INTRODUCTION de décembre 2025
Encore une année qui se termine. Les quelques réflexions et notes de lecture que j’envoie, comme j’essaie maintenant de le faire annuellement, vont sans doute plaire à quelques-uns et déplaire à beaucoup. Mais un clairon sans musique et un phare sur un rocher et sans éclairage ne sont plus de mise, étant donné le délabrement…
Il me semble de plus en plus évident que les événements de l’actualité révèlent des problèmes que l’histoire peut aider à comprendre pour faciliter la prise de conscience, puis la recherche de solutions, ou d’améliorations ou de réformes.
En écoutant des conférences, j’ai tenté, cette année, de mieux comprendre les « affaires » d’Ukraine et de Madagascar, pays que je ne connaissais pas.
Parmi les livres qui m’ont vraiment marqué, le relève surtout le « Dictionnaire amoureux de la diplomatie » de Daniel JOUANNEAU, « 1989 – L’année où le monde a basculé » de Pierre GROSSER, et « Ivan MAISKI – Journal 1932-1943 », écrit par l’ambassadeur russe à Londres.
Des trois premiers ministres que j’ai observés cette année, Michel BARNIER, François BAYROU et Sébastien LECORNU, je n’ai connu que les deux premiers. Le troisième ne cesse de me faire penser aux magouilles de la IVème République… Tout cela ne peut que mal finir…
Mais je parle aussi du Cardinal Robert SARAH, pour lequel j’ai depuis longtemps de l’admiration.
Quant aux sourires et aux brins d’humour, je ne peux que suggérer la lecture attentive des passages consacrés au « Quatuor de Kyrlov », à la « Clique infecte et décadente », à « Arrogance et respect » et à « Cassoulets d’Europe »… « Au gré des jours », il arrive de tomber sur des pépites.
S’il fallait résumer, pour moi, en trois mots, cette année 2025, je choisirais sans doute, en souriant : « ECRIER et ECRIRE ». Cet anagramme imparfait, puisque seul le verbe s’écrier semble exister, me convient pourtant puisqu’il contient comme écrire le mot CRI et qu’il devient de plus en plus nécessaire de crier et de faire crier pour voir, peut-être, émerger le réveil nécessaire.
Très bonne lecture !
Très bonne année 2026 !
LISTE DES TITRES
1er janvier 2025 : Motion de censure contre Michel BARNIER à Pornichet
2 janvier 2025 : François BAYROU, Premier Ministre (sinistre ?)
3 janvier 2025 : Un éditorial de Pascal PRAUD
4 janvier 2025 : BAYROU et l’hallali
5 janvier 2025 : Indécence, immaturité, inconscience… de François BAYROU
5 janvier 2025 : « Le Président » et François BAYROU
6 janvier 2025 : La création et la « bêtise » audiovisuelle
7 janvier 2025 : L’agonie de la démocratie
8 janvier 2025 : Manipulation des masses et liberté du citoyen
9 janvier 2025 : Albert CAMUS – Discours de réception du Prix Nobel
10 janvier 2025 : Encore une citation d’Albert CAMUS
13 janvier 2025 ; La traite des femmes en Grande-Bretagne et le silence des « bien-pensants »
15 janvier 2025 ; Discours de politique générale – Editorial de Pascal PRAUD
19 janvier 2025 : Le « discours » de politique générale de Philippe de VILLIERS
21 janvier 2025 ; L’être et le néant : Donald TRUMP et François BAYROU
2 février 2025 : Attention, Donald !
16 février 2025 : Le Père François PONCHAUD et Jean LACOUTURE
19 février 2025 : Formation professionnelle et Extrême-Orient – Philippe BERTHELOT et Paul CLAUDEL
21 février 2025 : Diplomatie secrète et secret de la diplomatie
23 février 2025 : François de CALLIERES et la vérité
27 février 2025 : Paul CAMBON et les « conseilleurs »
28 février 2025 : François-René de CHATEAUBRIANT
1er mars 2025 : Maison blanche – TRUMP, MACRON, ZELENSKI
5 mars 2025 : BAYROU, le nouveau BIDEN
15 mars 2025 : Dossier ukrainien
17 mars 2025 : « Savoir comment vivre »
18 mars 2025 : Un Chef d’Etat dépassé
27 mars 2025 : Ecrivains et diplomates – Jean-Jacques ROUSSEAU
28 mars 2025 : Les Etats-Unis et l’Amérique latine
29 mars 2025 : Protocole
30 mars 2025 : Honnêteté et honneur
31 mars 2025 : Liberté de la presse
5 avril 2025 : Choisir : réformes indispensables ou déclin assuré
11 avril 2025 : Mikhail GORBATCHEV
13 avril 2025 : « Ne rien donner, prendre tout et demander plus »
13 avril 2025 : Suite des réflexions précédentes
14 avril 2025 : « Le cheval est mort »
9 mai 2025 : 80ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale
29 mai 2025 : La double nationalité
8 juin 2025 : Nicolas SALE, restaurateur
9 juin 2025 : DONOVAN, Richard ANTHONY et Antoine EMAZ
22 juin 2025 : Sanctions – « Contribuables associés »
25 juin 2025 : « Les USA et Israël plus dangereux que l’Iran » (?)
29 juin 2025 : Une vue d’Europe en 1935
30 juin 2025 : Winston CVHURCHILL et l’Union soviétique
1er juillet 2025 : Conversation de LLOYD GEORGE avec l’ambassadeur russe
2 juillet 2025 : CHAMBERLAIN, le « conciliateur »
3 juillet 2025 : Entretien de Winston CHURCHILL avec Ivan MAISKI
4 juillet 2025 : A la chambre des lords
5 juillet 2025 : La France en 1938
7 juillet 2025 : Politique intérieure et politique étrangère
9 juillet 2025 : Aude DENIZOT : l’école est malade
20 juillet 2025 : Crise
27 juillet 2025 : Le Cardinal Robert SARAH à Saint-Anne d’Auray
1er août 2025 : Ecrier et écrire
18 août 2025 : Un déjeuner avec Winston CHURCHILL
20 août 2025 : « La catastrophe arrive… »
22 août 2025 : Remaniements(s) ministériel(s) et principe du « Quatuor » de Krylov
23 août 2025 : Rôle d’un ambassadeur
24 août 2025 : « L’élite bourgeoise anglo-française » en 1940
27 août 2025 : « Une clique infecte et décadente »
28 août 2025 : Joe KENNEDY, ambassadeur des Etats-Unis en Grande-Bretagne
31 août 2025 : Rencontre avec David LLOYD GEORGE
1er septembre 2025 : Siècles européens et millénaires chinois
2 septembre 2025 : Réflexions de Max AITKEN, baron BEAVER-BROOK sur les Anglais
3 septembre 2025 : « Seigneurs et maîtres »
4 septembre 2025 : Une leçon pour les Américains
9 septembre 2025 : Alain MERIEUX : arrogance et respect
16 septembre 2025 : Cassoulets et Europe
2 octobre 2025 : Nigel FARAGE en Grande-Bretagne
4 octobre 2025 : « A l’écoute du monde » (?)
5 octobre 2025 : « La maison du lac »
9 octobre 2025 : Les « affaires » françaises du moment
20 octobre 2025 : Madagascar
22 novembre 2025 : Un chef d’état-major des armées… très particulier
3 décembre 2025 : Les cumuls indécents
9 décembre 2025 : La Cigale… et les « fourmis »
1er janvier 2025 : Motion de censure contre Michel BARNIER à Pornichet
Le matin du 5 décembre 2024, dans une boulangerie de Pornichet, m’apercevant que la vendeuse se trompait dans le total, certainement trop bon marché, de mes quelques achats, je lui ai posé une question en souriant : « Ces nouveaux prix sont-ils une conséquence heureuse de la motion de censure votée hier soir ?
Il y avait, à cette heure-là, seulement deux vendeuses et deux clientes dans le magasin. Je ne m’attendais pas à un tel tollé général immédiat contre nos politiques : des voleurs qui vont tout nous piquer, qui n’en ont jamais assez… Que va-t-il nous rester ? …
Ce n’était pas un mépris de la droite, de la gauche ou du centre, mais un rejet général de tous ceux atteints d’un mal incurable qui les ronge, leur orgueil contre le peuple. Et je n’habite pas, au bord de l’océan atlantique, dans une banlieue rouge !
MACRON ne viendrait par ici – comme partout, d’ailleurs – qu’entouré de ses gardes du corps pour protéger sa petite personne. Quant à nos politiciens, qu’ils quittent les palais dorés pour commencer à découvrir la vie de plus en plus difficile des gens du peuple.
Nous sommes le peuple. Eux, certainement pas !
2 janvier 2025 : François BAYROU, Premier Ministre (sinistre ?)
J’ai écrit quelques lignes lorsque Michel BARNIER a été nommé Premier Ministre (1).
Maintenant que François BAYROU l’a remplacé, je souhaite également écrire quelques lignes sur lui puisque je l’ai, hélas, croisé plusieurs fois. Que les choses soient claires! Avec ce que j’ai constaté, je n’attends rien de bon venant de ce personnage. Avec Michel BARNIER, je pensais que l’honnêteté lui permettrait de faire au moins quelques petits pas dans la bonne direction. Il n’en a rien été. Avec le nouveau locataire de Matignon, je sais déjà que ce sera, sauf miracle (toujours possible puisque Pau n’est pas loin de Lourdes), une catastrophe ou l’étalage du néant. Ce que je peux dire aussi, c’est que, si une réforme importante pour la France est faite – et pas seulement annoncée -, je le reconnaîtrai et serai content de constater qu’en vieillissant François BAYROU a cessé de ne travailler que pour lui-même.
C’était en novembre 1996 lors du Sommet franco-espagnol de Marseille. Jacques CHIRAC, à la suite de son élection à la Présidence de la République, avait pris un certain nombre de mesures destinées à réduire – un peu – le train de vie de l’Etat et aussi à restaurer – un peu – l’autorité de l’Etat. Pour les sommets, avec l’Espagne, mais aussi avec l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie, il avait clairement indiqué que les ministres qui participaient – ceux devant avoir des réunions de travail avec leurs homologues suivant les dossiers abordés – auraient à leur disposition un avion et un seul, et ils devraient participer au sommet sans attaché de presse. C’était une mesure de bon sens puisque, dans les relations internationales, le Président exprimait la voix de la France et donc toute cacophonie était à bannir.
Sans surprise, certains ministres ne furent pas d’accord. Ils auraient dû être virés de suite… Les conseillers en communication étaient en train de prendre la place importante qu’ils n’ont cessé de développer jusqu’à remplacer la grandeur que n’aurait jamais dû abandonner la politique par les « petites phrases » et toutes les paillettes du « faire semblant » et du paraître. Le ministre de la défense, par exemple, avait « son » avion et donc il trouvait une excuse bidon pour ne pas prendre « l’avion des ministres » et emmener avec lui qui il souhaitait.
Le Protocole devait, lui, faire respecter les décisions du Président. Aucun attaché de presse, ni aucun conseiller en communication ne devait figurer sur la liste officielle de la délégation française et donc ne pouvait recevoir de badge donnant accès aux différents lieux et activités du sommet.
François BAYROU, ministre de l’éducation, n’acceptait pas de se déplacer sans son adjointe Marielle de SARNEZ, qui faisait également fonction d’attachée de presse. Elle arriva à Marseille par ses propres moyens et se mit à intriguer pour tenter de s’infiltrer partout pour rejoindre son cher patron. A l’issue du sommet, à l’aéroport de Marseille, ils se présentèrent ensemble pour prendre l’avion des ministres.
Le Chef du Protocole, grand diplomate et faisant toujours preuve de tact pour désamorcer les situations embarrassantes, essaya de redire à François BAYROU les instructions présidentielles, que le ministre, d’ailleurs, ne pouvait pas ne pas connaître. Mais il se voyait déjà empereur (on dirait de nos jours Jupiter) et il commença à se fâcher, puis à menacer le Chef du Protocole en lui promettant de le faire virer dès son retour à Paris.
François BAYROU, ce type, développait ainsi, dans les années 90, ses priorités ! Je n’ai jamais oublié car je pense qu’un soi-disant homme d’Etat qui fait passer son bien-être et sa petite personne avant l’Etat, avant la démocratie, avant la République, n’est en fait qu’un égoïste forcené.
Il fallut demander qu’un avion supplémentaire vienne de Villacoublay à Marseille pour rapatrier jusqu’à Paris le « ministre » et sa « copine ». Qu’est-ce que la République, bonne mère, ne ferait pas pour que puisse prendre l’air (ou s’envoyer en l’air) ceux de ses enfants qui ont perdu les pédales !
Rentré à Paris; François BAYROU ne fit rien et ne mit pas sa colère à exécution. Il ne demanda pas la démission du Chef du Protocole. Il aurait mieux fait de respecter l’argent du peuple, de faire son travail de ministre et non préparer ses « plans » de vol. J’ai souvent constaté qu’une décision évidente et intelligente du « chef » (Président ou Ambassadeur ») doit être suivie et son application vérifiée, justement pour empêcher les râleurs d’imposer leur propre loi (celle des westerns sans foi ni loi). Ces gens-là ne comprennent que lorsqu’ils sont renvoyés pour désobéissance, égoïsme et individualisme.
Je n’ai jamais oublié et je n’ai jamais vu ce pauvre homme faire autre chose que sa propre promotion. Il faudrait un miracle pour constater un changement de sa part, car il faudrait commencer, enfin, à servir l’Etat et les Français. Encore une fois, si cela arrive, je le reconnaîtrai.
NOTE DE NOVEMBRE 2025 :
BAYROU, Premier Ministre, c’est fini et ce fut, comme prévu, non seulement une catastrophe, mais aussi le néant !
1. Cf. "Au gré des jours" - Année 2024 - 12 septembre 2024 : Michel BARNIER, Premier Ministre
3 janvier 2025 : Un éditorial de Pascal PRAUD
Avant la nomination de François BAYROU au poste de Premier Ministre, le 12 décembre 2024, Pascal PRAUD, journaliste à CNEWS et Europe I, a tenté de répondre, dans son éditorial du matin, à la question : « Emmanuel MACRON est-il lucide ? ». Il n’y alla pas de main morte !
« François BAYROU, dont Simone VEIL disait « C’est pire que tout », et elle ajoutait « Je connais son passé, ses trahisons successives »…
… « Vieux cheval de retour… Ministre de l’Education nationale entre 1993 et 1997… Depuis, les petits Français ne savent plus lire ni écrire… Sur le port du voile, à l’époque il ne fit rien, se gardant toujours de nommer les choses. C’est d’ailleurs une ligne directrice de son parcours : ne rien faire sinon trahir. Une fois Edouard BALLADUR, une autre fois Nicolas SARKOZY. En 2007, il préférait Ségolène ROYAL et en 2012, il appela à voter François HOLLANDE contre le Président sortant.
« Joli parcours d’un joli monsieur né pour trahir, trahir pour un portefeuille en forme de Iago, Judas et Talleyrand. François BAYROU incarne un modèle qui a sa chance en politique : l’échec dans la continuité, la paresse dans l’inefficacité et l’inconsistance dans la vanité…
« Si je voulais résumer la carrière nationale de François BAYROU, je dirais globalement… Il s’est trompé sur tout : sur l’Europe, sur l’école, sur la justice, sur la Vème République qu’il voulait abolir… Un homme sans idée, sans conviction… (S’il est nommé) il touchera ainsi les dividendes d’une carrière placée sous le signe de l’anguille…
« Tout est possible dans le royaume de France. Réponse dans quelques heures ».
C’était donc le matin même avant sa nomination. Sans commentaire !
4 janvier 2025 : BAYROU et l’hallali
Le jour de la nomination, par le Président de la République, du Premier Ministre, j’ai été surpris de voir que l’entretien à l’Elysée était annoncé comme ayant duré plus d’une heure. On ne se refait pas : le protocole est pour moi toujours présent !
Plus d’une heure pour annoncer que quelqu’un est nommé ou n’est pas nommé Premier Ministre, c’est ridicule. Plus d’une heure ? J’ai pensé qu’il y avait un problème et que des négociations étaient encore en cours. La version entendue plus tard un peu partout est passionnante. Mais saurons-nous jamais où se trouve la vérité ?
On a dit que le Président avait fait son choix. Ce ne serait pas François BAYROU qui devrait se contenter de la seconde place… Ministre d’Etat ? Ce n’est pas si mal pour quelqu’un qui n’a jamais fait ses preuves et qui n’est certainement pas un homme d’Etat.
Et j’imagine bien François BAYROU entendant tomber le couperet et réagissant comme un homme de la IVème République : Si je ne suis pas nommé à Matignon, je quitte la majorité présidentielle. On croirait apercevoir deux maquignons sur un marché aux bestiaux (Etant jeune, j’aimais voir ces maquignons car ils faisaient, eux, leur travail en essayant de gagner le maximum).
C’est l’évidence que le Président est nu, incapable de gouverner ou de diriger qui que ce soit. En fait c’est partout l’équivalent du chantage répandu par Jean-Luc MELENCHON : je vais vous dire ce que vous devez faire ! Un apprenti Premier Ministre menaçant et donnant des ordres au Président de la République… Le pire, c’est qu’on ne rêve pas !
Et pour ce retour à la quatrième République, on entend dire que certains demandent de ne pas utiliser l’article 49.3 de la Constitution, que la motion de censure ne le soit pas davantage… François BAYROU de son côté doit avoir l’envie démente de remettre les élections à la proportionnelle…
Magouilles, tripatouillages… On revient en fait au mandat impératif, mais il ne serait pas donné au bénéfice du peuple ; les élus l’utiliseraient pour conserver leur place et ils appellent cela démocratie ou république !
Ces aveugles avancent dans la dictature dont ils rêvent…
Je repense au programme de gouvernement tel que la France ne sait pas le faire, mais que j’ai vu à l’oeuvre en Autriche. Sans majorité au Parlement à la suite d’élections, les chefs de tous les partis se réunissent et travaillent jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé. Il y a toujours des projets qui peuvent emporter une majorité. Le mandat impératif est ainsi trouvé et le gouvernement de coalition ou d’unité nationale est formé. Sa feuille de route est claire et connue de tous… Lorsqu’elle est réalisée, de nouvelles élections peuvent avoir lieu…
5 janvier 2025 : Indécence, immaturité, inconscience… de François BAYROU
A peine nommé Premier Ministre, poste si peu important pour sa grandeur, François BAYROU a déserté pour faire un tour jusqu’à sa mairie de Pau et participer à une réunion du conseil municipal.
Le cumul, il le veut, il le souhaite… Comme les dictateurs… Comme si le travail et les charges de sa nouvelle fonction n’étaient pas suffisants pour un seul homme. Alors il préfère régler ses petits problèmes personnels plutôt que ceux des Français, de la France, et s’agissant des malheurs survenus à Mayotte, une simple déclaration devrait suffire…
Il est nul. Ca commence mal – mais c’était attendu -. Il cherche l’appui de ceux qui ne pensent, comme lui, qu’à faire taire le peuple pour que les accapareurs du pouvoir puissent agrandir leur tyrannie et leur dictature.
J’attends une réforme de la classe politique, mais je suis certain qu’avec François BAYROU il n’y aura que l’accroissement de l’égoïsme forcené.
5 janvier 2025 : « Le Président » et François BAYROU
En voyant le manque de grandeur du nouveau Premier Ministre à la Chambre des députés, j’ai eu envie de revoir un film offert par un de mes beaux-frères, Jean-Luc : « Le Président », d’après le roman de Georges SIMENON, réalisé par Henri VERNEUIL avec des dialogues de Michel AUDIARD (1961).
Jean GABIN est magnifique dans le rôle du Président et il a toutes les qualités qui manquent si cruellement, actuellement, à notre Président et à notre Premier Ministre, qui occupent des fonctions qu’ils sont incapables et indignes d’exercer.
J’ai ainsi retrouvé et noté, pour ne pas les oublier, quelques répliques que j’aimerais entendre dans la bouche de ceux qui prétendent nous gouverner sans avoir la stature d’hommes d’Etat, en raison de leurs innombrables magouilles.
Quelques exemples :
- Le docteur, venant voir son illustre malade, le Président alors à la retraite, croise la secrétaire et lui demande : « Alors, ça avance, les mémoires ? ». Il reçoit alors cette réponse : « Oui, ça avance ». Le docteur insiste : »Je suppose que ça va embêter beaucoup de gens… ». Et la secrétaire conclut : »Monsieur le Président y compte bien. »
- L’ancien Président du Conseil dicte ses mémoires : « Je crois avoir été un des hommes les plus détestés de son époque. Ce fut longtemps mon chagrin et aujourd’hui mon orgueil… J’ai toujours été ambitieux du destin de mon pays et intransigeant sur la manière de le voir s’accomplir ».
S’agissant du chagrin et de l’orgueil, je note qu’aujourd’hui nos politiciens n’ont que rarement orgueil ou chagrin (si ce n’est pour eux-mêmes). Je pense plutôt que pour obtenir une photo, un article dans un journal, un passage ou une interview dans une télévision, ils sont prêts à se vendre et surtout à vendre leur âme, ainsi que père et mère, à un tarif tellement peu cher qu’on ne le trouve nulle part ailleurs, même pas au Bois de Boulogne…
- A la Chambre des députés, au sujet de l’Europe, le Président (Jean GABIN) se montre très actuel : « Tout le monde parle de l’Europe, mais c’est sur la manière de faire cette Europe qu’on ne s’entend plus… Si cette Assemblée avait conscience de son rôle, elle repousserait cette Europe des maîtres de forges et des compagnies pétrolières, cette Europe qui a l’étrange particularité de vouloir se situer au-delà des mers, partout sauf en Europe… »
Incroyable… Le film date de 1961 et tout sonne, encore aujourd’hui, aussi juste que le bourdon de Notre-Dame entendu de nouveau il y a peu. Vous avez lu : une Europe d’au-delà des mers, incapable d’exister par elle-même, sans l’OTAN et les Etats-Unis… Et pour que l’évidence commence à être comprise, il va falloir autant de temps que depuis la sortie du film jusqu’à aujourd’hui, soit plus de soixante ans. Il faudra sans doute davantage puisque l’Europe n’a plus ni le courage, ni la volonté d’être indépendante.
- Et encore, dans ce magnifique discours du Président du Conseil Jean GABIN, préparé, semble-t-il, pour François BAYROU : « Cette assemblée… où les partis ne sont plus que des syndicats d’intérêt… La politique devrait être une vocation… Pour le plus grand nombre d’entre vous, elle est un métier ».
Tout est dit clairement… Que choisissez-vous ? Une vocation où un métier ? Tous ceux qui choisissent un métier en politique devraient être virés comme inutiles, nuisibles, et jetés dans les poubelles de l’histoire !
- Encore deux remarques : « C’est une saloperie de venir au pouvoir sans avoir une conviction à y appliquer ». L’évidence de l’inutilité des gens sans convictions… Et la dernière adressée à son ancien collaborateur qui espère devenir Président du Conseil : « Vous êtes plus ambitieux pour vous que pour votre pays »… L’ambition… Pour soi-même ou pour son pays ? Tout est dit et la réponse connue, hélas !
Les convictions furent évidentes dans les cahiers de doléances et c’est pourquoi le mandat impératif apparaîtra de plus en plus nécessaire. On peut vouloir faire de la politique pour représenter le peuple et sa volonté, puis se battre pour ces objectifs. De nos jours, on fait de la politique en sortant de Sciences Po ou de l’ENA ou de Polytechnique et on a rien d’autre qu’une carrière à faire sans aucun désir de respecter le peuple et la volonté de ce dernier.
6 janvier 2025 : La création de la « bêtise » audiovisuelle
Si vous recevez en cadeau un jour, comme ce fut mon cas, « Le réveil » de Laurent GOUNELLE (1), n’hésitez pas à le lire sans attendre. L’auteur le considère comme un roman, mais il reflète, avec des pensées parfois mordantes – celles que j’aime – la vie (c’est-à-dire sa marche vers la mort) et la transformation (c’est-à-dire sa descente vers le sous-développement) de notre pays.
Jugez-en plutôt avec ces lignes (2) sur les médias : « Autrefois, il y a encore quelques décennies, les gouvernements cherchaient à élever l’esprit des gens. Les télévisions, essentiellement publiques, proposaient des émissions culturelles, les films étaient souvent suivis de débats intellectuels, et même les jeux télévisés étaient intelligents. Puis les gouvernements ont vendu leur âme et leurs chaînes au monde du business. Des télévisions publiques ont été cédées à des grandes entreprises (dont les patrons étaient proches des élus), et on a distribué des fréquences à tous ceux ayant assez d’argent pour se les offrir. A partir de là, les chaînes privées n’ont jamais cessé de courir après l’audimat en tirant vers le bas, encore plus bas, toujours plus bas, flattant les bas instincts et cultivant la bêtise. »
1. Laurent GOUNELLE - Le réveil - Poche 2023
2. Page 42
7 janvier 2025 : L’agonie de la démocratie
Poursuivant la lecture du « Réveil », je suis tombé sur ces réflexions au sujet du contrôle du peuple par la dictature ou la démocratie :
(Dans un passé très récent) « les puissants se rejoignaient sur un point : il devenait de plus en plus nécessaire de contrôler le peuple. Dans une dictature, il suffit de le museler par la force. Dans le reste du monde, il faut s’y prendre beaucoup plus subtilement l’opportunité que peut représenter un événement d’actualité, afin d’obtenir des gens qu’ils renoncent gentiment à leur liberté et acceptent d’être de plus en plus contrôlés, jusqu’à aboutir à une situation où la démocratie n’est plus… » (1)
En lisant ces lignes, j’ai mieux compris le commentaire de Ouest-France (écrit en 4ème de couverture) : « Laurent Gounelle veut éveiller les consciences et dénoncer la manipulation des masses par la peur, qui menacerait notre démocratie ». Le conditionnel « menacerait » me semble une erreur : la démocratie est menacée et la tournure choisie par Ouest-France – que je regrette car ce grand journal devrait avoir plus de courage – laisse penser que les journalistes n’ont pas voulu troubler les annonceurs qui les font vivre, ni ceux qui attribuent des subventions, ni ceux qui sont au capital. Dommage !
1. Laurent GOUNELLE - Le Réveil - Poche 2023 - Pages 83-84
8 janvier 2025 : Manipulation des masses et liberté du citoyen
Vers la fin du « Réveil », un paragraphe a arrêté ma lecture, car je connais trop bien la vérité qu’il présente :
« Chacun est en droit de connaître les techniques de la manipulation des masses auxquelles sont formées les puissants. Ainsi chacun peut les reconnaître quand elles sont à l’oeuvre, afin de les déjouer et ainsi pouvoir conserver sa liberté. Un droit essentiel du citoyen est en effet de pouvoir prendre ses propres décisions librement, et non sous l’influence déloyale de personnes qui usent délibérément de techniques inconnues du grand public ». (1)
Je regrette que cette éducation nécessaire du peuple ne soit pas davantage prise en compte par nos différents ministres de l’éducation et bon nombre de nos éducateurs, qui pensent davantage à imposer des théories brumeuses ou fumeuses. Je repense souvent à l’enseignement que j’ai reçu de la Princesse Galyani VADHANA en Thaïlande : « Pierre, vous pouvez tout enseigner, mais au bout du compte, il faut laisser les étudiants choisir ». (2)
Le problème, dans la France d’aujourd’hui, c’est que le peuple n’est plus préparé à choisir et à prendre sa vie en main. On préfère lui imposer, de plus en plus, ce qu’il doit penser. C’est l’ère de la propagande, mais ce n’est plus celle de l’éducation.
1. Laurent GOUNELLE - Le réveil - Poche 2023 - Page 170
2. Cf. "Souveniors, souvenirs..." - Thaïlande
9 janvier 2025 : Albert CAMUS – Discours de réception du prix Nobel
Je l’ai déjà dit, mais je le répète : L’Institut National de l’Audiovisuel (INA) devrait avoir, comme YouTube, une application télévisuelle où se trouverait, pour l’ensemble de la francophonie, le maximum d’archives pour que chacun puisse en profiter quand il le souhaiterait.
Puisqu’on dira qu’il n’y a plus de crédits, on pourrait, par exemple, supprimer une – ou plusieurs – des chaînes d’information créées par l’Etat ou ses copains pour répandre sa propagande « officielle » car nous sommes dans le rabâchage. Le peuple disposerait ainsi d’archives dignes de ce nom : histoire, art, politique, géographie, sciences…
On trouverait ainsi le discours de réception du Prix Nobel, prononcé par Albert CAMUS à Stockholm le 10 décembre 1957 et que j’ai eu la chance de réécouter récemment. J’en ai extrait ces citations qui me semblent aussi utiles à notre époque qu’elles l’étaient il y a déjà plus de soixante ans :
« L’écrivain ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire. Il est au service de ceux qui la subissent.
« Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression.
« Perdu sans secours comme tous les hommes de mon âge dans les convulsions du temps, j’ai été soutenu par le sentiment obscur qu’écrire était aujourd’hui un honneur parce que cet acte obligeait à ne pas écrire seulement. Il m’obligeait particulièrement à porter, tel que j’étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l’espérance que nous partagions.
(A ceux qui n’ont pas accepté le nihilisme ambiant) « Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe et lutter contre l’instinct de mort à l’oeuvre dans notre histoire…
(L’écrivain) « vulnérable, mais entêté, et passionné de justice… »
Evidemment, je ne suis pas ce qu’Albert CAMUS appelle un écrivain. Mais il se trouve que j’écris – mal, je le reconnais bien volontiers -, mais comme Albert CAMUS, à mon très humble niveau, « au service de ceux qui subissent » l’histoire. Comme Albert CAMUS, à mon très humble niveau, je refuse de mentir sur ce que je sais et je continue à résister à l’oppression. Comme Albert CAMUS, à mon très humble niveau, « perdu sans secours comme tous les hommes de mon âge dans les convulsions du temps, j’ai été soutenu par le sentiment obscur qu’écrire était aujourd’hui un honneur… » pour soutenir les hommes qui vivaient « la même histoire, le malheur et l’espérance que nous partagions ». Comme Albert CAMUS, à mon très humble niveau, « il a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe… et lutter contre l’instinct de mort à l’oeuvre dans notre histoire »…
Relisez Albert CAMUS, encore et toujours. Il avait raison, il a raison, il aura raison, parce que c’est un homme, un vrai. Il faut essayer, comme lui, d’être « vulnérable, mais entêté et passionné de justice ».
« Entêté », comme les ânes que j’aime tant, et « passionné de justice ».
NOTE DE NOVEMBRE 2025 :
Cette dernière phrase, je la donne à ma petite fille, Lucie. Elle, au moins, comprendra.
10 janvier 2025 : Encore une citation d’Albert CAMUS
Pour comprendre l’époque et la société dans lesquelles nous sommes plongés, lisons une nouvelle fois Albert CAMUS, dans un discours du 22 mai 1958 à Paris, devant les réfugiés espagnols qui avaient fui le régime franquiste :
« Mon métier s’exerce principalement dans l’assez affreuse société intellectuelle où nous vivons, où l’on se fait un point d’honneur de la déloyauté, où le réflexe remplace la réflexion, où l’on pense à coups de slogans comme le chien de Pavlov salivait à coups de cloche et où la méchanceté essaie trop souvent de se faire passer pour l’intelligence ».
Vous avez bien lu : dans le monde se disant intellectuel, la « déloyauté » est un « point d’honneur », le « réflexe » remplace la « réflexion » et la « méchanceté » se présente comme « l’intelligence ».
Y a-t-il quelque chose de différent entre 1958 et 2025 ?
13 janvier 2025 : La traite des femmes en Grande-Bretagne et le silence des « bien-pensants »
On se souvient de l’énorme scandale de la maltraitance d’enfants dans des orphelinats tenus par des religieux, au Canada, en Irlande… qui avait révélé le silence assourdissant de ceux qui savaient mais avaient choisi de ne rien dire pour éviter le scandale.
Un problème similaire (re)surgit en Grande-Bretagne. Des jeunes femmes, et même des jeunes filles, ont été malmenées, maltraitées, sexuellement agressées et forcées à la prostitution par des « gangs pakistanais ».
Peu à peu, l’ampleur du problème montre qu’il ne s’agit pas de quelques malheureuses (ce qui serait déjà scandaleux), mais des centaines, voire même des milliers. La nationalité des tortionnaires m’importe peu, pour le moment, mais je constate :
- que ce malheur se passe en Grande-Bretagne, pays soi-disant démocratique et défendant les droits de l’homme, où les politiciens, les journalistes et les hommes d’église – ceux qui savaient car il y en avait certainement – ont choisi de se taire pour étouffer le scandale. Et tout récemment la majorité socialiste actuelle à la Chambre des communes a même rejeté la création d’une enquête parlementaire… Comme si tout était déjà bien connu !
- Alors, à quoi donc servent les juges et la justice, les politiciens et la politique, les pasteurs et l’église s’ils ne font rien. Ils parlent à l’intérieur de leurs temples et de leurs églises, mais ne font rien, tout en continuant à prêcher la démocratie et les droits de l’homme.
Toute la lumière devrait être faite immédiatement et les responsables, tous les responsables, de ces actes odieux et barbares et aussi du silence indigne, doivent être jugés et condamnés, sans attendre des années, d’une façon qui devrait être exemplaire, à tous les niveaux de responsabilité.
En écrivant tristement ces lignes, je repense aux trafics (esclavage et prostitution) concernant des femmes thaïlandaises en France (1). Depuis le consulat de France à Bangkok, j’ai adressé pendant mon séjour, de 1987 à 1990, en moyenne un télégramme ou une dépêche par semaine à Paris. Mon ambassadeur, à l’époque Georges VINSON, me laissait faire mon travail, mais me disait : « Ce que vous faites est inutile. En France, ce ne sont pas les Asiatiques qui causent problème, mais les Africains dans leur ensemble ». Il avait raison pour le nombre, mais il avait tort, car les saloperies, les tricheries, les injustices (…) doivent être nommées pour être refusées et jamais acceptées.
Cela n’a jamais été fait, hélas!, par nos hommes politiques… On voit le résultat !
1. Cf. "Souvenirs, souvenirs..." - Thaïlande - Plusieurs chapitres et, en particulier, "Ambassade de Thaïlande à Paris et problèmes franco-thaïs"
15 janvier 2025 : Discours de politique générale – Editorial de Pascal PRAUD
Hier, je n’ai pas écouté le discours de politique générale de François BAYROU. A quoi bon quand on est sûr qu’il n’annoncera rien. Puisqu’il n’a jamais rien fait de bon pour la France depuis une cinquantaine d’années, pourquoi commencerait-il ? Sa carrière (mot tout à fait inapproprié) a toujours été de faire semblant d’être.
J’aime écouter les chansonniers. Peut-être sont-ils moins bons qu’ils n’ont été ? Ce qui est certain, c’est que les politiques les remplacent. Il faut faire rire et enchaîner les pirouettes devant le peuple.
Mais on peut aussi écouter certains journalistes et commentateurs… C’est ce que j’ai fait ce matin, par hasard, en « feuilletant » YouTube et je suis « tombé » sur l’éditorial de Pascal PRAUD. Je recopie ce qui m’a retenu en me faisant sourire :
« Avec François BAYROU, le monde est flou. Les retraites ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. « L’immobilisme est en marche, rien ne pourra l’arrêter », disait Edgar FAURE. L’immigration ? Ca ne peut plus durer. L’endettement ? Faut faire quelque chose. Si vous n’avez besoin de rien, François BAYROU est le Premier Ministre qu’il vous faut. « On cherche ce qu’il a dit après qu’il a parlé » (un alexandrin de Molière).
« François BAYROU est une synthèse. Il incarne à lui tout seul l’inaction, l’indécision et la compromission… Si Monsieur BAYROU était une pièce de la voiture, il serait le frein. Choisir, c’est renoncer; décider, c’est trancher. François BAYROU est l’homme de la poussière sous le tapis…
« Le sujet n’est pas qu’il soit habile, malin ou roué… Le sujet est qu’il faut avancer et je sais qu’avec Monsieur BAYROU on fera du surplace. C’est dans son ADN… Etre Premier Ministre de cette Assemblée est une mission impossible. En ce sens, François BAYROU est l’homme de la situation ».
François BAYROU est une « synthèse »… Un chansonnier m’a rappelé un jour cette réplique de Bernard BLIER adressée à SIM : « J’ai déjà vu des faux-culs, mais vous, vous êtes une synthèse »… Et cette citation en entraîne une autre, dite par « le Pacha » Jean GABIN : « Quand on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner ».
Le drame, c’est que les Français meurent et que la France meurt… C’est pourquoi nos politiciens sont impardonnables. Que François BAYROU ait le courage, pour commencer, de publier, après vérification par la Cour des comptes, non pas son patrimoine, mais ce qu’il touche chaque mois d’argent public : salaire(s), retraite(s), indemnité(s), avantage(s)… En précisant les différentes retenues et impôts… Il faut que les Français sachent enfin le vol quotidien fait de l’argent de leur travail : pour des revenus indécents d’argent public ou pour des dépenses somptuaires (comme le fauteuil de Gérard LARCHER, par exemple)…
19 janvier 2025 : Le « discours » de politique générale de Philippe de VILLIERS
Je crois l’avoir déjà dit, mais je le confirme. Si vous souhaitez connaître l’essentiel de l’actualité, n’écoutez pas les propagandistes des chaînes d’info en continu. Il suffit d’écouter sur CNews, une heure par semaine, le vendredi de 19 à 20 heures, Philippe de VILLIERS.
Il n’est pas acheté, il n’est pas à vendre et en ce moment il est écouté chaque semaine par plus d’un million de personnes qui souhaitent entendre un homme libre, puis réfléchir par eux-mêmes.
Le 17 janvier, il a consacré une partie de ses réflexions au discours de politique générale de François BAYROU. Ce dernier, pourtant Premier Ministre, est atteint de « verbosité insignifiante » (que c’est joliment dit !) et son discours est magnifiquement résumé par une citation d’Edgar FAURE : « L’immobilisme est en marche et on ne l’arrêtera plus ».
De l’analyse de Philippe de VILLIERS, je retiens cette évidence que le pays tout entier devrait comprendre :
« Problème de fond : vous ne pourrez rien faire tant qu’on n’aura pas d’abord assurer, réaffirmer le primat de la souveraineté populaire sur la souveraineté des juges, des cours suprêmes, et tant que, deuxièmement, on n’aura pas assurer et réaffirmer le primat de la souveraineté nationale sur la souveraineté européenne.
« Ce sont les conditions d’action dans un pays qui est en train de perdre le contrôle de ses finances, perdre le contrôle de ses frontières, perdre le contrôle de sa démographie… et qui a déjà perdu le contrôle de la transmission aux jeunes enfants de ce qu’est la France. »
Un peu plus tard, Philippe de VILLIERS a été interrogé sur ce qu’il aurait répondu, s’il avait été Premier Ministre, et proposé aux députés, comme mesures d’urgence extrême :
« Quand on est au chevet d’un pays qui roule à l’abîme, qui perd son souffle, qui perd son âme, qui perd son énergie vitale et qui se sait menacé dans son existence même, plutôt que de vociférer, on écoute… On écoute la marée montante de la France qui appelle, de râle de la France abandonnée, les plaintes, les cris, les pleurs… qui, sous cette verrière, viennent de l’extérieur, de toutes les rues de France, de tous les petits villages… Il faut écouter les Français… Quand un gouvernement est éphémère – on sait qu’il ne va pas durer – il faut envoyer des signaux, c’est-à-dire des décisions symboliques…
« Demain matin, je ferme les frontières. Je n’ai besoin de personne pour le faire. Tant pis pour Schengen, tant pis pour l’Europe, tant pis pour l’impératrice von der LEYEN. Je pense aux Français.
« Ensuite, dans la journée, j’établis un moratoire sur l’immigration et le lendemain, je supprime le droit du sol à Mayotte avant de le supprimer sur l’ensemble du territoire national, parce que, là, j’ai besoin d’une loi.
« Ensuite, je fais savoir à l’Algérie que je coupe tous les visas, toute l’aide financière, les passeports diplos pour les oligarques, tant que Boualem SANSAL est en prison.
« Ensuite, je vide les prisons, je les désemplis, je renvoie les 20.000 prisonniers étrangers chez eux. Ils n’ont rien à faire chez nous, et dans les cellules vides, j’accueille les narcotrafiquants pour éviter que la France ne soit – c’est une question de délai – un narco-Etat.
« Ensuite, pour les agriculteurs, j’annonce que j’ai pris la décision de sortir la France du processus de négociations du Mercosur et j’affirme l’exception agriculturelle française.
« Ensuite, j’ai l’intention de convoquer mon ministre de l’éducation, Madame BORNE, la fameuse Madame BORNE, et je lui dis ceci à Madame BORNE : « Je vous donne instruction de remettre les profs sur l’estrade, d’enrayer le processus de l’école charia-compatible et de prendre les dispositions pour que l’uniforme soit obligatoire à l’école, et que chaque lundi et chaque vendredi on lève les couleurs de la France.
« Ensuite, à la manière de M. TRUMP aux Etats-Unis, je décide d’interdire la transidentité et toutes les opérations chirurgicales, les bloqueurs de puberté sur les jeunes. L’activisme transgenre n’aura plus sa place en France.
« Ensuite, et pour finir, je crée un ministère de la famille pour enrayer le processus de dénatalité et lancer enfin une grande politique familiale.
« Et pour terminer, je prends la ministre de l’économie, Mme de MONTCHALIN, qui fait partie de l’association de M. SOROS, qui cherche à déstabiliser tous les gouvernements conservateurs et je lui dis ceci : « Au lieu de vous occuper de M. SOROS, vous allez vous occuper de toutes nos PME, de tous nos entrepreneurs et vous allez leur dire ceci : désormais, nous appliquerons l’aphorisme « Mieux vaut l’artisanat que l’assistanat », et je vous demande d’appliquer l’instruction suivante : en quelques semaines, on doit réduire l’écart entre les revenus du travail et les revenus de l’assistance.
« Voilà, Mesdames et Messieurs les députés, ce qui va redonner l’espoir aux Français. »
Evidemment, j’approuve ces engagements de Philippe de VILLIERS. Il s’agit de faire des choses faisables de suite, et même immédiatement. A ces propositions brillantes, à l’opposé de la « verbosité » et de l’immobilisme du Premier Ministre, j’aurais ajouté, pour ma part, une toute première mesure destinée à (r)éveiller les Français inconscients. Le Premier Ministre doit prouver son honnêteté et son respect de ses concitoyens. Il devrait donc, comme mesure d’économie, accepter le non-cumul absolu : non-cumul des mandats bien sûr, et non-cumul des revenus venant des impôts du peuple. Il devrait donc renoncer, durant toute sa fonction, car ses émoluments de Premier Ministre sont largement suffisants, à tout ce qu’il perçoit de l’Etat (donc du peuple) comme salarié et comme retraité.
Tous ces salaires et retraites éventuels seraient gérés par le Trésor Public pour rembourser le capital de la dette française. Le montant détaillé de ces versements serait mis à la disposition de tous les contribuables sur un site internet.
Le lendemain de cette décision, le Premier Ministre inviterait (= obligerait) tous ses ministres à faire de même. Ensuite, et sans attendre, ce serait le tour des anciens Présidents, anciens Premiers Ministres, élus de la République, Préfets, Ambassadeurs…
Dans une démocratie, tout l’argent public versé à des fonctionnaires et à des élus devrait pouvoir être connu, en totalité et en détails, par tous les contribuables.
21 janvier 2025 : L’être et le néant : Donald TRUMP et François BAYROU
Je n’ai jamais aimé Jean-Paul SARTRE et sa philosophie du « néant existentiel » qui n’a jamais aidé quelqu’un d’autre que les clients des Deux Magots ou du Café de Flore…
Mais j’ai repensé à lui après le discours de politique générale de François BAYROU et celui d’investiture de Donald TRUMP¨.
Du côté du Français, enfumage, verbiage, néant, peur, recul, mort… Nous sommes vraiment tombés bien bas…
De l’autre côté de l’Atlantique, le programme de Donald TRUMP présente la vie, le changement, le développement, l’histoire, le futur, l’essor…
Je ne crois plus depuis longtemps aux promesses des politiciens qui se transforment en vacheries et en saloperies. Je vais donc certainement attendre et voir le concret et les réalisations.
Mais au moins, avec le programme américain, chacun peut réfléchir et choisir par lui-même d’approuver ou de rejeter.
On verra ! Mais la vie, actuellement, est du côté des Etats-Unis. Nous n’avons que la mort et la Bérézina !
2 février 2025 : Attention, Donald !
Il est en fonction, Donald TRUMP. J’aime le regarder faire quelque chose plutôt que rien, le contraire de ce qui se passe chez nous.
Mais attention ! Je n’oublie pas « America first » ou « America great again », ces chansons répétées, d’une façon ou d’une autre, par tous les présidents américains. C’est une stupidité monstrueuse. Je comprends que TRUMP souhaite faire de son pays un grand pays. Qui, à part MACRON, ne le voudrait pas pour son pays ? Mais dans le monde aucun pays n’a tous les droits… Même si les Etats-Unis se sont donné des droits dans le monde entier. Rejouer le colonialisme, renforcer les sanctions, annexer des territoires, imposer des taxes… La dictature n’est pas loin, Donald !
Il faut plutôt, me semble-t-il, montrer l’exemple en faisant des économies afin de ne plus faire payer au monde entier l’incurie et le déficit. Il doit bien être possible de commencer, par exemple, par la réduction des dépenses militaires. Et dès que ce sera sérieusement fait, Donald pourra donner des leçons à MACRON, qui a oublié, dans sa folie, la décision du Général de GAULLE : pas de vente d’armes aux pays en guerre.
16 février 2025 : Le Père François PONCHAUD et Jean LACOUTURE
J’ai quitté le nord de la Thaïlande, à l’issue de mon premier séjour, en mars 1975. Je n’ai donc vécu « de près » ni la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges, ni les innombrables catastrophes, horreurs et souffrances qui ont suivies.
Plus tard, à Pékin, j’ai appris un peu plus sur les gardes rouges et sur le Cambodge, en particulier lors des rencontres avec le Prince Norodom SIHANOUK.
Ce dont je me souviens le mieux, c’est de l’inébranlable crasse des « intellectuels » français, englués depuis longtemps pour la plupart dans l’apologie du « Petit livre rouge » et qui retrouvaient vigueur avec les Khmers rouges, cousins des gardes chinois.
J’ai lu et aimé les livres consacrés par Jean LACOUTURE à différentes biographies. L’auteur manifestait du respect pour toutes les personnes dont il parlait et je me souviens de son regret de n’avoir compris de suite le drame cambodgien. Après ce long préambule, je profite de la possibilité qui m’est donnée aujourd’hui pour (re)dire tout le bien que je pense du travail de Louis GABAUDE, membre de l’Ecole française d’Extrême-Orient, grand spécialiste du bouddhisme, et qui, une fois à la retraite près de Chiang Mai, fait paraître chaque mois la revue « Vu de Sansai », très intéressante et instructive pour tous ceux qui aiment l’Asie et qui veulent lire quelques nouvelles sérieuses. (1)
Ainsi, dans sa dernière livraison de janvier, Louis GAVAUDE parle du décès du Père François PONCHAUD, prêtre des Missions étrangères de Paris, qui a donné sa vie aux Cambodgiens et au Cambodge. Il recopie le compte-rendu de lecture établi par Jean LACOUTURE lors de la sortie du livre « Cambodge année zéro » en 1977. J’en ai extrait cette citation qui résume bien cet immense drame :
« Le groupe dirigeant khmer (à l’époque du génocide) est un produit de notre enseignement. Ces personnages qui se conduisent comme des épigones de Tamerlan ou de Nabuchodonosor sont tout bonnement d’anciens professeurs formés dans nos concours de licence et d’agrégation, de biens classiques « intellectuels marxistes » du Quartier latin, comme ceux qui essaiment constamment de la rive gauche à Rabat, à Saïgon ou à Brazzaville. Que transplantés au Cambodge, ces élèves de nos maîtres aient pu devenir les esclavagistes qui attellent le peuple entier à la charrue est une bien terrible leçon. Ce n’est pas la seule que donne le beau et tragique livre de François PONCHAUD, que doivent lire tous ceux qui rêvent de changer le monde ». (2)
1. En cherchant sur internet à "Louis Gabaude", vous pourrez trouver beaucoup sur le bouddhisme.
2. Jean LACOUTURE - Revue d'Etudes comparatives Est-ouest, Année 1977, 8-4, p. 220) - Voir l'article de Louis GABAUDE - Vu de Sansai N° 32 du 31 janvier 2025
19 février 2025 : Formation professionnelle et Extrême-Orient – Philippe BERTHELOT et Paul CLAUDEL
Un de mes frères, Christian, m’a offert le Dictionnaire amoureux de la diplomatie, un gros livre de 900 pages écrit par Daniel JOUANNEAU, mon ancien Chef du Protocole, que j’ai tant apprécié et dont je découvre, une nouvelle fois, la culture, le travail et l’humour. On peut être énarque, comme lui, et « honnête homme ».
Pendant un voyage en Chine, le diplomate Philippe BERTHELOT (1866-1934) rencontre à Fou-Tchéou le consul de France, Paul CLAUDEL. Ils deviendront de grands amis et Paul CLAUDEL dira de lui : « Le don essentiel de Philippe, ce qui à mon avis le fait grand entre les grands, c’était son courage tranquille, son énergie de fer, cette volonté immuable, appuyée sur une foi qu’on peut appeler fanatique dans la vérité ». (1)
Peut-on recevoir plus belle épitaphe ?
Peut-être plus encore, j’ai aimé ces lignes que donne Daniel JOUANNEAU : « Envoûté par la Chine, il (Philippe BERTHELOT) dira à son retour : « Il n’y a pas de formation professionnelle ni humaine sans un séjour en Extrême-Orient ». (1)
Il est bien écrit « séjour », et non quelques heures comme le font trop de nos politiciens qui deviennent, par le fait même, incapables de comprendre un autre monde que le leur. Je pense la même chose de ceux qui arrivent dans un pays en sachant déjà tout et en considérant qu’ils n’ont plus rien à découvrir ou à apprendre.
1. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Page 74
21 février 2025 : Diplomatie secrète et secret de la diplomatie
Camille BARRERE (1851-1940), ambassadeur, opposait « la diplomatie secrète, qui est blâmable, au secret de la diplomatie qui demeurera, tant qu’il y aura des hommes et sous tous les régimes, une impérieuse nécessité. Si je suivais des directives contraires à celles de mon gouvernement, je ferais de la diplomatie secrète… Quand je me tais sur les affaires d’Etat que je traite avec le gouvernement auprès duquel j’ai l’honneur d’être accrédité, si je ne ressens pas le besoin de les raconter sur la place publique, j’accomplis un devoir élémentaire… Cela, c’est le secret de la diplomatie… » (1)
Cette belle leçon, non de la diplomatie secrète, mais du secret de la diplomatie, devrait être enseignée, son seulement à l’ENA ou à Polytechnique (où la subtilité n’est guère de mise), mais à tous ceux qui ont l’honneur de servir au Quai d’Orsay, et spécialement aux chiffreurs qui, trop souvent, voyant passer tous les télégrammes, font semblant de tout savoir et se répandent dans les dîners en ville. J’ai constaté les désastres ainsi produits en Chine, au Chili, en Thaïlande…
Mais on peut, de nos jours, voir ces mêmes entorses au secret de la diplomatie avec nos chefs d’Etat et de gouvernement, nos ministres, nos ambassadeurs… Ils ne se contrôlent plus quand il sont devant les médias. On voit, par exemple, l’actuel chef de l’Etat saisir l’occasion d’une visite à l’étranger pour parler de politique intérieure française pendant une conférence de presse. En d’autres temps, on respectait les pays d’accueil et on ne mettait pas n’importe quoi sur la place publique.
On voit, toujours par exemple, un certain nombre d’ambassadeurs à la retraite accepter de déblatérer de la situation internationale sur les chaînes de télévision du service public. Mais avant de les laisser parler et de les payer (on devrait dire combien même si ce n’est rien), pourquoi n’a-t-on pas le courage de présenter tous (je dis bien tous) les « services » rendus à la France, aux Français et au personnel de leur ambassade… Si cela était fait, il y aurait soudain moins de bavards, « aras » de l’Amazonie…
1. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Page 61
23 février 2025 : François de CALLIERES et la vérité
Quel beau portrait de François de CALLIERES (1645-1717) écrit pas SAINT-SIMON :
« Un homme extrêmement sage et sensé, qui aimait l’Etat et qui était fort instruit, fort modeste et parfaitement désintéressé, qui ne craignait pas de déplaire au roi ni aux ministres pour dire la vérité. » (1)
Si seulement nous avions encore de nos jours de tels diplomates, de tels ministres, de tels politiciens… au service de la vérité !
1. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Page 150
24 février 2025 : Ministère des affaires étrangères et décadence
De mal en pis… J’ai déjà parlé de Catherine COLONNA, pour laquelle j’avais de l’admiration quand elle était porte-parole du Président Jacques CHIRAC, mais qui, aveuglée me semble-t-il, par les paillettes de la gloire, a accepté d’être la ministre des affaires étrangères de MACRON pendant un an. J’ai vite constaté que ce poste, comme tant d’autres, était donné à quelqu’un simplement pour que cette personne répercute les ordres et décisions du « dictateur » de l’Elysée, dictateur parce que se croyant seul à savoir et ne devant avoir autour de son « auguste » personne que des valets ou des esclaves.
Après elle, ce fut Stéphane SEJOURNE qui « hérita » du poste, pendant une année environ. Je n’en ai pas parlé car j’ai attendu de voir s’il ferait quelque chose. Rien n’est venu, sinon la répétition des monologues élyséens. Les perroquets font de même !
Et depuis peu, c’est un certain Jean-Noël BARROT qui a repris le flambeau, plutôt d’ailleurs une vessie prise pour une lanterne. Il est nul… J’espère au moins qu’il répète les sottises qu’on lui demande de seriner en sachant que ce sont des stupidités. Mais ce n’est pas certain tellement l’attirance pour la lumière des projecteurs lui a fait perdre, comme à tant d’autres, toute réflexion et toute décence.
A l’Elysée même, Emmanuel MACRON vient de donner une preuve supplémentaire de sa nullité en matière de diplomatie. Au cours d’une émission pour répondre en direct à des amateurs de réseaux sociaux, il a parlé de son prochain voyage à Washington pour rencontrer Donald TRUMP. Et il a expliqué ce qu’il dirait, en tutoyant le Chef des Etats-Unis comme s’il lui était un vulgaire camarade d’escapade nocturne de collégiens ayant fait le mur.
Monsieur le Président de la République, je n’aime pas du tout ce que vous faites et surtout ce que vous ne faites pas, mais vous constatez que je vous vouvoie et que je vous donne votre titre.
Aussi longtemps que vous ne comprendrez pas le respect et que vous afficherez votre méconnaissance de la langue française, alors n’allez pas à Washington. Le Président américain et d’ailleurs les Chefs d’Etat du monde entier n’ont que faire de votre impolitesse et de votre inculture.
Avec vous, nous frisons le néant existentiel, puisque vous n’avez même pas l’idée de chercher la vérité.
27 février 2025 : Paul CAMBON et les « conseilleurs »
« Paul CAMBON écrit à son ministre… en 1911 : « Un ambassadeur n’est pas un subalterne chargé d’exécuter une consigne, c’est un collaborateur qui doit toujours, même au risque de déplaire, s’exprimer librement sur des questions que l’on ne voit à Paris que par un côté. Il y a 25 ans que je suis ambassadeur. Je peux donc me permettre d’exprimer un avis, et je suis un peu surpris quand je vois des jeunes gens qui ne sont jamais sortis de leur bureau trancher de tout et vous conseiller des démarches pleines d’inconvénients. » (1)
Ces lignes ont été écrites en 1911, il y a donc plus d’un siècle. Mais rien n’a changé, bien au contraire. Les « jeunes gens jamais sortis de leur bureau » tranchent de tout…
J’ai déjà écrit dans « Doléances » tout le mal fait par ces cabinets pléthoriques, à l’Elysée, à Matignon, dans chaque ministère, dans chaque préfecture, dont les conseillers, trop souvent fraîchement sortis de leurs études, examens et concours, se permettent de ravaler à moins que rien (ou presque) un conseiller qui, au cours d’une longue carrière, a acquis une grande sagesse et de nombreuses connaissances.
Sans changement, cette caste continuera à contribuer au déclin du pays, alors même que les plus hautes instances de l’Etat continuent à demander les avis et recommandations de sociétés de conseil, même étrangères…
J’ajoute, car c’est tout aussi important, qu’il faut également corriger l’attitude de certains chefs de poste vis-à-vis de leurs subordonnés.
1. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Pages 122-123
28 février 2025 : François-René de CHATEAUBRIAND
« Il fut profondément attaché à restaurer la grandeur de notre pays, après les désastres de 1814-1815, et à en défendre l’indépendance… Une parenté profonde l’unit au général de Gaulle ». (1)
En lisant ces lignes de Daniel JOUANNEAU, on voit qu’après les quinquennats de Nicolas SARKOZY, François HOLLANDE et Emmanuel MACRON, il faudrait bien à tous les Français un François-René de CHATEAUBRIAND ou un général de GAULLE (ou les deux) pour « restaurer la grandeur » du pays et « défendre l’indépendance ».
Quant aux trois derniers présidents, l’histoire, j’espère, les jugera vite comme inutiles, néfastes et incapables. Uniquement préoccupés de leur nombril, ils n’ont « servi » qu’eux-mêmes.
1. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Page 150
1er mars 2025 : Maison blanche – TRUMP, MACRON, ZELENSKY
Le Protocole n’est vraiment plus ce qu’il était. Et pourtant, il est une partie nécessaire de la diplomatie. Sans lui, la catastrophe est assurée.
J’avais été surpris de voir le Président Emmanuel MACRON organiser une mise en scène télévisée pour faire semblant de faire croire à ce qu’il dirait au Président américain, d’ailleurs en le tutoyant ce qui montre bien sa méconnaissance du respect profond des êtres prévu dans la langue française… MACRON, même s’il le souhaite, n’est pas le copain du pape.
Ensuite, traditionnellement, avant l’entretien bilatéral, quelques photographes sont invités à prendre quelques photos, naturellement sans poser de questions.
Ensuite, a lieu l’entretien, soit les deux Chefs d’Etat en tête à tête, soit avec leurs conseillers et interprètes. A la fin, il y a, le plus souvent, une conférence de presse conjointe.
J’ai constaté la nouvelle mode, idiote, lors de la visite de MACRON à la Maison Blanche. Une mini conférence de presse a été tenue pendant la séance de photos. Cela m’a semblé du plus mauvais goût, mais m’a aussi montré la décadence de la diplomatie : MACRON racontant avant la rencontre ce qu’il dira et mini-conférence avant l’entretien. Il me semble urgent de réfléchir sur le « Secret de la diplomatie » (1) et sur la décadence de notre politique étrangère. De nos jours, on vend son âme pour un passage à la télévision.
Le summum est arrivé à la fin du mois dernier avec la visite du Président ukrainien Volodymyr ZELENSKY à Washington. Comme pour MACRON, il y eut la mini conférence de presse pendant les photos et la pièce se transforma en drame avec le départ précipité de ZELENSKY.
Quand il s’agit de vie humaine, de paix et de guerre, on devrait, au minimum, accepter un ordre du jour précis, surtout lorsque, à l’évidence, les deux parties ne sont pas d’accord.
J’ai compris cela en Chine pour les droits de l’homme. On peut parler de tout, surtout avec des diplomates, mais les dossiers les plus brûlants, qui peuvent faire le plus de mal aux deux parties, doivent se négocier en secret jusqu’à trouver un compromis acceptable par chacun.
Comment notre pauvre président français peut-il ne pas comprendre que ses rodomontades, fanfaronnades et tarasconnades répétées et répandues dans tous les médias disponibles, l’empêche de parler et de négocier avec de plus en plus de « grands » de ce monde qui ont compris qu’on ne peut faire confiance à un tel zozo. (Il suffit d’écouter le Président TRUMP raconter son dîner à la Tour Eiffel avec MACRON et constatant le lendemain dans les journaux que le président français avait raconté aux médias ce qui ne correspondait pas à leurs discussions).
J’ai cru comprendre que le Président russe, Vladimir POUTINE, ne veut plus voir ni écouter notre président. Comment voulez-vous négocier ainsi, en imitant Guignol sur le Champ de Mars ? Je crois deviner la réponse : il ne reste à MACRON que la posture du « va-t-en-guerre ».
1. Cf ci-dessus : 21 février 2025 - Diplomatie secrète et secret de la diplomatie
5 mars 2025 : BAYROU, le nouveau BIDEN
C’est fou ! Bientôt nous n’aurons plus besoin de chansonniers. Nos politiciens sont tellement pitoyables que leurs gags les accompagnent chaque jour.
Ainsi ai-je regardé la nuit dernière une conférence de presse donnée par le Premier Ministre François BAYROU. Contemplez cette séquence d’anthologie. Devant un beau pupitre, entouré de Bruno RETAILLEAU et d’Elisabeth BORNE, ayant dans ses mains toutes les fiches de ses collaborateurs, notre Premier Ministre cherche une info. Il ne la trouve pas et c’est le ministre de l’intérieur qui la lui souffle à l’oreille. Quelques secondes plus tard, le Premier Ministre a soudainement soif et se met à chercher un verre d’eau autour de lui. Et c’est Elisabeth BORNE qui lui montre que le verre est sur son pupitre, caché sous un couvercle.
J’ai beaucoup aimé le commentaire d’un journaliste : « Le Président américain BIDEN a trouvé son successeur » !
On pourrait rire si ce n’était pitoyable, comme toutes les marionnettes dont MACRON a cru bon devoir s’entourer !
15 mars 2025 : Dossier ukrainien
Je suis fatigué d’entendre les fadaises, niaiseries, mensonges, tricheries… déversés à longueur de journées et de nuits par les médias officiels. Il faut de toute évidence et immédiatement supprimer toutes les subventions et exonérations distribuées non seulement aux médias, mais aussi aux journalistes répandant, sans vergogne aucune, la propagande qui leur offre fric et exonération d’impôts.
Même sans connaître grand chose au dossier ukrainien, on peut prendre la peine, depuis le début de cette trop longue guerre, de s’informer auprès, non pas de propagandistes qui ne sont que des perroquets, mais en essayant de revoir les faits, réels et vérifiés, qui ont conduit à ce marasme.
Sur tout sujet, chacun doit pouvoir comprendre sans se voir imposer des idées fausses qui, serinées, prétendent à la vérité. En fait, j’avais dans la tête cette phrase écrite par le général de GAULLE : « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples ». Il m’a paru nécessaire de faire de même, non pour l’Orient, mais pour l’Europe. Et je souhaite donc donner le résultat, ni chronologique, ni concret, de mes réflexions.
Comme par « miracle », je préparais dans ma tête ce que j’avais envie d’écrire pour arrêter les mensonges de MACRON et de ses esclaves, au premier rang desquels je constate que le ministre des affaires étrangères est le perroquet de service, accompagné du nouveau ministre des finances, sorti tout droit du néant, c’est-à-dire de l’ENA, et ayant fait carrière dans le fric… J’ai alors trouvé, dans un magasin où je faisais quelques courses – il faut bien vivre pour témoigner un minimum – le journal La Baule + de mars 2025, qui est gratuit et qui, à ma connaissance, ne reçoit aucune subvention.
Un article est consacré à Jacques HOGARD et le titre en est un excellent résumé : « Le vrai responsable de la guerre, ce n’est pas celui qui la déclenche, mais celui qui l’a préparée, voulue et provoquée. » (1)
On attribue ainsi à la Russie le déclenchement de la guerre en Ukraine. C’est juste si l’on entend par « déclenchement » l’entrée des troupes russes sur le territoire ukrainien. C’est faux si l’on comprend « déclenchement » comme le début des hostilités. Jacques HOGARD le note : » On voit bien que dès la chute de l’Union soviétique, la puissance américaine, inspirée par Brzezinski, voulait détacher l’Europe de la Russie pour affaiblir les deux camps ».
Il faut remonter loin pour comprendre les erreurs des Occidentaux imposées aux Russes. « Les dirigeants russes, depuis Gorbatchev, ont cru à un moment donné l’ouverture possible à l’Ouest. Ils ont tous demandé leur rattachement à la maison commune… Tout cela a été repoussé avec mépris… Finalement, après de nombreux épisodes, Poutine s’est dit qu’il n’avait rien à faire avec les Occidentaux qui ne veulent plus des Russes. Donc il s’est occupé de protéger ses ressortissants russophones et orthodoxes de l’Est de l’Ukraine, qui étaient martyrisés et humiliés, tout en protégeant ses propres intérêts, car l’OTAN se rapprochait très près de ses frontières… » (1)
Pour commencer à réfléchir et à comprendre, il faut une nouvelle fois lire « Pérestroïka », de Mikhaïl GORBATCHEV. J’ai pour ma part relu ce que j’avais écrit en 2024 (2). Je continue à penser que Mikhaïl GORBATCHEV était un grand homme d’Etat, non seulement pour son peuple, mais pour l’ensemble de l’Europe et du monde. Une occasion extraordinaire a été perdue, par la faute des « démocrates » se disant amis de la liberté, alors qu’ils ne sont que des nains : au hasard BIDEN, SARKOZY, HOLLANDE, MACRON, Van der LEYEN… Tous ces inutiles qui n’ont jamais commencé à travailler pour leurs peuples…
Il faut s’arrêter un moment à la révolution orange de 2004.
« On sait maintenant qu’elle a été financée par l’USAID, que vient de démanteler Elon MUSK aux Etats-Unis… On sait que Maidan était un putsch contre le gouvernement élu de l’Ukraine… C’était un gouvernement que l’on a renversé par la force, avec des tireurs d’élite qui ont tiré sans distinction dans la foule à Kiev… On sait maintenant, grâce à Victoria Nuland, sous-secrétaire d’Etat de Joe Biden, que cette affaire a coûté 5 milliards de dollars. Tout cela pour monter un putsch contre les autorités légitimes de l’Ukraine de l’époque… Le seul but de tout cela, c’était de détacher l’Ukraine de la Russie ». (1)
C’est assez simple. Si des études sérieuses montrent que les Etats-Unis ne sont pas intervenus comme des dictateurs dans cette aventure irraisonnée de Maidan, je changerai ma façon de penser. En attendant, je constate que la démocratie a quitté l’Occident et que les Etats-Unis considèrent qu’ils peuvent traiter les pays européens comme ils l’ont fait avec ceux d’Amérique latine : interventions armées et financières pour imposer leur joug et leurs bottes.
Une autre grande étape est celle des accords de Minsk (I et II) en 2014 et 2015 :
« François Hollande et Angela Merkel ont reconnu publiquement que les accords de Minsk étaient une sorte de leurre pour gagner du temps et permettre la montée en puissance de l’armée ukrainienne… » (1)
« Pendant pratiquement une dizaine d’années, l’aviation ukrainienne a bombardé (dans le Donbass) des Ukrainiens qui avaient le tort d’être russophones et orthodoxes. » (1)
Alors, qui a commencé cette guerre inutile ? On voit que la réponse est bien moins évidente que ce que serine la propagande française, européenne, otanienne et américaine… François HOLLANDE et Angela MERKEL ont reconnu publiquement avoir triché et menti, non seulement à la Russie, mais au monde. Or l’un était le président français et l’autre la chancelière allemande. Et la propagande actuelle fait tout pour pousser la Russie à accepter un cessez-le-feu. Je crains fort que la Russie ne puisse l’accepter qu’en échange de garanties très nécessaires et très sérieuses, étant donné l’irrespect (c’est bien peu dire) des Occidentaux qui n’ont plus comme « parole » que leur baratin.
Il faut continuer cette triste litanie en parlant des accords d’Istanbul :
« En mars 2022, un mois après le début de la guerre, les accords d’Istanbul ont abouti à un projet de paix… C’est Boris Johnson, Premier Ministre du Royaume-Uni, qui a torpillé cet accord de paix en se rendant spécialement à Kiev pour dire à Zelenski qu’il ne devait pas signer cet accord et que le Royaume-Uni et les Etats-Unis soutiendraient l’Ukraine jusqu’à la victoire finale… » (1)
On peu facilement imaginer que le « pitre » Boris JOHNSON ne s’est pas rendu à Kiev sans l’accord des Etats-Unis, de l’OTAN et de l’Union européenne, c’est-à-dire l’ensemble de ceux qui se disent « démocrates » et sont en fait les « fauteurs de guerre ». (3)
On voit, avec ces quelques jalons que comprendre le présent, c’est toujours savoir prendre du recul et ne pas accepter les déclarations intempestives et irraisonnées faites dans l’immédiateté des médias.
Je suis pour ma part content de découvrir qu’un de mes petits-enfants, Paul, déclare aimer l’histoire.
1. La Baule + N° 249 - Mars 2025 - Pages 6-7-8
2. Cf. "Au gré des jours" 2024 - Articles du 9 mai au 12 juin
3. Cf. "Au gré des jours" 2024 - 16 mars 2024 : Pour la paix et contre la guerre
17 mars 2025 : « Savoir comment vivre »
J’ai beaucoup aimé le roman de Marina DEDEYAN retraçant la fresque d’une famille en Russie et en Union soviétique « au tournant du XXème siècle, entre grandeur d’avant-guerre et tourmente révolutionnaire ». (1)
Une citation est mise au début de chaque chapitre et j’ai apprécié la suivante, tirée d’Ernest HEWINGWAY, « Le soleil se lève aussi » :
« Peut-être, avec le temps, finit-on par apprendre quelque chose.
Peu m’importait ce que c’était. Tout ce que je voulais, c’était savoir comment vivre.
Peut-être, en apprenant comment vivre, pourrait-on finir par comprendre ce qu’il y a en réalité au fond de tout ça. »
« Ce que je voulais, c’était savoir comment vivre » !
1. Marina DEDEYAN - Là où le crépuscule s'unit à l'aube - Robert Laffont 2022
18 mars 2025 : Un chef d’Etat dépassé
En lisant les lignes suivantes, j’ai tout naturellement pensé à notre actuel président : « Le tsar… affirmait son attachement forcené à une Russie qui n’existait plus… Un pouvoir discrédité par les manipulations grossières de sa police, les échecs de sa diplomatie sur la scène internationale et son incapacité à remédier aux maux de son peuple. » (1)
Emmanuel MACRON ressemble tellement à ce tsar qui allait bientôt disparaître avec « un pouvoir discrédité », avec « les manipulations grossières » (pas seulement de sa police), avec « les échecs de sa diplomatie » et surtout avec « son incapacité à remédier aux maux de son peuple ».
La seule différence serait que MACRON place son énergie, d’une façon « forcenée », dans la disparition de la France. C’est pourquoi, ayant souhaité être élu président de la république française, il devrait être accusé et condamné pour forfaiture, puisqu’il semble incapable d’avoir le courage de démissionner pour respecter ses propres croyances.
1. Marina DEDEYAN - Là où le crépuscule s'unit à l'aube - Robert Laffont 2022 - Page 341
27 mars 2025 : Ecrivains et diplomates – Jean-Jacques ROUSSEAU
Poursuivant la lecture passionnante du dictionnaire amoureux de la diplomatie, j’ai découvert ces lignes de Daniel JOUANNEAU, suivies d’une citation de Jean-Jacques ROUSSEAU :
« Jean-Jacques Rousseau a la malchance d’être nommé auprès d’un ambassadeur médiocre, M. de Montaigu, pour lequel il a un profond mépris. « Je trouvai ma besogne moins embarrassante que je n’avais craint pour un homme sans expérience, auprès d’un ambassadeur qui n’en avait pas davantage et dont, par surcroît, l’ignorance et l’entêtement contrariaient comme à plaisir tout ce que le bon sens et quelques lumières m’inspiraient de bien pour son service et celui du roi. » (1)
Un ambassadeur médiocre, avec son ignorance et son entêtement. En toute modestie, il m’est arrivé de me comparer au diplomate Jean-Jacques ROUSSEAU. Je n’ai rien vu de pire au ministère des affaires étrangères que d’avoir un ambassadeur médiocre. Je le sais d’expérience, hélas, puisque j’ai été (trop souvent) dans des ambassades médiocres, qui le deviennent toujours et rapidement à cause du chef. Et je le sais aussi par comparaison car j’ai eu l’immense honneur de travailler avec des ambassadeurs qui était tout le contraire de la médiocrité.
Un très grand merci donc, une nouvelle fois, à l’ambassadeur Daniel JOUANNEAU qui a, pour moi, fait partie de ces très grands.
En regardant ce qu’est devenu le ministère des affaires étrangères, on voit à l’oeuvre de destruction la médiocrité, l’ignorance et l’entêtement qui viennent de l’Elysée et qui sont répétés par le ministre.
Immense tristesse de constater que la politique étrangère n’est pas meilleure que la politique intérieure ! Le sous-développement « en marche » !
1. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Page 267
28 mars 2025 : Les Etats-Unis et l’Amérique latine
Les lignes suivantes résument magnifiquement la politique des Etats-Unis à l’égard de l’Amérique latine:
« Theodore Roosevelt avait confirmé en 1904 la doctrine Monroe (1) : Les Etats européens n’ont rien à faire en Amérique latine, mais les Etats-Unis, sous prétexte de faire régner la paix et la prospérité dans le Nouveau Monde, s’arrogent le droit d’intervenir dans les affaires intérieures des Etats d’Amérique du Sud. » (2)
L’arrogance des Etats-Unis ! Un mot qui dit tant et qui fait comprendre l’importance immense et l’immense succès des voyages en Amérique latine du général de GAULLE (référence absolue) et du Président Jacques CHIRAC. (3)
Ayant eu la chance et l’honneur de vivre 3 années au Pérou, 3 années à Panama, 3 années au Chili, 3 années en Jamaïque, sans compter des voyages presque innombrables et presque partout, les innombrables contacts et amitiés avec les Sud-Américains, j’ai ressenti bien souvent la répulsion, si ce n’est la haine, à fleur de peau, vis-à-vis des dirigeants des Etats-Unis…
L’arrogance ! Depuis 1904, les Etats-Unis l’ont étendue au monde entier, écrasant bien trop souvent le droit et la justice. Comment s’étonner du résultat obtenu, même avec tant et tant de guerres et de coups d’Etat et d’imposition par la force ? De nombreuses nations ont commencé, non pas à se réveiller – c’est fait depuis longtemps -, mais à se lever et à dire « non »… C’est sûrement une part de la réussite des BRICS…
J’aimerais que soit étudiée d’une façon détaillée l’arrogance dans la diplomatie… En écrivant cela, je pense à ce qu’écrivait Alphonse DAUDET dans « Les lettres de mon moulin » : « La haine, c’est la colère des faibles ».
Il faudrait poursuivre cette étude sur l’arrogance, sans oublier cet adverbe presque « oublié » : « arrogamment », avec la diplomatie de la France actuelle. L’irrespect du Président MACRON, son inculture, son mépris du petit peuple de France comme des grands de ce monde, ont conduit combien de peuples, à commencer par les Africains, mais ils sont loin d’être les seuls, à s’éloigner de la France, de la francophonie, de l’entente, de la détente et de la coopération. Alors, il ne reste, pour faire semblant d’exister dans notre sous-développement, que l’arrogance du va-t-en-guerre et celle du rejet de la démocratie, non seulement en France, mais aussi en Europe.
Qu’un chercheur se mette de suite à l’ouvrage pour l’étude de l’arrogance qui a fait tant de mal et qui continue son oeuvre de destruction et de dictature !
Le respect de soi-même, c’est d’abord celui des autres, des plus faibles comme des plus forts…
1. Enoncée en 1823 par le Président James MONROE
2. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Pages 418-419 - Rubrique "Jusserand, Jean Jules"
3. Voir "Souvenirs, souvenirs... Protocole - Quai d'Orsay et Elysée - 1993-1999"
29 mars 2025 : Protocole
Monsieur l’Ambassadeur, cher Daniel JOUANNEAU, permettez-moi de vous dire combien j’ai apprécié et aimé la rubrique que vous avez consacré au Protocole. (1)
J’ai été plus particulièrement retenu par les lignes suivantes qui sont ressenties fortement quand on les a partagées comme « agent du Protocole » (un titre que j’ai beaucoup aimé) :
La fonction de Chef du Protocole « exige simplement… une attention de tous les instants. »
« Le protocole est une sorte de religion. Elle a ses pratiques et ses mystères » (citation de Jules CAMBON)
« Le protocole est continuellement fait de petits réglages ».
« Sous l’autorité de l’un comme de l’autre (François MITTERRAND et Jacques CHIRAC), nous avions le sentiment de servir une grande politique étrangère. »
« J’avais la chance d’être assisté par une petite équipe remarquable de compétence, de cohésion et de bonne humeur, au sein de laquelle étaient représentés, par de grands professionnels, tous les services de l’Etat concernés par un déplacement du Président de la République : cellule diplomatique de l’Elysée, aides de camp, groupe de sécurité de la présidence de la République, service de protection des hautes personnalités, médecin chef de la présidence, communication, presse… » (2)
« Les déplacements à l’étranger, visites d’Etat ou visites officielles sont des instruments majeurs de politique étrangère. » (3)
« Je me disais qu’il y avait dans le ciel une étoile spéciale pour protéger un chef du Protocole en difficulté. »
Monsieur l’Ambassadeur, me permettrez-vous d’ajouter que les agents sous votre autorité ont souvent pensé la même chose ?
1. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Pages 633 à 644
2. Monsieur l'Ambassadeur, je n'ai pas recopié les quelques lignes qui suivent dans votre ouvrage, parce que je peux, hélas, ne pas être toujours d'accord avec vous. Il se trouve qu'il existe des gens qui savent "se vendre" : bonne présentation, mais par derrière tous les coups sont permis, comme chez les dictateurs.
3. Peut-être faudrait-il dorénavant et jusqu'à nouvel ordre, mettre cette phrase à l'imparfait ?
30 mars 2025 : Honnêteté et honneur
Alexis de TOCQUEVILLE a été député et ministre des affaires étrangères. Quelques-unes de ses interventions à la Chambre révèlent que, déjà, au XIXème siècle, « l’honnêteté en politique » n’était pas une mince affaire. Et les hommes étaient déjà « indignes » de porter le pouvoir…
« Réhabiliter l’honnêteté en politique dans une nation qui est devenue presque indifférente sur le bien et sur le mal, et qui n’adore que le succès, ce n’est certes pas une petite entreprise ». (1)
« La cause réelle, la cause efficace qui fait perdre aux hommes le pouvoir, c’est qu’ils sont devenus indignes de le porter ». (1)
Aujourd’hui, Alexis de TOCQUEVILLE pourrait signaler une troisième plaie ajoutée par les hommes politiques. Ils veulent empêcher de parler ceux qui leur disent qu’ils sont « indignes ». Tout cela déguisé en « démocratie ». C’est ce qu’ils disent, eux qui ont perdu leur honnêteté et leur honneur !
1. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Page 818 Rubrique "Tocqueville, Alexis de"
31 mars 2025 : Liberté de la presse
Vous consacrez une très belle rubrique à Ghassan TUENI, « un grand journaliste et patron de presse, un président d’université, un homme politique qui a voulu réformer l’Etat, mais aussi un grand diplomate ». (1) Vous l’avez bien connu au Liban et je retiens ces lignes de vous et de lui :
« Ghassan Tuéni s’est… battu toute sa vie pour la liberté de la presse. « Le secret de ma liberté, c’est de ne rien demander au pouvoir, de ne rien lui devoir, et d’être dans une position où le pouvoir ne peut rien contre moi. Je me suis tenu à ce principe ma vie durant, même si je l’ai payé parfois au prix fort. » (1)
S’agissant de la presse et des journalistes, je vénère le courage et la sagesse de Ghassan TUENI. Il suffit de regarder ce qui se passe actuellement dans notre pays où l’on constate chaque jour et de plus en plus que les subventions à la presse et les exonérations d’impôts aux journalistes suppriment en fait la liberté de la presse dont pourtant ces derniers ne cessent de se présenter comme les porte-étendards, alors qu’ils sont autant achetés que vendus. En France, ils ne sont plus libres et la presse ne l’est donc pas davantage. Devant cette faillite, il est urgent de supprimer et les subventions et les exonérations. On voit d’ailleurs aisément que la liberté de la presse existe maintenant bien davantage sur les chaînes « libres » que chacun peut écouter sur YouTube. C’est ainsi, par exemple, que Pascal BONIFACE nous apprend qu’il n’est plus invité sur les chaînes « officielles » de la TNT.
Il y aurait tant d’autres exemples de censure à développer comme la fermeture de C8, une honte pour la soi-disant démocratie. Cette dernière n’existe plus chez nous et on peut déjà s’attendre au pire pour les prochaines échéances électorales puisque le trafic des votes est à l’oeuvre en Europe. Thierry BRETON ne s’en cache même pas ! (Avec lui, on ne cesse d’aller de mal en pis !)
Il y a autre chose que je souhaite relever. Ghassan TUENI parle « de ne rien demander au pouvoir, de ne rien lui devoir et d’être ainsi dans une position où le pouvoir ne peut rien » contre lui. Et il ajoute « je me suis tenu à ce principe ma vie durant, même si je l’ai payé parfois au prix fort. »
Je voudrais écrire, même si je ne fais pas partie des « grands » hommes (il ne faut jamais oublier que mon nom de famille est « petit », ce qui m’a toujours convenu), je voudrais donc écrire que j’ai également « payé » le prix fort pour tenir, envers et contre tous, certains principes. Ceux qui ont eu le courage et la patience de lire ce que j’ai essayé d’écrire le comprendront. Relisez les souvenirs de Thaïlande (Lampang, Chiang Mai et Bangkok), du Chili, de Panama, de Chine, de Jamaïque, de Birmanie…
J’ai appris trop souvent que ceux qui « détiennent » le pouvoir ne veulent avoir autour d’eux que des esclaves à leur botte. Si vous voulez vous élever contre des mesures injustes, dictatoriales, vénales…, alors il vous faut être le plus irréprochable possible car ils emploieront tout pour vous détruire afin de continuer leurs magouilles.
Il ne faut jamais oublier que la justice et la démocratie, tout comme l’honnêteté, appartiennent, en France, au passé. La vie est donc devenue beaucoup plus dure !
1. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Page 826 - Rubrique : "Tuéni, Ghassan"
3 avril 2025 : Choisir : réformes indispensables ou déclin assuré
Dans les dernières pages de votre beau livre, j’ai relevé, Monsieur l’Ambassadeur, l’article sur l’un des derniers ministres des affaires étrangères avant la Révolution :
« Pour Vergennes, la vocation historique de la France doit être de rechercher l’équilibre entre les puissances pour garantir la paix en Europe… Mais l’équilibre des puissances en Europe, auquel il a consacré tant d’années, sera balayé par l’ouragan de la Révolution. Et à l’intérieur, alors que personne n’a pu les accomplir à sa place, il a partagé l’impuissance et le discrédit de tous ceux qui, faute d’accepter à temps les indispensables réformes, accomplirent le déclin de la monarchie. » (1)
Le chevalier de VERGENNES avait déjà compris que « faute d’accepter à temps les indispensables réformes », le pire ne pouvait qu’arriver, c’est-à-dire le déclin, à son époque celui de la monarchie.
Tout naturellement ces lignes m’ont frappé car elles ressemblent à ce que j’ai essayé de dire, à chaque page de « Doléances » et que je ne cesse de répéter dans tous les autres souvenirs que je tente d’écrire. La vie doit être faite de réformes car le monde, les personnes et donc chacun d’entre nous, sans amélioration, nous sommes condamnés au déclin.
Pour moi, l’évidence de l’urgence m’est apparu pendant mon passage au Protocole et surtout à l’Elysée. Auparavant, j’étais davantage préoccupé par les problèmes des différents pays dans lesquels je travaillais. Maintenant, les choses en France sont tellement dégradées, envenimées, pourries… Ceux qui représentent « l’ancien régime » sont certes toujours au pouvoir, mais de plus en plus accrochés à leur rocher, comme les berniques. Non seulement cette caste refuse de commencer la moindre réforme, si ce n’est en baratins aussi variés qu’inutiles, ni même d’écouter les gens du peuple, si ce n’est faire semblant, mais elle accentue sa tendance naturelle à l’entre-soi et à la dictature… Le sous-développement de la France est son oeuvre.
J’écris ces lignes en apprenant que le secrétaire général de l’Elysée, Alexis KOHLER, va quitter son poste pour entrer à la Société Générale, certes pas par la petite porte. Quelqu’un nous dira peut-être un jour si ce départ est dû à un désaccord avec la politique du Président, ou bien si le secrétaire général est envoyé en cheval de Troie. Si tel est le cas, pour faire quoi ? Préparer la guerre souhaitée par le dictateur qui ressemble aux généraux argentins avant la guerre des Malouines !
1. Daniel JOUANNEAU - Dictionnaire amoureux de la diplomatie - Plon 2019 - Pages 841-850 - Rubrique "Vergennes, Charles Gravier, Chevalier de"
11 avril 2025 : Mikhail GORBATCHEV
J’ai enfin réussi à lire l’énorme étude (plus de 700 pages) de Pierre GROSSER intitulée « 1989 L’année où le monde a basculé ». Il est passionnant de voir les événements et leurs évolutions aux quatre coins du monde, spécialement dans nombre de pays dans lesquels j’ai vécu.
Aujourd’hui, je voudrais relever les lignes suivantes sur Mikhail GORBATCHEV, qui recoupent ce sur quoi j’ai moi-même écrit après avoir été très intéressé par le livre « Perestroïka » (1) :
« Gorbatchev voulait que les rapports entre les deux Grands soient un exemple de coopération dans le monde, et obtenir une déclaration affirmant que l’usage de la force militaire ne pouvait résoudre les problèmes. Il prétendait entraîner, grâce à sa force de conviction toutes les bonnes volontés pour avancer vers un monde de paix. Il est possible qu’une occasion ait été ratée de mettre en place un vrai nouvel ordre international en prenant au sérieux la pensée de Gorbatchev, sa volonté de transformer les concepts de puissance, de sécurité, d’intérêt national, son intérêt pour les problèmes globaux, la démilitarisation et la dénucléarisation, et son humanisme internationaliste. » (2)
Relisez doucement ces quelques mots : « Il est possible qu’une occasion ait été ratée de mettre en place un vrai nouvel ordre international en prenant au sérieux la pensée de Gorbatchev »…
Au moins GORBATCHEV a essayé et c’est pourquoi il est grand. Si une occasion a été ratée – et elle l’a été – la faute en revient aux Occidentaux qui ont cru pouvoir conclure que les efforts du dirigeant slave étaient un aveu de faiblesse et donc qu’ils pouvaient l’écraser. On constate partout en Occident, seulement une trentaine d’années plus tard, les conséquences funestes de cette arrogance stupide et indigne.
Je le comprends d’autant plus que j’ai vu concrètement, à notre ambassade à Pékin – mais ce ne fut jamais le fait de mes deux ambassadeurs – la stupidité absolue de cette omnipotence occidentale et les résultats obtenus – ou plutôt qu’elle n’obtient pas -. (3)
Il est évident qu’il fallait rechercher un nouvel ordre mondial, ce que les puissants de l’Ouest n’ont pas voulu faire, persuadés que la force (l’OTAN en particulier) suffisait à résoudre tous les problèmes en imposant la volonté américaine.
Il faudrait se réveiller, même s’il est déjà bien tard, car le « sud global », comme ils disent bêtement, est debout et veut, à juste titre, faire entendre sa voix.
Il semble qu’il ne reste plus à l’Occident, spécialement européen, qu’à crever – comme la grenouille de la fable – à cause de son immense orgueil, ou à revenir enfin à la politique du général de GAULLE : entente, détente et coopération.
1. Cf. "Au gré des jours" - 2024
2. Pierre GROSSER - 1989 L'année où le monde a basculé - Collection Tempus - Perrin 2019 - Page 60
3. Cf "Souvenirs, souvenirs... - Chine 1984-1987"
13 avril 2025 : « Ne rien donner, prendre tout et demander plus »
Pierre GROSSER écrit au sujet du Président BUSH père que « dans ses négociations avec Moscou, il suivait le précepte de « ne rien donner, prendre tout, et demander plus ». (1)
Le Président BUSH père avait ainsi trouvé ce qu’il a, semble-t-il, transmis à son fils, le Président George W. BUSH, un des grands responsables de très nombreux morts dans le monde depuis STALINE !
Je vois, ces jours-ci, le Président Donald TRUMP commencer une guerre économique avec le monde entier. Il a, à juste titre, pris conscience de la fragilité économique des Etats-Unis et il semble avoir compris que le complexe militaro-industriel des démocrates américains ne pouvaient plus gagner les guerres puisque l’économie américaine n’est plus capable de produire, avec trop peu d’ingénieurs et d’usines, les matériels nécessaires pour mener une guerre « traditionnelle ».
Chaque pays devrait travailler à sa défense, mais jamais à l’attaque des autres. Emmanuel MACRON devrait y réfléchir sérieusement avant de jouer au va-t-en-guerre.
Je dois redire une nouvelle fois ma mise en garde contre la dictature que les Etats-Unis veulent imposer au monde. « America first » est à bannir, tout comme « America great again »… L’arrogance, la dictature, l’esclavage, la suprématie, la force, les sanctions… Tout cela est périmé. C’est un aveu de faiblesse. La mise à l’écart des organisations internationales – même si ces dernières ont besoin d’innombrables changements et réformes – ne peut mener à rien de bon.
C’est la diplomatie qui doit avoir de nouveau une place maîtresse, mais elle n’obtiendra pas de résultat sans la justice, cruellement absente pour le moment.
Espérons encore avant qu’il ne soit trop tard !
1. Pierre GROSSER - 1989 L'année où le monde a basculé - Collection Tempus - Perrin 2019 - Page 65
13 avril 2025 : Suite des réflexions précédentes
A la fin du livre de Pierre GROSSER, j’ai trouvé les lignes suivantes qui m’ont permis de développer davantage les remarques précédentes :
« Jack Matlock, conseiller de Reagan pour les affaires soviétiques puis ambassadeur à Moscou de 1787 à 1991 est convaincu que ces successeurs (1) ont tiré les mauvaises leçons de la fin de la guerre froide, abandonnant la coopération dans le respect mutuel et des règlements négociés entre partenaires ». (2)
Je trouve étrange que Pierre GROSSER ne parle pas ici de Barack OBAMA, qui, bien que Prix Nobel de la Paix (je me demande encore à quel titre, si ce n’est celui de la « com ») a poursuivi les guerres menées par les Etats-Unis et leur complexe militaro-industriel.
Il aurait fallu, au contraire, me semble-t-il, continuer ce que le général de GAULLE avait tenté et réussi avec l’URSS « Entente, détente et coopération », et que le Président Jacques CHIRAC rappelait en disant qu’il ne fallait pas vouloir écraser l’URSS (ni la Russie).
Je constate tristement que des présidents américains se disant démocrates (les malheureux OBAMA et BIDEN) ont tout fait pour imposer leur force (leur idéal ?) par la guerre. Je constate également que c’est un président républicain, Donald TRUMP, qui n’a pas imposé au monde de nouvelles guerres. Il me semble avoir compris qu’elles étaient devenues inutiles dans la nouvelle configuration de la planète. Par contre, je suis très inquiet de le voir « remplacer » cette guerre avec armes par une guerre économique qui ne réussira pas davantage à donner la paix. Il devrait comprendre que la prédominance absolue des Etats-Unis est terminée.
Il vaut mieux ne rien dire sur l’Europe, car l’Union européenne a tenté de devenir quelque chose sans les peuples qui la composent. Les pays d’Europe devraient ne jamais oublier que la géographie va « de l’Atlantique à l’Oural » et que la coopération devrait se faire dans cet immense territoire. En attendant, l’Europe ne peut cesser de péricliter. Les sourires béats d’Ursula von der LEYEN et les mamours d’Emmanuel MACRON ne peuvent convaincre et ces publicitaires en inepties finiront par disparaître.
Une dernière remarque sur ce grand livre de Pierre GROSSER. Je pense que l’Europe ne se guérira de ses innombrables blessures que lorsqu’elle comprendra qu’elle va de l’Atlantique à l’Oural, mais certainement pas jusqu’à Ankara ou Jérusalem. Ce qui ne devrait pas empêcher une coopération qui devrait être importante avec tous les pays voisins de la géographie européenne, y compris les pays du Maghreb et la Chine.
Je reviens deux minutes sur le Président OBAMA. J’adore Joan BAEZ et spécialement cette merveilleuse chanson « We shall overcome », chantée par elle lors du grand rassemblement pour les droits civiques, autour de Martin Luther KING, en 1963 à Washington.
Joan BAEZ a été invitée par la famille OBAMA à la Maison Blanche et a chanté de nouveau « We shall overcome ». J’ai vu OBAMA applaudir, mais en deux mandats de Président, qu’a-t-il fait pour la paix, sinon rien ?
Enfin, une autre grande désillusion, c’est l’obésité de l’ONU et son absence dans la solution des conflits. A part les discours, il n’y a rien. Il faudrait, là encore, refonder cette organisation qui devait être indispensable et qui ne fait rien.
Un échec phénoménal pour le « machin » et pour la paix !
1. Les successeurs de Reagan et George Bush père, c'est-à-dire Bush fils et Trump.
2. Pierre GRAOSSER - 1989 L'année où le monde a basculé - Collection Tempus - Perrin 2019 - Page728
14 avril 2025 : « Le cheval est mort »
Un économiste, Charles SANNAT, s’inspire d’un conte indien dans lequel « le cheval est mort ». « On continue de changer de cavalier, mais cela ne change rien. » (1)
C’est le résumé de l’interview trouvée dans « La Baule + », le journal que je feuillette, non seulement parce qu’il est gratuit, mais surtout parce qu’il fait partie de la presse qui arrive à vivre sans subventions de l’Etat et donc qui reste libre.
Charles SANNAT indique que le conte indien vient du Dakota… On peut accuser le cavalier pour la mort du cheval, mais la solution ne se trouve pas dans le changement de cavalier.
« Concrètement, on avait Elisabeth BORNE, puis Michel BARNIER et maintenant François BAYROU. Mais peu importe, la structure étatique est la même, avec le même taux d’endettement et les mêmes contraintes normatives de l’Union européenne. On demande à ces gens de monter un cheval mort en continuant à faire semblant. On va même faire des réunions pour savoir comment ranimer un cheval mort et c’est exactement ce qui se passe avec le conclave sur les retraites… Un de plus, car l’affaire dure depuis le livre blanc de Michel ROCARD sur les retraites… Mais il ne se passera rien, puisque le système est mort. » (1)
Michel ROCARD avait pourtant du courage, beaucoup plus en tout cas que tous ceux qui dirigent aujourd’hui. Il faudra bien reconnaître que « le système d’Etat-providence dans lequel nous sommes n’est plus viable »…
« Les décisions qui sont prises par ceux qui nous dirigent deviennent totalement absurdes, parce que le système en lui-même est devenu totalement absurde. Nous assistons à un immense effondrement… On découvre que la SNCF ne sait plus faire rouler les trains quand il y a un peu trop de vent, que l’Education nationale ne sait plus apprendre à lire, à écrire et compter à nos gamins, que le courrier n’est plus distribué… Et je ne vous parle même pas des hôpitaux…
« Nous sommes dans un système qui devient complètement fou, parce qu’en réalité il est complètement mort… Nous n’avons plus aucun service public qui soit à la hauteur…
« Les derniers chiffres du chômage sont désastreux, et nous connaissons la plus forte hausse depuis les dix dernières années. La France est en récession… Donc le déficit ne peut que s’amplifier… Il faudrait réduire les dépenses publiques de manière significative… » (1)
Réduire les dépenses publiques… Charles SANNAT cite l’exemple du fauteuil de Gérard LARCHET à 34.000 euros. Ce N° 2 de l’Etat, Président du Sénat, ne veut visiblement pas être en reste avec le N° 1, Emmanuel MACRON, qui a dilapidé l’argent des contribuables en des dépenses somptuaires à l’Elysée, alors que les Gilets jaunes tentaient de faire entendre la voix et la misère du peuple.
« Ferme ta gueule, y’a rien à voir » semble être devenu l’expression de la « démocratie des énarques » (au moins pour une majorité de ces derniers).
Et je relève la conclusion de cette interview : « On ment aux gens depuis cinquante ans. On leur ment de plus en plus chaque année et on leur fait espérer ce qu’il ne faut pas espérer… A force de se mentir, on ne peut plus échapper à la réalité… » (1)
Et le Président, à force de mentir sans vergogne depuis déjà sept années, n’a d’autre choix que de prôner la guerre pour faire croire que l’ennemi est à l’extérieur, alors qu’en fait l’ennemi, c’est lui-même !
1. Charles SANNAT : "Si l'on reconnaît que le cheval est mort, les implications seront effroyables" - La Baule + - Avril 2025 - Pages 6 et 7
9 mai 2025 : 80ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale
Le Président français, Emmanuel MACRON, est nul et incapable.
En ce jour anniversaire, il a voulu délibérément effacer de la mémoire l’énorme sacrifice du peuple de l’URSS qui, pour aider à la libération de l’Occident a fait le sacrifice d’au moins 20 millions de morts.
Or ces morts sont frères de tous les autres qui ont offert leur vie pour la liberté. Il est indigne de vouloir les ignorer et les séparer.
Aucun pays n’est parfait, mais la France, « conduite » par MACRON, nous fait perdre notre vocation, celle d’une Europe qui ne sera Europe que si elle va « de l’Atlantique à l’Oural », celle d’une France qui ne sera France que si elle travaille pour la paix du monde.
Indigne MACRON, vous devez partir dans les poubelles de l’histoire, avant qu’il ne soit trop tard, pour que la France survive.
J’ai entendu, cette nuit, une longue interview d’un historien qui faisait la différence entre l’histoire et la mémoire. L’histoire, ce sont les faits tels qu’ils sont. Il n’y a aucun doute qu’au fur et à mesure des études d’archives, les soldats de l’Armée rouge ont rendu possible (ou grandement facilité) le débarquement allié en Normandie et la libération de la France. Ce qui ne veut aucunement dire que les Soviétiques étaient des saints, ni que leurs exploits étaient parfaits et respectueux de toutes les populations.
La mémoire, c’est plutôt la transformation de l’histoire par les hommes qui veulent l’utiliser pour leur profit. Ainsi l’historien racontait-il qu’à l’issue de la Seconde guerre mondiale, les populations pensaient en majorité que les Soviétiques avaient gagné la guerre, avec l’aide des Américains et de tous les autres. Maintenant, certains veulent faire considérer qu’il faut effacer de la mémoire les sacrifices soviétiques.
Les plans de ROOSEVELT pour prendre possession des pays européens et les transformer en colonies américaines n’étaient pas meilleurs que l’annexion des pays de l’est par les Soviétiques.
Et TRUMP annonce vouloir transformer le Canada en 51ème Etat des Etats-Unis, reprendre le canal de Panama et acheter le Groënland !
L’histoire et la mémoire ! Tout un programme !
29 mai 2025 : La double nationalité
Je lis par hasard un article paru dans « Ouest-France » le 22 mai, écrit par Caroline BORDECQ, correspondante à Milan. (1)
L’Italie prend une saine décision : limiter « la naturalisation par le droit du sang pour les individus d’origine italienne nés à l’étranger. Désormais, ce droit se limite à deux générations et le parent ou grand-parent concerné doit être exclusivement italien (pas de double nationalité). Seule exception : si le père ou la mère a vécu au moins deux ans dans la péninsule ».
Le ministre italien des affaires étrangères a indiqué que la réforme évitera des « abus. Selon lui, accorder la nationalité à des personnes sans lien avec le pays n’a plus lieu d’être ».
L’Italie montre une voie que nous aurions dû suivre depuis longtemps, c’est-à-dire depuis que les abus (pour ne pas dire plus) avec la double nationalité, ont été tolérés ou acceptés avec l’aide complice, pour la France, de politiciens à la recherche d’électeurs.
Je propose à ceux qui sont intéressés de relire mes « mésaventures » au Chili dans les années 80. (2)
Je ne suis pas du tout contre la pluralité de nationalités. Mes enfants en ont deux et mes petits-enfants deux ou trois. Mais quand j’entends dire dans les médias de la propagande officielle que telle personne a la nationalité franco-algérienne (c’est un exemple), je ne peux m’empêcher de penser que ces hâbleurs devraient être sanctionnés et se taire. La « nationalité » franco-pakistanaise (c’est un autre exemple) n’existe pas. Une personne peut avoir deux (ou plusieurs) nationalités, mais quand elle est en France, elle est uniquement française et ne peut se prévaloir d’aucune autre allégeance. Tout comme en Chine, pays ne reconnaissant pas la double nationalité.
Quand à la mesure italienne qui considère que « le parent ou grand-parent concerné doit être exclusivement italien » pour transmettre, à l’étranger sa nationalité, c’est une évidence. Je repense à notre « possession d’état de Français » qui, au départ, représentait la même idée. Les juges reconnaissent la nationalité française lorsque, à l’étranger, on vit avec cette seule nationalité et que l’on est reconnu par les autorités comme étant seulement français.
Une nouvelle fois, ce sont les politiciens (députés et sénateurs) qui ont fait changer la loi pour que la pluralité de nationalité soit reconnue, ce qui a multiplié les problèmes sans les résoudre, mais leur permettait et leur permet de recueillir des votes.
Je redis aussi que, dans les cas où la nationalité française a été perdue, il faut continuer à prévoir la possibilité de la récupérer, si la personne réside en France et si des liens forts ont été gardés avec la France, pendant un long séjour à l’étranger : connaissance de la langue, enfants scolarisés dans des établissements français, travail dans une entreprise française…
Il est urgent de légiférer sur la nationalité afin que chacun sache, clairement et simplement, qu’en France seule la nationalité française existe pour les binationaux.
1. Ouest-France - 22 mai 2025 - Page 2
2. Cf. "Souvenirs, souvenirs... - Chili 1984-1987" - Chapitre "Les agissements des sénateurs des Français de l'étranger" et chapitres suivants
8 juin 2025 : Nicolas SALE, restaurateur
J’ai déjà dit que je n’aime lire que des journaux non subventionnés, parce qu’ils sont les seuls à croire encore à la liberté de la presse. Les autres se contentent d’étaler la propagande que je ne regarde donc que très distraitement.
Mais j’ai été arrêté récemment par une page que le Figaro a consacré à Nicolas SALE (1), en raison des déclarations du grand restaurateur sur l’atmosphère de Rungis :
« C’est un univers complètement dingue, toujours en mouvement… Il y a ici des valeurs qui me parlent : respect, loyauté, implication. On s’y enrichit constamment de connaissances auprès des distributeurs, des maraîchers, des éleveurs, des paysans… Cela ramène à l’école de l’humilité… »
Ce qui m’a intéressé, c’est la référence de Nicolas SALE à des « valeurs ». C’est devenu si rare de nos jours de voir et d’entendre parler de « respect, loyauté, implication ». C’est tout pareillement si rare de constater que l’enrichissement constant des connaissances est donné, offert par « des maraîchers, des éleveurs, des paysans… », c’est-à-dire le « petit peuple » de France, celui qui fait son histoire.
Nicolas SALE a tout à fait raison de parler « d’école de l’humilité ». C’est à des personnes comme lui qu’il faudrait donner beaucoup plus souvent la parole. Des personnes comme lui auréolées de leurs connaissances et de leurs succès, mais capables, avec humilité, d’apprendre encore.
Ce sont ces personnes qu’il faut écouter plus souvent… Que l’on fasse taire les politiciens et les journalistes braillards qui devraient retourner, non à l’ENA où ils n’ont rien su apprendre, mais à l’école maternelle de l’humilité.
1. Le Figaro - Samedi 31 mai - dimanche 1er juin 2025 - Page 26
9 juin 2025 : DONOVAN, Richard ANTHONY et Antoine EMAZ
Décidément, le « feuilletage » du Figaro m’a donné une autre surprise. Une page consacré au chanteur DONOVAN, venu se produire à Paris à l’âge de 79 ans. (1)
J’ai beaucoup aimé – et j’aime encore – certaines de ses chansons et tout particulièrement « Catch the wind », traduite et interprétée par Richard ANTHONY : « Autant chercher à retenir le vent ».
De l’interview, je retiens cette remarque de DONOVAN : « J’ai un peu fréquenté l’université, où je me suis familiarisé avec la poésie beat américaine et l’intégration de la poésie dans la culture populaire à travers la musique ».
Il se trouve qu’il y a une dizaine d’années, j’avais un jour parlé avec mon frère, le grand poète Antoine EMAZ, et je lui ai demandé s’il n’avait jamais souhaité voir ses poèmes mis en musique, un peu comme il appréciait particulièrement ses poèmes édités avec des peintures créées par certains de ses amis. Il m’avait alors répondu que pour lui, seul le poème comptait. Son travail s’arrêtait à la publication de son oeuvre (sans oublier les très nombreuses lectures qu’il en faisait aux quatre coins de la France). Mais il jugeait que ce n’était pas à lui de mélanger ses poèmes avec la peinture ou la musique… Une fois le poème terminée et publiée, chacun était libre de l’utiliser pour lui-même comme il le souhaitait.
Dans cette longue conversation, j’avais indiqué à mon frère que longtemps auparavant, j’avais donné une petite conférence sur « l’instant, le rythme et la chanson », dans laquelle j’essayais de montrer que la philosophie répandue dans le monde des intellectuels à une époque donnée, se retrouvait dans les paroles des chansons à la mode. C’est ainsi qu’était façonnée, au moins en partie, et diffusée dans la société, les idées qui gouvernaient une époque.
Sans doute une étude a-t-elle déjà été réalisée sur cette question ? Il suffit de penser, par exemple, au chant grégorien ou bien aux chansons révolutionnaires…
Pour ma part, j’aimerais retrouver un jour les notes de ma petite conférence… Mais les déménagements sont souvent impitoyables !
Je complète avec une remarque de DONOVAN : « J’ai vu Bob Dylan arriver. Il se considérait en premier lieu comme un poète et ensuite comme un musicien ». J’ai, pour ma part, été heureux lorsque le Prix Nobel de littérature lui fut attribué en 2016 : un vrai poète utilisant la musique populaire pour transmettre.
J’ai toujours regretté que l’Académie française n’ait pas encore su élire dans ses rangs un poète populaire : Georges BRASSENS, Jacques BREL ou tant d’autres…
Je termine avec une remarque de DONOVAN : « Ce que je joue est tellement simple ». La simplicité, c’est l’avenir !
1. Le Figaro - samedi 31 mai-dimanche 1er juin 2025 - Page 29
22 juin 2025 : Sanctions – « Contribuables associés »
J’ai reçu récemment une pétition devant être adressée à la Cour des comptes et intitulée : Sanctions réelles immédiatement.
En règle générale, je suis contre les sanctions internationales car elles sont imposées aux faibles du monde par les Occidentaux qui n’ont pas réussi à faire prévaloir leurs vues par la diplomatie.
Mais, quand il s’agit d’un pays, en l’occurrence la France, je suis pour les sanctions si elles sont destinées à faire respecter la justice et qu’elles s’attaquent aux puissants et aux riches pour défendre les plus petits.
J’ai déjà parlé plusieurs fois de la Cour des comptes (1) et j’ai eu, plusieurs fois, l’occasion de lire certains rapports : travail très bien fait, très bien documenté et permettant des améliorations dans l’administration de l’Etat. Mais il y a un énorme problème puisque les travaux de la Cour et le paiement des salaires de ses membres sont effectués, quasiment, en pure perte (on pourrait dire à peu près la même chose des travaux de l’Assemblée nationale ou du Sénat). Les recommandations de la Cour, envoyées aux ministres concernés, ne sont accompagnées que d’une « obligation de réponse ».
Au mieux donc, il y a quelques réponses. Aucune sanction, aucune réforme, aucune amélioration… Et, comme on le voit actuellement, le gouvernement du malheureux BAYROU continue ses pleurs en cherchant comment augmenter les impôts. Si tous ces « personnages étaient payés aux économies réalisées, ils se mettraient, peut-être enfin, à travailler ! La Cour des comptes pourrait, tout simplement, reprendre tous ses rapports et faire la liste de toutes les économies recommandées qui n’ont jamais été réalisées.
La pétition préparée par « Contribuables associés », je l’ai signée car je demande moi-même depuis des années que les coupables de non-assistance à pays en danger soient sanctionnés.
« Contribuables associés » indique que le rapport officiel de la Cour des comptes publié en 2023 souligne « qu’un cinquième des recommandations d’économies est tout simplement ignoré ». Cette « impunité », selon l’association, « pourrit complètement le système puisque personne ne paie jamais pour ses erreurs. Elle démoralise les fonctionnaires et les élus honnêtes et rigoureux puisque les « négligents » continuent leur « carrière sans le moindre problème ». Enfin, elle « attise la colère légitime des contribuables français ».
Or « la loi française prévoit déjà : la révocation des fonctionnaires ou d’élus pour faute grave, des amendes substantielles, des peines inéligibilité ».
Pourquoi donc la loi n’est-elle pas appliquée ? Pourquoi donc députés et sénateurs sont-ils rétribués puisqu’ils « s’amusent » à voter des lois qui ne servent à rien ?
« Contribuables associés » demande donc :
- « l’application à 100% des recommandations d’économies de la Cour des comptes, et donc aucune exception. Chaque recommandation formulée par la Cour doit être intégralement appliquée dans les six mois » ;
- « des amendes immédiates et massives prélevées sur le patrimoine personnel… allant jusqu’à hauteur du préjudice financier causé, sans sursis, avec obligation de remboursement direct prélevé sur le patrimoine personnel des responsables » ;
- « L’inéligibilité à vie pour les coupables de gaspillage. Aucune exception, aucun passe-droit. Un élu ou un haut fonctionnaire coupable de mauvaise gestion des fonds publics doit être définitivement écarté de toute fonction publique ».
Il ne faut pas, rappelle « Contribuables associés », oublier l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ».
Si cela avait été fait, comme cela aurait dû être, chacun pourrait constater (2) qu’un certain nombre de ministres, ou d’ambassadeurs, ou de sénateurs… auraient dû être virés pour dilapidation des deniers publics (c’est-à-dire les contributions fiscales du peuple des pauvres).
Vous les puissants, quand commencerez-vous à travailler et à servir le peuple ?
1. Cf. par exemple, "Doléances" - Chapitre 8 : "Transparence sur un site internet"
2. En relisant ce que j'ai déjà écrit sur la Chine, la Thaïlande, l'Autriche, le Chili, la Jamaïque, la Birmanie.
27 juin 2025 : « Les USA et Israël plus dangereux que l’Iran » (?)
La nuit dernière, j’ai écouté sur YouTube « Fréquence Populaire » un long entretien d’environ 2 h 30 d’Emmanuel TODD, historien connu et reconnu, mais désormais interdit dans ce pays – le nôtre – qui impose sa dictature médiatique et dans lequel les penseurs ne sont plus invités sur les chaînes publiques de télévision pourtant financées par les impôts du peuple.
Je n’accepterai jamais cette propagande qui veut interdire aux personnes de penser par elles-mêmes. Je n’oublie pas les carrefours de Pékin, dans les années 80, où les haut-parleurs déversaient la « bonne parole » du régime.
Ecoutez Emmanuel TODD ou bien lisez ses ouvrages. Il fait partie de ces rares intellectuels qui fondent leurs raisonnements sur des faits, sur l’histoire, sur la modération, surtout quand il s’agit d’événements très actuels.
Ainsi en est-il de la « guerre » entre Israël et l’Iran. Emmanuel TODD préfère parler de guerre américano-israélienne. Je ne veux pas résumer cette longue prise de parole, passionnante. Mais je suis sûr que l’écouter est nécessaire pour ceux qui veulent encore réfléchir par eux-mêmes. Je note d’ailleurs que les pays qui interdisent l’expression des intellectuels dans le public se ressemblent comme l’Algérie (actuelle) et la France (actuelle).
Pour ma part, je retiens quelques évidences :
- Nul ne sait aujourd’hui – il faut attendre – si les attaques, d’Israël d’abord, puis des Etats-Unis, sont des réussites, et si oui, jusqu’à quel point.
- J’ai déjà dit et je regrette encore que la proposition du général de GAULLE d’arrêter le développement du nucléaire – et pas uniquement les recherches françaises comme le lui demandaient les Américains – n’ait pas été acceptée par ces derniers. Depuis, c’est la prolifération qui est en marche. Au Moyen-Orient, si Israël a la bombe, pourquoi l’Iran ne pourrait-il pas l’avoir ? Tous les pays ne sont-ils pas égaux ?
- Pour des raisons « techniques » et « économiques », il est, pour certains, évident que les Etats-Unis ne peuvent plus faire une guerre de longue durée nécessitant des ressources et des approvisionnements colossaux. Ils peuvent encore faire des expéditions particulières avec leurs avions et leurs bombes de dernière génération. Ils me font ainsi penser à l’expédition aéroportée de Kolwezi au Zaïre menée par la Légion étrangère en mai 1978 pour délivrer des otages européens détenus par des rebelles katangais. Mais une victoire ne veut pas dire gagner la guerre (sauf dans la communication officielle actuelle) et gagner la guerre ne veut pas dire gagner la paix.
29 juin 2025 : Une vue d’Europe en 1935
Mon frère Christian m’a offert récemment les mémoires d’Ivan MAISKI, ambassadeur russe à Londres de 1932 à 1943. (1)
Mille pages de notes, de souvenirs, qu’il me plaît de découvrir et dont je suis content de reproduire quelques pépites que je lis en regardant toujours la situation actuelle, si délabrée, de la France.
Je lis ainsi, à la date du 11 mars 1935 : (2)
« Ribbentrop a rencontré François-Poncet à Berlin il y a quelques jours et lui a dit à peu près ceci : réglons toutes les questions controversées entre nous. Oublions la Russie : c’est une puissance asiatique. Pourquoi nous, Européens, devrions-nous l’accepter en Europe ! François-Poncet a répondu que, d’après la géographie physique et politique, la Russie était située en Europe. » (3)
Ce grand ambassadeur français devrait revenir pour aller faire un tour à l’Elysée et y enseigner la « géographie physique et politique ».
1. Journal 1932-1943 - Les révélations inédites de l'ambassadeur russe à Londres - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019
2. Page 132
3. Joachim von RIBBENTROP, ambassadeur d'Allemagne au Royaume-Uni de 1936 à 1938, puis ministre des affaires étrangères jusqu'en 1945 - André FRANCOIS-PONCET, ambassadeur de France en Allemagne de 1931 à 1938
30 juin 2025 : Winston CHURCHILL et l’Union soviétique
A l’occasion d’un « déjeuner à deux » (8 avril 1936), Ivan MAISKI découvrit que Winston CHURCHILL « partageait le point de vue soviétique que la paix était « indivisible » et que le danger allemand était immédiat. « Nous serions des idiots complets », dit CHURCHILL à MAISKI, « si nous refusions d’aider aujourd’hui l’Union soviétique parce que nos enfants et petits-enfants pourraient être sous la menace d’un hypothétique danger socialiste ». (1)
Un monde sépare les géants qu’étaient CHURCHILL et de GAULLE de ceux qui aujourd’hui se croient grands et qui nous gouvernent, en France, en Grande-Bretagne et en Europe. Ce sont seulement des nains qui croient pouvoir se faire obéir de tous, au doigt et à l’oeil, en prêchant la guerre.
Qu’ils se taisent et retournent à l’école de l’histoire et de la géographie ! Mais avant, qu’ils démissionnent, pour le bien des peuples !
1. Journal 1932-1943 - Les révélations inédites de l'ambassadeur russe à Londres - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 178
1er juillet 2025 : Conversation de LLOYD GEORGE avec l’ambassadeur russe
Le 1er juillet 1937 – il y a donc pas loin de cent ans -, LLOYD GEORGE, Premier Ministre de Grande-Bretagne de 1916 à 1922, n’emploie pas la langue de bois pour parler du gouvernement de 1937, lors d’une conversation avec l’ambassadeur russe.
Lisez plutôt en pensant à la France actuelle :
« Est-ce vraiment un gouvernement ? Je dirais plutôt que c’est une assemblée de médiocrités, une bande de nullards et de poules mouillées. Ont-ils de la volonté ? Ou du courage ? Sont-ils capables de défendre nos intérêts ? Ils ont reçu un riche héritage de leurs ancêtres, mais ils le gèrent extrêmement mal et je crains qu’ils ne le dilapident. Ce sont de misérables lâches. Ce n’est pas de la lâcheté mais de l’audace qu’il faut pour bâtir et protéger notre grand Empire ! »
« J’ai observé (note MAISKI) qu’il y avait en ce moment très peu de grandes figures sur la scène démocratique européenne. »
« Vous avez absolument raison », s’est exclamé Lloyd George. « Où sont les grandes figures ? La démocratie européenne est en disette (…) Inutile de chercher en Angleterre ou en France. Baldwin, Chamberlain, Blum ou Chautemps, à quoi sont-ils bons ? Ils ont affaire à des individus vraiment importants et puissants, Hitler et Mussolini. Ces dictateurs fascistes ne sont pas des imbéciles. Ils sont faits de matière brute et usent de méthodes brutales : la force, l’impertinence et l’intimidation. Mais ils agissent, ils sont vigoureux et énergiques, et leurs pays les suivent. Nos ministres sont-ils assez bons pour se battre pour nos intérêts face aux dictateurs ? En sont-ils capables ? Pas le moins du monde ! Si Winston Churchill était Premier Ministre, il saurait montrer aux dictateurs qu’il faut compter avec lui, mais les conservateurs sont terrifiés à l’idée de faire entrer Churchill dans le gouvernement. Et c’est comme ça que nous avons des poules mouillées pour traiter avec les hommes d’action, Hitler et Mussolini »… (1).
1. Journal 1932-1943 - Les révélations inédites de l'ambassadeur russe à Londres - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus - Page 203
2 juillet 2025 : CHAMBERLAIN, le « conciliateur »
Le 7 février 1938, Ivan MAISKI écrit ces lignes au sujet de CHAMBERLAIN et des conciliateurs :
« Chamberlain & Cie vont expliquer que la dernière chance d’éviter la guerre doit être saisie. Oh ! ces éternels conciliateurs ! Leur myopie et leur lâcheté ont-elles une limite. » (1)
Parfois, il faut être capable de dire non et de n’accepter ni myopie, ni lâcheté… On peut le payer très cher, mais c’est à ce titre qu’un homme reste libre.
1. Journal 1932-1943 - Les révélations inédites de l'ambassadeur russe à Londres - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus - Page 238
3 juillet 2025 : Entretien de Winston CHURCHILL avec Ivan MAISKI
Le 23 mars 1938, Ivan MAISKI relate une de ses conversations avec Winston CHURCHILL : « Je (c’est CHRUCHILL qui parle) déteste profondément l’Allemagne nazie. Je crois qu’elle est une ennemie non seulement de la paix et de la démocratie, mais aussi de l’Empire britannique. Je pense que les seuls moyens valables pour contenir cette bête serait une « grande alliance » de tous les Etats amoureux de la paix, dans le cadre de la Société des Nations. La Russie devrait occuper dans cette alliance une des places les plus importantes. Nous avons un très grand besoin de la Russie comme contrepoids à l’Allemagne et au Japon…
« Churchill, comme s’il répondait à ses propres pensées, s’est exclamé : « Je suis définitivement favorable à la politique de Staline. Staline est en train de créer une Russie forte. Nous avons besoin d’une Russie forte »… (1)
Avoir une Russie forte pour une grande alliance en faveur de la paix. Cela aurait dû être le rôle de la diplomatie française… Et ce devrait encore l’être ! Et l’ONU a-t-elle perdu toute la place qui devrait être la sienne pour la recherche de la paix ?
1. Journal 1932-1943 - Les révélations inédites de l'ambassadeur russe à Londres - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus - Pages 249-250
4 juillet 2025 : A la Chambre des Lords
Ivan MAISKI a assisté, le 29 mars 1938, à une séance de la Chambre des Lords consacrée à la politique étrangère. Le tableau qu’il en donne est saisissant :
« La séance a été ouverte par le chef de l’opposition du parti travailliste… qui a attaqué la politique étrangère du gouvernement… La voix de l’orateur était feutrée, son apparence extrêmement respectable, ses gestes presque semblables à ceux d’un prêcheur et ses paroles comme enveloppées dans du coton… L’archevêque de Canterbury… a donné son appui entier et inconditionnel à Chamberlain ! Qu’étaient devenus ses sentiments antiallemands ? Dans sa cape blanche, qui, de loin, semblait froissée et négligée, l’archevêque avait l’air d’un grand oiseau au bec crochu… D’autres lords ont parlé… Pour dire qu’Hitler était un homme merveilleux, qui avait fait ce qu’il fallait en occupant l’Autriche : après tout, en faisant cela, il avait sauvé le monde d’une autre « guerre civile » en Europe – incroyable ! Un orateur a réclamé la publication d’une traduction anglaise du Mein Kampf d’Hitler à pas plus d’un shilling l’exemplaire – tant il était impressionné par la profondeur et la prescience du Führer…
« Jamais de ma vie je n’avais vu d’assemblée aussi réactionnaire que cette Chambre des Lords. La moisissure de l’âge est sur eux bien lisible. Même l’air de la chambre est jaune et rassis. Même la lumière qui passe par les fenêtres est lugubre. Les hommes assis sur ces bancs rouges sont historiquement aveugles, comme des taupes, et prêts à lécher les bottes du dictateur nazi comme des chiens battus. Ils paieront pour ça ». (1)
Quel tableau ! Ecrit en 1938 ! Mais depuis plus de 80 ans, a-t-on vu une amélioration parmi les représentants du peuple : culture, histoire, réflexion ? Il ne reste même pas l’atmosphère feutrée ou l’enveloppe de coton… Il ne reste que des hommes (et des femmes aussi d’ailleurs) assoiffés de pouvoir et prêts à tous les reniements et trahisons. Bien sûr, je ne parle plus de la Chambre des Lords, mais de l’Assemblée nationale et du Sénat français !
1. Journal 1932-1943 - Les révélations inédites de l'ambassadeur russe à Londres - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus - Pages 254-255-256
5 juillet 2025 : La France en 1938
Compte-rendu, relaté par Ivan MAISKI, de l’entretien à Genève, le 16 septembre 1938, entre Maxime LITVINOV, diplomate soviétique, et Edouard HERRIOT, alors Président de la Chambre des Députés et ancien Président du Conseil :
« Aveu sincère d’Herriot que la France n’est plus capable de jouer le rôle d’une véritable grande puissance : sa population diminue, ses finances sont dans un désastre total, les conflits internes ont atteint un stade de tension extrême, l’aviation est négligée, les liens avec l’Europe centrale et orientale se sont gravement détériorés et sont, au mieux, symboliques. Tout cela est bien triste, mais c’est malheureusement un fait. Le temps viendra bientôt où la France sera forcée de tirer les conclusions appropriées de sa situation.
« Voilà où en est arrivée la Troisième République ! » (1)
Quel constat ! Un an avant 1939 et plus de 80 ans avant aujourd’hui et cependant les conclusions pour la France sont semblables : diminution de la population, finances désastreuses, conflits internes… La France, une nouvelle fois, va, bientôt, être « forcée de tirer les conclusions appropriées de sa situation »…
1.Journal 1932-1943 - Les révélations inédites de l'ambassadeur russe à Londres - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus - Page 294
7 juillet 2025 : Politique intérieure et politique étrangère
Quelques lignes d’Ivan MAISKI, écrites le 13 décembre 1938 : « Il y a quelques mois, Corbin (1) a déploré devant moi que la politique étrangère de la France soit devenue un problème de politique intérieure, et que cela expliquait un grand nombre de ses lacunes et de ses erreurs ». (2)
« Lacunes » et « erreurs » de la politique étrangère française, mêlées à la politique intérieure. Décidément, on revient, en 2025, à 1934 puisque la politique intérieure (ou bruxelloise) dicte la politique étrangère. Cela ne peut que mal se terminer.
1. Charles CORBIN, diplomate français, ambassadeur au Royaume-Uni de 1933 à 1940
2. Journal 1932-1943 - Le révélations inédites de l'ambassadeur russe à Londres - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus - Page 327
9 juillet 2025 : Aude DENIZOT : l’école est malade
En cherchant sur YouTube, j’ai découvert une longue interview, très tonique, d’Aude DENIZOT. C’était passionnant d’écouter ce professeur de l’Université du Mans qui, au début de sa carrière, a enseigné dans un lycée et qui donc a pu voir, en plusieurs décennies, la dégradation de l’enseignement en France, depuis ce qu’elle a vu avec son propre père. J’ai trouvé nombre de ses remarques très pertinentes, pas forcément pour leur précision et leur vérité – à chacun d’écouter et de se faire sa propre idée -, mais pour leur imbrication dans le déclin du ministère de l’éducation, des professeurs, des étudiants, des élèves, des examens, des contrôles, des méthodes… Bref, dans tout ce qui devrait être positif, mais qui cumule les négatifs.
Regardez seulement les titres donnés aux prises de parole d’Aude DENIZOT : « L’école est malade », « L’éducation nationale impose la bêtise », « La fabrique des crétins », « Les bonnes notes sont là pour endormir les parents », « Nos enfants ne savent ni lire ni compter à cause des méthodes pédagogiques stupides »…
Parents, élèves et étudiants de France, ne vous endormez pas comme le souhaitent les caciques (dans le sens de quelqu’un qui impose ses idées) du ministère. Ecoutez Aude DENIZOT et faites-vous votre propre opinion !
20 juillet 2025 : Crise
Le livre de Camille LAURENS « Le grain des mots » a été publié en 2011 et j’ai lu ces jours-ci ce qu’elle avait écrit sur la « crise ». Peu importe laquelle puisque nous sommes dans un temps de crises auquel nous condamne délibérément nos gouvernants.
« La crise est ce point périlleux où tout se joue, l’instant critique qui peut basculer dans une issue heureuse ou funeste… La crise est plus ancienne que nous le pensions quand il nous appartenait encore de décider. Mais nous ne le savions pas, nous ignorions à quel point nous étions malades. Or, en politique comme en médecine, mieux vaut prévenir une crise que d’avoir ensuite à la dénouer. « Tout Etat libre où les grandes crises n’ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr », notait déjà Jean-Jacques Rousseau, mais les lumières nous ont manqué et le danger menace… Cependant cette crise-là semble si aiguë que l’alternative angoissante n’est plus, selon la définition de Furetière, « la santé ou la mort », mais, plus tragiquement, la vie ou la mort… » (1)
Le dernier de nos « zozos » (ou « zéros » puisqu’ils n’ont pas encore fait le moindre changement dans la suppression des privilèges de la classe politique), le Premier Ministre François BAYROU, vient de signaler que la dette était un grand danger pour le pays. C’est donc un homme âgé, qui a passé sa vie à tripatouiller la politique, qui a été ministre, député (à l’Assemblée nationale et au Parlement européen), président de parti… S’il date de Mathusalem, il n’a rien vu venir et n’est donc pas Nostradamus… Il ne parle même pas des économies que la classe politique aurait dû depuis longtemps commencer à faire. Non, il déclare les Français responsables et ce sont donc eux qui paieront !
1. Camille LAURENS - La trilogie des mots - Quelques-uns, Le grain des mots, Tissé par mille - Gallimard Collection Folio - 2022 - Page 188-189
27 juillet 2025 : Le Cardinal Robert SARAH à Sainte-Anne d’Auray
Je suis tombé par hasard sur la retransmission, offerte par CNews, de la cérémonie du 400ème anniversaire des apparitions de Sainte Anne à Yvon NICOLAZIC. Cette cérémonie était présidée par le Cardinal Robert SARAH, envoyé extraordinaire du pape Léon XIV pour la messe pontificale du grand pardon.
De nationalité guinéenne, âgé aujourd’hui de presque mon âge, le Cardinal a cette immense qualité de dire ce qu’il veut dire avec une grande vérité, une transparente clarté, une douce force…
J’ai voulu noter quelques passages de sa longue homélie :
« Dieu a voulu ce lieu. Dieu a choisi cette terre pour en faire un lieu saint. Dieu a voulu qu’une parcelle de votre terre, une parcelle de votre pays, la France, soit un lieu sacré, un lieu réservé. Dieu a voulu que vos ancêtres ne cultivent pas ce lieu, ne l’exploitent pas par l’élevage ou l’agriculture. Il a choisi ce lieu pour y être honoré. Il y a là un grand mystère qu’il faut méditer…
« Honorer Dieu, lui rendre gloire, c’est faire oeuvre de justice. Rendre gloire à Dieu n’est pas un choix optionnel. C’est un devoir. C’est une nécessité. Il est très important d’en reprendre conscience surtout dans vos sociétés qui ont tendance à considérer Dieu comme mort, inutile, sans intérêt. Trop souvent en occident, on présente la religion comme une activité au service du bien-être de l’homme. La religion est assimilée à des actions humanitaires, à des actes de bienfaisance, d’accueil des migrants et des sans-abris, à la promotion de la fraternité universelle et à la paix dans le monde…
« La religion n’est pas une question de nourriture ou d’action humanitaire…
« Nous voyons comment, précisément dans ces pays de l’aisance, de la richesse, de l’abondance, l’homme se détruit, s’autodétruit, parce qu’il oublie Dieu et ne pense qu’à sa richesse et à son bien-être terrestre… Si nous n’adorons pas Dieu, nous finirons par nous adorer nous-mêmes…
« Dieu a choisi la France pour qu’elle soit comme une terre sainte… Ne profanez pas la France avec vos lois barbares et inhumaines qui prônent la mort alors que Dieu veut la vie. Ne profanez pas la France car c’est une terre sainte, une terre réservée à Dieu… La Bretagne est une terre sacrée et doit demeurer une terre sacrée, une terre réservée à Dieu. Dieu doit y avoir la première place…
« Nos églises ne sont pas des salles de spectacle, nos églises ne sont pas des salles de concert, ou pour des activités culturelles ou de divertissement…
« Surtout, veille sur ton âme, nous dit Saint Cyril de Jérusalem… Il est temps d’expulser les idoles de l’argent, des écrans, de la séduction facile et vulgaire…
« Il n’y a aucun autre lieu au monde où Sainte Anne est apparue. Quel privilège, quelle grâce, quel mystère !…
« Nos épreuves et nos souffrances nous mettent parfois dans un état de profonde incompréhension. Pourquoi ? Pourquoi la mort d’un enfant, pourquoi la souffrance des innocents, pourquoi la guerre, pourquoi la trahison ? Pourquoi Seigneur ? Nous nous sentons parfois abandonnés par lui. Apparemment Dieu n’est plus là et pour l’Europe Dieu est mort…
« Notre réponse face au mystère du mal est l’adoration silencieuse. Oui, le mal est incompréhensible…
« Regardez Sainte Anne ! »
1er août 2025 : Ecrier et écrire
Je viens de finir le très gros livre (plus de 1.260 pages) regroupant quatre oeuvres de Franck BOUYSSE. J’aime bien les récits qui retracent la vie dure et même parfois horrible, des gens de la campagne : les « hauts du pavé », mais surtout les autres qui ont dû supporter tant de misères et de souffrances dans une grande partie de France où le respect et l’honnêteté avaient été remplacés par l’esclavage des plus pauvres au profit des égoïstes les plus nantis.
Dans le livre « Né d’aucune femme », Franck BOUYSSE raconte l’histoire d’une toute jeune fille vendue par son père pour quelques pièces en pensant que Rose aurait une vie meilleure chez un vieux châtelain du coin. Le père espérait aussi pouvoir enfin élever un peu mieux ses enfants les plus jeunes.
C’est le calvaire que Rose a vécu – et ce calvaire n’avait pas seulement quatorze ou quinze stations – qu’elle raconte lorsqu’elle se retrouve enfermée dans un asile, sans être en aucune façon folle.
De ces atrocités, j’ai gardé une phrase : « La seule chose qui me rattache à la vie, c’est de continuer à écrire, ou plutôt à écrier, même si je crois pas que ce mot existe il me convient. Au moins, les mots eux, ils me laissent pas tomber… » (1)
« Ecrire » et « Ecrier » : Bravo, Rose, et merci !
1. Franck BOUYSSE - Des saisons et une rose - Le livre de poche 2022 - Né d'aucune femme, page 1182
18 août 2025 : Un déjeuner avec Winston CHURCHILL
Je continue à recopier quelques notes tirées de la lecture des mémoires de l’ambassadeur d’URSS en Grande-Bretagne de 1932 à 1943. Parfois, on a l’impression de lire les écrits d’un journaliste honnête relatant les événements d’aujourd’hui.
Ainsi, après avoir déjeuné avec Winston CHURCHILL le 13 novembre 1939, l’ambassadeur Ivan MAISKI note-t-il ce paragraphe dans son journal :
« Tirant sur son cigare – nous avions déjà fini de déjeuner – il (CHURCHILL) a ajouté pensivement : « … Sans la Russie, la bataille de la Marne se serait terminée par notre défaite et toute l’issue de la (dernière) guerre aurait probablement été différente. C’est pourquoi je pense que la Grande-Bretagne et la France ont une dette historique envers la Russie en général, quelle qu’elle soit, rouge ou blanche, et que nous avons désormais l’obligation morale d’aider la Russie à renforcer sa position dans la mer Baltique… La Finlande ne doit pas faire obstacle à un rapprochement entre la Grande-Bretagne et l’URSS, qui est mon principal objectif politique. » (1)
Cet homme était Winston CHURCHILL, et non Emmanuel MACRON. Le premier connaissait l’histoire et avait un courage exceptionnel. L’autre n’est qu’un nain de jardin déguisé en épouvantail.
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 460
20 août 2025 : « La catastrophe arrive… »
J’ai trouvé très belles ces lignes écrites en 1940 par l’ambassadeur Ivan MAISKI… Ce sont celles d’un « prophète moderne » et il est tout à fait possible, ou probable, de revoir une catastrophe arriver, au moins en France:
« Je suis de plus en plus envahi par un vague sentiment d’illusoire et d’irréalité dans tout ce que je vois autour de moi.
« Le Parlement siège trois fois par semaine… Les députés posent des questions, comme d’habitude… Les ministres lisent leurs réponses, comme d’habitude… Comme d’habitude, le Speaker hoche la tête quand il s’assied avec sa perruque… Comme d’habitude, les journaux inventent des histoires sensationnelles et répandent les potins de la haute société… Les boutiques vendent leurs marchandises… Les banquiers comptent leur argent et livrent leurs rapports annuels… Les amoureux se cachent dans les parcs… Des foules d’enfants jouent bruyamment sur les terrains de jeux… Les taxis s’alignent devant les stations de taxis… Les petits vendeurs vendent les journaux du soir en criant à tue-tête, comme d’habitude…
« Tout est comme avant. Tout le monde vit au jour le jour, pour les petits intérêts de l’heure, de la minute. Nul ne songe à l’avenir, personne n’essaie de voir plus loin. Votre instinct vous commande d’éviter de le faire, même si une pensée capricieuse vous ramène parfois à un point d’où le futur tout d’un coup s’ouvre devant vous. Tout le monde veut absolument montrer que tout se passe de façon normale, habituelle, traditionnelle. Pas de nouveauté, pas d’excès.
« Mais à moi, tout semble temporaire, irréel, fantastique…
« Peut-être ai-je tort ou, du moins, n’ai-je pas tout à fait raison, mais une seule et même image ne cesse de m’apparaître en esprit.
« Une vague gigantesque. Elle enfle, elle grossit, elle monte de plus en plus haut. Son obscurité profonde dissimule de puissantes turbulences. Des forces immesurables y sont rassemblées et concentrées. Elles vont déferler à tout moment dans un torrent catastrophique, irrépressible. Pourtant, à la surface de la mer encore relativement calme et tranquille, de petits bateaux remplis de passagers voguent de-ci de-là dans leur ordre normal, habituel – ou plutôt leur désordre. Se rapprochant et s’éloignant, les bateaux dessinent des motifs compliqués, et les passagers se lancent des cris, des rires et se disputent. Les messieurs font la cour aux dames, les dames flirtent et se maquillent. Des mouchoirs colorés volettent, des voix insouciantes sont emportées par la brise. Tout semble normal, immuable, ordinaire, éternel… Personne ne songe que la tempête est prête à frapper?
« Et, tout à coup, un fracas, un vacarme soudains! …
« La catastrophe arrive. » (1)
En lisant ces lignes, je pense que, si je l’avais connu à l’époque où j’étais à l’Université de Chiang Mai en Thaïlande, j’aurais ajouté ces réflexions d’Ivan MAISKI à celles de Paul VIALAR et de René CHAR qui décrivaient, en prose et en vers, l’entrée en guerre de la France en 1914 et 1939… « Et tout disparut » pour l’un, « Tout à jamais prit fin » pour l’autre. « La catastrophe arrive » pour Ivan MAISKI… et pour nous en 2025 (?) (2)
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Pages 491 à 493
2. Cf. "Souvenirs, souvenirs Thaïlande" - Rubrique 20 : Prose et poésie - Université de Chiang Mai
22 août 2025 : Remaniement(s) ministériel(s) et principe du « Quatuor » de Krylov
Magnifique remarque de l’ambassadeur de STALINE en Grande-Bretagne, le 6 avril 1940, à la suite d’un remaniement ministériel :
« Encore un remaniement au Cabinet ! Toujours le même refrain. Cela s’est fait sur le principe du « Quatuor » de Krylov. Je ne peux pas m’empêcher de citer le fabuliste (1) :
« Mes amis, vous pouvez changer de place autant que vous le voulez,
« Cela ne fera pas de vous des musiciens » (2)
En France, depuis trop longtemps, on constate le succès du jeu des chaises musicales appliqué aux remaniements. Le Premier Ministre et ses ministres sont des pions : ils ne servent pratiquement à rien et peuvent donc être interchangés selon le bon vouloir du monarque. Les meilleurs ne sont choisis que d’une façon rarissime, puisqu’il s’agit seulement de remplir les cases d’un échiquier avec n’importe qui : hommes ou femmes (quelle stupidité que la parité puisque seule la compétence devrait être prise en compte !) (3)
Les uns, en Grande-Bretagne en 1940, ne sont pas devenus musiciens, les nôtres en 2025 ne feront jamais une politique bonne pour la France et les Français.
1. Ivan KRYLOV (1768 - 1844)
2. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 502
3. Je l'ai déjà écrit dans "Doléances" : un gouvernement devrait être féminin à 100% féminin si les compétences nécessaires étaient chez les femmes plutôt que chez les hommes. Il faut être idiot pour se priver de compétences.
23 août 2025 : Rôle d’un ambassadeur
Gabriel GORODETSKY a « établi et commenté » le journal d’Ivan MAISKI. En date du 6 avril 1940, il précise le rôle d’un ambassadeur :
« L’élément le plus important et le plus substantiel du travail de tout ambassadeur est le contact réel avec les gens. Il ne suffit pas de lire les journaux : ça, on peut le faire depuis Moscou. Travailler à partir de livres et de rapports statistiques n’est pas suffisant non plus : cela, aussi, peut être fait depuis Moscou… Un ambassadeur qui n’a pas d’excellents contacts personnels n’est pas digne de ce nom.
« Tout pays a ses particularités. La nature et le nombre des contacts diffèrent selon les conditions politiques, économiques et individuelles de chaque pays. Il ne peut y avoir de format unique en la matière… » (1)
Comme tout cela est vrai ! Parmi les ambassadeurs que j’ai connus, certains n’étaient préoccupés que par eux-mêmes et par tous les avantages et privilèges qu’ils pouvaient tirer (et même parfois voler) de leur haute situation… D’autres au contraire, les très grands, avaient « d’excellents contacts » avec le personnel qu’ils dirigeaient, avec l’ensemble de la communauté française, et bien sûr avec tous les habitants et dirigeants du pays dans lequel ils étaient accrédités.
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 504
24 août 2025 : « L’élite bourgeoise anglo-française » en 1940
Lisons d’abord ces lignes d’Ivan MAISKI, écrite le 20 mai 1940 :
« L’élite bourgeoise anglo-française a ce qu’elle mérite.
« Si l’on réfléchit à ce qui s’est passé sur la scène européenne depuis les vingt dernières années, il apparaît clairement que la principale cause de la situation critique dans laquelle se trouvent aujourd’hui les Alliés est la haine mortelle du « communisme » de l’élite bourgeoise.
« Depuis vingt ans, cette haine a empêché cette élite d’établir des relations stables et amicales avec l’URSS. Il y a eu des hauts et des bas, mais, dans l’ensemble, nos relations ont toujours été insatisfaisantes. Après tout, il n’y a pas beaucoup de pièces importantes sur l’échiquier mondial, et si un joueur renonce à l’une d’entre elles, pour quelque raison que ce soit, il affaiblit considérablement sa position.
« En raison de cette même haine, l’élite dirigeante de l’Angleterre et de la France a systématiquement soutenu les va-t-en-guerre japonais, Mussolini et Hitler. Qui plus est, cette même élite a nourri Hitler – dans l’espoir qu’un jour il marcherait à l’est et briserait le cou des bolcheviks. Mais les « bolcheviks » se sont montrés trop forts et trop habiles. Hitler n’est pas allé vers l’est mais vers l’ouest. L’élite dirigeante de l’Angleterre et de la France est tombée dans le piège qu’elle nous avait tendu.
« Ils paient maintenant le prix cruel de leurs préjugés de classe. Il est dommage, cependant, que les masses en Angleterre et en France doivent payer le prix avec eux – et peut-être à un prix plus élevé.
« Oui, les classes dirigeantes de l’Angleterre et de la France sont pourries jusqu’à l’os. Comment expliquer autrement leur aveuglement grossier, leur profonde étroitesse de classe, leur complète impréparation à la guerre ?
« Nous sommes les témoins de la chute de la grande civilisation capitaliste, une chute similaire en importance à celle de l’Empire romain. Ou peut-être même plus importante ».
En 1940, les « classes dirigeantes » d’Angleterre et de France apparaissaient à Ivan MAISKI comme « pourries jusqu’à l’os », avec, en plus, « leur aveuglement grossier, leur profonde étroitesse de classe, leur complète impréparation à la guerre ».
Si en 1940, l’ambassadeur russe pensait être « témoin de la chute de la grande civilisation capitaliste », que dirait-il en 2025 ? Quelques grands hommes, comme Charles de GAULLE et Winston CHURCHILL, avaient compris et gagné de nombreux succès, avec, au départ, bien peu de moyens… Mais après eux, les vieilles habitudes perverses des classes dirigeantes ont repris le dessus, entraînant la France, la Grande-Bretagne et la technocratie bruxelloise dans le sous-développement. .. C’est peut-être « une chute similaire en importance à celle de l’Empire romain ».
Ivan MAISKI, le 30 juin 1940, résume dans son journal la situation française en deux phrases :
« La France bourgeoise est en profonde décadence. C’est la principale raison de sa défaite ». (2)
De nos jours, je supprimerai le mot « bourgeoise » car la décadence de la France n’est pas seulement bourgeoise.
« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ». (3)
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Pages 522-523
2. Ibid. page 545
3. Jean de la FONTAINE - Les animaux malades de la peste
27 août 2025 : « Une clique infecte et décadente »
Randolph CHURCHILL, à l’époque chez les hussards, fils du Premier Ministre Winston CHURCHILL, s’est entretenu avec l’ambassadeur Ivan MAISKI, qui donne ce compte-rendu le 6 août 1940 :
« Nous sommes passés aux affaires intérieures. J’ai exprimé mes doutes sur la capacité de l’élite britannique à mener la guerre « jusqu’au bout » : car cela soulèverait, dans les termes les plus tranchants, la question de la préservation de ses privilèges actuels ! Est-elle prête à faire pareil sacrifice ? Sans doute pas. Mais Randolph a souri et répondu avec un geste dédaigneux du bras : « Est-elle prête ? Père le lui fera faire ! » …
« Et il a ajouté avec une hostilité et une irritation non déguisées : « Mon père aura un plaisir particulier à faire voler en éclats les privilèges de la haute ! Oui ! Il se fera une joie de faire éclater une clique infecte et décadente ! » (1)
L’élite ! Si elle est seulement héréditaire ou auto-proclamée, elle est détestable. Elle ne devrait exister que pour servir et devrait être surveillée sérieusement (comment ? par qui ?) pour que soient éloignés d’elle tous ceux qui ne savent servir ni l’Etat, ni le peuple et qui ne recherchent que des privilèges.
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 565
28 août 2025 : Joe KENNEDY, ambassadeur des Etats-Unis en Grande-Bretagne
J’ai aimé lire les remarques faites par l’ambassadeur soviétique Ivan MAISKI sur son collègue l’ambassadeur des Etats-Unis, Joe KENNEDY, père de John, futur président, et de Robert, futur ministre de la justice, tous deux assassinés.
Joe « Kennedy n’a pas du tout été à la hauteur de la tâche. Roosevelt, Churchill, le monde politique anglais – ils sont tous mécontents de lui. C’est la raison de son renvoi, et non pas son désir de rentrer pour « affaires », comme il me l’a dit aujourd’hui. La raison principale, c’est que Kennedy est un riche catholique irlandais qui a une peur mortelle de la révolution et qui aimerait vivre en harmonie avec les « dictateurs fascistes ». Cela explique son dégoût de l’Union soviétique, sa proximité avec Chamberlain, qu’il a toujours défendu, et sa peur d’une guerre qui pourrait, dans certaines circonstances, libérer des potentialités révolutionnaires. » (1)
Une fois encore, je redis que je ne suis pas révolutionnaire, mais les réformes non faites à temps et sans cesse reportées ne peuvent mener qu’à la révolte et à la révolution.
Préserver leurs privilèges ! C’est bien trop souvent l’unique désir de certaines élites !
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 595
31 août 2025 : Rencontre avec David LLOYD GEORGE
Ivan MAISKI raconte son entretien du 2 mars 1941 avec David LLOYD GEORGE, né en 1863 et ancien Premier Ministre de Grande-Bretagne :
« Le vieil homme a conclu : « Winston (CHURCHILL) est devenu l’otage du Parti conservateur et il nage avec le courant. Je vous ai dit plus d’une fois qu’il n’y a qu’un moyen pour remporter une réelle victoire sur l’Allemagne : mettre l’Union soviétique de notre côté. Mais c’est exactement ce dont le gouvernement britannique ne veut pas. Le gouvernement a terriblement peur des effets possibles d’une telle « alliance » sur la vie dans le pays. Mieux vaut perdre la guerre que d’ « ouvrir la voie au bolchevisme »… (1)
La détermination de LLOYD GEORGE me fait penser au général de GAULLE : voyage à Moscou et négociations avec STALINE, puis politique de coopération recherchée lorsqu’il était Président de la République.
En politique, sans courage et sans détermination, il n’y a pas de résultat. On le voit actuellement chaque jour…
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 619
1er septembre 2025 : Siècles européens et millénaires chinois
Réflexions d’Ivan MAISKI après la réception donnée à l’occasion du départ de l’ambassadeur de Chine, QUO Taï-Chi, le 15 avril 1941 :
« J’ai toujours été impressionné chez lui par une sorte de sentiment inconscient de l’honorabilité de sa race, une sorte de sérénité majestueuse nourrie de l’histoire millénaire de sa nation…
« Les nations européennes (même les nations allemande, française et anglaise, pour ne rien dire de la jeune Russie) ne sont-elles pas toutes des novices comparées aux Chinois ? Les Anglais mesurent leurs antécédents en siècles, mais les Chinois en millénaires… » (1)
Les dirigeants occidentaux devraient avoir le même respect qu’Ivan MAISKI vis-à-vis des Chinois pour commencer à comprendre la « sérénité majestueuse ».
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 638
2 septembre 2025 : Réflexions de Max AITKEN, baron BEAVERBROOK sur les Anglais
Le 3 juin 1941, Ivan MAISKI rapporte quelques remarques de BEAVERBROOK lors d’un déjeuner à l’ambassade de Russie :
« Beaverbrook a méchamment critiqué les Anglais : ils sont lents et insouciants, ils sous-estiment la gravité de la situation, ils ne regardent pas devant eux, ils sont toujours en retard, ils se sont habitués à une vie facile et ne veulent pas renoncer à leur confort. Et ils sont capables de faire tant de choses stupides ! » (1)
Ce portrait concerne-t-il seulement les Anglais ?
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 652
3 septembre 2025 : « Seigneurs et maîtres »
En réponse à une interrogation d’Anthony EDEN, ministre des affaires étrangères de Grande-Bretagne, Ivan MAISKI lui suggère ce très sage conseil :
« Si le gouvernement britannique veut réellement améliorer les relations (avec l’URSS), voici un bon conseil : ne faites pas de déclarations grandioses (deus ex machina) au milieu de l’océan Atlantique. Pas à cause de leur contenu (il est très bien), mais de la manière dont elles sont faites. Cela a créé l’impression que la Grande-Bretagne et les USA se prennent pour les seigneurs et maîtres, y compris de l’URSS. On ne peut bâtir une amitié sur de telles bases. » (1)
Fantastique ! Regardez aujourd’hui les Occidentaux (TRUMP plus que tout autre, suivi par ses larbins européens, MACRON en tête) qui se vantent bruyamment sans rien faire… Qu’ils réfléchissent à la sagesse millénaire chinoise qui agit sans (presque) rien dire ! Qu’ils réfléchissent, de toute urgence, au respect qu’ils doivent à tous les peuples de la terre !
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 692
4 septembre 2025 : Une leçon pour les Américains
Au sujet d’un message de STALINE à ROOSEVELT, Ivan MAISKI écrit le 18 janvier 1943 :
« Roosevelt va probablement s’en offusquer. Tant pis ! Les Américains ont besoin d’une leçon. Ils s’imaginent vraiment être le sel de la terre et les mentors du monde. » (1)
Plus de 80 ans plus tard, les dirigeants des Etats-Unis (et leurs valets européens) n’ont toujours pas compris que les relations entre tous les pays du monde doivent être faites avec respect et honnêteté, sans oublier que la diplomatie (la seule vraie) se fait souvent sans projecteur et sans média…
1. Journal 1932-1943 - Ivan MAISKI - Perrin Collection Tempus 2019 - Page 837
9 septembre 2025 : Alain MERIEUX : arrogance et respect
Je n’admire pas spécialement Catherine NAY, car, comme tant d’autres journalistes de nos jours, il lui semble nécessaire de parler d’elle plutôt que des personnalités qu’elle présente.
Mais j’ai aimé ces remarques prononcées par Alain MERIEUX, directeur de l’Institut Mérieux à Lyon, sur le « sentiment antifrançais » souvent relevé dans les pays étrangers :
« L’arrogance française est une maladie chronique que l’on ne supporte plus. En Afrique, au Moyen-Orient, on dit la même chose : « Vous nous faites sans arrêt la morale, mais vous traitez bien mal vos vieux dans les Ehpad. On n’a pas de leçons à recevoir ». Il note aussi : « Quand un président français vient en visite dans ces pays, il devrait rester trois ou quatre jours. Les visites éclairs d’une journée, ça blesse. Il vaudrait mieux aussi des ambassadeurs qui aiment le pays où on les envoie, ce qui n’est pas toujours le cas. » (1)
Alain MERIEUX connaît un grand médicament pour soigner la fin de l’arrogance française à l’étranger. Il faut, enfin, la remplacer par le respect, offert tant par le Président français que par son ambassadeur. Effectivement, il y a beaucoup de travail ! (2)
Il m’apparaît d’ailleurs que nos dirigeants, constatant de plus en plus le rejet de leur arrogance par les étrangers, reportent la maladie dont ils sont fiers sur leur propre peuple. Sans aucune pudeur, ils déclarent que le peuple est malade et qu’il faut le contraindre à se soigner en allant jusqu’à dénaturer les élections…
1. Catherine NAY - Secrets de vies - Bouquin 2023 - Pages 160-161 du 1er novembre 2022
2. Cf. "Souvenirs, souvenirs..." Birmanie 2002-2006 - Rubrique : Asie du Sud-Est et Europe
16 septembre 2025 : Cassoulets et Europe
Je lis avec plaisir le livre que James de COQUET a consacré à la gastronomie. J’ignorais les talents de celui que je ne connaissais (bien peu) que comme journaliste au Figaro.
Dans une rubrique – datant de plus de 60 ans – sur les « saveurs associées », j’ai découvert ces remarques sur les cassoulets et l’Europe :
« Quand il s’agit de faire l’Europe, deux tendances s’affrontent : l’Europe unifiée et l’Europe des patries. De même dans le cassoulet, ou dans tout autre plat composite, on peut reconnaître deux écoles. L’une amalgame les saveurs et l’autre les associe. C’est à cette dernière que va ma préférence. » (1)
Pour ma part, ma préférence va entièrement à l’Europe des patries (ou des nations). Quant à la gastronomie, je préfère les soupes asiatiques aux bouillons de légumes !
1. James de COQUET - Propos de table - Bibliothèque des Guides Bleus - Hachette 1964 - Page 54 : Les saveurs associées
2 octobre 2025 : Nigel FARAGE en Grande-Bretagne
En feuilletant le Figaro Magazine, j’ai été retenu par un article de Jean-Marc GONIN au sujet de Nigel FARAGE, chef du parti « Reform UK » en Grande-Bretagne. J’en ai gardé cette phrase :
« Emule de Donald Trump, il promet aussi de congédier toute la caste des hauts fonctionnaires pour les remplacer par des personnes « compétentes » et « sans idéologie ». (1)
Dès qu’il aura fini son travail à Londres, Nigel FARAGE pourrait venir faire une étude en France (un pays qui, comme beaucoup d’autres, a besoin de réformes), non pour congédier « toute la caste des hauts fonctionnaires », mais certainement tous ceux qui sont incompétents et partisans… Il aura du travail, mais il faudra bien, un jour, redonner leur grandeur aux hauts fonctionnaires et fonctionnaires qui sont honnêtes et serviteurs de leur pays !
1. Le Figaro Magazine - 12 et 13 septembre 2025
4 octobre 2025 : « A l’écoute du monde » (?)
J’ai été déçu par la lecture du livre de Laurent COHEN-TANUGI sur « L’Europe et l’Amérique au seuil du XXIème siècle ». La simplicité ne m’a pas paru comme un atout de cet intellectuel.
Je me suis donc un peu forcé pour lire plus de 200 pages dans lesquelles je n’ai trouvé qu’une seule « pépite » sur les Etats-Unis :
« Première puissance mondiale… l’Amérique doit d’abord se mettre à l’écoute du monde, ce qu’elle semble éprouver de plus en plus de difficultés à faire, y compris à l’égard de ses alliés européens. »
Dans cette phrase, je ne vois pas pourquoi se trouve le mot « semble » car il est totalement inutile. Il ne faut pas forcément s’agenouiller devant les Etats-Unis, surtout en constatant que, vingt ans plus tard, rien n’a été fait !
Continuons la lecture : « La puissance, le dynamisme et la prospérité se révèlent… de redoutables handicaps. Les Américains ont souvent le sentiment qu’ils peuvent tout accomplir et tout connaître par eux-mêmes, que les apports des autres ne leur sont d’aucune utilité… »
Je ne peux que répéter la même remarque : pourquoi écrire le mot « souvent » puisqu’il est inutile ?
Et enfin, je lis : « Le fait que tout ceci soit largement exact ne change rien à l’arrogance que perçoit dans cette attitude le reste de la planète, et au ressentiment qui en résulte. » (1)
Vous avez compris : « largement » est inutile. Pourquoi donc toutes ces courbettes ?
Par contre, deux mots relèvent enfin la guimauve et la fadeur : « arrogance » et « ressentiment ». Ils sont terriblement exacts, non pas en Occident où beaucoup vivent les yeux fermés, satisfaits et inconscients du reste du monde, mais dans ce « reste » où le développement des BRICS s’accélèrent dans tous les domaines.
On entend ainsi, grâce à ces Etats des quatre coins du monde, le chant de la fauvette des roseaux de René CHAR :
» Dans la touffe de roseaux où elle amerrit, quelles cavatines ! C’est ici qu’elle chante. Le monde entier le sait !
« Eté, rivière, espaces, amants dissimulés, toute une lune d’eau, la fauvette répète :
« libre, libre, libre, libre… » (2)
1. Laurent COHEN-TANUGI - Les sentinelles de la liberté - L'Europe et l'Amérique au seuil du XXIème siècle - Odile Jacob 2003 - Pages 186-187
2. René CHAR - La parole en archipel - 1962 (Quand ils liront ces lignes, je sais que mes petits-enfants, Paul et Lucie, se souviendront de la fauvette des roseaux qu'ils ont appris à connaître à Pornichet, un jour d'octobre 2025)
5 octobre 2025 : « La maison du lac »
J’ai été content de revoir la pièce de théâtre dans laquelle font merveille Maria PACOME et Jean PIAT : « La maison du lac ».
Je m’intéresse davantage (sans doute en vieillissant) au temps qui passe et aux barrières des générations. Sur ce sujet d’ailleurs, j’aime toujours les chansons populaires quand elles transmettent, avec succès, mais simplement, des idées philosophiques. Ainsi en est-il, dans ce domaine, des « barrières des générations » chantées par Richard ANTHONY en 1990.
Sur YouTube, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas ! « La maison du lac » est une très belle pièce pour réfléchir sur les relations d’une fille avec chacun de ses parents (et réciproquement !).
9 octobre 2025 : les « affaires » françaises du moment
Je n’ai pas très envie d’écrire sur le déroulement des événements politiques qui secouent la France depuis le départ de François BAYROU (j’ai déjà dit – (1) – qu’il n’aurait jamais dû, au moins par décence, s’imposer comme Premier Ministre) jusqu’au départ de Sébastien LECORNU, dernier Premier Ministre nommé, qui, une fois son gouvernement enfin annoncé, aura tenu une demi-journée. Record battu !
J’entends une partie de la gauche dire que maintenant c’est son tour d’être nommé à Matignon, comme des enfants qui jouent à tour de rôle à colin-maillard ou d’autres qui participent aux chaises musicales sans bouger de leur siège pour être sûrs de ne pas être éliminés.
J’entends une partie de la droite perdre son temps en palabres inutiles au lieu de chercher comment servir le mieux possible la France et les Français et accepter les sacrifices nécessaires.
Plus que tout, j’entends les fidèles (de plus en plus rares) d’Emmanuel MACRON qui se déchirent, oubliant même ce qu’ils ont reçu de lui.
Ce n’est même pas pitoyable. C’est la cour de récréation à l’école primaire où chacun veut avoir les billes de son voisin.
Et le Président ? Lui qui depuis des années parle pour ne rien dire, sauf le contraire de ce qu’il a déjà dit. Il se tait, sauf lorsqu’il fait le beau sur la scène internationale, la main dans sa poche gauche de pantalon pour se donner une nouvelle posture. Il a promis de parler bientôt car il va prendre, a-t-il fait savoir, ses responsabilités. Après huit années de pouvoir, il est temps, mais je pense qu’il ne le fera pas, car il ne l’a jamais fait. Je crois que son seul souhait est de se maintenir au pouvoir, quoi qu’il en coûte à la France et aux Français. Tous les moyens seront bons pour s’accrocher, même en poursuivant « sa » guerre et en continuant à rêver de « son » Europe supranationale qu’il dirigerait même si les peuples n’en veulent pas.
Il est seul et inutile, devant le terrible échec de ses deux quinquennats.
(J’ajouterai peut-être une note lorsque je connaîtrai sa décision)
NOTE du 11 octobre :
Un humoriste disait : « On ne change pas une équipe qui perd ». Au royaume de l’Elysée, on ne change pas le président, on ne change pas le premier ministre, on ne change pas l’assemblée nationale… On garde les mêmes et on reste entre soi. L’agriculture, l’industrie, les services… Rien ne marche (« En marche » devrait s’appeler « Ne marche »), mais ils sont persuadés de leur supériorité… Ce qui est vrai, quand on parle de nullité !
1. Cf. articles de janvier 2025 ci-dessus consacrés à François BAYROU
20 octobre 2025 : Madagascar
Je ne suis jamais allé à Madagascar. J’aurais pourtant aimé le faire, comme j’aurais aimé connaître tous les pays où je n’ai pas eu l’honneur de séjourner.
Mais les émeutes qui ont eu lieu ce mois-ci m’ont amené à chercher, à me documenter, comme je le fais toujours quand il s’agit d’événements qui m’apparaissent comme importants. Comme d’habitude, je n’ai pas cherché sur les chaînes de la propagande officielle.
Une fois de plus, je remercie YouTube puisque j’y ai trouvé ce que je cherchais pour me permettre de réfléchir. La présentation intitulée « La France perd Madagascar » venait d’une chaîne (inconnue pour moi) appelée « Le quotidien global ».
J’ai beaucoup aimé la tenue et la retenue de la présentatrice qui m’a semblé très objective dans son intervention, sans ostentation ni parti pris. Le lendemain matin, j’ai écouté une nouvelle fois, en prenant des notes que je reproduis ci-après :
» Pendant des décennies, Madagascar était considéré comme intouchable, un allié fidèle, un pilier essentiel de l’influence française… Aujourd’hui, tout s’effondre… La France, autrefois toute puissante, se retrouve impuissante face à une vague souverainiste qu’elle ne peut contenir…
« Lorsque le peuple s’est levé contre la corruption et l’exploitation étrangère, ce n’était pas une révolte, c’était un réveil… Aucun coup d’Etat, aucune prise de pouvoir militaire, juste une destitution calculée et conforme à la loi par l’assemblée nationale, une révolution silencieuse, précise et irréversible…
« La panique s’est installée à l’ambassade de France à Antanarivo… La machine économique française à Madagascar s’effondre. L’énergie, la construction, les mines, tous les secteurs autrefois dirigés par Paris sont désormais menacés de révision. Les entreprises françaises redoutent l’impensable : une renégociation totale des contrats qui ont longtemps appauvri Madagascar pour enrichir la France…
« Après avoir perdu le Sahel, après avoir été expulsée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, la France croyait pouvoir conserver l’île de Madagascar. Mais l’île rouge s’est retournée. La fièvre souverainiste a traversé la mer. Des déserts du Sahel jusqu’aux rives de l’océan indien, l’Afrique reprend son destin en main… Madagascar, jadis perle de l’empire français, rejoint désormais le choeur des nations qui disent : plus jamais, plus de bases militaires, plus de dépendance économique, plus d’exploitation déguisé en partenariat…
« Le nouveau gouvernement malgache a annoncé sa volonté de revoir les concessions minières et les accords stratégiques jugés défavorables à la nation. Pour Paris, ces mots sonnent comme une condamnation. Emmanuel MACRON ne dort plus. Ses conseillers l’avertissent… Les derniers piliers de l’influence française en Afrique s’effondre… Ce n’est pas seulement un changement de pouvoir. C’est la renaissance d’une idée : la souveraineté. Un mot longtemps étouffé, désormais crié à travers un continent lassé d’humiliation. La nouvelle Madagascar s’inscrit dans une vague historique de libération. L’Afrique n’attend plus de permission…
« L’âge de la soumission est terminé, l’âge de la souveraineté commence… »
Comme tout est bien présenté, et simplement, pour permettre la compréhension de chacun ! S’il y a une réponse, un jour, d’une voix française qui ne soit pas propagande, je l’écouterai et je changerai d’opinion s’il el faut. Mais en attendant, je me demande si les étudiants et le peuple de Madagascar ne sont pas un exemple pour la France. Les similitudes sont évidentes :
- « une vague souverainiste » que la France ne peut contenir à Madagascar. Cette vague existe aussi dans de nombreux pays d’Europe. Il faut espérer, en reconnaissant qu’il est bien tard, qu’il n’est pas trop tard… Les pays d’Europe ne doivent connaître, entre eux, que coopération et jamais asservissement. De plus, le gouvernement auto-proclamé de Bruxelles doit cesser sa lutte contre le souverainisme, lutte qui entraîne des atteintes indignes contre la liberté d’expression et l’ingérence d’une caste de plus en plus méprisée.
- « Le peuple s’est levé contre la corruption et l’exploitation étrangère »… Ce sont les mêmes plaies qui gangrène la France, venant de l’Europe et de l’Occident…
- « Ce n’était pas une révolte, c’était un réveil »… Je souhaite la même chose pour la France, mais pour éviter la révolte (puis la révolution ?), il faut se réveiller complètement et très vite.
- « Une révolution silencieuse, précise et irréversible »… C’est sûrement ce dont nous-mêmes avons besoin. J’espère que la France saura un jour remercier les jeunes de Madagascar pour l’exemple qu’ils nous donnent.
- « La machine économique française à Madagascar s’effondre »… Il est possible de dire de même que la machine économique française s’effondre même en France.
- « L’Afrique reprend son destin en main »… Pourquoi la France ne fait-elle pas de même ?
- « C’est la renaissance d’une idée : la souveraineté. Un mot longtemps étouffé, désormais crié à travers un continent lassé d’humiliation »… La France doit, elle aussi, agir pour que la souveraineté retrouvée efface l’humiliation imposée et subie.
- « Une vague historique de libération… L’âge de la soumission est terminée, l’âge de la souveraineté commence »… Comme la France ressemble à Madagascar ! Mais la Grande Ile devance la Grande Nation !
Que les jeunes se réveillent ! Ils ont un chemin tracé !
NOTE DE NOVEMBRE 2025 :
Je ne peux que redire toute l’importance de la conférence donnée par l’ambassadeur de Singapour au Centre culturel français de Rangoun au début des années 2000. Je regrette de ne l’avoir pas enregistré. Ce ne sont que quelques souvenirs que j’ai écrits en 2019, avec un note de juin 2025. Cette conférence superbe annonçait l’évolution du monde : BRICS et Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).
Dans la salle, j’étais passionné par toutes les évidences présentées par le conférencier qui nous connaissait très bien (ancien élève de l’ENA et ancien ambassadeur à Paris)… Mon ambassadeur, présent sans doute par courtoisie, semblait somnoler… (1)
1. Cf. "Souvenirs, souvenirs... Birmanie 2002-2006" Chapitre "Asie du Sud-Est et Europe
22 novembre 2025 : Un chef d’état-major des armées… très particulier !
Le général Fabien MANDON, Chef d’état-major des armées, a pris récemment la parole au Congrès des Maires de France. La « grande muette » n’est donc plus muette, mais franchement ce général ne sort pas grandi de son intervention. Il ressemblait, pour moi, au valet envoyé au casse-pipe par le Président Emmanuel MACRON, dont il avait été le chef de l’état-major particulier avant d’être promu à son poste actuel.
Comme tous ceux qui font carrière plutôt que servir, il se trahit en ne parlant pas d’une façon simple et limpide.
J’ai noté pour ma part qu’il a parlé de « groupes terroristes » et de « Russie », mêlant allègrement ces deux « dangers » et faisant semblant d’assimiler les deux sous une même bannière. Sauf pour la date de 2030, prévue par lui (ou un autre) pour l’affrontement de la Russie contre la France (ou de la France contre la Russie).
Et cet « officier supérieur » évoque, ou annonce, la possibilité pour la France d’avoir à « accepter de perdre ses enfants » dans un conflit à venir.
Je pensais que le plus haut gradé de nos généraux ne devrait pas parler ainsi puisqu’il ne citait aucune source fiable permettant de comprendre ses déductions. Puisqu’il mélangeait tout, son courage aurait dû être de démissionner.
Je pensais aussi à mon grand-père paternel, Gabriel PETIT, mort au début de la guerre de 1914-1918 au Chemin des Dames. Il est mort « pour la France », et non pour un pays étranger ou une organisation internationale (l’OTAN). Je pense aussi à mon père, Gabriel PETIT, déclaré « pupille de la Nation » mais qui n’a connu la « gloire » de son père que par les mots « Mort pour la France » que lui a appris sa mère, Marguerite CHERAMY, veuve PETIT.
Le chef d’état-major des armées ressemble à ces généraux argentins dont j’ai déjà parlé, qui, incapables de résoudre les problèmes de politique intérieure de leur pays, se sont lancés, pour faire diversion, dans la guerre des Malouines.
Mes pensées en étaient arrivées à ce point de dégoût lorsque j’ai écouté l’émission « Face à Philippe de VILLIERS », hier vendredi soir.
Il a magistralement dit – car le général MANDON avait besoin d’une leçon – que la force d’âme dont il avait parlé, ce n’était pas de s’occuper de l’Ukraine, mais de la France et que nos enfants et petits-enfants n’ont pas besoin d’aller se faire tuer ailleurs, puisqu’ils sont tués, déjà, en France.
Philippe de VILLIERS a terminé son intervention en disant que ce général était une « honte ». Je partage ce point de vue, même en sachant qu’il avait été envoyé par son « patron » (qui n’est certes pas Napoléon sur le pont d’Arcole) !
Il restait à ce général, comme je l’ai fait à ma modeste place quand j’ai pensé qu’il le fallait, la possibilité de démissionner, de partir, de refuser… Mais ce ne fut pas son choix !
Un dernier mot : pourquoi n’a-t-il rien trouvé à dire au sujet de la lutte contre la drogue ? On dit même que c’est une guerre, or lors d’une guerre, c’est à l’armée d’agir pour restaurer la paix. Je constate son silence sur le rôle que pourrait et devrait avoir l’armée française dans cette lutte.
3 décembre 2025 : Les cumuls indécents
Je n’apprécie guère la journaliste Catherine NAY. Elle parle trop d’elle-même en se vantant de ses rencontres et de ses déjeuners avec les « grands » qu’elle interroge.
Je lis quand même, poussé par un de mes frères, Bruno, qui m’a assuré que ça valait le coup d’oeil, ses souvenirs. (1) Il m’a fallu attendre longtemps avant de trouver un paragraphe intéressant, lorsqu’elle relate les débordements du patron de l’Express, Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER (JJSS), lorsqu’il entra en politique dans le parti radical :
« JJSS, secrétaire général du parti radical, pose un sacré problème à L’Express. Celui de son indépendance politique. Pour calmer le malaise qui monte, il se met en congé du journal. Ce qui ne l’empêchera pas d’écrire chaque semaine « à titre personnel » un grand article sur les nouvelles orientations du parti radical. Les lecteurs ne sont pas dupes et s’en plaignent. Une petite révolte gronde rue de Berri, ce qui oblige JJSS à accélérer la réorganisation du journal… » (2)
J’ai été surpris en lisant ces lignes 25 années plus tard ! Qui se formaliserait aujourd’hui de voir ces cumuls indécents ? Journalistes mêlés à la politique et politiciens ne pouvant vivre sans les médias… Et les lecteurs qui, à l’époque, « ne sont pas dupes et se plaignent ». En 2025, la propagande « officielle » est telle que presque plus personne n’a le courage de se plaindre… La liberté et l’indépendance de la presse n’existent pratiquement plus en France !
1. Catherine NAY - Souvenirs, souvenirs... - Tome 1 - Robert Laffont 2019 -
2. Ibid. Page 138
9 décembre 2025 ; La Cigale… et les « fourmis »
J’ai déjeuné récemment à Nantes dans une très belle brasserie, la Cigale, que je recommande bien volontiers à tous ceux qui aiment le patrimoine et la cuisine de France.
J’étais avec Sabine, une de mes nièces qui va prochainement travailler à Nantes dans une entreprise qui s’occupe, si j’ai bien compris, de recruter et de former des « compagnons » qui pourront ensuite trouver un emploi avec des artisans.
Si j’ai parlé de « fourmis », c’est parce que je crois profondément que c’est une des premières choses à faire pour aider au redressement de notre pays. On assiste actuellement à l’échec de la réindustrialisation tant vantée par nos gouvernants qui sont incapables de la réaliser, et à l’échec de la soi-disant « start-up nation » alors que le chômage ne cesse d’augmenter. Ces pauvres résultats viennent en partie du fait que les politiciens font de la « com » et veulent imposer d’en haut ce qui doit d’abord être patiemment planté.
L’indispensable, c’est de réformer l’école et la formation pour que chaque jeune trouve une place qui lui convienne et que l’artisanat revive pour redonner la vigueur manquante dans les petites villes, les bourgs et les villages.
Mon grand-père Auguste, d’origine vendéenne et menuisier à Saint-Hilaire-du-Bois (Maine-et-Loire), a eu pratiquement toute sa vie des « compagnons » qu’il a formés. Je suis donc content de voir que ma nièce Sabine effectue un stage de menuiserie pour aider ensuite le mieux possible les jeunes qui voudraient entrer dans cette branche d’activité.
Allez à la Cigale de Nantes et aidez toutes les « fourmis » de France !