Le « MUGA-PAKKHA JATAKA »

Présentation

Il s’agit d’un fascicule spécial dont je ne suis pas l’auteur.

Ceux qui me connaissent un peu savent combien je n’ai pas aimé l’enseignement de la philosophie qui m’était proposé à l’université de Nanterre avant 1968. Les noms de deux professeurs seulement me sont restés en mémoire : Paul RICOEUR, le très grand, et Henri LEFEBVRE, ce dernier annonçant déjà dans ses cours les bouleversements qui arrivaient en France (et dont on mesure mieux aujourd’hui les conséquences, bonnes ou mauvaises.

J’ai choisi d’arrêter l’étude presque systématique (et inutile) du néant, de partir au service de la coopération et de reprendre ensuite des études dans un domaine plus proche de la vie.

Au début des années 70, j’ai eu la chance d’accueillir à Chiang Mai, en Thaïlande, Jacqueline de FELS, alors directrice de l’enseignement du thaï aux Langues orientales. Elle m’a vivement encouragé à valoriser, en plus des études que je faisais alors avec le CNED pour terminer ma licence de philo, mes connaissances encore très sommaires de la langue thaïe, en passant d’un coup les deux premières années d’une licence de thaï, elle-même se chargeant de m’adresser régulièrement des exercices pour m’entraîner, tout en m’assurant que mon niveau de langue dépassait largement celui des étudiants qu’elle avait à Paris et qui, bien évidemment, n’avaient, à l’époque, que bien peu d’occasions d’utiliser et de parfaire leurs connaissances dans la vie de tous les jours.

Je raconterai un jour, si le temps m’est donné, comment j’ai quitté Chiang Mai en 1975 et ce qui s’est passé à Paris dans les mois qui ont suivi, mais pour le moment, je reviens à la licence de philo. Les réformes à l’université qui ont suivi mai 1968 ont permis l’apparition d’un certain nombre d’unités de valeur (UV), ce qui donnait davantage de choix à l’étudiant. Je fus ainsi heureux de découvrir une UV consacrée au bouddhisme et plus spécialement à un Jataka, c’est-à-dire le récit d’une des vies antérieures de Bouddha.

Je me suis inscrit et n’ai jamais regretté ce choix. Les textes étaient écrits par Jean BOULIER-FRAISSINET et le professeur qui me suivait était Serge BLAIN. Je souhaite leur rendre un très grand hommage. Ils ont été pour moi (enfin!) de vrais professeurs, capables d’écouter, d’essayer de comprendre et d’aider leurs étudiants.

Les cours reçus – à cette époque, les postes françaises et thaïlandaises ne perdaient pas les envois – m’ont toujours suivi dans mes nombreux déménagements. J’ai relu ce cours plusieurs fois et ces derniers mois, je me suis décidé à le photocopier pour pouvoir le faire connaître à quelques personnes qui pourraient être intéressées par une introduction au bouddhisme.

La lecture entière pourra rebuter, mais au moins chacun lira sans difficulté le texte du Muga-Pakkha Jataka, comme on lit par exemple une fable de Jean de La Fontaine pour y découvrir un peu de morale.

Pour moi, cette véritable nouveauté ouvrait la porte à de nombreuses découvertes dans les fresques des temples thaïlandais, mais aussi dans la vie et la morale des habitants du nord de la Thaïlande. Ceci fut prolongé par un livre acheté dans une « librairie asiatique » qui se trouvait au quartier latin. J’ai vu qu’il est encore possible de se le procurer sur internet et je donne donc son titre complet : « Choix de Jataka – Extraits des vies antérieures de Bouddha – Traduits du pâli par Ginette Terral – Connaissance de l’Orient – Collection UNESCO d’oeuvres représentatives – Gallimard 1958 ». On y trouve 39 Jataka, le dernier étant le Muga-Pakkha Jataka « les épreuves de Temiya ».

J’ai beaucoup hésité à ajouter à ce grand enseignement le seul devoir que j’ai rendu dans cette matière pendant l’année. Je n’ai pas fait plus, non par paresse, mais par manque de temps. Ce fut d’ailleurs mon plus grand handicap pendant toute ma vie ! Ces quelques pages sont pour moi la preuve de l’engagement de ces professeurs magnifiques du CNED qui dans le monde entier avaient comme interlocuteurs un peu « n’importe qui » : des malades, des handicapés, des expatriés, des jeunes, des moins jeunes… et qui réussissaient à créer un contact, à découvrir, à comprendre… Les notes nombreuses en marge du devoir en portent témoignage.

A tous les jeunes d’aujourd’hui (et peut-être aussi au moins jeunes), j’ai envie de dire : regardez les programmes offerts par le CNED, choisissez ce que vous cherchez, ce que vous aimez et progressez dans votre quête.

Bonne lecture à tous !

Pornichet, le 27 octobre 2024

Pierre PETIT