris ce matin que le vainqueur va être Donald TRUMP – il a déjà 266 grands électeurs et il en faut 270 -. Maintenant, je vais regarder attentivement les décisions prises et mises en oeuvre. Le temps du baratin est fini. Je juge sur pièces. Je ne peux avoir d’opinion sérieuse sur la politique intérieure américaine, car quelques voyages à New York, Washington, Denver, Miami sont certainement insuffisants, mais je souhaite voir ce que le futur président va faire comme politique étrangère.

J’ai regardé le président sortant, Joe BIDEN, et son malheureux secrétaire d’Etat, Antony BLINKEN, faire bourde sur bourde. Même avec l’aide de Barack OBAMA, encensé par la communication de l’occident et prix Nobel de la paix avant même d’avoir fait quoi que ce soit, les démocrates ne sont plus crédibles. « L’Etat profond » qu’ils ont créé et développé, a été rejeté par les électeurs. Tant mieux et j’espère qu’il sera également rejeté en France, le plus tôt possible. MACRON est pire qu’OBAMA et BIDEN puisqu’il ne s’intéresse même pas à son pays, la France, qu’il a vendu à l’Europe et à l’OTAN.

Il ne reste qu’à espérer que le nouveau président des Etats-Unis tracera une route nouvelle de paix, de coopération et de respect. Je lui souhaite un vrai succès. Vite !

8 novembre 2024 : « Non ministrari, sed ministrare »

J’ai réussi à terminer l’énorme « pavé » de 644 pages écrit par Hillary CLINTON. (1)

Je suis déçu car je pensais trouver davantage d’informations sur le fonctionnement de la « démocratie » américaine et de ses cancers, (le complexe militaro-industriel, la drogue, l’obésité, les inégalités…). Or j’ai vu dans de trop nombreuses pages le pouvoir des juges et des tribunaux. Pourtant, les juges auraient bien assez à faire en rendant la justice « avec justice », plutôt qu’à chercher à augmenter sans cesse le pouvoir qu’ils usurpent.

Dans ces trop longues pages, je n’ai trouvé qu’une seule remarque vraiment intéressante, au sujet de Wellesley, l’université dans laquelle Hillary CLINTON est arrivée pour vraiment débuter son parcours :

« Wellesley avait toujours mis l’accent sur l’idée de service. L’université a pour devise « Non ministrari sed ministrare », « Ne pas se faire servir, mais servir ». (Page 48)

1. Hillary RODHAM CLINTON -Mon histoire - Fayard 2003

9 novembre 2024 : La poutre et la paille – Commission des Etats-Unis pour la liberté religieuse internationale (USCIRF)

Je découvre (1) qu’il existe une « Commission des Etats-Unis pour la liberté religieuse internationale (USCIRF) ».

Les Etats-Unis qui veulent à eux seuls remplacer le travail de l’ONU, sont devenus incorrigibles. Ils continuent à donner des leçons à la terre entière, alors que la morale, et le simple respect, et la simple honnêteté, devraient leur faire regarder d’abord la « poutre » dans leurs propres yeux plutôt que la paille dans ceux des autres.

Un diplomate indien, dont le pays a été la cible des attaques américaines, a commenté : « Les Américains aiment à penser que leur pays est un bastion de liberté et d’opportunité… Les Etats-Unis feraient mieux de corriger les injustices dans leur propre société. »

Certes il y a partout beaucoup de choses à changer de façon urgente, mais les Etats-Unis n’ont plus aucun titre, vraiment plus aucun, pour se croire encore empereur du monde ou tyran universel. Il faudra bien qu’un jour l’ONU fasse son travail sans entrave.

1. Louis GABAUDE - Vu de Sansai N° 29 - 31 octobre 2024

10 novembre 2024 : La « communauté internationale » et l’Occident « nombriliste »

Je ne sais plus comment sont arrivées sur mon bureau quelques « bonnes pages » tirées du livre « Le monde au défi » écrit par Hubert VEDRINE. (1)

J’ai déjà dit le respect que je porte à ce grand ministre des affaires étrangères, de 1997 à 2002, dans le gouvernement de Lionel JOSPIN. Pour le protocole, Hubert VEDRINE n’était pas facile, car il obéissait difficilement à l’ordonnancement des cérémonies, pourtant nécessaire pour respecter les personnes et les traditions (ce qui n’empêche pas les changements, mais seulement avant la cérémonie elle-même). Finalement, j’ai compris que « mon » ministre n’aimait pas être dérangé et en fait il connaissait le cérémonial et se retrouvait, à la minute nécessaire, à sa juste place.

Mis de côté ces quelques détails, je redis combien j’aime suivre à la télévision ses interviews ou lire ses livres. Je profite de ces lignes pour dire que je n’ai pas oublié l’étonnement que j’ai reçu d’une déclaration entendue un jour, par hasard, lors d’une émission de télévision. Alors qu’il était interrogé sur le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, décidé par Nicolas SARKOZY, Hubert VEDRINE m’a semblé expliquer que, selon lui, ce n’était pas une bonne idée, mais que finalement il n’y avait pas d’autre possibilité. Je dois dire que, bien sûr, je ne suis pas d’accord. Je crois que la décision prise par Nicolas SARKOZY était la pire de toutes. A cause de son amour immodéré et irréfléchi pour les Etats-Unis, il a vendu (ou donné, c’est pareil) la France aux Etats-Unis et à l’OTAN (c’est pareil, encore une fois). Il a donné, ou vendu comme Judas, l’indépendance de la France, son bien le plus précieux. J’aimerais réentendre Hubert VEDRINE sur ce sujet pour voir si, quelques années plus tard, , devant les conséquences de cette politique mortifère pour le pays, Hubert VEDRINE redirait la même chose.

Après cette digression, je cite quelques paragraphes d’Hubert VEDRINE :

« L’expression « communauté internationale » désigne le plus souvent… une « communauté de valeurs », valeurs de l’Occident bien sûr, ces fameuses valeurs-qui-sont-les-nôtres, valeurs-occidentales-universelles, dont nous pensons (pensions?) qu’elles doivent inspirer le monde entier et qu’à défaut nous avons pour mission de propager » (Pages 21-22). Ainsi vont le « nombrilisme » et le « prosélytisme » de l’Occident « en marche » !

Hubert VEDRINE poursuit : « Presque tous les Occidentaux interventionnistes, des nationalistes bushiens aux droits-de-l’hommistes les plus idéalistes, sont partisans de l’ingérence, même quand les strictes conditions fixées au chapitre VII de la Charte des Nations-Unies ne sont pas réunies » (Page 22). Je souligne la reconnaissance de l’incapacité de l’ONU à faire respecter sa propre charte, incapacité qui rend souvent impossible l’arrêt des guerres et le développement de la paix. Il y a beaucoup de paroles et d’écrits, mais bien peu d’actes.

Encore Hubert VEDRINE et sa clarté : « Les interventionnistes ne se résignent pas à ce que l’Occident ne soit plus les maîtres du monde et ne puisse plus étendre ses croyances, ses « valeurs » par décret ou par la force. Tout devrait, encore et toujours, partir de nous, de notre rôle, de notre mission, de notre responsabilité. La « communauté internationale » est donc, selon cette conception, le champ d’expansion naturel, légitime et illimité de nos valeurs. Cette conception idéologique est plus marquée en France et aux Etats-Unis qu’ailleurs (rôle universel, exceptionnalisme, mission civilisatrice, prétention historique), et ce dans les élites comme dans les médias » (Page 22). Pour ma part, j’ai eu la chance de commencer à réfléchir avec l’étude de la philosophie et de n’accepter que ce que je choisissais d’accepter après réflexion. Après les sept années passées en Thaïlande, les trois au Pérou et les trois à Panama, la Chine a été comme une révélation. En effet, certaines des « élites politiques » de l’ambassade (mis à part mes deux ambassadeurs) entraînaient les « conseillers » (dont certains, au moins étaient-ils honnêtes, étaient mes amis et méritent mon très grand respect) à appliquer aux droits de l’homme les principes occidentaux et dictatoriaux expliqués par Hubert VEDRINE. Oui, j’ai eu cette chance de voir les Chinois refuser cette dictature et je leur ai donné raison, car ils avaient raison. (2)

Poursuivons la lecture du livre d’Hubert VEDRINE : « Les Occidentaux sont divisés… Ils oscillent sans fin entre deux attitudes : traiter avec lui (le monde extérieur) tel qu’il est – réalisme -, ou le changer par le prêche et, s’il le faut, par la contrainte, ancienne tradition ou obligation revenue en force en Occident… avec le mouvement « néoconservateur » aux Etats-Unis ou avec celui du droit d’ingérence en France et du droit-de-l’hommisme » (Page 23). Si je comprends bien, la façon des Occidentaux de « traiter avec le monde extérieur par le prêche ou la contrainte » revient à faire la même chose que l’islamisme radical…

Ecoutez encore : « A quoi bon faire de la diplomatie, négocier avec le reste de la « communauté internationale » ? Tous ces efforts sont superflus, voire compromettants. Il suffit d’afficher ses « valeurs », d’exiger que les Alliés soient alignés, puis procéder à l’égard des autres par remontrances, sanctions, boycotts, refus de négocier avec X ou Y (terroriste, dictateur, etc.), et brandir les menaces d’un recours à la force et, à l’occasion, d’intervenir. Cette problématique a dominé en Occident depuis le dernier quart de siècle » (Page23). L’évidence éclate : soit les Occidentaux choisissent de perdre leur humanité et de se comporter comme des sauvages, soit ils se mettent enfin au travail et réinventent une véritable diplomatie du respect et de l’honnêteté, ce qui implique une refondation de l’ONU et, pour la France, le retour à sa souveraineté qui lui permettrait, dans tous les conflits de rechercher la paix.

La conclusion d’Hubert VEDRINE proclame l’évidence qui n’aurait jamais dû être oubliée : « Nos valeurs occidentales-universelles ne sont pas partout considérées comme universelles… Dans la très longue durée, les peuples du monde tendent vers une certaine unité à travers les siècles et des bouleversements d’envergure, mais, en attendant, en 2016, ils n’attribuent pas du tout le même sens au concept de « communauté internationale ». (Page 26)

1. Hubert VEDRINE - Le monde au défi - Fayard 2016
2. Relire, pour davantage d'informations détaillées, tout ce que j'ai déjà raconté sans "Souvenirs, souvenirs... Chine" sur les droits de l'homme.

11 novembre 2024 : « Les Américains ont dit « trop c’est trop » au progressisme »

Pour Hubert VEDRINE (1), la victoire de Donald TRUMP est un « phénomène fait pour durer : « Il y a une sorte de lame de fond, viscérale, populaire au sens très large, des gens qui veulent donner un coup d’arrêt au progressisme américain qui dure depuis 60 ans, et à la mondialisation. L’élection de TRUMP… comme une révolte. Les Européens devraient réfléchir… »

Je pense à Emmanuel MACRON, le malheureux qui détruit la France annonçant, comme s’il était encore, une nouvelle fois, au grand oral de l’ENA, que TRUMP travaillait d’abord pour les Etats-Unis et que nous, donc MACRON, devons travailler pour l’Europe. Quelle stupidité ! TRUMP a raison de défendre son pays, MACRON ne souhaite travailler que pour l’Europe, et jamais pour son pays, la France, ni pour ses habitants, les Français.

1. Interview d'Hubert VEDRINE dans l'émission "Points de vue" du Figaro international

14 novembre 2024 : Philippe de VILLIERS et Sonia MABROUK

J’ai regardé et écouté une émission présentée par Eugénie BASTIE qui avait réuni Philippe de VILLIERS et Sonia MABROUK. (1)

Eugénie BASTIE que je ne connais pas bien, m’apparaît comme une journaliste de bonne envergure, toujours intéressante à écouter car respectueuse et honnête.

J’aime écouter Philippe de VILLIERS sur CNews, chaque vendredi de 19 à 20 h. S’il ne fallait écouter qu’une heure d’informations par semaine, je choisirais celle menée magistralement par Philippe de VILLIERS car il mêle avec justesse l’histoire et le présent, avec sa longue expérience, tant dans les postes politiques nationaux qu’il a occupés que dans les entreprises régionales qu’il a créées et développées (Le Puy du Fou, le Vendée Globe …).

J’ai été surpris, très agréablement, par Sonia MABROUK que j’avais à découvrir. Ce qui m’a le plus intéressé, c’est l’expression très posée, très calme, avec laquelle elle explique et dans laquelle on trouve son amour de ses deux pays, celui d’origine la Tunisie, et celui d’adoption la France. Magistrale la façon dont elle fait vivre, avec respect et amour, le lycée français de Tunisie où elle a étudié. Exceptionnelle surtout sa manière de présenter sa religion, l’islam, et sa liberté pour parler, respectueusement, du catholicisme. J’ai beaucoup aimé cette place importante donnée à sa religion, qu’elle a su garder dans sa sphère privée.

Je pense souvent qu’un des nombreux grands malheurs de la France actuelle, c’est de ne pas avoir assez de grands présentateurs des religions : le christianisme, l’islam, le bouddhisme. Il faut le plus vite possible expliquer et expliquer encore, sans aucun fanatisme, avec respect et honnêteté.

Puisque ce n’est pas fait, ce sont les extrémistes, les trafiquants, les violents qui présentent au peuple n’importe quoi, soit les déviations des religions vers la guerre sainte, soit les idéologies les plus destructrices qui inondent les universités américaines et européennes.

1. Le club Le Figaro Idées - Qu'est-ce que l'âme française ?

16 novembre 2024 : Propositions de réforme de la constitution

Dans la grande famille DEBRE, j’ai beaucoup aimé le livre du grand-père, le Professeur Robert DEBRE : « L’honneur de vivre ». Je n’ai jamais croisé le père, l’ancien Premier Ministre Michel DEBRE, mais j’ai admiré son courage, son travail, sa détermination. J’ai été inquiet avec le fils, Jean-Louis DEBRE, qui m’a toujours semblé ne pas se situer à la même hauteur que son père et son grand-père.

C’est donc avec appréhension que j’ai commencé son livre relatant son passage à la Présidence du Conseil constitutionnel de 2007 à 2016 (1). Je vais recopier quelques passages qui ont plus particulièrement retenu mon attention. Et j’aime parfois les mots acerbes de Jean-Louis DEBRE. Quitter la langue de bois peut faire du bien !

Sur les projets de réforme de la constitution française : « 24 septembre 2013 : Je constate que beaucoup de leurs auteurs sont ignorants de notre histoire politique. Ils ne sont pas loin de penser que la République est née le jour de leur entrée au Palais-Bourbon. J’exagère à peine. De toute façon, ils se fichent des institutions, ils veulent être ministres, le reste n’a que peu d’importance… » (Page 189)

Parmi ceux qui « rêvent en fait d’un retour au régime des partis », il y a aussi « celles et ceux qui croient que la proportionnelle insufflera un dynamisme nouveau à notre Parlement. Elle ne fera que restaurer la domination des états-majors politiques, raviver confusion et combines dans les Assemblées, et les gouvernements finiront par ressembler aux pâles ministères de notre défunte IVème République… » (Page 190)

Et une conclusion sans appel : « On a toutes les raisons de s’inquiéter pour l’avenir de nos institutions ».

1. Jean-Louis DEBRE - Ce que je ne pouvais pas dire 2007-2016 - Robert Laffont 2016

17 novembre 2024 : La parité en politique ?

On croit rêver en lisant les lignes suivantes : « Projet de loi déposé en 1801 par le révolutionnaire Sylvain Maréchal, « portant défense d’apprendre à lire aux femmes ». Il y est notamment indiqué que « les femmes qui se targuent de savoir lire et de bien écrire, ne sont pas celles qui savent aimer le mieux. L’esprit et le talent refroidissent le coeur… » (1)

Quelques progrès ont sans doute été faits pour que les femmes soient respectées, mais on voit comment ceux qui se déclarent « révolutionnaires » (même encore aujourd’hui) sont arriérés. La route est encore longue.

Je n’ai jamais compris ni accepté les arguties qui nous sont rabâchées sur la parité entre hommes et femmes dans les institutions. Pourquoi ne pas pousser l’absurde avec une alternance obligatoire pour les postes de Président de la République, de Premier Ministre, de Présidents des assemblées… Je préfère une autre façon de voir : un gouvernement avec 100% de femmes ne me choquerait absolument pas à partir du moment où ce serait la compétence, et non le sexe, qui emporterait le poste.

Continuez à vous battre, Mesdames, pour gagner votre juste place sans avoir recours à ces subterfuges d’un autre temps qu’on veut vous imposer afin de faire semblant de boucher des trous d’incompétence.

N’oubliez jamais que vous valez beaucoup mieux que tout à quoi on voudrait vous réduire…

1. Jean-Louis DEBRE - Ce que je ne pouvais pas dire 2007-2016 - Robert Laffont 2016 - Page 218 - Ecrit le 20 décembre 2013

18 novembre 2024 : Paralysie ou disparition de l’Etat

« Le détricotage, depuis plusieurs années, de notre Constitution, notamment des dispositions permettant au gouvernement d’avoir du temps et les moyens pour agir; le discrédit d’ensemble du personnel politique; l’absence de personnalités capables de rassembler et d’entraîner son camp; les bisbilles publiques entre ministres; l’incapacité depuis deux ans du Président de la République à asseoir son autorité, conséquence d’une élection due au rejet de son prédécesseur plus qu’à une adhésion suscitée par lui; mais aussi la tyrannie de l’apparence, l’obsession médiatique… tout cela cumulé débouche sur une paralysie de l’Etat. » (1)

Du grand art écrit le 24 juin 2014 ! Comme les présidents et gouvernements successifs ne servent plus à rien (sauf à transcrire dans les lois françaises les directives de Bruxelles), on constate que, dix ans plus tard, tout est pareil sauf la « paralysie » de l’Etat, transformée peu à peu en disparition.

1. Jean-Louis DEBRE - Ce que je ne pouvais pas dire 2007-2016 - Robert Laffont 2016 - Page 267

19 novembre 2024 : Jean-François COPE

Il me faudrait retrouver des textes déjà anciens, mais je crois avoir déjà raconté combien j’avais été choqué par une interview de Jean-François COPE. C’était un peu avant 2012. Il déclarait qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle, voulant laisser Nicolas SARKOZY se représenter en 2012, mais qu’il serait candidat en 2017. Il réservait déjà sa place comme si les élections étaient inutiles. Il se croyait sans doute à la réservation d’un billet de train, d’avion ou de spectacle… Il me faisait même penser à la chanson de Jacques BREL « Au suivant ».

Alors, ce portrait ne manque pas de sel : « 30 juin 2014 – Devenir président de la République est don dessein clairement affiché, la raison de son engagement politique. Il a tout organisé soigneusement dans ce but, cultivé des amitiés, organisé des relais, préparé des réseaux, pris en main l’UMP pour en faire un parti à son service. Son cynisme n’a que peu de limites. Son intelligence est vive et il ne doute pas de ses capacités; » (1)

« Faire de l’UMP un parti à son service » ! Voilà un énarque qui n’a même plus besoin du peuple… Un de plus !

1. Jean-Louis DEBRE - Ce que je ne pouvais pas dire 2007-2016 - Robert Lafont 2016 - Pages 267-268 

20 novembre 2024 : Réformes et entubage

Pour faire semblant de faire croire qu’ils s’occupent des problèmes, nos politiciens parlent de réformes ! Pour parler, ils sont certainement champions du monde, mais ils ne font rien !

Réforme pour réduire la durée du mandat présidentiel – une stupidité qui a dénaturé la Vème République, au lieu de mettre un seul mandat de sept ans, sans renouvellement -, réforme pour réduire – ou augmenter – le nombre de parlementaires, réforme pour modifier la loi électorale, réforme pour élargir le référendum. On constate qu’il n’y a jamais de réforme pour supprimer l’inutile. Il y a seulement des réformes pour augmenter l’inutilité…

Je pense que Jean-Louis DEBRE voit juste : « 15 octobre 2014 « Le véritable remède à cette crise de confiance réside dans le changement d’image de la classe politique. Le spectacle que ses acteurs nous infligent aujourd’hui confirme qu’ils n’ont hélas toujours rien compris de ce qu’on leur reproche et de l’attente des Français. » (1)

C’est pourtant simple : les politiques ne veulent pas du peuple et ne veulent ni l’entendre, ni l’écouter. Ils croient avoir la science infuse et leur voix est inutile. A quand, enfin, les Etats généraux qui devraient rétablir le mandat impératif pour que le peuple cesse d’être, enfin, entubé.

1. Jean-Louis DEBRE - Ce que je ne pouvais pas dire 2007-2016 - Robert Lafont 2016 - Page 282

21 novembre 2024 : Galerie de portraits dans les salons de l’Elysée

En lisant les lignes suivantes, que je trouve très réussies, je n’ai pu m’empêcher de penser à l’oeuvre de SEM caricaturant le tout-Paris au Maxim’s, et également à tant et tant de réceptions que j’ai vues dans la salle des fêtes de l’Elysée.

« 11 janvier 2015 – Ils sont tous là dans le grand salon du palais. Villepin papillonne, Balladur est replié sur lui-même. Juppé s’ennuie, Larcher, heureux d’on ne sait quoi, discute, Ayrault serre les mains. Sarkozy est accompagné de sa femme, Borloo près du buffet paraît en pleine forme. Ségolène Royal sourit, d’abord attentive à ce qu’on remarque sa présence, Macron, de plus en plus gravure de mode, est rayonnant, Cazeneuve fatigué semble avoir la tête ailleurs. Valls très entouré, les yeux aux aguets, est tendu, tandis que Jack Lang, toujours sans cravate, décontracté, traîne sa satisfaction d’être ce qu’il est… A cette occasion, je fais la connaissance de secrétaires d’Etat dont j’ignorais jusqu’à l’existence. » (1)

On entend parfois l’expression « brosser un portrait ». Avec le balai, il faudrait vraiment remplir la poubelle !

1. Jean-Louis DEBRE - Ce que je ne pouvais pas dire 2007-2016 - Robert Laffont 2016 - Page 299

26 novembre 2024 : Un monde idéal ?

Imaginez un monde (presque) idéal dans lequel – enfin – nos politiques n’effectueraient qu’un seul mandat A eux d’effectuer toutes les réformes dont ils se croient capables, sans attendre, en sept ans maximum (pour le président de la République).

Imaginez un monde sans second mandat, ni pour le sinistre et diabolique Emmanuel MACRON, ni pour la sinistre et diabolique Ursula Von der LEYEN…

2 décembre 2024 : Eveil et réveil

Le journal Ouest-France a parlé d’éveil des consciences et de manipulation des masses au sujet du roman de Laurent GOUNELLE, Le réveil.

J’ai pensé qu’il serait intéressant de terminer « Au gré des jours 2024 » par trois citations du linguiste Noam CHOMSKY qui figurent dans ce livre – plus une réflexion qu’un roman – et reflètent certains pans de notre société :

  • « La population en général ne sait pas ce qui est en train de se passer. Et elle ne sait même pas qu’elle ne le sait pas. » (1)
  • « La manipulation est aux démocraties ce que le matraquage est aux régimes totalitaires. » (2)
  • « Le monde ne récompense pas l’honnêteté et l’indépendance, il récompense l’obéissance et la servilité. » (3)
1. Laurent GOUNELLE - Le réveil - Poche 2023 - Page 9
2. Id. Page 92
3. Id. Pages 131-132