Une exigence de Bernard KOUCHNER
J’ai déjà écrit (1) plus de mal que de bien de ce « spécialiste » de l’humanitaire qui utilisait ce très beau mot pour se faire mousser et faire croire qu’il était le plus apte à trouver des solutions aux misères humaines. De MITTERRAND à SARKOZY, les Présidents se sont servis de ce trublion pour recevoir des parts de popularité glanées de façon peu orthodoxes.
A Vienne, je travaillais un vendredi soir. On m’annonça une communication urgente venant du directeur de cabinet de Bernard KOUCHNER, alors probablement secrétaire d’Etat ou ministre. Cette personne m’explique que son ministre devait le lendemain matin poser la première pierre d’un hôpital en Yougoslavie (à Sarajevo ?) et qu’il devait remettre à cette occasion le montant de la première tranche de la subvention promise par lui (ou la France) pour la construction de cet hôpital. Le « foutu » directeur me donnait l’ordre, de la part de son ministre, de faire sans attendre le virement bancaire correspondant pour que la promesse de son chef soit honorée.
Il se trouve qu’à Vienne, l’ambassade avait, peu de temps avant mon arrivée, quitté la succursale en Autriche de la Société générale, banque traditionnelle de l’ambassade qui était persuadée qu’elle le resterait toujours, alors que les demandes de l’ambassade pour recevoir un meilleur service avec des coûts moindres restaient lettre morte. C’était une petite banque autrichienne qui était devenue « notre » banque. Elle avait pour premier avantage d’être située en face du consulat. Tout le personnel se mettait en quatre pour nous offrir le meilleur service au meilleur prix et trouver avec nous le meilleur moyen d’être efficace. Un seul exemple : nous avions à gérer les pensions et les soins médicaux de près d’un millier de retraités de la Légion étrangère. En effet, lors de la main mise d’Hitler sur l’Autriche, de nombreux patriotes autrichiens avaient choisi d’entrer à la Légion et avaient passé leur vie au service de la France. La banque avait donc créé un programme informatique spécial pour gérer tous les dossiers en fonction des données que nous fournissions tous les mois. Et la banque avait accepté de tenir des comptes gratuits pour tous les anciens de la Légion (j’avais été scandalisé lorsqu’un vieux légionnaire n’avait pu toucher sa petite retraite car « notre » banque française avait tout simplement fermé son compte qui avait été considéré comme inutile !).
Pour la petite histoire, le directeur de la banque française avait été rappelé en France pour avoir perdu le compte de l’ambassade et son successeur faisait des pieds et des mains pour récupérer ce gros compte. Je lui avais dit clairement qu’aussi longtemps que sa banque ne proposerait pas, pour la France et dans tous les domaines, mieux que ce que donnait la banque autrichienne, y compris des intérêts pour les dépôts importants du compte qui n’était jamais à découvert, il serait inutile d’insister car nous continuerions à travailler avec les Autrichiens.
Tout ceci pour dire que même un vendredi soir notre banque autrichienne, qui était déjà fermée, pouvait rouvrir pour nous et effectuer un virement aux quatre coins du monde. Mais je ne voulais en aucune façon déranger le directeur sans nécessité absolue.
Or cette dernière ne m’apparaissait pas dans la demande de notre soi-disant ministre. Il aurait dû savoir qu’en poste à Vienne, je n’avais aucune compétence pour régler des dépenses de l’Etat en Yougoslavie. Par ailleurs les règles de la comptabilité publique m’empêchaient (heureusement !) de faire des virements sans avoir un accord écrit lorsqu’il s’agissait de « choses » exceptionnelles d’un montant important.
Je « conseillai » donc le directeur de cabinet. Il avait deux solutions : soit appeler la Trésorerie générale pour l’étranger qui pouvait m’envoyer un télégramme immédiat me donnant l’ordre de faire le virement, soit appeler mon ambassadeur qui pouvait lui aussi me donner l’ordre de ne pas respecter les règles comptables.
Le malheureux personnage raccrocha sans me remercier et j’appelai de suite mon ambassadeur pour lui raconter cet étrange appel et la suite que je lui avais donnée. Je lui rappelai que bien sûr il pouvait me donner l’ordre de virer la somme demandée par le pauvre KOUCHNER (toujours très à l’aise pour dépenser à son profit l’argent du peuple!), mais que s’il le faisait, il deviendrait automatiquement responsable.
Mon ambassadeur, André LEWIN, était sage et comprit parfaitement. Il me raconta plus tard que, tout de suite après mon appel, il avait eu le directeur de cabinet et lui avait indiqué que la seule solution était d’intervenir auprès du Quai d’Orsay et de la TGE pour qu’un télégramme donne immédiatement l’ordre d’exécuter la dépense.
Serez-vous étonné de savoir que rien ne fut fait ? J’ai appris par la presse que le ministre avait « béni » la première pierre de l’hôpital sous l’oeil des caméras qui étaient sa raison de vivre. J’appris plus tard que l’hôpital ne fut jamais achevé. Les pauvres n’ont de valeur que comme prétexte de télévision !
Ecrit en juin 2023
1. Cf. "Souvenirs, souvenirs... - Thaïlande" - Chapitre 75 : Une personnalité en visite en Thaïlande
Un conseiller commercial énarque, borné et stupide.
J’ai plusieurs fois eu la malchance de croiser des conseillers commerciaux dont la morgue n’avait d’égal que l’incompétence. Beaucoup étaient sortis de l’ENA, mais suffisamment mal placés pour n’avoir pu choisir un corps correspondant à leur fatuité.
Je préférais de beaucoup leurs adjoints, plus jeunes et moins imbus d’eux-mêmes, qui tentaient tant bien que mal de faire tourner au mieux leur service.
J’ai rencontré le pire des conseillers commerciaux à Vienne, en Autriche. Il se faisait appeler Bertrand de FOUCAULT et en plus de son travail (mal fait), il lui arrivait de publier des articles dans Le Figaro.
Un jour, mon adjoint, Geoffroy MULLER, d’une honnêteté et d’une compétence rare – un de ceux, trop nombreux, qui auraient mérité une meilleure carrière – vint me dire que le conseiller commercial lui avait demandé de délivrer un visa à un de ses « amis » autrichiens, sans faire de dossier ni respecter la réglementation existante. Nous étions tous les deux d’accord pour saisir l’occasion de rappeler à ce rustre donneur d’ordres qu’au consulat on ne trichait pas et que les « favoris » devaient suivre, comme tout un chacun, les instructions.
J’ai d’abord demandé une copie de son acte de naissance qui me révéla que l’énergumène s’appelait en fait « FESSARD », du nom de son père. C’était sa mère qui portait le nom de « de FOUCAULT ». Même en comprenant que le nom maternel sonnait mieux, je décidais de mon côté de l’appeler « connard ». Je ne sais comment cela est venu, mais j’aime la chanson de Jacques BREL sur « les bourgeois » et je n’aime pas les cons, même énarques.
Ensuite, je suis allé voir mon ambassadeur, André LEWIN, et je lui ai dit, respectueusement, qu’il était le seul à pouvoir me donner des ordres concernant les visas. Je ne m’occupais pas du service commercial (même si je savais, par les adjoints, qu’il était mal dirigé) et je n’acceptais pas qu’une personne nulle vienne me donner des ordres. Le conseiller commercial savait sans doute que je n’aurais pas accepté sa façon de faire s’il m’en avait parlé. Je ne lui répondrais donc pas directement, mais je voulais que l’ambassadeur sache que si ce personnage recommençait une seule fois à vouloir étendre sa dictature et ses copinages au consulat, je lui « casserais moi-même la gueule à la prochaine réunion de service. »
L’ambassadeur a parfaitement compris et m’a assuré qu’il verrait le jour même le conseiller commercial à l’occasion d’un déjeuner et qu’il lui parlerait sérieusement. Ce fut fait et le malotru ne recommença jamais.
Un jour, en attendant l’ambassadeur pour commencer une réunion de service, l’attaché de défense et le conseiller commercial discutèrent et ne furent pas d’accord au sujet d’une affaire militaire quelque part dans le monde, mais le « commercial » voulait à tout prix avoir raison.
Heureusement l’ambassadeur arriva et la querelle prit donc fin. Mais, plusieurs jours plus tard, Bertrand « FESSARD » avait signé un article dans Le Figaro, dans lequel il tentait de ridiculiser ceux qui ne pensaient pas comme lui sur cette affaire particulière.
La fatuité et l’arrogance de certains énarques sont incommensurables.
J’appris plus tard que cet énarque de sinistre mémoire avait commencé sa carrière en faisant de la politique, sans beaucoup de succès électoraux. Puis, il avait été nommé conseiller commercial à Vienne, mais comme beaucoup de conseillers commerciaux, il rêvait d’être ambassadeur, poste qu’il pensait à sa hauteur ! On apprit que le pauvre homme, au lieu de travailler et de prouver ainsi ses compétences, fréquentait les cabinets ministériels pour solliciter une nomination. Ce fut, dit-on, le cabinet de Pierre BEREGOVOY qui se laissa charmer et qui le fit nommer ambassadeur au Kazakhstan, en 1992.
Alors, du jour au lendemain, son attitude changea vis-à-vis de notre ambassadeur. Il crut enfin avoir changé de niveau et se mit à tutoyer le Chef de Poste, ce qui me semblait irrespectueux.
Il déchanta vite car il était le premier ambassadeur au Kazakhstan et devait donc défricher et construire avant de « jouir » de ses prérogatives. Il fit un premier voyage et devant l’étendue des steppes kazakhes, il décida d’établir sa résidence à Vienne et de se rendre seulement de temps en temps et pour quelques jours dans sa nouvelle capitale !
Il finit par recevoir un télégramme lui enjoignant de rejoindre son poste dans les délais les plus brefs, ou bien il serait rappelé à Paris. Quoi de plus normal qu’un ambassadeur réside dans le pays de sa résidence !
Peu de temps après, le Président François MITTERRAND fit un voyage officiel au Kazakhstan. Ce fut le Chef du Protocole qui me raconta l’anecdote suivante : marchant avec Alain JUPPE dans les rues de la capitale, le Président demanda qui était l’énergumène qui était devant lui avec un appareil photo de poche. C’était l’ambassadeur qui voulait quelques souvenirs pour son album. Le Président MITTERRAND demanda à son ministre des affaires étrangères s’il fallait le rappeler immédiatement à Paris. Le ministre réfléchit et finalement répondit : laissez-le dans les steppes…
A la fin de son séjour, en 1994, il n’eut pas d’autre poste !
Ecrit en octobre 2024
Un fana d’opéra
Notre chancellerie diplomatique et la résidence étaient situées dans un magnifique palais construit dans un magnifique palais dans cette Vienne où l’art était présent partout.
Je vais parler un peu de l’opéra. C’est un art qui m’est en grande partie étranger; mais j’ai découvert et aimé Carmen à Pékin, en chinois (1). Lorsque j’ai appris que cet opéra allait être joué à Vienne, j’ai essayé d’avoir des places, mais ce fut impossible car tout était loué depuis des lustres, surtout lorsqu’une grande cantatrice était à l’affiche.
Ce fut le cas une autre fois pour un opéra et une actrice dont j’ai oublié les noms, mais qui a attiré à Vienne Roland DUMAS, à l’époque ministre des affaires étrangères, mais aussi passionné d’opéra.
Je vais raconter cette histoire car elle est un exemple évident du gâchis d’argent public, de passe-droits, d’exagérations outrancières qui devraient être sanctionnés très sévèrement alors qu’ils sont en fait tolérés et même acceptés…
A l’ambassade, notre Premier Conseiller était un grand travailleur et un véritable amateur d’opéra. Il avait un abonnement à toutes les grandes soirées viennoises et c’est donc à lui que l’ambassadeur confia la charge d’accompagner la visite à Vienne qu’allait effectuer Roland DUMAS.
Il s’agissait en fait d’une visite privée car avec quelques amis Roland DUMAS venait passer une soirée à l’opéra. Qu’une visite « privée » soit « surveillée » par un agent de l’ambassade, c’est nécessaire pour pouvoir intervenir de suite au moindre problème. Mais une visite privée ne devrait jamais vouloir dire que les frais sont payés par le peuple.
Or, Roland DUMAS trouvait normal :
- d’utiliser deux avions des liaisons aériennes interministérielles pour lui-même et sa bande de copains ,
- de ne pas utiliser l’appartement du ministre à la résidence. Il venait d’être entièrement refait et il était destiné au visiteur de marque. Le ministre a préféré aller dans une suite du plus grand hôtel de Vienne, au frais du contribuable,*
- d’envoyer, dès l’arrivée de « ses » avions à l’aéroport, son garde du corps au consulat pour toucher les indemnités de mission dues à un ministre en déplacement officiel. Je n’ai pas gardé des sommes versées – indûment – ce soir-là, mais je me souviens que pour un ministre il y a des indemnités spéciales qui s’ajoutent aux indemnités de déplacement. Ahurissant puisqu’il s’agit en fait d’argent de poche, toutes les factures étant payées par l’Etat…
Pour ma part, j’avais vu suffisamment de gaspillage d’argent public et je pensais que c’était fini. Mais ce n’était pas le cas. On peut être ministre, intelligent, brillant et aussi radin !
Le ministre fut satisfait de sa soirée à l’opéra et notre Premier Conseiller me raconta la fin de son séjour à Vienne. Il avait rejoint Roland DUMAS à la sortie de l’opéra et c’est alors que « notre » ministre lui demanda de faire parvenir un magnifique bouquet à la diva pour la féliciter de sa prestation. Le conseiller s’exécuta -évidemment – et adressa la facture du fleuriste au cabinet du ministre. Si je vous dis qu’il ne fut jamais emboursé, me croirez-vous ?
Je ne sais pas tout, loin de là ! Mais il n’y a qu’à regarder où nous en sommes aujourd’hui pour constater que la détestation qui entoure nos gouvernants est normale puisque leurs déviations et détournements de fonds sont considérés par eux comme « acceptables ».
Ecrit en novembre 2024
1. Cf. "Souvenirs, souvenirs... - Chine 1981-1984"
Inspection du Ministère des Finances à Vienne
En Autriche, la France avait trois ambassades : l’une pour les relations bilatérales, une autre pour les relations avec les institutions de l’ONU installées à Vienne, la troisième pour gérer les problèmes de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).
Chaque représentation avait, bien évidemment, son budget et tenait sa comptabilité, mais c’était la section consulaire de l’ambassade bilatérale – dont j’étais le chef de chancellerie – qui devait regroupes les trois comptabilités, les prendre en compte avant de les adresser à la Trésorerie générale pour l’Etranger (TGE) à Nantes.
C’était vraiment un très gros travail et j’avais pour me seconder un excellent N° 2, Geoffroy MULLER, qui aurait mérité d’être promu en raison de ses connaissances, de sa disponibilité, de son honnêteté, de sa maîtrise de la langue allemande… Il était lui-même aidé par un agent détaché par le ministère des finances, chargé de toutes les entrées des différentes dépenses dans l’ordinateur, et par un agent français recruté localement qui avait, lui aussi, tant de qualités qu’il aurait dû être mieux valorisé : un homme honnête à la comptabilité, c’est une mine d’or… J’en avais deux sur les trois…
Très souvent, nous déjeunions ensemble dans un petit restaurant en face du consulat et nous nous entendions bien. Nous savions que ce « spécialiste » venu du ministère des finances avait une vie personnelle tumultueuse, mais nous avons vraiment essayé de l’aider, tout en gardant les yeux ouverts.
Il avait été atteint d’une « maladie » que l’on rencontre régulièrement à l’étranger. Des personnes qui avaient des problèmes en France s’imaginaient que la solution serait apportée par un changement de paysages… et des revenus puisque les indemnités à l’étranger n’étaient pas négligeables.
A la suite de sa nomination en Autriche, il a cru pouvoir mener un train de vie dispendieux pour lui permettre de financer ses extravagances. Heureusement, Geoffroy MULLER m’a averti un jour que les choses, loin de s’améliorer, se détérioraient, malgré nos mises en garde amicales. Or les tentatives peuvent être fortes quand on travaille à la comptabilité.
Nous avons dons mis en oeuvre, avec Geoffroy MULLER, les premiers points suivants :
- Retrait de la signature de ce comptable pour toute opération sur le compte de l’ambassade;
- Réduction au minimum de tous les paiements en liquide à l’ambassade;
- Au cours d’un entretien en tête-à-tête avec le comptable, je lui ai indiqué que j’étais prêt, s’il le souhaitait, à chercher avec lui une solution à ses problèmes personnels (et pécuniers), mais que si une seule fois la caisse de la régie ne comportait pas la totalité des recettes de la journée, il serait inutile de revenir au consulat car des ordres seraient donnés pour interdire l’accès. Sa seule solution serait d’aller voir notre ambassadeur.
- Avec Geoffroy MULLER, nous avons écrit une note à l’ambassadeur pour que l’ensemble des problèmes découverts soient exposés clairement et par écrit pour en garder trace.
Pendant quelque temps, la vie a repris son cours, mais un matin notre comptable n’est pas venu. La veille au soir, il s’était servi dans la caisse… et nous ne l’avons jamais revu.
Nous avons passé beaucoup de temps à vérifier tous les dossiers de la comptabilité pour être sûr qu’il n’y avait pas quelques entourloupes bien cachées.
Un jour, j’ai reçu un appel téléphonique du ministère des finances. Le responsable du personnel voulait parler au comptable qu’il avait envoyé au Quai d’Orsay. Des chèques sans provision avaient été tirés sur son compte. Je lui ai donc expliqué ce qui venait d’arriver au consulat, en rappelant que cet agent venait du ministère des finances et que je regrettais que lors de cette mutation à l’étranger, ses supérieurs n’aient pas choisi une personne au-dessus de tout soupçon.
Je m’étais, pour ma part, contenté d’empiler dans mon armoire forte tous les dossiers concernant cette affaire, car le travail quotidien ne laissait que peu de temps pour le classement.
Un beau matin, j’ai reçu un appel téléphonique de notre conseiller, Alain SORTAIS, avec lequel je m’entendais très bien. Il avait suivi toute l’affaire et était tout à fait honnête. Il m’a appris qu’un inspecteur de la Trésorerie générale pour l’Etranger (TGE) venait d’arriver à l’aéroport de Vienne et qu’il était allé l’e chercher l’accueillir. En rentrant à l’ambassade, il lui avait demandé s(il faisait faire une inspection à la suite de l’affaire du comptable. La réponse fut négative, mais l’inspecteur s’est trouvé de suite très intéressé ! En me téléphonant, Alain SORTAIS m’a dit que l’inspecteur était en route pour le consulat et il s’est excusé de ne pas m’avoir prévenu. Je lui ai répondu que je connaissais les règles et que je n’en voulais ni à l’ambassadeur, ni à lui-même. Une bonne inspection ne peut se faire que si elle n’est pas préparée.
Le téléphone à peine raccroché, on est venu m’annoncer l’arrivée de l’inspecteur. A peine arrivé dans mon bureau, il m’a demandé de lui parler de l’affaire. Me retenant de sourire, j’ai ouvert mon armoire forte et lui ai montré la pile de dossiers et de notes Je lui ai demandé de m’excuser car je n’avais pas encore classé l’ensemble, mais si l’inspecteur le souhaitait, je pourrais passer une partie de la nuit à mettre de l’ordre. Mais l’inspecteur, souhaitant sans doute que je ne puisse mettre des documents de côté, m’a demandé de ne rien changer et de lui donner l’ensemble, en vrac. J’en étais ravi !
L’inspection s’est bien déroulée et, avec Geoffroy MULLER, il nous a été facile de répondre à toutes les questions puisque nous connaissions les dossiers par coeur.
Je n’en ai plus jamais entendu parler et je ne connais pas les suites qui ont été (ou auraient dû être) données. Je le regrette, car il me semble normal que les responsables et les participants d’une affaire soient mis au courant afin de maîtriser davantage encore les améliorations toujours possibles. Je garde le souvenir d’un ministère des finances transformé en grande muette !
Ecrit en août 2025
Une histoire de photocopieuse
J’ai dit ci-dessus que la comptabilité à notre consulat regroupait dans l’informatique les comptes de nos trois ambassade et représentations en Autriche. Or, évidemment, tous les originaux de toutes les pièces étaient adressés à la Trésorerie générale pour l’Etranger (TGE) à Nantes, qui vérifiait l’ensemble. Encore fallait-il garder à Vienne toutes les photocopies nécessaires pour pouvoir répondre à d’éventuelles demandes complémentaires.
La photocopieuse – nous en avions une seule au consulat – était donc un outil indispensable de travail (Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? C’est un fait ! disait déjà un de mes professeurs d’histoire en hypokhâgne). Comme cet appareil travaillait à un rythme effréné, il lui arrivait de tomber en panne. Un jour, notre réparateur nous fit savoir que la malheureuse photocopieuse était arrivée à la fin de sa vie et qu’il en fallait une nouvelle.
Un télégramme fut envoyé au Département, mais obtenir un crédit supplémentaire en milieu d’année était quasiment impossible. La première réponse fut donc négative. J’ai dû préparer à la signature de l’ambassadeur un second télégramme, expliquant une nouvelle fois notre impossibilité de travailler à Vienne sans photocopieuse au consulat. La réponse ne se fit pas attendre : pas d’argent, utiliser la photocopieuse de l’ambassade… Je répondis que l’ambassade était séparée du consulat par plusieurs kilomètres et que je n’avais pas le personnel nécessaire pour faire une navette au moins toutes les heures…
Je ne sais plus si la suite de l’histoire se passa au téléphone ou par télégramme. Connaissant l’angoisse des responsables lorsqu’ils suggèrent aux autres de trahir leur mission, je pense plutôt au téléphone. Un de mes interlocuteurs du Quai d’Orsay me suggéra, puisque, disait-il, il n’avait aucun crédit disponible, d’utiliser la caisse noire de l’ambassade ou du consulat pour payer la photocopieuse. Je me souviens de ma réponse immédiate : jamais je n’ai travaillé avec aucune caisse noire… La personne finit par s’excuser, me disant qu’en fait il y en avait presque partout… Je l’invitai à venir et à vérifier qu’à Vienne, nous travaillions sans aucune caisse noire, en demandant chaque fois que nécessaire les crédits dont nous avions besoin.
Un télégramme, signé par l’ambassadeur, partit à Paris. Il indiquait que la comptabilité de Vienne serait conservée en attente aussi longtemps que les crédits nécessaires à la bonne marche du poste ne seraient pas adressés. La semaine suivante, nous les recevions.
J’ai gardé de cette aventure qu’il vaut mieux être honnête et ne pas tricher… Les caisses noires sont des leurres, mais pour lutter contre leur prolifération, il vaut mieux n’être mêlé à aucun trafic.
Ecrit en août 2025
Golf de Föhrenwald
Dans ce très beau pays, il y avait des golfs un peu partout et j’ai eu la chance d’être accepté quelque part, car en Europe on aime trop les clubs par cooptation où seuls les « riches » peuvent franchir les portes. Je préfère l’Asie, où il y avait bien sûr partout des clubs pour les nantis, mais aussi d’autres où tout le monde était accueilli à bras ouverts. La Birmanie était, à cet égard, un « modèle de démocratie ».
En Autriche, j’apparaissais comme un phénomène rare, n’ayant pas encore de handicap officiellement reconnu. J’ai vite constaté la vérité de ce que certains m’avaient raconté en Asie. Sans ce foutu document officiel, j’aurais des problèmes partout en Europe.
Je me suis donc inscrit à une compétition en ne mettant rien dans la case « handicap ». Le soir même, je gagnais la coupe dans la catégorie la plus basse, celles des joueurs sans handicap.
Je pensais recevoir enfin le « sésame ». Rien ne vint et personne ne put me renseigner. Au tournoi suivant, je m’inscrivis une nouvelle fois, sans handicap. Et le soir, j’ai remporté une nouvelle coupe ! C’était évident car, n’étant pas débutant, il ne m’était pas trop difficile de battre ceux qui n’avaient pas eu la chance d’apprendre à jouer simplement et sans tracasseries sur les terrains asiatiques.
Mais ce soir-là, le directeur du golf est venu me voir pour avoir des explications. Je lui ai répété ce que j’avais déjhà dit plusieurs fois au secrétariat du club sans obtenir de réponse. Je ne voulais pas recevoir de trophée, mais seulement un handicap pour pouvoir participer à des compétitions.
Le directeur m’a expliqué que j’avais fait, sans le savoir, ce qu’il fallait. Sans handicap officiel, on est considéré dans une première compétition comme « handicap 36 », le maximum possible pour le handicap. La fois suivante, on est véritablement « handicap 36 » et si le résultat est bon, le handicap sera abaissé selon les règles. C’est ainsi que j’ai été content de recevoir un handicap 32.
Mais je n’ai jamais oublié. Pour que chacun puisse comprendre, il faut des choses simples. Cette remarque est également valable pour les impôts et la « grande » politique. Je l’ai apprise au golf et quand elle n’est pas respectée, les trafiquants et les menteurs s’incrustent…
Ecrit en décembre 2025
Fermeture du consulat de France à Innsbruck
A mon arrivée à Vienne, il y avait encore sur le territoire autrichien un consulat à Innsbruck, réminiscence de la fin de la seconde guerre mondiale puisqu’il avait été créé en 1946 pour que la France gère les provinces du Tyrol et du Voralberg.
C’est en 1991 que fut décidé de fermer ce consulat (toujours les économies nécessaires et sans doute justifiées dans ce cas précis). Toute l’autriche allait donc dépendre de notre ambassade à Vienne pour les problèmes consulaires. « Mon » territoire couvrait donc toute l’Autriche, avec l’aide d’agents consulaires nommés, à l’époque, à Linz, Klagenfurt, Salzburg, Graz.
Mon ambassadeur me demanda d’aller en mission à Innsbruck, à la fin du mois d’août 1991, pour la fermeture du consulat avec le dernier agent qui restait à ce poste et qui avait déjà fait tout le travail en vue du rapatriement des archives à Vienne.
Qu’il me pardonne d’avoir oublié son nom! Mais en fin de journée, avant son départ prévu pour le lendfemain matin, nous avons passé une excellente soirée, en compagnie de son perroquet, « ami » de sa fille handicapée. Cet oiseau « parlait » français, « chantait » et répondait aux questions de mon collègue.
Je suis rentré à Vienne où m’attendait un gros travail car le Département avait décidé de ne nous donner aucune aide d’aucune sorte pour entrer tous les dossiers d’Innsbruck dans notre système informatisé. Il y avait plusieurs centaines de Français immatriculés à Innsbruck et j’ai choisi de vérifier moi-même les dossiers, un par un, pour être sûr que les informations étaient complètes et permettraient de traiter toutes les demandes consulaires.
Il y avait égalemnt à Innsbruck un institut français qui, lui, restait ouveert. C’est ainsi que j’ai pu vérifier, une fois de plus après Pékin, les différences rencontrées trop souvent entre les Alliances françaises et les Instituts français. Les premières sont dirigées par un comité qui regroupent des personnalités locales bénévoles aimant la France et la culture française. Les seconds sont dirigés par des fonctionnaires français envoyés par Paris, ce qui fait, sauf exception, toute la différence.
S’agissant des budgets des unes et des autres, les choses sont très simples. Les Alliances doivent vivre principalement de leurs ressources provenant de leurs activités : cours, cotisations des membres, manifestations… Les instituts ont un budget et peuvent vivre de leurs ressources locales, mais c’est surtout les subventions françaises qui les financent. Si, à la fin de l’année, il yu a un déficit, c’est une nouvelle subvention qui comble le trou…
Quant au choix du directeur, on retrouve des problèmes connus : les directeurs d’Alliance sont choisis par l’Alliance française, avec l’accord du Département; les directeurs d’institut sont nommés en fait en majorité par les syndicats. Quelquefois, ce sont des personnes valables et compétentes. Quelquefois, ce sont des pistonnés placés par exemple par un parti politique.
L’aventure survenue à Innsbruck va vous expliquer beaucoup plus que de longs discours.
Lors de la fermeture du consulat, Paris nomma un nouveau directeur pour l’institut. Peu de temps après sa nomination, il fit éclater une histoire en écrivant à notre ambassadeur qui me demanda de voir et de régler l’affaire.
Ce directeur avait été nommé parce qu’il était proche du parti socialiste. Il m’a semblé bien souvent regrettable d’être (trop) proche d’un parti politique (peu importe lequel) quand on doit travailler pour l’ensemble d’une population donnée. Le service véritable ne peut s’étendre qu’à tous et sans choisir des priorités ou des prioritaires politiques.
Dans sa lettre à l’ambassadeur, ce directeur s’étonnait de n’avoir pas trouvé à son arrivée à Innsbruck une cave contenant la réserve de vins et d’alcools de l’institut. Il accusait notre dernier agent au consulat, celui avec lequel j’avais passé une si bonne soirée, d’avoir mis cette « cave » dans son démnagement. Il soouhaitait bien sûr que cette cave soit remplie comme il se devait, aux frais de l’Etat… Et bla, bla, bla…
J’ai commencé par bien rire de tant d’ingénuité. Bécassine à Innsbruck ! Il avait dû bénéficier des caves de l’Elysée, du Sénat, de l’Assemblée nationale, mises par l’Etat à la disposition des titulaires respectifs de ces palais.
L’olibrius d’Innsbruck reçut de ma part un long appel téléphonique pour lui apprendre ce que son parti avait omis de lui expliquer, préférant sans doute le laisser partir en lui faisant miroiter en Autriche une vie aux frais de la prrincesse (en fait le peuple français).
Je pris mon temps pour lui expliquer qu’à l’étranger, personne ne dispose d’une cave payée par l’Etat ! Aucun ambassadeur n’en a, aucun consul n’en a, aucun conseiller n’en a, aucun directeur d’institut n’en a, aucun directeur d’alliance n’en a… Tous, nommés par l’Etat, reçoivent différentes primes et indemnités, variables selon les responsabilités occupées. C’est avec cet argent, venant du peuple français, que les ambassadeurs et tous les autres remplissent leur propre cave pour recevoir dignement leurs invités. Et chacun peut voir de suite le respect d’un ambassadeur (et de tous les autres) pour l’argent des impôts du peuple. Les radins n’auront aucune bonne bouteille à offrir, les généreux n’auront pas assez de leurs primes pour honorer ceux qui feront escale chez eux.
Je les ai tous vus : les pingres, les tricheurs et les grands serviteurs de l’Etat qui recevaient sans réserve et payaient ce qu’il fallait avec leur propre salaire. Ce sont ces derniers que j’ai eu l’honneur d’aider chaque fois qu’ils me le demandaient, avec mes émoluements personnels alors que je n’étais pas obligé à le faire, de recevoir en leur nom une délégation car eux-mêmes étaient retenus par une visite encore plus importante.
Au fur et à mesure de mes explications, mon interlocuteur découvrait une réalité qui lui demandait d’utiliser une partie de ses différentes primes, qui n’étaient pas son argent de poche, mais une participation de l’Etat aux frais qu’il jugerait bon d’engager pour réaliser au mieux son travail, c’est-à-dire en respectant l’argent des impôts du peuple français.
Je n’ai jamais plus entendu parler de ce « spécialiste ». Peut-être avait-il été « formé » par certaines célébrités qui continuent à cumuler retraites et occupations rémunérées par l’Etat. Les économies à faire dans un pays en faillite sont évidentes !
Ecrit en janvier 2026
Jean-Paul BELMONDO – Cyrano de Bergerac à Vienne
Après un grand succès en France, Jeran-Paul BELMONDO est venu en Autriche pour y jouer Cyrano de Bergerac. La famille a donc pu découvrir la pièce d’Edmond ROSTAND avec Jean-Paul BELMONDO, magnifique dans le rôle de Cyrano.
Moi qui ne suis pas fanatique des cascades et des bagarres, j’ai découvert un très grand talent d’acteur. Il me faudra demander un jour à mes enfants s’ils s’en souviennent encore. Moi, oui !
Ecrit en janvier 2026
Un récital de Gilbert BECAUD
C’était une des « idoles » de ma jeunesse et j’avais vu plusieurs fois Gilbert BECAUD à l’Olympia dans les années 60.
Un beau jour, on annonça sa venue à Vienne pour un récital. J’ai demandé à ma secrétaire, toujours très effricace de prendre des places pour la famille.
Je me souviens, non pas du lieu, mais du spectacle. Gilbert BECAUD avait vieilli (moi aussi !) et il avait de temps en temps besoin de se rapprocher des coulisses pour prendre une gorgée d’un petit remontant ou tirer une bouffée de cigarette !
Mais il était toujours, à sa manière, magnifique. Un spectateur s’est approché de la scène et a allumé une cigarette pour Gilbert BECAUD qui l’a acceptée, puis il a offert sa fameuse cravate à pois à l’Autrichien.
Un grand moment. Là ancore, il me faudra demander un jour à mes enfants s’ils s’en souviennent. Moi, oui !
Ecrit en janvier 2026
Le concert du nouvel an
Dans les lieux prestigieux de la capitale autrichienne, il y avait des concerts pratiquement tous les jours. C’est ainsi qu’un soir, l’ambassadeur et les chefs de service ont été invités à un grand concert donné à la « Musikverein ».
La soirée fut très belle et je revois cette salle magnifique en regardant les retransmissions annuelles du concert du nouvel an à Vienne.
Une année, j’avais demandé à ma secrétaire de tenter d’acheter des places. Une fois de plus, elle connaissait la réponse : impoossible, sauf si vous parlez d’un concert donné dans trois ou cinq ans !
J’eus l’occasion de raconter cette mésaventure à une Française venue me vois au consulat. Elle m’expliqua qu’elle-même, qui habitait depuis longtemps en Autriche, rêvait d’assister à ce concert. Elle m’e’xpliqua qu’elle était sur la liste d’attente depuis plusieurs années pour obtenir un abonnement.
J’ai donc renoncé… Une fois muté à Paris, cette Française a eu la gentillesse de m’envoyer, en janvier, ses voeux accompagnés d’un enregistrement du concert de nouvel an.
Chaque jour de l’an, regardez le concert donné à Vienne et retransmis dans le monde entier. Une merveille de plus dans ce pays qui n’en manque vraiment pas !
Ecrit en janvier 2026
Spectacles à Vienne
Il faudrait aimer beaucoup plus que moi la musique et la danse pour apprécier à sa très grande valeur la ville de Vienne. Il est certain que mon travail me prenait davatage que la musique. Mais un jour, je vis une publicité pour Carmen, opéra que j’avais découvert et aimé – en chinois – à Pékin (1). Je me suis dit que ce serait une bonne occasion d’emmener toute la famille, avec deux adolescents, à l’opéra de Vienne.
J’ai demandé à ma secrétaire de réserver des places. De suite, elle éclata de rire (poliment). C’est impossible, me dit-elle, la représentation a lieu dans un mois et tout zest déjà plein. Si vous voulez, je peux réserver des places à l’Opéra et vous irez dans quelques années…
Il me restait à regretter – ce que je fais encore aujourd’hui – ne n’avoir pu emmener ma famille à p’opéra de Vienne pour admirer Carmen…
Ecrit en janvier 2026
1. Cf. "Souvenirs, souvenirs... - Chine - 1981-1984" - Rubrique 14 : Carmen à Pékin
Et la culture à l’ambassade de France…
L’action de notre conseiller culturel était limitée, car il ne disposait pas des budgets nécessaires pour organiser des manifestations culturelles qui auraient pu rivaliser avec le déploiement quotidien de ce que faisaient non seulement le gouvernement autrichien, mais toute la population.
Notre conseiller culturel, Thierry BURKARD, avait la chance d’être installé dans le somptueux palais Clam Galas. Lorsqu’un petit groupe de musiciens français était de passage à Vienne, il organisait parfois un concert en petit comité, dans son propre bureau. Ce n’était pas grandiose, mais très beau.
Et puis, nous avions à Vienne, pour ambassade et résidence, un très beau palais construit au début du XXème siècle, avec de magnifiques salons de réception dont le plus grand avait été décoré par les toiles d’André DEVAMBEZ représentant « la vie et les inventions modernes ». Je me souviens de « la fée électricité », par exemple.
Notre ambassadeur, André LEWIN, en Autriche de 1991 à 1996, avait pour compagne Catherine CLEMENT, femme de lettres – Cf. par exemple « Sissi, l’impératrice anarchiste », écrit pendant son séjour à Vienne. Ils décidèrent de redonner au grand salon son lustre d’antan et entreprirent de remettre aux murs la collection des toiles de DEVAMBEZ éparpillées au fil des ans dans différents musées de France. Ils reçurent l’aide du mobilier national et réussirent. Je me souviens de l’inauiguration de ce salon restauré.
Ils eurent ensuite l’idée de rétablir à la résidence la tradition des bals si prisés par les grandes familles autrichiennes. Il y en avait beaucoup et nombreux étaient les très prestigieux dans lesquels se pressaient, en particulier, les débutantes.
L’ambassadeur me fit part de son projety. Nous nous entendions bien, mais ce jour-là, je duis lui parler avec tout le respect que j’étais heureux de lui donner. J’étais prêt à faire tout mon possible pour la réussite de ses actions et le développement des relations de l’Autriche avec la France, mais je pensais vraiment préférable, pour assurer un grand succès à la manifestation qu’il prévoyait, de ne pas m’inviter à cette soirée. Ne me convenaient ni les déguisements en « pingouin », ni les pas de danses que je n’avais eu le temps d’apprendre, ayant probablement trop travaillé.
André LEWIN comprit et- ne me parla plus de ce projet, ce qui ne l’empêcha pas de le mener à bien avec succès, comme il le souhaitait.
Ecrit en janvier 2026